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 Chronique de Montmartre

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CommeUnChardon
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MessageSujet: Chronique de Montmartre   Jeu 29 Jan - 11:00


Du temps où j'habitais Paris, je rodais souvent dans Montmartre, mon quartier d'adoption. Et mes pas, si je puis dire, me portaient de préférence au pieds de la Basilique du Sacré Cœur, pour y trouver du monde ou tout simplement regarder Paris et rester seul avec moi-même. Je m'entends très bien en tête à tête avec moi-même.

Ce promontoire, véritable attraction avec son monument blanc qui se détache sur le ciel trop souvent gris de la capitale est une source inépuisable de rencontres internationales et locales. Les internationaux d'ailleurs y deviennent parfois des personnalités de Montmartre, comme cette statue humaine toute vêtue et maquillée de blanc, juchée depuis des années sur le pilier droit de la dernière volée d'escaliers, qui vient de Pologne et avec qui je devise sur la météo à chacune de nos rencontres.

Je vais voir Patrick, le créateurs de petits chiens en cure-pipe, à la gouaille toute parisienne qui n'a pas son pareil pour haranguer le chaland «...et la petite oreille droite...et la petite oreille gauche... la petite queue... et voila un nouveau petit chien tout beau, tout fait main...». Il a ses préférences pour les nationalités, selon leur capacité à sortir la tune de leurs poches bien sûr. Souvent il oublie de débrancher son micro pour sortir une remarque très chaude. Ce n'est pas important, autour de nous, peu entendent français. Ça nous fait rire. Ou non. Il est sur un fauteuil roulant. Ça crée un lien.

Je n'oublie pas le joueur de violon. Il joue un peu faux, deux tons en dessous, toujours les mêmes rengaines. «La vie en rose», «Émilie Poulain» sont ses préférées et ça plaît aux jeunes touristes qui lâchent les pièces de monnaie dans l'étui de son vieil instrument.

J'y salue Séverine, belle accordéoniste dans son costume baroque, sous son parasol jaune et je vais faire une partie de politique-critique avec le conducteur du petit train qui relie la place Pigalle puis le Moulin Rouge. Nous avons toujours un sujet à mettre sur la table.

Je peux passer du temps à guetter le jeux du chat et de la souris entre la police et les vendeurs à la sauvette, esclaves modernes au service de fortunes illicites, qui vendent aux touristes chinois des tours Eiffel fabriquées en Chine. Simple retour à l'envoyeur.

Mais j'aime par dessus tout observer ce flux ininterrompus de touristes, pieux ou non, curieux ou non de l'histoire de ce lieu chargé de souvenirs tragiques et de fantômes errants à la recherche d'une paix hypothétique.

J'y croise des groupes à la discipline militaire, crânes identiques avec leur casquettes vertes, rouges ou jaunes et des groupes, enfin ce qui aurait dû l'être, sous une discipline aléatoire et bon-enfant au désespoir des guides qui agitent un parapluie fermé en guise d'étendard.

Des slaves discrets ou riants sous l'effet de l'alcool, des espagnols et italiens bruyants, qui rient parce qu’ils sont italiens ou espagnols. Des russes étalant leur réussites aux bras de jeunes petites bombes blondes aux gros seins débordants des décolletés, perchées sur des talons-aiguilles et qui dandinent leur petits culs. J'apprécie beaucoup ces derniers.

Parfois, je bloque mon regard sur une personne, un couple et les suit des yeux. C'est souvent involontaire. C'est toujours involontaire. Un détail les fait ressortir de la masse. Une femme plus jolie, un couple drôle, un costume moins ordinaire, un regard, une gueule, une présence.
Et dès cet instant, mon esprit part à l'aventure et leur brode une histoire, un passé et un avenir, au gré de mon imaginaire.
Quelquefois, l'histoire n'a nul besoin de mon imagination, de mes rêves ou fantasmes. Elle se crée d'elle même, belle par nature. Il serait inconvenant d'en rajouter.

C'est comme cela que j'ai été happé par ces deux filles arrivées sur le parvis. Enfin, plutôt deux femmes. Autant l'avouer tout de suite, c'est parce que l'une d'elle portait une jupe un peu trop courte qui jouait avec le vent léger et promettait à tout instant d'en dévoiler bien suffisamment pour illuminer ma journée. Oui, l'homme est faible, mais amateur de belles choses. Elle avait grimpé quatre à quatre les grands escaliers, virevoltant entre les touristes posés sur les marches, en tenant serrées avec ses deux mains sa jupe sur ses fesses, accentuant leurs formes outrageusement galbées, accompagnée par le regard amusés de son amie qui riait de sa gène.

Leur bonheur d'être simplement là, ici, ensemble, était un plaisir à contempler. Je m'immisçai alors, de loin, dans leur histoire.

Deux amies ? Deux copines ? Ce n'est pas important, pour l'instant du moins. Elles se sont un peu chamaillées. L'une, celle à la jupe courte, ma préférée bien entendu, voulait visiter la Basilique mais l'autre refusait très fermement. Elle a essayé le regard de biche amoureuse pour l'influencer, sans résultat. L’œil de chèvre en couche n'a pas eu plus d'effet sauf à mettre un peu de tension entre-elles.
Cela aurait pu en rester là, finir en rire, en taquinerie. Mais de mon poste d'observation, j'ai pressenti une autre histoire. Quelque chose allait se passer. Une femme ne verse pas une larme, même discrètement, pour si peu. Et une amie ne la prend pas dans ses bras protecteurs et consolateurs pour rien. Quelque chose va se passer. Et je suis curieux. Les belles histoires m'intéressent.

Elles ont pris les dernières marches, passé les portes, saisies par la lumière feutrée, par les odeurs d'encens mélangées à celles de la cire et par le silence. Silence par rapport à l'extérieur mais brouhaha sensible pour la Basilique. La foule vit et la vie est bruyante. Tout les panneaux du monde appelant au silence n'y pourront rien.
Elles sont entrées. Geste d'accompagnement et d’apaisement pour l'une et véritable mission pour l'autre qui devait le faire. Une obligation. Elle ne savait expliquer pourquoi. Qui n'a jamais agit irrationnellement ?

Elles ont délaissé l'abside et le chœur surmonté de la coupole avec sa mosaïque, la plus grande d'Europe, où un immense Christ sévère accueille les visiteurs et dans laquelle ont été glissé quelques éléments politiques. La France et Paris avaient vécu une terrible période avec le siège de la capitale en 1870, puis la défaite devant les Prussiens et pour finir avec ces temps funestes : les tragédies de la Commune avec ses morts, ses exécutions et ses destructions. Des voix se sont alors élevées pour crier que la France avait été punie pour son manque de piété et qu'elle devait expier. Cela conduisit à une souscription nationale pour l'élévation de la Basilique du Sacré Cœur. Triste époque. Cela n'a pas permis d'éviter la boucherie de la Grande Guerre qui a reporté sa consécration à 1919. Dieu est sourd à ces messages.

La fille à la jupe courte menait le tempo. Plus rapide que le flot des visiteurs dans lequel elles se perdaient. Ni l'architecture, ni les vitraux, ni les Saints ne les ont ralenties. Elle guidait. Elle savait où aller. Un souvenir d'enfance certainement.

Elle a ralenti devant la statue de la Vierge, peu après le transept à la droite du cheminement. Elle a hésité mais a poursuivi, toujours d'un pas pressé, toujours suivie par son amie qui ne lui avait pas encore posé de question malgré son envie qui hurlait à travers ses yeux. Marche forcée jusqu'à la huitième chapelle, celle de la Vierge, tout au fond de la Basilique.

Un voile de déception dans ses yeux... Rien ne correspondait à ses souvenirs ou à son imagination. Trop froid, trop austère. Sans vie. Elle voulait de la vie.

Alors, ni une ni deux, elle revient sur ses pas, lentement, fermée à tout ce qui l'entoure. Le temps ne compte plus. Elle prend un lumignon, met son obole dans la fente de la caisse prévue et s'en retourne vers la première représentation de la Vierge, celle proche du transept. Beaucoup passent trop vite devant et n'y voit que la statue d'une vierge noire, tenant son enfant dans les bras. Quelques un s'y arrêtent pour prier.
Elle allume son lumignon, dérisoire petite chose chargée de porter tant d'espoirs, à la flamme d'un autre, qu'elle choisi parce qu'il arrive à son terme. Elle ne peut s'empêcher d'aider une prière inconnue, même dans ce geste anodin, en faisant durer la flamme qui va s'éteindre.

Et son regard se porte sur Marie. Pas sur la statue, non, dans les yeux de Marie. Que lui dit elle ? Que se disent elles ? La jeune femme à la jupe courte ne lui demande rien. C'est simplement une offrande de son bonheur. Pas un merci, non : elle lui donne son bonheur de pouvoir aimer et être aimée.
Une douce main se pose sur son épaule et elle sourit à Marie. Elle sait alors que son amie s'est jointe à elle, en communion parfaite. Mais quelle n'est pas sa surprise de la voir avec un lumignon à la main. Son amie n'est pas du tout religieuse. Mais alors pas du tout. Sa gorge se noue de bonheur. Son cœur enfle à s'échapper.
Sans mot, elles partagent la flamme, cette flamme qui parait les consumer, discrètement, pudiquement. Quel pouvoirs peuvent donc avoir ces petites flammes ?

Elles sont maintenant si proches l'une de l'autre. Un baiser léger vient se poser sur sa joue. Humide. Une larme. Pas la sienne. Leurs lèvres s’effleurent très rapidement, furtivement.
Elles sont deux à converser avec Marie et se tiennent par le bras, chacune une  flamme en main.
C'est Marie - elle a tant d'autre conversations à tenir - qui clos cet échange intime d'un simple sourire. Elles ont vu le sourire.

Ce sont deux amies un peu chamboulée et le cœur léger qui, après avoir déposé leur lumignon et sa mission, reprennent la marche autour du cœur de la Basilique bras dessus, bras dessous, indifférentes aux regards des pèlerins, qui d'ailleurs s'en moquent complètement.
Extraordinairement, dans ce lieu un peu intégriste, nul ne les raille, nul ne les observe.
Elles ont suivi le flot des visiteurs qui va dans le sens horaire et sont rapidement dépassées, marchant bien plus lentement. Ni l'architecture, ni les vitraux, ni les Saints ne les ont ralenties. C'est dans leur propres pensées qu'elles se perdent. L'une est rassérénée. Elle ne savait pas ce qu'elle était venue chercher et elle avait trouvé bien plus. L'autre s'interroge sur ce qui lui est arrivée, à elle, qui n'a jamais prêté le flanc à nulle croyance, nulle religion.

C'est la lumière vive sur Paris qui les ramène à la réalité. Elles dominent la ville sous un ciel exceptionnellement clair. Plissant leurs yeux pour les accoutumer lentement à la sortie de la pénombre, elle redécouvrent la réalité, la ville, la foule, le bruit et le mouvement... Une bulle éclate.

La fille à la jupe courte fait ce qu'elle a prévue. Elle a saisie dans son petit sac son secret. C'était maintenant. C'était arrivé si vite...et si lentement. Sentiment mêlé d'impatience et d'angoisse.

Face à la ville, elle saisie son amie par le bras et l'entraîne par les escaliers de gauche, situés au levant, du côté de la statue équestre de Jeanne d'Arc. C'est bien plus calme, bien plus discret. Plus intime. La foule choisie le plus souvent les autres voies, plus directes.

Une marche en contrebas, c'était suffisant. Elle plante alors ses yeux dans les yeux de son amie qui, de surprise ne peut dire un mot. Beaucoup trop d’événements depuis qu'elles étaient sur cette butte Montmartre. Trop d'émotions secrètes.

" Veux... veux tu... " elle s’arrête, respire et prends un grand sourire pour se donner du courage. Et si son amie disait non, ou si elle hésitait à répondre. Elle se reprend.
"Veux tu être m...mon... épouse ?" la question était partie, jetée et tout pouvait arriver. Son cœur menaçait d'exploser. Ses jambes flageolaient. Ce n'était pas exactement la phrase qu'elle avait apprise qui était sortie. C'était la phrase de l'émotion, pas celle de la raison.

Ce ne sont que des grands yeux qui la regardent, une bouche qui s'ouvre mais aucun son. C'est un flot de larmes qui monte alors aux yeux de son aimée. L’événement de trop.
Et c'est entre deux sanglots qu'elles se jettent dans les bras l'une de l'autre. Et les sanglots sont entrecoupés de baisers et c'est entre deux sanglots que la réponse parvient...

"Oui, oui, oui...  C'est vrai ? C'est bien vrai ?" avant de laisser repartir le flot des larmes de bonheur.

Il y a deux filles qui dansent de joie sur les marches de la Basilique du Sacré-Cœur. Il y a deux filles qui s'échangent des anneaux d'or, signes de leur amour et de leurs engagements. Il y a deux filles qui s'embrassent tendrement, férocement, passionnément.

Elles ne voient pas les trois nonnes qui descendent aussi par ce coté. La première, âgée, ne les voit pas. La seconde, gênée, les a vues et passe vite. La troisième, plus jeune, s’arrête, surprise. Sa bouche s’arrondit de surprise puis c'est un grand sourire qui illumine son visage. L'amour prend décidément bien des routes surprenantes pense-t-elle en poursuivant son chemin pour rattraper ses aînées.

Elles sont reparties en courant, en flottant sur les pavés du parvis. Elle a oublié dans les escaliers de serrer sa jupe trop courte sur ses fesses. Peu importe. Laissons les donc courir vers leur bonheur. Bien sûr il est trop tôt pour retourner à l'hôtel, il y a tant à faire la nuit à Paris. Mais ce soir, il y aura exception. Les peintres de la place du Tertre pourront bien attendre. Vont elles seulement penser à dîner ? Vous dis-je ce qui va se passer dans les draps ? Dois-je vous raconter les caresses et les baisers échangés ? Les mains qui s'égarent, les peaux qui s'effleurent, se touchent ? Bien sûr que non.

Il est temps de les laisser tranquilles.

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Putti
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MessageSujet: Re: Chronique de Montmartre   Jeu 29 Jan - 17:17

Beaucoup d'émotion transparait de ce récit, merci CommeUn Chardon.Il est difficile pour un homme de comprendre et surtout de décrire les émotions féminines, tu le fais avec délicatesse, sensibilité et amour. Merci. calins
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CommeUnChardon
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MessageSujet: Re: Chronique de Montmartre   Jeu 29 Jan - 17:36

Merci Putti,
Ce n'est pas mon registre habituel mais je voulais faire cet effort, ce challenge, écrire des émotions, et les émotions "féminines" (pour autant que les émotions puissent avoir un genre !) me paraissaient plus faciles à transcrire car plus transparentes, plus extériorisées et sans fausses pudeurs.
Et puis, les hommes peuvent aussi être très très sensibles à ces sentiments, indépendamment du genre concerné !
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fred889
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MessageSujet: Re: Chronique de Montmartre   Jeu 29 Jan - 17:59

Très joli texte Chardon, et très bien écrit de surcroît. Les émotions sont bien présentes et bien décrites, la première partie de ton texte me fait penser à une chanson de Clément Janequin décrivant les cris de Paris (sur le marché)... Merci pour ce joli texte et bravo.

P.S. : Si je trouve la musique de Clément Janequin, je vous la poste dans la section appropriée.
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Putti
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MessageSujet: Re: Chronique de Montmartre   Jeu 29 Jan - 18:20

Ce serait bien Fred. CommeUnChardon, il n'est pas si facile de décrire l'émotion féminine il faut pour cela avoir beaucoup de sensibilité et surtout nous comprendre ce qui n'est pas le cas de beaucoup d'hommes.J'en sais quelque chose.
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mielpops
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MessageSujet: Re: Chronique de Montmartre   Jeu 29 Jan - 20:20

Putti a écrit:
Ce serait bien Fred. CommeUnChardon, il n'est pas si facile de décrire l'émotion féminine il faut pour cela avoir beaucoup de sensibilité et surtout nous comprendre ce qui n'est pas le cas de beaucoup d'hommes.J'en sais quelque chose.

plus un mon ange. Tu as tout à fait raison.

Chardon, je viens de lire ton magnifique récit et je ne peux que répéter ce que les autres avant moi ont su si bien décrire.
Les émotions sont palpables, on se voit à Paris, on ressent, on sent, bref, on vit ton histoire.
J'ai vraiment adoré, tu as une très belle plume et sais parfaitement décrire et écrire les émotions, les sentiments.

je rajouterai, comme l'a dit mon tendre ange, que les hommes qui ont une sensibilité comme la tienne sont très rares... je peux les compter sur les doigts d'une seule main.

Merci pour ce récit, merci pour ce partage.. très beau texte..

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MessageSujet: Re: Chronique de Montmartre   Jeu 29 Jan - 21:16

Ouch ! un grand merci, c'est vrai que c'est encourageant.
Mais....arretez...... je suis tout rouge... ! Laughing
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mielpops
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MessageSujet: Re: Chronique de Montmartre   Jeu 29 Jan - 21:37

non chardon, tu mérites amplement ces mots Wink

et puis, entre nous, j'aime bien voir les mecs rougir lol

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MessageSujet: Re: Chronique de Montmartre   Ven 30 Jan - 13:01

mielpops a écrit:
non chardon, tu mérites amplement ces mots Wink

et puis, entre nous, j'aime bien voir les mecs rougir lol



Heureusement, je suis bien caché derrière mon écran ! héhé sourcils
givré
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MessageSujet: Re: Chronique de Montmartre   Sam 31 Jan - 12:03

CommeUnChardon a écrit:
mielpops a écrit:
non chardon, tu mérites amplement ces mots Wink

et puis, entre nous, j'aime bien voir les mecs rougir lol



Heureusement, je suis bien caché derrière mon écran ! héhé sourcils
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MessageSujet: Re: Chronique de Montmartre   Sam 31 Jan - 14:13

Putti a écrit:
Ce serait bien Fred. CommeUnChardon, il n'est pas si facile de décrire l'émotion féminine il faut pour cela avoir beaucoup de sensibilité et surtout nous comprendre ce qui n'est pas le cas de beaucoup d'hommes.J'en sais quelque chose.

À ce propos, une petite histoire, sans aucune méchanceté et avec beaucoup d'admiration flower


Marseille, un jour de printemps pas si beau que ça, un jeune homme promène sa grosse misère sur la plage des Catalans. Il n'est pas soucieux mais simplement triste.
Brutalement, il se tord de douleur et se met à sautiller à cloche-pieds. Son petit orteil droit, le détecteur de pieds de meubles et d'angles de murs, vient de déterrer une vieillerie : « Putain de bordel de merde du con de sa race » sont les premiers mots qui lui viennent à la bouche. C'est aussi un poète. Ça n'apporte rien à l'histoire mais ça soulage.
Après avoir pris le temps d'une longue méditation positive sur la qualité du travail du proposé au nettoyage de la plage, ainsi que sur la mère et les douze générations futures du pauvre sus-dit, il se penche sur ce putain de truc en métal pour le ranger, prudemment, on ne sait jamais, dans la mer par un lancé rageur quand il s'aperçoit qu'il s'agit d'une sorte de théière délicieusement rococo.

Il la frotte alors d'un violent coup de manche car, en commerçant avisé il se dit que c'est peut être en argent et qu'aux puces de la Madrague ça vaut bien peut être de quoi se payer quelques bons chichons bien tassés.
Occupé à scruter l'éclat du métal, il ne voit pas la légère fumée qui s'échappe du long bec verseur. Quelle surprise, lorsqu’en ouvrant le couvercle, un être tout bleu et qui ne cesse de grandir s'en échappe. « ho fada, que c'est bon de se desrouveli li cambo après des siècles dans ce truc en fer blanc » s'écria cet ectoplasme en se grattant furieusement les gonades d'une main et la tête de l'autre, signes irréfragables de sa mâlitude.
Après avoir bien regardé autour de lui qui pouvait faire un coup aussi tordu, il ne pouvait que se rendre à l'évidence : pas de potes, pas de keuf et il était à jeun.
« Ho, con, mais qui t'es, toi ? Tu sais que tu m'as niqué le pied avec ta caisse ?»
« Hola, merci, mais un ton plus bas. Je ne suis qu'un génie »
« Un génie ? Mais c'est quoi cette connerie, t'as trop tassé la boulette, mec ? »
« Bon, je vais t'expliquer et toi essaye de comprendre. Un génie, ça peut tout faire. Il suffit de lui demander un truc et il le fait. Et comme tu m'as sorti de ma théière dans laquelle un enfoiré de génie maléfique m'avait enfermé, tu peux me demander de faire un truc impossible »
« Ouha con, le truc de ouf... quand je vais dire ça aux potes... »
« Ils te diront que tu as halluciné grave »
le coupa le génie, « Bon, alors qu'est ce que tu veux ? Te manques pas, t'as droit qu'à un coup ».

Le jeune s'assoit, réfléchit, ce qui n'est pas facile car il n'en a pas l'habitude, et méfiant lui demande encore : «  Tu peux vraiment faire tout les trucs de fous ? »
« Mais oui, bordel, je peux agrandir la plage, la transformer en station de ski et même, je peux te faire avoir le prix Nobel de médecine, chimie ou littérature. C'est dire. »
« Bon, alors ça va être simple pour toi. Tu vois, ma copine, celle qui est ma meuf, celle que j'aime, c'est une intello, elle est partie depuis trois semaines à New-York et va y rester un an. Elle commence à me manquer. J'ai une tendinite au bras droit et pas question de la tromper, elle le saurait et m'arracherait les yeux. Et j'ai peur en avion et en bateau. »
« Bon, alors quoi ? Je la fait revenir ? Je t'y envois ? »
« Ha non, moi, j'ai ma vie ici et elle a besoin d'être là bas, non, fait moi simplement une autoroute entre Marseille et New-York. »
« Ha ouais, tu y vas fort. C'est possible... Mais ça fait des milliards de milliard de tonnes de gravats, de béton, de bitume, des ponts, des problèmes politiques, des courants maritimes à repenser... T'as pas autre chose ? »
« Ouais, bon, t'es qu'un gros mytho... Alors dis moi simplement comment ça fonctionne une femme dans sa tête ? Ma copine -et toutes sont pareilles- elle pleure parfois alors qu'il y a pas de raison, elle reste très forte quand même moi je pleurerais, elle se met en colère pour rien et elle peut être heureuse pour un simple bouquet de fleur. Les Femmes sont sensibles et dures à la fois, pleines d'émotions que je ne comprends pas... Alors, si t'es pas un tocard, explique moi les Femmes. »


Le génie bleu s'assoit alors près de lui, réfléchit, et commence : «  Les Femmes... » Il s’arrête longuement, réfléchit à nouveau et dit :
« Ton autoroute, si je la fais simplement en deux fois deux voies, ça ira bien ? »

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fred889
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MessageSujet: Re: Chronique de Montmartre   Sam 31 Jan - 15:56

De l'art de raconter une bonne blague Chardon !!
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CommeUnChardon
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MessageSujet: Re: Chronique de Montmartre   Sam 31 Jan - 16:15

Merci Fred !
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mielpops
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MessageSujet: Re: Chronique de Montmartre   Sam 31 Jan - 21:12

Oh, je me suis faite avoir comme un bleu!!
J'ai souri quand j'ai lu ta description du génie... suis en train de jouer au flipper sur ma tablette : arabian nights et il y a un génie... tout bleu.. la lampe etc etc..

En tout cas, bravo pour cette blagounette détournée!!!

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MessageSujet: Re: Chronique de Montmartre   Dim 1 Fév - 21:04

Mais pourquoi donc les génies (les bons seulement, hein) sont ils bleus ?
Voila une question métaphysique importante ! assomer étoiles

Rhôôô çuila, je l'avais pas encore vu !!
cuucul
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fred889
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MessageSujet: Re: Chronique de Montmartre   Dim 1 Fév - 21:31

C'est parce que ce sont des schtroumpfs, c'est pour ça qu'ils peuvent rentrer dans la lampe à huile...
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CommeUnChardon
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MessageSujet: Re: Chronique de Montmartre   Lun 2 Fév - 7:42

Smile
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MessageSujet: Re: Chronique de Montmartre   Lun 2 Fév - 14:20

@Comme un Chardon :

content, ravi quelle plume, quel style, quelle fluidité tout en précisions...simplement chapeau !! Une rare sensibilité, une pudeur juste bien placée...j'ai surkiffé !

Merci pour ce très joli moment de lecture
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mielpops
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MessageSujet: Re: Chronique de Montmartre   Lun 2 Fév - 18:07

Smile Smile

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MessageSujet: Re: Chronique de Montmartre   Lun 2 Fév - 18:49

Miel.... On ri pas... Je me mets où, maintenant ?  Un trou de souri ?
Dis, t'aurais pas un smiley "tout rouge de confusion" ?

Robin... Je te remercie Cool , mais... c'est beaucoup, Non ?   Very Happy
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mielpops
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MessageSujet: Re: Chronique de Montmartre   Lun 2 Fév - 18:52

gaffe dsl larme

_________________
Le rêve est la seule chose qu'on ne me volera pas.
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MessageSujet: Re: Chronique de Montmartre   

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Chronique de Montmartre
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