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 LOUISE OU LA VRAIE VIE

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mielpops
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MessageSujet: LOUISE OU LA VRAIE VIE   Ven 7 Fév - 20:41

« Allo, Virginie, c'est Louise. Je suis désolée, mais je ne pourrai pas venir au cabinet aujourd'hui. Contactez mes associés et demandez leur de se charger des dossiers urgents empilés sur mon bureau. Annulez et reportez mes rendez-vous d'aujourd'hui s'ils ne peuvent pas les assurer à ma place. Avisez pour les autres.
- Bien maître, mais que se passe-t-il ?
- La grippe Virginie, j'ai chopé la grippe! C'est ce que mon toubib vient de me dire !
- Vous ne serez pas sur pied avant quelques jours Louise. La grippe ne se soigne pas en un seul jour  et vous le savez aussi bien que moi! Vous feriez mieux de penser à vous pour une fois et nous laisser faire !
- C'est bien la phrase que je ne voulais pas entendre. Je sais que j'en ai pour la semaine mais je peux pas rester sans rien faire. Je tenterai de revenir dès que j'irai un peu mieux et reprendrai les affaires en cours.
- Vous êtes têtue comme une mule ! Soignez-vous et nous on s'occupe du reste !
- Dites à Jeanne de passer le dossier Durier sur le haut de la pile  et d'embrayer sur le cas Malvoix/ Portal. Cette affaire de viol commence à me taper sur le système . Cette histoire n'en finit pas. Marre que les nantis se croient au-dessus des lois. Avec ce que j'ai rajouté dans le dossier, notre bonhomme va déchanter et dormira vite derrière les barreaux. Il est coincé ! Cette femme va pouvoir enfin obtenir gain de cause et retrouvrer sa dignité !
- Oui, Louise..
- Si ça ne vous dérange pas, appelez aussi le lycée pour prévenir mes enfants que Didier viendra les récupérer. Je n'ai même plus la force de conduire, c'est horrible ! Si mon ex appelle, dites lui d'aller se faire foutre! Et Thierry aussi, qu'il aille se faire voir!
- Je m'occupe de tout cela Louise ! Prenez-soin de vous et ne vous inquiétez pas pour Nathan et Noémie ! Et je m'occupe d'eux, oui!
- Vous êtes une mère , pas une secrétaire..Ah, que ferais-je sans vous Virginie !
- Dormir et vous reposer si vous raccrochiez ! »


Clouée au lit avec une fièvre de cheval, les jambes en flanelle, les bras en guimauve et la tête comme un chaudron, cette grippe tombe bien mal. Son médecin et amie Ingrid Molek, lui a intimé l'ordre de rester alitée et connaissant le goût immodéré de Louise pour le travail, elle lui a signifié que ça ne servirait à rien de vouloir braver la maladie, car c'est la maladie qui allait gagner, à coup sûr. Les collègues sont là pour la seconder, il lui faut penser à elle. La fatigue du travail, sa séparation difficile d'avec un mari tordu et les dossiers qui s'accumulent l'ont quelque peu mise à rude épreuve. A force de se prendre pour une machine de travail, elle en a oublié qu'elle est humaine et qu'à un moment ou un autre, il faut savoir lâcher du lest.

Ne se résignant pas à se coucher malgré son état fébrile, elle s'installe confortablement dans le canapé en cuir de l'immense salon après avoir inséré le CD du concerto de piano n°2 de Frédéric Chopin dans son lecteur. Une douce mélodie envahit la pièce. Ce morceau, elle l'a écouté des milliers de fois mais en redécouvre à chaque fois la beauté.

Xavier, son fidèle employé de maison, au service dans sa famille depuis qu'elle est toute petite, lui apporte, sans qu'elle l'ai demandé, un thé rarissime dont le goût subtil et raffiné est un vrai régal pour les papilles.
“Merci Xavier
A votre service Madame..Madame a-t-elle encore besoin de mes services ?
Non, je vous remercie Xavier, ça ira..Ah si..heu, puis-je vous emprunter votre quotidien?
Certes Madame, je vous l'apporte tout de suite
Merci Xavier”

Le majordome et ami quitte en silence la pièce en prenant soin de fermer les grandes portes derrière lui. Xavier est un homme exemplaire comme on n'en fait plus. Prévenant, serviable, toujours affable et de bonne humeur, il devance tous les désirs de Louise et subvient à toutes ses demandes avant qu'elle n'en ait émis le souhait. S'il ne reste qu'un simple employé de maison au service de Louise, il n'en est pas moins un homme très avisé et de bon conseil qu'elle ne manque jamais de consulter quand le besoin s'en fait ressentir. Il est, pour Louise, un second père qu'elle adore et respecte profondément.

Les notes de Chopin s'estompent peu à peu alors que lui reviennent en mémoire les instants d'un passé heureux auprès de parents aimants et avant gardistes. Une jeunesse dorée mais réaliste au cours de laquelle, Mathilde et Jean se sont employés à inculquer les valeurs de la vie à leur fille, le respect et la considération de son prochain. Avant gardistes car, à l'époque où la société rejetait les cas particuliers, ses parents ont engagé à leur service un jeune homme fui comme la peste. Ce jeune homme pourtant excellait dans tous les domaines, avait suivi de brillantes études de droit qu'il n'avait pu malheureusement mener à bien. La maladie de sa mère l'avait prématurément jeté sur le marché du travail afin de subvenir aux besoins de ses six frères et soeurs, le père étant décédé très jeune. Mais la particularité de Xavier était tabou à l'époque et sa démarche fort efféminée n'était pas un atout majeur alors qu'il postulait. Jean et Mathilde Bertomieux n'ont eu cure de l' apparence de ce jeune homme de vingt ans et lui ont offert un poste qu'il allait occuper jusqu'à ce jour. Louise avait alors cinq ans. Durant les quarante années qui ont suivi, une complicité exceptionnelle est née entre ces deux là que rien ni personne n'allait ébranler.

Chopin s'est tu, Louise s'est endormie. Emportée par la fatigue, le journal posé sur ses genoux, elle s'est doucement laissée glisser dans le sommeil. Xavier arrive sur la pointe des pieds, la couvre soigneusement du châle usé dont elle n'arrive pas à se défaire, un sourire aux lèvres. Il y a bien longtemps qu'il n'a vu chez sa patronne un visage si paisible et serein. Les tourments de la vie lui laissent enfin un peu de répit. Discrètement, il attrape l'attaché-case de Louise et le range soigneusement contre la table basse où elle le trouvera dès son réveil. Il saisit les chaussures tombées à ses pieds délicats avant de les remiser et d'ajuster la veste de son tailleur sur le dossier de la chaise Louis XV. Xavier n'est pas amoureux de Louise. Il a pour cette femme une admiration sans borne et une loyauté sans faille qui se sont renforcées quand, quinze années plus tôt, elle lui a apporté soutiens moral et financier lorsque son compagnon depuis vingt cinq ans a failli perdre la vie.

Le feu qui crépite doucement dans l'imposante cheminée en marbre, apporte à l'atmosphère quelque peu austère de la pièce une sensation de chaleur et de bien être. Louise n'a jamais pu se résoudre à se séparer de se décor dans lequel son père, avocat avant elle, aimait évoluer. Elle ne peut se résigner à déranger les souvenirs dont les murs sont gorgés. Il lui semble d'ailleurs sentir parfois l'odeur de la pipe qu'il aimait fumer le soir au coin de l'âtre, un verre de cognac hors d'âge à la main pendant que sa mère s'adonnait à son passe-temps favori : les mots croisés. Depuis leur disparition dans un accident de la route, seule, cette pièce a échappé à toute la réfection du manoir.

Isolé des turpitudes de la ville, sur un vaste de domaine de 25 ha, il est un havre de paix quand son ordure de mari dont elle est en train de se séparer, ne vient pas l'éclabousser de paroles haineuses et d'injures bien senties. Avocat, lui aussi au barreau de Paris quand ils se sont rencontrés, ils se sont mariés très vite, ont fait deux enfants tout aussi vite, avant de monter leur propre bureau d'avocats. Sans le sou, Jean-François avait pourtant été accueilli à bras ouverts par Mathilde et Jean, offrant aux deux jeunes époux la première pierre de leur édifice.

La sonnerie stridente du téléphone retentit. Louise sursaute. Reprenant ses esprits et le coeur battant, elle s'empare de l'appareil avant d'identifier le nom de l'appelant. Ce qu'elle lit sur le cadran digital fait dessiner sur son doux visage une moue qui en dit long. Elle rejète l'appel, elle n'est pas de taille à affronter un nouveau conflit . Pas aujourd'hui, elle n'en a pas la force.


“ M'man? M'man? Tu es là?
Dans le salon les enfants!
Didier nous a dit! Alors, ça va pas mieux?
Non, au contraire, je crois que ça empire!
T'as vu Ingrid?
Oui, tôt ce matin avant qu'elle embauche et elle repasse bientôt pour prendre de mes nouvelles.
Virginie nous a dit que papa avait téléphoné. Elle a préféré te laisser tranquille. La pauvre a chargé quand elle lui a fait comprendre que t'avais pas envie de lui parler.
J'ai dit à Virginie de lui crier d'aller se faire foutre et je doute qu'elle ait dévié de mes paroles d'un iota.
Exactement.
Mais comment se fait-il que vous soyiez passés au bureau? J'avais dit à Didier de vous ramener directement.
On est pas passés m'man, j'ai eu le compte rendu de Virginie quand elle nous a appelés pour nous prévenir que tu passerais pas au bahut. Papa a téléphoné dix minutes à peine après que tu aies raccroché. Elle a préféré te laisser tranquille avec ça et a jugé convenable que tu sois au courant seulement ce soir.
Qu'est-ce-qu'il voulait cette fois-ci?
Toujours la même chose! Il réclame le cabinet.
Jamais! Il n'aura pas un sou de plus ce fumier! Il oublie que ce sont mes parents, mon propre héritage et que je suis majoritaire! J'ai 51 % de l'affaire, il n'a rien à dire, si ce n'est que je peux lui racheter ses parts et jamais je ne lui cèderai les miennes. Je suis certaine que c'est encore ce salaud de Thierry qui tire les ficelles. Je n'aurais jamais du les accepter comme associés. Ah, si j'avais su, si j'avais pu savoir..
On sait maman, t'inquiète. Qu'il s'avise pas à venir, on est prêts à l'accueillir, Noémie et moi!
Y'a des chances qu'il se pointe! Il n'a pas pu me joindre au cabinet, j'ai refusé son appel tout à l'heure, il va arriver furax et nous pourrir la vie.
Qu'il arrive M'man, je te jure, il ne viendra pas pour rien, je m'en charge!..Allez, repose toi, tu as une sale mine.
Merci les enfants. J'attends Ingrid et ensuite, je tenterai de grignoter un petit bout à dîner.
Ok, bon, j'ai encore un peu de temps devant moi, je vais boursicoter.
Des progrès?
Yep, je serai bientôt un grand trader..J'ai gagné 300 euros hier en vendant sur le marché des dénoyoteurs de cerises..
Idiot! Ah ça fait du bien de rire un peu.
Sérieux, oui, j'avance M'man
Super ! Et où est Noémie?
Jérémy vient de l'appeler alors qu'elle franchissait la porte d'entrée. Elle est partie direct dans sa chambre.
Ca a l'air d'être du sérieux entre ces deux là hein?
Oui, ce mec est adorable. Je trouve qu'ils vont très bien ensemble..Allez, je te laisse tranquille. A toute à l'heure M'man
A plus mon chéri ”




“Non ma belle, pas question!
Mais je te jure, je me sens mieux!
C'est ça! 39,5! Tu me prends pour une bille?
Je vais mieux, je t'assure.
Mais oui ! Regarde, tu tiens à peine debout! Allez, hop, au dodo ma vieille ou je t'assomme !
T'es pas drôle Ingrid!
Ecoute, je doute que la grippe soit passée depuis ce matin. Louise, nom de Dieu, sois raisonnable. Tu peux pas aller bosser dans cet état. Combien de fois vais-je devoir te dire que tu n'es pas en état? Virginie et tes associés connaissent leur boulot..
Ah oui, parlons-en des associés!
Si tu parles de Thierry et de mon cher et tendre mari...
Stop, s'il te plait. Mi-temps! Je parlais de Jeanne et Françoise. Elles peuvent très bien faire tourner le cabinet sans toi. Les deux autres ne sont plus dans le coup!
Mais ils ont encore leurs parts. Je refuse de céder, eux de vendre la leur. On y arrivera jamais!
Oui bein ça ne changera pas en une semaine. Soigne toi, reprends des forces et tu seras d'attaque! Et rien ne t'empêche de donner tes directives par téléphone. Nom de Dieu, Louise, délègue tes pouvoirs pour une fois!”

Dans le hall d'entrée, un vacarme épouvantable se fait entendre. La porte d'entrée s'est ouverte avec énorme fracas.

“ Monsieur, vous n'êtes pas le bienvenu ici!
Ta gueule sale pédale, me fais pas chier! Où est-elle?

J'ai dit, où elle est?
Madame est souffrante, s'il vous plaît, laissez la tranquille, elle n'est pas en état de vous recevoir!
Rien à foutre. Si elle avait répondu ce matin, j'en serais pas là!”

Xavier s'interpose et fait écran de son corps, barrant l'accès au premier étage. Les bras en croix et le visage sévère, il défit du regard son ancien patron. Jean-François, hors de lui, l'écume à la commissure des lèvres, il dégage de sa personne de forts relents d'alcool.
“ Je t'ai dit de dégager, t'es sourd ou quoi?” Xavier ne bouge pas d'un iota, son regard toujours plongé dans les yeux emplis de haine de Jean-François.
Non Monsieur Lemoux, je ne bougerai pas.
Tu l'auras voulu pedzouille!”

La phrase à peine terminée, Jean-François Lemoux se précipite sur le majordome et lui décoche un crochet du droit et l'envoie valdinguer sur les premières marches . Puis il se précipite et grimpe quatre à quatre les escaliers, renversant au passage un magnifique bouquet de roses rouges que Louise affectionne particulièrement. Titubant, il traverse le couloir avant d'ouvrir violemment la porte de la chambre de son ex épouse.
“ ah tiens, Ingrid, la gouinasse! T'es venue convertir ma chère et tendre, à moins que ça soit déjà fait ?
Jean-François, tu n'es plus le bienvenu ici. Si tu as besoin de me parler, tu viens au cabinet, point barre!
Justement t'y étais pas au cabinet et t'as refusé de répondre à mon appel!
Tu t'en vas Jean-François, ok? De toute façon, t'es même pas en état de dire quoique ce soit, t'es encore bourré!
Je veux le cabinet Louise, tu m'entends? Ce cabinet, il est à moi, je l'ai monté !
Avec le fric de papa, et t'y as jamais rien fichu de toute façon, à part le mettre au bord du gouffre avec tes actions douteuses. Ca t'a pas suffi d'aller faire un petit tour en prison? Dégage ou j'appelle la police! Tu vas y retourner et je te laisserai y croupir au lieu de t'en sortir!
Des menaces?
Non, la réalité. Tu n'es qu'un bon à rien, un avocat ripou, un raté et un alcolo. Maintenant, sors ou je téléphone..Appele Xavier Ingrid, qu'il le foute dehors. J'irai porter une main courante contre lui dès que j'irai mieux.
Xavier? S'il peut encore monter! Je l'ai étendu net au pied de l'escalier! Allongée comme une merde la pédale!
Tu es allé trop loin cette fois-ci Jean-François! Je vais porter plainte contre toi et ça va pas plaider en ta faveur, crois moi!
Je vais voir s'il a besoin de moi Louise..Et toi, espèce de gros salaud, tu descends avec moi !
Ho, une gouinasse en colère! Et tu crois me faire peur? Je ne bougerai pas d'ici!
Toi non plus te me fais pas peur.. Louise, appele les flics, il devient dangereux. Je vais l'immobiliser en les attendant
Et tu comptes faire quoi broute-minou?
Ca !”

Il n'a pas fini sa question que Ingrid l'immobilise avec une clé de bras. En quelques secondes, l'abruti se retrouve paralysé, le bras retourné et bloqué dans son dos.
“ Lache moi Ingrid
Pas question, tu es allé beaucoup trop loin cette fois-ci.
J'ai des relations moi!
Pour l'instant, tu as surtout une réputation. Et vu comment elle est, je doute que tes amis viennent t'apporter le moindre concours. Même ton pote Thierry ne pourra rien faire pour toi quand il viendra te récupérer en cellule de dégrisement.
Lache moi je t'ai dit!
Arrête de bouger ou tu vas finir par te casser le bras.
Je vais porter plainte contre toi! Tu viens de m'agresser!
Erreur, je n'ai fait que neutraliser un alcoolique psychopathe agressif qui a fendu le crane de Xavier dans une maison où il n'a plus le droit de pénétrer. La parole d'un avocat verreux contre celle d'un médecin, je ne donne pas cher de ta peau. Ton compte est bon. Tu auras un rapport de plus à ta charge. Tu sais que tu as perdu Jean-François. A quoi bon insister? Ah, tu n'as pas assez pour assouvir les besoins de ta duchesse? Elle t'en demande toujours plus, c'est ça? Et tu compte plumer Louise pour cette pétasse? Tu rêves mon pauvre..Tiens toi tranquille bon sang!”


Le lendemain matin, le téléphone sonne au cabinet. Virginie, la fidèle secrétaire, l'amie et la confidente de Louise reconnait le numéro et s'empresse de répondre.
“ Louise! Comment sous sentez-vous aujourd'hui?
A vrai dire, c'est pas la grande forme!
Ca, je m'en doutais.
Vous avez suivi mes directives Virginie?
Tout roule Louise. Les dossiers ont été expédiés en bonne et due forme. Pour le reste, c'est la routine.
Jean-François est passé hier et a foutu un barouf de tous les diables.
Je suis au courant Louise. Il ne vous lâchera jamais.
Il aime trop l'argent et notre divorce lui coupe l'herbe sous les pieds. Comment ai-je pu être aussi naïve et tomber amoureuse de tel individu?
L'amour rend aveugle. La seule chose de bien qu'il aura faite, ce sont vos enfants. Le reste ne compte plus. A vous d'envisager un nouvel avenir dorénavant.
Encore faut-il que je me débarrasse définitivement de lui et que je rencontre quelqu'un..Mais je ne crois plus en rien Virginie. Seuls mes enfants et leur bien être comptent à mes yeux. Le reste, n'a plus d'importance.
Je ne suis pas d'accord, mais alors, pas d'accord du tout.
C'est quand même étrange la vie..Regardez nous! Je ne veux plus croire en l'amour, et vous, vous le cherchez toujours!
Nous n'avons que dix petites années d'écart Louise, faut pas pousser quand même. Ceci dit, oui, je crois en l'amour, le seul problème, c'est qu'il se fait attendre. Enfin, si, j'aime quelqu'un mais cette personne ne le sait même pas.
Bein pourquoi ne le lui dites-vous pas Virginie?
Parce que c'est peine perdue, elle ne me regarde pas comme j'aimerais qu'elle me voie. Et puis, elle est hétéro....Pourquoi riez-vous Louise?
Désolée, je viens de penser à la sortie de Jean-François hier au soir..Il déteste les homos et il n'a toujours été entouré que par ça..Xavier, Ingrid, vous..
Je suis au courant de ce qui s'est passé. La police a téléphoné ce matin pour avoir quelques informations à son sujet et j'ai raconté la conversation téléphonique que jai eue hier avec lui.
Parfait. Il doit être encore en train de décuver. Ca nous fait un peu de répit. Je crains que la soirée d'hier ne l'ai blessé et n'ait fait que nourrir son envie de me voir à terre.
Qu'il fasse une belle connerie, et qu'il croupisse en prison, c'est tout ce que je demande..Et que sa duchesse vienne lui apporter des oranges vétue d'un manteau de toile au lieu d'un vizon.
Je vous adore Virginie..heu, je vous appelais pourquoi déjà? Ah oui..Ca vous dirait de venir diner avec moi ce soir, enfin, si vous n'avez rien de prévu bien entendu!
Ni rien, ni personne ne me retient, je serai là..Je suppose que je dois vous apporter les dossiers jaunes? 19H00?
Exactement Virginie.. A tout à l'heure
A tout à l'heure Louise..Heu, avez-vous besoin d'autre chose?
Non, je vous remercie Virginie.”


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MessageSujet: Re: LOUISE OU LA VRAIE VIE   Ven 7 Fév - 20:42

Ingrid rentre chez elle après une journée harrassante. A croire que les gens se sont donnés le mot , tomber malade en même temps. Si la journée avait duré 48 heures, elle l'aurait aussi bien remplie. Le pugilat avec Jean-François, son intrusion dans la demeure de Louise et l'agression contre Xavier la rendent quelque peu soucieuse. L'ex mari de Louise dépasse un peu plus les bornes à chaque fois. Que se passera-t-il lors de leur prochaine entrevue?
Elle ouvre la lourde porte d'entrée et dépose sa vieille malette dans le coin pourvu à cet effet. Elle se débarasse de ses bottes en cuir retourné et enfile sa vieille paire de mules. Elle tend le nez, une délicieuse odeur vient titiller ses narines. Elle pose les clés de sa voiture dans le cendrier en cristal qui trône sur la commode lorsque des mains enserrent tendrement sa taille et que des lèvres chaudes embrassent délicatement son cou. Puis les bras la débarrassent de sa doudoune qui portent encore la trace des premiers flocons de neige de l'hiver.
“Bonsoir doc! Tu as passé une bonne journée mon coeur?
Bonsoir mon ange..Oui, et non, journée bien remplie et surtout mouvementée.
Laisse moi deviner. Louise encore?
Tout à fait. Cette fois-ci, Jean-François s'est pointé, ivre mort et a rétamé Xavier d'un coup de poing. Il est monté comme un fou dans la chambre. Je n'ose même pas imaginer ce qui se serait passé si je n'avais pas été là. Il m'a fait peur Stéphanie. Ce mec est dingue.
Et Xavier?
Déplacement de la mâchoire. On a appelé la police et ils ont embarqué Jean-François que j'avais immobilisé. Xavier et Louise ont décidé de porter plainte. Jean-François va passer la nuit au trou. Et sa duchesse va encore lui fondre dessus!
Sa duchesse? Son toutou tu veux dire.
T'inquiète, elle sait être lucide pour ce qui l'arrange. Parfois, je me demande lequel des deux manipule l'autre, lequel des deux est le plus tordu. Ils se sont bien trouvés ces deux là..Non, là n'est pas le problème. Qu'ils se bouffent entre eux, ça m'est égal. C'est pour Louise que je m'inquiète...
Allez, viens t'assoir mon ange..je t'ai préparé ton plat favori..Un petit verre de vin blanc, ça te dit?
Je l'ai senti en arrivant chérie. Et ça sent rudement bon! Tu es un amour..et toujours pleine d'attentions!
Ho, mais je fais pas ça pour rien ma puce..
Toi, tu as une idée derrière la tête!
Peut-être bien..
Finalement, je vais le prendre ce verre. Ca me fera du bien. Le temps et ce que j'ai vécu ce soir m'ont frigorifiée. Un peu d'antigel me fera peut-être du bien.
Madame est servie!”

Stéphanie tend à sa compagne depuis dix ans, un verre de Pacherenc du Vic-Bilh blanc dont Ingrid rafolle.

Le médecin se laisse entrainer jusqu'au large fauteuil en cuir blanc sur lequel l'invite à s'assoir la brune Stéphanie.
“ Raconte-moi !
A vrai dire, chérie, je n'ai pas trop envie d'en parler. J'ai surtout besoin de chaleur et de réconfort.
C'est bien pour ça que je suis là amour. Pour t'aider à chasser tes idées noires et t'aider à passer une bonne soirée.” Joignant le geste à la parole, Stéphanie retire des mains le verre du délicieux nectare et caresse du dos de sa main le visage d'albatre de la blonde Ingrid.
Et tu y excelles chérie ...”

Séphanie s'approche des lèvres d'Ingrid et y dépose un baiser délicat. Suivi d'un autre plus sensuel et plus profond. Les bras de la blonde enserrent la taille de la jeune femme et leurs corps se rapprochent, se serrent pour n'en former plus qu'un. Oubliés les tracas, envolés les soucis, Ingrid s'abandonne à sa belle et se laisse glisser sur le chemin du désir. Les lèvres pulpeuses de Stéphanie se promènent sur son visage, parsemant ses joues, son front, son nez, ses yeux de baisers brulants alors que ses mains entrainent son corps dans un délicieux frisson.

Telle les pétales de la fleur, Ingrid s'ouvre et se laisse investir par les caresses sucrées de sa maîtresse. Stéphanie, dans une lenteur calculée laisse courir ses lèvres gourmandes sur la peau douce de sa compagne. Dans un souffle chaud, Ingrid l'encourage à continuer avant de lui prodiguer à son tour les mêmes gestes de volupté.

Peu à peu, les vêtements tombent, un à un, laissant à nu des corps en transe, glissant l'un sur l'autre, l'un sous l'autre, roulant, s'étreignant, entraînant dans leur ballet de sensualité des mains et des lèvres affamées. Les gémissements deviennent râles lorsque les doigts se jouent savamment des endroits secrets qui se dévoilent sous la caresse du plaisir. Les baisers sulfureux viennent en renfort et les langues fureteuses affolent les sens qui ne demandent qu'à exploser.


Virginie Cantier arrive à 19h pile chez Louise. Elle n'a plus besoin de se faire annoncer, elle possède elle-même une télécommande pour ouvrir le lourd portail qui donne accès à l'immense propriété.

Xavier l'attend déjà sur le palier de la porte d'entrée, en haut des marches, raide comme un passe-lacet. Le malheureux tente d'adresser un sourire de bienvenue à la visiteuse mais un rictus douloureux barre son visage.

“Xavier, bonsoir! Mon dieu, cet abruti ne vous a pas raté!
Non Madame et je m'en veux de ne pas avoir eu l'occasion de lui rendre son coup. J'ai regretté mon rang ici sinon, je ne l'aurais pas raté non plus.
Je pense que vous auriez du. Jean-François ne fait plus partie de la maison. Et puis je suis persuadée que ça aurait fait très plaisir à Louise!
Le souci, c'est qu'il m'a à moitié assommé...
Vous avez déjà déposé une plainte j'espère!
Oui, j'ai fait ce qu'il fallait et j'en ferais encore même d'avantage pour Louise.Même sous l'emprise de l'alcool, il n'a jamais agi ainsi avant. Il faut mettre rapidement cet ignoble individu hors d'état de nuire. Je crains le pire.
Je suis d'accord Xavier. Je mettrai tout en oeuvre pour en arriver à bout. Nous formons une équipe du tonnerre, vous, Louise, Ingrid et moi. Il va nous falloir resserrer les rangs et être vigilants. Franchement, je ne vois pas ce qu'il peut faire de plus! Légalement parlant je veux dire! Il n'aura jamais les parts de Louise et la seule chose qu'il peut faire, c'est de lui revendre les siennes puisqu'il n'en a qu'après le fric.
Alors pourquoi ne les cède-t-il pas? Ce serait si simple!
Revendre des parts ne rapporte pas assez. Il veut tout, c'est pas plus compliqué que ça Xavier!
Vous avez certainement raison, c'est ce que je pense aussi. Rentrez vite, il commence à neiger. Venez vous mettre au chaud. Louise vous attend...”

Virginie pénètre dans le vaste salon. Louise est allongée sur le boudoir, face à l'âtre dont elle regarde les flammes danser au rythme des crépitements. L'image paraît figée et Virginie ne peut s'empêcher d'admirer ce tableau sorti tout d'un coup du XVIII ième siècle. En ces lieux, le temps semble s'être arrêté, laissant à chaque visiteur le délice de retrouver la tranquillité et la quiétude d'antan.

Elle s'approche en silence de sa patronne, la laissant le soin de la surprendre, rien que pour apercevoir sur son visage ce sourire qu'elle apprécie tant. Les lueurs orangées du feu se reflètent dans sa lourde chevelure auburn, donnant de subtils mélanges chatoyants dans lesquels se noie son regard . Elle s'approche d'avantage et dépose sur le bureau en chêne le porte dossier que Louise lui a demandé d'apporter. Louise est immobile. Louise s'est endormie.

Elle est si bien et si belle que Virginie ne songe pas le moins du monde à la reveiller. Elle s'installe tout naturellement dans le fauteuil placé juste en face du sien et décide de patienter. Après tout, ni rien ni personne ne l'attend et qui plus est, Louise l'a invitée à lui tenir compagnie ce soir au dîner. Même la neige qu'elle voit tomber à gros flocon depuis quelques minutes ne l'empêchera d'apprécier tout le temps qu'elle le pourra le spectacle qui s'offre à ses yeux.

Elle s'enfonce d'avantage dans le grand fauteuil sombre, celui-là même où Jean s'assayait pour savourer son cognac le soir après le repas. Elle croise ses jambes interminables sous son ravissant tailleur vert pomme, replace ses petites lunettes rondes sur son joli petit nez en trompette et range soigneusement la petite mèche blonde perdue sur son grand front . Elle a tout de l'image d'épinal, le portrait type de la secrétaire infaillible, fidèle et loyale.

Elle observe Louise dans son sommeil. Seul le feu qui crépite perturbe le silence de la pièce jusqu'à ce que Xavier entre et vienne proposer ses services. D'un geste affable et reconnaissant, Virginie lui signifie qu'il peut prendre congé pour l'instant et retourner à ses occupations.

Qu'il est bon de savourer ces instants de quiétude en dehors des heures survoltées du cabinet qui ne laisse jamais un seul instant de répit. Entre les dossiers et les clients, les coups de fil et les rendez-vous, les annulations et les dossiers à classer ou à traiter, la police, le procureur, le juge..les journées passent à une vitesse vertigineuse. Mais elle en retire toujours la fierté et la satisfaction du travail bien accompli. Simple secrétaire à son arrivée il y a seulement cinq ans, la voilà devenue la secrétaire personnelle de Louise.



“ Allo, Thierry? C'est moi, je suis dans la merde!
Qu'est-ce que t'as fait encore? Tu es retourné là-bas!
Oui..
Putain, JF, tu sais ce que tu risques bordel! Qu'est-ce qui s'est passé?
Je suis allée chez Louise, complètement bourré et j'ai envoyé ce pédé de Xavier dans le décors. J'ai tout cassé et j'ai agressé Louise verbalement. Ingrid était là aussi et j'ai rien pu faire à Louise, enfin, je n'en ai pas eu le temps. Cette pute d'Ingrid était là et elle m'a stoppé net. J'ai cru qu'elle allait me péter le bras cette conne.
Encore heureux que tu n'aies pas touché Louise! Punaise, t'es inconscient ou quoi?
Ingrid m'a immobilisé, les flics sont arrivés et m'ont embarqué..
Ok, donc, dépôt de plainte et t'es en garde à vue..
Oui..
Nom de Dieu Jean-François, tu vas tout perdre ! Imagine un peu, Louise n'est pas restée sans rien faire et j'aurais fait pareil à sa place. Elle veut te voir sur la paille et va s'y employer..Purée, pense donc! La main courante le proc, l'ordre des avocats sans compter la sanction!
Fais pas chier, je sais tout ça!
Tu sais, tu sais, mais c'est à croire que t'en as rien à foutre ! Imagine que tu sois radié du barreau! Ca te pend au nez! C'est pas la première fois que tu fais le con!
C'est pour ça qu'il va falloir que j'agisse..
Tu sors demain?
Oui..
Et que veux-tu que je fasse là? Tu décuves et t'es en garde à vue. On marche sur des charbons ardents je te rappelle..Combien de fois va-t-il falloir que je te le répète bon sang?
Porte les docs que j'ai mis de côté pour le Belge. C'est tout ce que je te demande de faire. Apporte les lui et prend la malette en échange. Je devais le faire mais de là où je suis, je ne peux rien faire.
A qui la faute? Tu aurais du y penser avant! Va falloir que tu te calmes et te fasses oublier, même si je pense qu'il est trop tard.
Tu me laisses tomber, c'est ça?
Non, je dis juste qu'il faut que tu te calmes. Avec nos agissements et tes débordements, notre champ de manoeuvre est plutôt restreint. Alors, pédale douce s'il te plaît.
Putain, faut que j'appelle Corinne, quelle merde !
Je l'appelle en route. J'arrive. Surtout, tu ne dis rien avant que je sois là!”
Je sais ce que j'ai à faire bordel !”

Jean-François raccroche, satisfait de l'initiative de Thierry au sujet de Corinne. Il n'a nullement envie d'affronter son flot de questions et de reproches et préfère brûler son énergie ailleurs que contre des moulins à vent. Comme à son habitude, Thierry trouvera les mots justes. Jean-François pénètre dans sa chambre de dégrisement et s'allonge à même le sol. Au contact du ciment froid, son corps se met à frissonner. Peut-être cela lui permettra-t-il de remettre ses idées en place plus rapidement. Il fixe le plafond et ferme à moitié ses yeux gris acier. Il n'ignore pas que les événements de ce soir vont peser lourd pour le divorce et faire gagner des points à Louise.

Dans sa tête, les idées se bousculent, son cerveau bouillonne. Il lui faut trouver une solution, se sortir de ce mauvais pas, gagner son divorce, écraser Louise, empocher le fric, tout oublier et se faire oublier.



“Putain, qu'est-ce-que tu foutais Corinne?
Je me préparais pour le concert! Si je ne l'avais pas fait, je n'aurais jamais eu le temps de rentrer pour me changer et repartir ensuite. J'aurais raté le début du spectacle!
Non, mais je rêve! Y'en a que pour ton fichu concert ma parole! Mais t'as quoi dans la tronche? Je me demande parfois comment tu fonctionnes!
Mon chéri, je ne pouvais pas faire autrement et .. Thierry m'a dit que tu m'y emmenerais!
Et qui va me faire à bouffer en rentrant? La bonne n'est pas là aujourd'hui! Et en plus, tu me laisses tout seul !?
Tu te poses la question quand je reste des heures à t'attendre alors que tu es je ne sais où?
C'est pas pareil!
Le résultat reste le même! Tu te permets ce que tu n'acceptes pas chez les autres. Tu es insupportable Jean-François. J'aurais mieux fait te laisser croupir en cellule de dégrisement. Tu sais, j'en ai assez d'aller te récuperer dans un état plus lamentable à chaque fois. Et là, tu as vraiment été trop loin! Ca risque de te couter très cher tu sais?!
Tu ne m'aimes plus, c'est ça?
Je t'ai dit que j'en ai marre de tes agissements! J'en ai marre de recoller les morceaux et de faire bonne figure! Quand est-ce que tout cela se terminera?
Quand j'aurai récupéré mon cabinet et quand j'aurai écrasé Louise!
Ne peux-tu pas te contenter de ce que tu as à la fin?
Eh ho! Tu craches pas sur les visons que je sache! Tout ça a un coût ! Tu veux rouler en Clio et t'habiller en Tati? Tu veux retourner dans ta vie minable, te foutre à poil tous les soirs pour un salaire de merde et faire bander des minus qui te prennent pour une pute et qui veulent te sauter à la fin de ton numéro?
Non, tu le sais bien !
Et ton gamin? Tu y penses à ton gamin? Ton taré de gosse me coute la peau du cul! Les soins, l'hôpital, les assistants de vie, et j'en passe!
Tu n'as pas le droit de parler de lui ainsi, tu es un monstre!
Arrête de me gonfler tu veux?! Tu sais que j'ai raison! Tu serais encore dans la merde si je t'avais pas sortie de là! Et Dieu seul sait ce qu'il serait advenu de ton fils! Ca suffit maintenant! Monte! Je t'emmène à ce putain de concert !”


Le couple monte à bord de la Porsche Cheyenne. Jean-François prend le volant, s'installe, met le contact et démarre en trombe, faisant crisser les pneus non sans s'être adonné à son passe-temps favori : faire brûler la gomme sur le bitume. Corinne se tait, Jean-François sait qu'elle déteste ça, mais encore une fois, il passe ses envies sans se soucier de ses craintes à elle. De guerre lasse, elle se laisse conduire sans dire un mot. Elle regarde défiler sans les voir les bâtiments gris et se met à pleurer en silence.




“ Cette conne est au concert et je me retrouve tout seul comme un con à la maison!
Bein, c'est pas la première fois! Faisons comme on fait d'habitude !
Thierry, mon pote, tu as raison ! Elle sera pas là avant trois ou quatre heures du matin, peut-être plus. Elle va sortir après avec ses copines. On se fait une petite soirée?
Pas de souci, j'arrive..
Appelle les filles.Je m'occupe du reste..
Au fait, il t'en reste?
J'ai tout ce qu'il faut de ce côté là. J'aime ne pas décevoir mes amis!
C'est clair, avec toi, on est jamais déçu.
Dépêche, je t'attends...il n'est que 20h00 et j'ai envie de profiter au maximum avant que Corinne ne rentre.
Ce serait plus simple de sortir non? Tu pourrais t'amuser toute la nuit! Et ça serait pas la première fois que tu files sans rendre de compte!
Je sais bien, mais j'aime bien cette conne malgré tout. J'ai besoin d'un animal de compagnie et elle répond parfaitement à tous les critères..même si elle me casse les couilles de temps en temps. Il faut que je me montre plus conciliant avec elle. J'ai mon plan Thierry. J'ai beaucoup réfléchi pendant ma garde à vue...
Je sais pas ce que tu trames Jean-François..Mais tu me connais, j'en suis..
Mouais, tu aimes le fric et je sais que c'est pour ça que je peux compter sur toi. Appelle les filles et ramène ta fraise! J'ai envie de m'amuser ! ”



Dans l'immense appartement de 250 m², Jean-François accueille avec un large sourire les six filles que Thierry a ramenées. Aussi jeune et aussi belle l'une que l'autre, elles pénètrent dans la pièce principale avec un déhanchement étudié . Les yeux pétillants de Jean-François et le regard qu'il leur adresse ne laisse planer aucun doute quant à ses intentions. Après les avoir embrassées l' une après l' autre, il se dirige d'un pas joyeux vers la cuisine avant de se saisir de trois bouteilles de champagne qu'il avait mises au frais et en revient tout aussi vite. Les flûtes tintent entre ses doigts fébriles. Il les dépose sur la table basse alors que les filles se mettent à l'aise. Fausse fourrure, cuir et trench tombent à même le sol. Un bruit de détonation se fait entendre et les éclats de rire fusent. Le bouchon de champagne retombe mollement sur le tapis et Jean-François remplit copieusement chacune des flûtes avant de boire au goulot les dernières gouttes du précieux liquide.

Alex, Sylvie, Nathalie, Laurence, Chloé et Vanessa s'installent confortablement sur l'immense sofa où Jean-François et Thierry viennent les rejoindre. Se placant judicieusement au milieu des filles, un grand sourire aux lèvres, les deux hommes paradent comme des barbots. Les flûtes tintent, les verres sont levés et vidés d'un coup en l'honneur du plaisir et de la luxure.

Une seconde bouteille est ouverte, puis une troisième et encore une autre. Le champagne coule à flots, se déverse sur des lèvres, puis sur les décolletés vertigineux. La température monte crescendo. Jean-François se lève en titubant et abandonne un instant ses trois hôtesses avant d'aller chercher une poche de plastique puis de la déposer sur la table basse.

Prenant une profonde inspiration, le doigt en l'air comme s'il allait prendre la parole, il se concentre et retire lentement de l'étui des petits sachets contenant une poudre blanche. Son ami Thierry et les filles poussent des cris approbateurs et joyeux. Le voyage avec le champagne n'était qu'un hors d'oeuvre, il est temps de passer aux choses sérieuses.

Il vide avec précaution, sur la vitre opaque de la table, le contenu de chacun des sachets, et à l'aide d'une carte de crédit sortie de sa poche, travaille avec minutie la poudre blanche jusqu'à former plusieurs traits. “ C'est de la bonne, régalez-vous!”








“ Tu nous gâtes mon chou s'écrie Alex avec des yeux malicieux!
Pas plus que toi dans quelques minutes ma belle. Tu as un cul à damner un saint et j'ai bien l'intention d'aller le sniffer aussi!
Il est tout à toi!
Et vous les filles, soyez pas jalouses, y'en aura aussi pour vous!”

Joignant le geste à la parole, il attrape Alex et arrache ses vêtements en un temps record. Tel un chien, il se jette sur la jeune femme et se met à la tripoter sauvagement sous le regard complice de la petite assemblée.
Thierry imite son ami et s'acharne sur Vanessa. Sylvie, Nathalie, Laurence et Chloé ne voulant pas être en reste, se déshabillent à leur tour avant de se prodiguer entre elles des caresses devenant de plus en plus torrides. Des mains explorent les corps, passant de l'un à l'autre dans une lenteur calculée. Des lèvres déposent des baisers humides sur des peaux frissonnantes. Leurs corps s'emmêlent et se laissent envahir par des vagues de plaisir. Chloé, se retrouve à califourchon sur Laurence qui caresse ses magnifiques seins alors que Nathalie lui délivre un baiser sulfureux. Pendant ce temps, Sylvie s'installe au dessus de la tête de Laurence qui ne résiste pas longtemps à la tentation et se met à la lécher copieusement avant de la pénetrer et de faire jouer ses doigts en elle. Nathalie et Chloé viennent alors se placer savamment entre les cuisses grandes ouvertes de Laurence , mélangeant le goût de leurs baisers sauvages et sensuels à celui de son sexe gonflé de désir.

Après avoir terminé leur ouvrage, les deux mâles se régalent du spectacle qui s'offre à eux.
“ Je te croyais homophobe Jean-François!
Je le suis toujours, mais ça m'excite de les voir se lêcher le minou.
Où est la différence?
Tu plaisantes? Je veux bien voir deux nanas se chauffer pour mieux les choper après, mais voir deux mecs s'enfiler, non merci!
Tu imagines Corinne faire ça?
Si Corinne me fait ça, je la bute.
Je ne comprends pas ton raisonnement Jean-François.
Y'a rien à comprendre. C'est comme ça, c'est tout!
Ce que je comprends c'est pourquoi tu défends si bien les ordures!
Oui, mais ma plus belle ordure me donne du fil à retordre...moui ma belle... mmmm que c'est bon. Tu te débrouilles très bien, t'arrête pas surtout”...


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MessageSujet: Re: LOUISE OU LA VRAIE VIE   Ven 7 Fév - 20:45

Louise, assise confortablement dans son lit, deux gros oreillers calés dans son dos, épluche le courrier du jour. Son téléphone tout près d'elle, elle attend avec impatience les nouvelles du cabinet. Sa grippe lui laisse un peu de répit et elle en profite pour se plonger dans le travail.
Quoi de mieux qu'un petit regain de tonus et le merveilleux paysage blanc qui apparait à la fenêtre? La neige tombe sans discontinuer depuis plusieurs heures et la couche neigeuse s'épaissit à vue d'oeil pour le plus grand plaisir des enfants et des grands.

Les lunettes au bout du nez, une tasse de thé fumant dans une main, elle épluche le quotidien qu'elle a l'habitude d'emprunter à Xavier. Les faits divers attirent particulièrement son attention et un petit sourire se dessine sur son visage lorsqu'elle découvre un petit article en bas de la page. On y relate anonymement l'intrusion brutale de Jean-François dans sa propriété ainsi que l'agression de son majordome. Aucun nom n'est cité mais la description du personnage et de son passé ne laissent traîner aucun doute quant à son patronyme. Louise est satisfaite, l'article qu'elle a elle-même écrit n'a pas mis longtemps à paraître et son amie journaliste qu'elle connaît depuis des années s'est fait un plaisir de le faire paraître. Battre le fer tant qu'il est chaud est sa devise et elle ne laissera à Jean-François aucun répit, aucune chance de voir tourner la chance en sa faveur.
Le monde de la magistrature n'est pas sans ignorer les agissements douteux de Lemoux mais il est n'en connaît pas toutes les facettes. Et Louise est décidée à les dévoiler.

Sous ses airs de brave femme, affable et serviable, Louise n'en est pas moins une battante et elle s'est jurée d'employer toute son énergie pour gagner son combat contre son ordure de mari. Ce dernier n'a plus qu'un cercle restreint d'amis depuis qu'il trempe dans des affaires louches mais il lui en reste suffisamment, prêts à tout pour empocher de belles petites fortunes contre leur collaboration..collaboration forcée car Jean-François est aussi passé maître dans l'art du chantage. Toujours au courant de leurs faits et gestes, fouillant sans répit leur vie professionnelle et privé par n'importe quel moyen, il se sert de leurs écarts afin de s'approprier leur soutien. Cela aussi, Louise le sait mais elle choisit de garder cette carte en main et de l'abattre au moment voulu.

“Louise! Bonjour! C'est Virginie! Comment vous sentez-vous ce matin?
Je vais mieux, bien mieux je vous remercie !
Votre article sur le journal est passé, vous avez vu?
Oui, je viens de le lire à l'instant. Je donnerais cher pour voir sa tête quand il le lira. Et je sais qu'il le lira!
Et vous voulez une autre bonne nouvelle? Tout le monde a vu ce petit encart dans les faits divers et votre coup a porté! Ils savent tous de qui il s'agit comme vous l'esperiez. Ca murmure grave dans les couloirs! Le téléphone n'arrête pas de sonner. Beaucoup vous apportent leur soutien et veulent voir sa tête tomber.
Je sais, il est une injure à notre profession. Une erreur de la nature, une erreur d'aiguillage. A nous de le remettre à la place où il doit être depuis longtemps et dont il n'aurait jamais du ressortir : la prison!
Ce qu'il a fait l'autre soir est bien léger..
Je sais bien Virginie. Il a payé pour le passé mais Jean-François n'est pas homme à rester sans tremper dans une magouille. L'appât du gain est son leitmotiv mais c'est aussi ce qui le perdra. Il ne sera pas toujours chanceux et il commettra un faux pas. Je l'y aiderai. Je ne le connais que trop bien, il ne reste jamais inactif. Dieu seul sait quels coups il prépare, mais je le découvrirai et cette fois-ci, Louise ne l'aidera pas mais appuiera d'avantage sur sa tête pour mieux l'enfoncer dans sa merde.
Louise, j'ai peur de sa réaction à l'article.
C'est bien là le but de la manoeuvre. Je veux qu'il réagisse. J'aimerais surtout voir les moyens qu'il va utiliser, non seulement pour m'abattre, mais aussi pour mener à bien ses coups foireux...Je sais tout sur lui, sur Corinne, sur ses soirées spéciales sans parler de son addiction à l'alcool et à la drogue..D'ailleurs, je me demande comment son coeur n'a pas lâché. L'alcool et la drogue n'ont jamais fait bon ménage...
Vous savez aussi bien que moi ce dont il est capable. Méfiez-vous Louise”
Le réveil sonne. Il est 07h00. Dans leur kingsize bed, Corinne s'éveille. Complètement nue, elle remonte d'un geste rapide les draps de soie noire sur son corps frissonnant avant de poser sa main à sa droite et constater que Jean-François n'est pas à ses côtés. Le drap encore chaud lui fait comprendre qu'il est debout depuis peu.

Intriguée, elle s'interroge sur ce fait inhabituel. Lemoux ne se lève jamais avant 10h00 le dimanche matin. C'est le seul jour de la semaine où il s'accorde une vraie grasse matinée.
La tête pleine de décibels et des jeux de lumière du concert de la veille, elle se positionne sur le ventre, espérant retrouver rapidement le sommeil et récupérer de sa sortie . Elle s'est couchée il y a deux heures à peine et elle décide qu' il est trop tôt pour se lever. Elle a envie de replonger dans ses rêves et surtout éviter une nouvelle discussion creuse avec Jean-François.

Un bruit métallique et de porcelaine se fait entendre. Elle s'interroge. D'ailleurs, plusieurs questions lui viennent en tête mais elle n'a pas envie de se lancer dans le sujet. Pourtant, elle n'a pas le choix. Jean-François pénètre dans la chambre, tout sourire, frais comme un gardon.
“ Bonjour ma chérie ! Lui dit-il
Toi? Qu'est-ce-que tu fiches debout à cette heure ci? Il est à peine 07h15! Et pourquoi le réveil a-t-il sonné à 7h00? T'étais même pas dans le lit!
Je me suis réveillé avant que ça sonne. Et mince..J'ai pas coupé la sonnerie ...
Si ce n'était pas prévu de me réveiller, pourquoi arrives-tu avec un plateau petit déjeuner? Et pourquoi ce petit déjeuner au lit d'ailleurs?
Je suis grillé. Oui, c'était calculé et oui je voulais t'apporter ton petit déjeuner au lit.
Pourquoi donc?
Peut-être une manière détournée de m'être montré si odieux avec toi hier. Je me suis conduit comme un vrai mufle. Veux-tu bien me pardonner?
Et tu crois sincèrement que ce plateau déjeuner va suffire?
Non, bien sûr que non! Attend, j'ai autre chose pour toi!
Des roses? Rouges! Comment te rappelles tu que ce sont mes préférées, toi qui as toujours opté pour des lys?
Tu vois bien que j'ai fait des efforts! Sois un peu plus magnanime s'il te plaît ! Je ne sais comment me faire pardonner et la seule chose que tu trouves, c'est de m'enfoncer d'avantage!
Tu vois bien que c'est désagréable et je trouve que ce n'est rien par rapport à ce que tu m'as fait subir!
C'est vrai! C'est pourquoi j'ai encore quelque chose pour toi et c'est la raison pour laquelle j'ai mis le réveil à sonner si tôt.
Qu'as-tu encore manigancé Jean-François?
Oh rien de bien particulier si ce n'est juste que j'avais envie de te faire plaisir aujourd'hui. Je te le répète, je trouve que je ne suis pas l'homme idéal ces derniers temps et je compte bien me rattraper.
Il est vrai que tu t'es montré plus amoureux..
Déjeune tranquillement mon ange. On a encore le temps. Ensuite, je te conseille d'aller te doucher et te te préparer!
Me préparer à quoi?
On prend le jet dans deux heures et on s'envole pour Venise!
Tu as eu toujours horreur de cette ville Jean-François..
Je sais, mais je sais aussi que tu as toujours rêvé de découvrir Venise. J'ai donc décidé de t'offrir ce petit cadeau et surtout de penser un peu plus à toi.
Tu as donc vraiment décidé de te faire pardonner ? Ou cherches-tu à te faire pardonner autre chose que j'ignore?
Tu m'énerves à la fin Corinne ! Que dois-je faire pour te prouver ma sincérité?
Une question chéri. Comment se fait-il que je retrouve cet appartement propre comme un sous-neuf alors que la bonne a son week-end et que tout soit en ordre alors que c'était un vrai foutoir quand je suis partie?
Ca aussi, j'ai voulu y mettre du mien. Je sais que tu n'aimes pas le bordel et je connais ta magniaquerie..
Me dis pas que tu as fait toi-même le ménage?!
Ca t'aurait amusée de me voir habillé en soubrette pour le faire, avoue !
Ca aurait été plutôt cocasse oui! Garde moi ce plaisir pour une prochaine fois. Combien de temps reste-t-on à Venise chéri?
Quatre ou cinq jours, comme tu voudras. J'ai réservé au Palazzo Dandolo..
L'hôtel Danieli tu veux dire! Cet établissement a des siècles d'histoire! Ho mon chéri, tu as mis dans le mille! Merci! J'ai hâte d'y être!.
Alors, dépêche toi de déjeuner et de te faire belle...qu'on décolle vite pour l'Italie.” dit Jean-François en posant délicatement ses lèvres sur celles de Corinne.
Je dormirai dans le jet..Je suis rentrée très tard et je manque de sommeil..”

“Et moi j'ai pas fermé l'oeil!” se dit Jean-François dans un sourire glauque..

Virginie arrive enfin à la propriété de Louise, en ouvre le grand portail comme à l'accoutumée et vient se garer devant l'entrée. Comme d'habitude, elle est accueillie chaleureusement par Xavier qu'elle salue avec courtoisie avant de s'inquiéter de son état de santé.

Ils entrent tous deux dans le manoir où règne un silence bienvenu. Cela change du cabinet toujours en mouvement. Décidement, elle adore cet endroit et c'est avec un plaisir indicible qu'elle s'y rend quand elle en a l'occasion. C'est à dire, pratiquement tous les jours. Une fois débarrassée de ses effets, Virginie va rejoindre Louise installée dans le salon attendant paisiblement sa venue. D'épais dossiers sont posés ça et là, le courrier de la veille à ses côtés. Elle tient dans ses mains le journal contenant son article anonyme qu'elle lit et relit avec délectation. Elle a amorcé sa bombe et attend maintenant avec impatience les retombées sur son futur ex mari. Elle songe alors à tous les combats, à toutes les batailles qu'elle a du mener pour remettre le cabinet à flot à cause des frasques de Jean-François qui, au lieu de lui témoigner de la reconnaissance, n'a eu de cesse que de continuer ses viles activités.


“Bonjour Louise
Rebonjour Virginie. Je vous attendais. Ca va depuis tout à l'heure?
J'ai eu du mal à arriver à cause de toute cette neige, mais oui, je vais bien.
Vous êtes arrivée en un seul morceau, c'est là le plus important.Je vous remercie de m'avoir consacré votre dimanche.
Je suis à votre disposition Louise mais je me sens tout aussi concernée que vous dans cette histoire. Tout comme vous, je veux voir Jean-François à terre et ne plus jamais le voir se relever. Vous aider dans vos démarches sera là ma part de vengeance après ce qu'il m'a fait subir.
La descrimination dont il a fait preuve à votre égard n'a pas été assez sévérement punie à mon goût, d'autant plus qu'il a mis les bouchées doubles par la suite.
Ni le préjudice moral Louise. Pour ne pas parler du harcèlement.
Je sais... J'étais déjà au courant de ses frasques depuis longtemps mais essayer de vous séduire dans mon propre cabinet et sous mes yeux...et chercher à vous humilier à cause de vos préférences sexuelles..Abject.. Je vous remercie d'avoir tenu le coup et d'être restée Virginie. D'autres auraient déjà quitté le navire à cause de ce rat. Merci de votre fidélité et de votre loyauté.
Même si je n'avais pas été lesbienne, elles vous étaient acquises Louise. Ce salaud doit tomber.
Je ne le sais que trop bien. Un petit café?
Volontiers. Avec le froid qu'il fait dehors, il sera le bienvenu.
Vous savez, je ne suis pas mécontente de ma petite bombe dans le journal.
N'en craignez-vous pas les conséquences?
Je ne vois pas ce qu'il peut faire de plus ! Tous savent ce qu'il est et ce qu'il vaut! Juridiquement parlant, il est grillé, fini..Il n'a plus le soutien de personne et les victimes de ses chantages quand ils auront lu cet article, finiront par se décider à ne plus plier. Et je vous rappelle que son apparition de l'autre soir risque de lui couter cher..très cher même. Je prie pour que l'ordre des avocats opte pour la sanction la plus lourde. Son nom ne salira plus ce métier dont il est indigne..Mon dieu, comment ai-je pu être aussi naïve en tombant amoureuse de lui?
L'amour rend aveugle, c'est bien connu Louise..
Et vous, où en êtes-vous? Toujours célibataire?
Oui Louise
Vous êtes-vous décidée à déclarer votre flamme à celle qui fait battre votre coeur?
Pas encore et j'ignore si j'en aurai un jour le courage.
Pourquoi donc?
Je la connais depuis de nombreuses , elle n'a jamais montré un intérêt quelconque à mon égard si ce n'est de l'amitié.
Lui avez-vous fait comprendre qu'elle vous interessait?
Pas vraiment. Je préfère conserver son amitié plutôt que d'essuyer un échec . Et cette amitié qui nous unit m'est très précieuse. Je n'ai pas envie de tout foutre en l'air, je ne m'en remettrais pas.
Ho, à ce point?
Oui, Louise.
Vous êtes bien plus que ma secrétaire Virginie, vous êtes devenue une amie et ça me chagrine de ne pas vous voir épanouie. Vous êtes si jolie, si agréable à vivre que je m'étonne que cette personne à cause de laquelle vous souffrez en silence n'ait rien remarqué.
Peut-être est-elle absorbée par d'autres préoccupations et que, justement, elle ne voit qu'une amie en moi. Les hétéros ne voient jamais bien loin dans l'étude de ce genre de comportement. J'entends par là qu'ils ont leur propre vie, leur propre sexualité dans laquelle ils restent confinés et qu'ils ont peur de découvrir autre chose d'eux, quelque chose qui les effraie et qu'ils veulent laisser dormir..
Vous avez peut-être raison...Et vous pensez que c'est le cas de la femme en question?
Possible aussi, mais dans ce cas, la situation ne se débloquera jamais.
Mais c'est idiot de rester dans cette situation Virginie. Vous souffrez, et elle aussi, peut-être..
Peut-être..
Je la connais?
Je pense que oui. Mais ne me demandez de vous divulguer son nom s'il vous plaît..
Loin de moi l'idée de vous tirer les vers du nez Virginie. Ce serait faire preuve de manque de respect à votre égard. Sur ce, avez-vous apporté les dossiers que je vous ai demandés?
Oui Louise, ils sont tous là. Ca me fait drôle de les ressortir !
Ils pourraient se montrer très utiles dans un futur très proche..
J'en suis bien consciente Louise..et sachez que quoique vous décidiez de faire, je vous suivrai..”


Corinne et Jean-François sont dans leur suite à l'hôtel Danieli, un somptueux établissement constitué de trois palais vénitiens superbes, remontant, pour le plus ancien, au XIVème siècle. Connu pour sa décoration somptueuse avec des lustres en verre artisanal de Murano, le nom d'une des iles qui composent la ville, de précieux tissus et tapisseries, des colonnes en marbre travaillées, Corinne pourrait en parler pendant des heures, sans jamais y avoir mis les pieds jusqu'à ce jour . La jeune femme s'est laissée glisser dans le sommeil, confortablement installée sur le lit de la chambre blanche aux tentures rouges donnant directement sur la lagune de Venise. Jean-François la regarde dormir, un léger sourire aux lèvres, écoutant, sans les entendre les informations internationales diffusées à la télévision italienne. L'Afghanistan, le mariage homosexuel, le crash d'un boeing, les frasques de son homologue voyou Berlusconi, rien ne le tire de ses pensées.


Corinne est une sculpturale jeune femme de 30 ans, issue d'un mariage d'une mère française et d'un père martiniquais. Ses cheveux chatain clair coupés très courts forment un délicieux contraste avec sa peau bazanée. Dotée d'un sourire désarmant et d'un corps à la plastique parfaite, elle était un éternel objet de convoitise chez la gent masculine jusqu'à ce que Jean-François la remarque et en fasse sa maîtresse, la propulsant d'un coup dans les hautes sphères. Elle s'est accoutumée très rapidement à sa nouvelle vie, son nouveau milieu, un monde de cotillons et de paillettes, un monde dont elle a toujours rêvé. Etant de tous les dîners mondains de la capitale, assistant à tous les vernissages, aux soirées officielles ou plus douteuses, Corinne est de toutes les parties, de toutes les sorties. Sa beauté naturelle rayonne à chacune de ses apparitions rendant folles de jalousies toutes les autres femmes parées de leurs plus beaux atouts. Jean-François apprécie sa discrétion sur ses propres agissements même si, comme hier au soir, elle s'est montrée revêche à sa sortie de sa garde à vue. Corinne est une magnifique sotte qu'il peut malgré tout tromper sans scrupule, dans tous les sens que ce terme implique.

Corinne ouvre les yeux, laissant apparaître deux magnifiques iris verts.Tout sourire, Jean-François s'approche d'elle avant de lui délivrer un baiser surlfureux et de caresser la vallée de ses seins avec une infinie tendresse.
“ Mon ange, je nous ai commandé le déjeuner pendant que tu dormais. On sera servis en chambre, on sera tranquilles comme ça.
Excellente idée pour déjeuner mais pourquoi devons-nous rester enfermés dans cette suite alors que nous aurions pu en profiter pour admirer la salle du restaurant et admirer la vue sur la lagune ? C'est somptueux!
J'ai pensé que tu étais encore un peu fatiguée et que tu voulais te reposer un peu plus avant de faire une balade sur les canaux de Venise, voir le Pont des Amoureux et la Place Saint-Marc.
Non pas spécialement mais pas grave.
On ira ce soir si tu veux ma chérie, promis.
Ca marche. Après avoir joué les touristes, j'ai envie de faire les boutiques cet après-midi, tu viens avec moi?
Tu connais ma réticence à faire les boutiques ma chérie. Je n'aime pas poireauter pendant des heures tu le sais. Non, je préfère que tu y ailles seule. Je t'attendrai ici. Y'a du foot à la télé et j'ai parié un petit pactole sur l'issue du match avec Thierry.
J'ai pas envie de te laisser tout seul ce coup ci chéri. Sinon, tu vas encore me le reprocher..
Ne t'inquiète pas pour moi, je survivrai..Mais j'en suis moins certain pour ce qui est de mon compte en banque.
J'espère qu'il est bien garni, je vais faire des folies!
Je te fais confiance pour ça!
Je t'aime Jean-François!
Pour ça aussi je te fais confiance..Je t'aime aussi ma chérie.”


Les lunettes au bout de son charmant petit nez en trompette, Virginie fait jouer ses doigts sur le clavier de l'ordinateur à une vitesse vertigineuse, frappant le courrier que Louise lui dicte, assise à ses côtés. Louise admire la beauté de ses mains, la finesse de ses longs doigts aux ongles parfaitement manucurés. Dehors, la neige a redoublé de vigueur et la nature a totalement disparu sous un épais manteau blanc.
Bravant le froid et la tempête, un moineau courageux se risque à voler sous le bombardement intensif des flocons , en quête d'un peu de nourriture et vient s'échouer contre la baie vitrée du salon dans un bruit sourd avant de tomber mollement sur le sol givré et de geindre.

Les deux femmes s'interrompent en entendant le choc et en découvrent vite l'origine. Virginie abandonne le clavier de son ordinateur et, sans que Louise lui ai signifié quoi que ce soit, se lève et ouvre la baie avant de recueillir le petit moineau blessé.
“ Pauvre petit moineau, mais quelle idée as-tu eue de sortir avec ce temps!
Visiblement, il s'est égaré dans la tempête, on n'y voit pas à dix mètres.
Il s'est blessé à l'aile droite. Ca semble être une simple écorchure mais elle doit être mâchée puisqu'il n'a pu repartir.
Que comptez-vous faire de se volatile Virginie ? Questionne Louise sur un ton empreint de tendresse et de curiosité.
Je vais en prendre soin jusqu'à ce qu'il aille mieux Louise.
Ca vous arrive souvent de secourir des animaux en détresse?
Assez oui.. J'ai déjà recueilli un hérisson, une belette, un lapin, cinq pigeons, dix chats et trois chiens, sans compter ceux que l'on m'apporte. Je suis la BB du quartier. J'adore les animaux. Je les préfère d'ailleurs à certains humains et leur accorde plus de considération.
Je vois !” dit Louise sur un air attendri.


La porte du salon s'ouvre discrètement et Xavier apparait, repart aussitôt sur les directives de Louise. Il réapparaît quelques minutes plus tard avec une petite boîte en carton qu'il a pris soin de bourrer de coton. Un sourire d'enfant s'affiche sur le visage de la jeune secrétaire et Louise est toute attendrie.
“ C'est donc cela que vous lui avez dit à l'oreille! Merci Louise !
Mais de rien Virginie. Avec plaisir! Vous allez pouvoir rentrer avec votre petit protégé..quoique, je doute que vous puissiez repartir. Il y a au moins 40 cm de neige dehors. J'avais jamais vu ça depuis longtemps!
Dans ma Normandie natale, c'est très rare aussi. Comment vais-je faire ?
Il est évident que vous ne pouvez plus repartir. Vous voilà prisonnière du manoir. Vous passerez donc la nuit dans la chambre d'amis.
Je suis confuse Louise.
Vous n'avez pas à l'être Virginie. C'est moi la responsable après tout puisque j'ai réquisitionné votre dimanche ! Je vous en prie, soyez mon hôte. Xavier! Soyez gentil! Vérifiez qu'il ne manque rien dans la chambre verte et ajoutez un couvert supplémentaire pour le déjeuner et le dîner. Virginie va passer la journée au manoir.
Avec grand plaisir Madame ! Répond le majordome dans un enthousiasme qui surprend Louise.



Sur la lagune de Venise, des dizaines de gondoles se laissent bercer par les flots malgré le temps maussade. Corinne vient de quitter le “Danieli”, emmitoufflée dans son splendide vison, bien décidée à piller les boutiques de luxe.
Jean-François est resté dans la suite, attendant impatiemment son départ. Le shopping plus les visites, elle ne sera pas rentrée avant l'heure du dîner.


A peine a-t-elle les talons tournés, que l'homme s'habille chaudement avant de quitter sa suite et de se diriger vers la sortie où un taxi d'eau vient d'accoster. Le temps de s'engouffrer à l'arrière, le petit bateau redémarre, tout aussi silencieusement qu'il est arrivé avant de se diriger vers l'île de San Michele, l'île cimetière de la cité des Doges.
Il ne faut pas plus d'un quart d'heure au taxi d'eau pour arriver à destination. A peine accosté, deux hommes à la taille et au gabarit impressionnants viennent accueillir Jean-François qui reconnaît aussitôt les hommes de main du “Belge”.
“Salut l'Avocat ! T'as fait bonne route?
Ca aurait été mieux si notre entrevue s'était passée en plein été. Il fait plutôt frisquet sur l'Adriatique en ce moment!
Viens, le “Belge” est impatient de te voir.
Je le suis tout autant.”

Le petit groupe marche sur une centaine de mètres et pénètre discrètement dans un mausolée de marbre datant du XVIII ième siècle.

“ Bonjour mon ami, entre, je t'en prie.
Bonjour Walter
Comment vas-tu Jeff? Bien j'espère!
Pas aussi bien que toi. Alors, es-tu satisfait de ma dernière mission?
Impec. J'adore faire des affaires avec toi et j'en ai une nouvelle à te proposer.
Combien?
Trente kilos.
Ca me rapporte combien cette fois-ci?
1 million. Un quart maintenant, le reste à la livraison.
Le Père Noël passe chez qui cette fois ci?
Tu devras te contenter de déposer le colis à la gare Montparnasse, voici la clé du casier. Dans ce casier, tu trouveras la clé du casier à côté où tu trouveras tes etrennes. Comme d'habitude, quelqu'un te suivra de près et viendra chercher la marchandise quelques minutes après toi.
Comme d'habitude, je ferai ce qu'on attend de moi. Mais pourquoi Venise?
J'ai d'autres chantiers en cours et comme je manque de temps, j'ai décidé de tous les traîter en même temps ici.La Sérénissime ne te plaît pas? La vallée du Pô est une merveille, tu devrais en profiter avec ta poufiasse... Si si, je sais tout de toi, rien ne m'échappe. Y'a de l'eau dans le gaz Jeff, tu y vas un peu fort avec la vieille peau et avec ce qu'elle a balancé dans le journal, il est clair qu'il vallait mieux que notre petite entrevue ait lieu très loin de Paris. Et Corinne a toujours rêvé de voir Venise non? Ca ne pouvait pas mieux tomber pour toi..
Quoi, quel article?
T'as pas vu?
Non, j'ai fait une petite soirée hier au soir avec Thierry et les putes. Tout le monde est parti vers 04h00 et l'appart était dans un état pas possible. J'ai effacé toute trace susceptible d'eveiller ses soupçons avant qu'elle ne rentre vers 5h00 comme d'hab et puis je me suis couché pour faire comme si de rien n'était, cinq minutes avant qu'elle n'arrive! Comme je l'avais malmenée la veille et que j'ai besoin d'elle, le petit séjour en Italie tombait à point nommé pour la calmer. On est partis ce matin, j'ai pas pensé au journal. C'est quoi cet article?
Tiens, je l'ai avec moi..Lis..”

Jean-François arrache des mains du “Belge” le journal qu'il lui tend et parcourt fébrilement l'article.
“ Putain de merde! Elle a osé, la salope!
Tu crois que c'est elle qui a écrit ça?
Je ne crois pas, j'en suis sûr ! Y'a qu'elle pour écrire ça, qui veux-tu d'autre que ça soit?
Elle n'est pas ta seule ennemie Jeff..Elle n'est pas la seule à vouloir ta peau!
Elle veut simplement récupérer ce qui lui revient de droit..Elle n'est pas au courant pour le reste.
En es-tu si sûr? Pourquoi ne te contentes-tu pas de ce que tu as déjà?
Je veux la voir à terre tu m'entends? J'ai ma fierté! Et vouloir récupérer le cabinet est une bonne couverture aux yeux de Corinne et de tous les autres.
Pourquoi est-ce si important pour toi que Corinne ne sache rien?
Qu'elle se contente d'ouvrir les cuisses et de mes largeurs, le reste ne concerne que moi. Et puis, les femmes et les affaires, ça n'a jamais fait bon ménage, je sais de quoi je parle!
T'as pas tort. Tu comptes vivre avec elle?
Elle est avec moi depuis un an. Quand je m'en lasserai, j'irai voir ailleurs.
Ce que tu fais déjà pourtant! Dit le Belge dans un éclat de rire.
Ca n'a rien à voir. Les putes, c'est pour la baise, Corinne, c'est pour la parade.
ok. Tiens, voilà ton fric. Un autre taxi d'eau t'attend sur le côté ouest de l'ile.
Quoi, et c'est tout?
Comme je te l'ai dit, j'ai d'autres plats sur le feu et je dois avoir tout réglé dans la journée avant de repartir pour Boston. Mon timing est sérré.
Boston? Qu'est-ce que tu vas foutre là-bas?
Moins tu en sais, mieux ce sera. Mais ça n'a absolument aucun rapport avec l'affaire qui nous concerne. Je te dirais juste que je pars à la pêche. Allez, file. Porte toi bien Jeff.. Mercredi, gare Montparnasse, 15h00.
Compte sur moi, j'y serai.”


“ Ah, Ingrid! C'est toi? Comment vas-tu?
C'est à toi qu'il faut poser la question Louise! Je viens aux nouvelles!
Ah, mais je suis prête à courir le marathon!
Et à te péter un fémur en glissant dans la neige. Trève de plaisanterie, je vois que tu vas mieux, c'est bien.
J'ai pas le choix Ingrid..J'ai mis la machine en marche. J'ai balancé ma mini bombe. J'attends les retombées.
Tu as fini par le mettre cet article ! Ma parole, tu es folle. T'as pas peur de sa réaction après l'autre soir?
Avec moi, c'est à con, con et demi. Et à ce jeu là, je peux être très forte.
Je sais, je sais de quoi tu es capable, mais n'empêche que j'ai peur pour toi.
Ah, tu vas pas t'y mettre toi aussi! Virginie m'a déjà fait la leçon, c'est bon!
Ok ok, te fâche pas. Et elle va bien Virginie?
Euh, oui, pourquoi?
Je trouve qu'elle vient très souvent au manoir depuis quelques temps.
Oui, et alors? C'est sur ma demande qu'elle vient.
Même un dimanche? Dis donc, elle t'adore ta secrétaire! Même si je la payais triple, la mienne ne ferait pas le quart de ce que fait Virginie pour toi!
T'insinues quoi par là?
Oh rien rien
Mais enfin, où veux-tu en venir?
Il n'y a pas plus aveugle que celui que ne veut pas voir..
Tu vas t'expliquer à la fin?
Ouvre un peu les yeux Louise! Ouvre ton esprit et cherche, la réponse est en toi.
La réponse à quoi?
Oups, je dois raccrocher, j'ai un double appel!! Bye ma belle, je passe te rendre une petite visite demain. Passe un bon dimanche, bon appetit et passe le bonjour à Virginie de ma part..Elle est très bien cette petite...”


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MessageSujet: Re: LOUISE OU LA VRAIE VIE   Ven 7 Fév - 20:49

Louise reste la bouche ouverte, n'ayant pas eu le temps de répondre. Interdite, son regard se tourne vers Virginie attablée en face d'elle et qui manque de s'etouffer . La jeune secrétaire attrape sa serviette de table et la positionne sur sa bouche, mais cette barricade de fortune ne fait pas le poids face au fou rire qui monte en elle.

Virginie rit aux éclats, son visage virant du blanc au rouge en un temps record. Son corps est secoué de violentes saccades, sa tête s'enfonce dans ses épaules, ses yeux plissés laissent échapper des larmes . Elle finit par faire pivoter sa charmante frimousse sur le côté, essayant comme elle peut de se contenir et se cacher. Peine perdue. Louise l'accompagne volontiers dans son fou rire et le salon si calme jusque là, se remplit de leur éclats de voix. Xavier, arrivant à ce moment avec sa desserte, savoure la complicité de ces deux femmes qu'il adore et se réjouit de voir une Louise aussi resplandissante.

“ Désolée Louise, c'est sorti tout seul..
Aucun problème Virginie.. J'avoue que la situation était plutôt cocasse.
Ne pensez pas que je vous manque de respect..
Ce n'est rien je vous dis..Je ne vous ai jamais vue rire ainsi, vous, qui d'habitude êtes si sérieuse. Ca fait plaisir à voir!
Au travail, oui, mais en dehors, c'est une tout autre histoire !
J'apprécie énormément votre compagnie et votre présence m'apporte énormement, vous n'imaginez pas à quel point. Cette maison reflète mon état d'esprit et respire la tristesse. J'aime les couleurs que votre simple présence apporte.
Alors, invitez moi tous les dimanches, et je transformerai cet endroit en arc en ciel. Je serais ravie de travailler avec vous, il est si agréable de travailler avec vous Louise.
Cela peut se faire Virginie, mais pas en tant que secrétaire.
Comment ça?
Vous travaillez pour moi depuis plus de cinq ans et j'ai remarqué votre capacité exceptionnelle au travail, votre capacité d'apprendre, votre disponibilité, votre amour du travail bien accompli. Je vous propose de devenir ma collaboratrice..
C'est à dire..
Je suis persuadée que vous feriez une excellente avocate Virginie et une superbe avocate de surcroît ! Je vous offre la possibilité de terminer vos études de droit et de bosser dans ce cabinet en tant que telle.
Louise, je..Vous..vous rendez-vous compte de ce que vous me proposez?
Bien sûr, c'est bien pour cela que je le fais! Et vous le méritez amplement. Si vous le souhaitez, je serai votre mentor. Bien entendu, vous n'êtes pas forcée de me donner une réponse dans l'immédiat mais..un oui me ferait énormement plaisir...à Jeanne et à Françoise également.. Même si je suis la patronne ici, il fallait bien que j'en touche deux mots à mes autres associées. Et elles ont applaudi ma proposition. Nous ne serons pas trop de quatre pour abattre la masse de travail sous laquelle nous croulons chaque jour d'avantage.
Il vous faut une réponse pour quand Louise?
Je vous l'ai dit, prenez votre temps mais avant que je prenne ma retraite..
C'est tout vu...! On ne peut pas refuser pareille offre ! Vous ne serez pas déçue! Je vous le promets !
J'en suis certaine. Puisque cette affaire vous tient à coeur, je vous propose de vous faire les dents sur le cas Lemoux..
Avec grand plaisir..Je suis votre homme Louise !
Alors, attrapez les deux dossiers jaunes que je vous ai demandés d'apporter et ouvrez-les ! Impregnez vous en Virginie. Par contre, soyez magnanime sur la frappe et la mise en page, je suis une piètre dactylo. Les documents qui s'y trouvent sont de la dynamite. Il veut jouer les gros bras, je vais lui montrer que je suis aussi musclée que lui.
Je pense que le contenant sera plus interessant que vos fautes Louise..et je vous remettrai tout ça en ordre si vous le voulez bien...Mais par pitié, faites attention à vous. Ce type est fou. On ne sait pas jusqu'où il est capable d'aller. J'ai peur pour vous Louise.
Je le sais très bien moi et c'est pourquoi il faut que ça s'arrête !
Louise, je ne pense pas que vous soyiez consciente du danger. Je suis toute aussi impatiente que vous de le voir tomber mais il faut se montrer plus fines que lui.
Si vous faites allusion à l'article, c'est fait pour qu'il sorte de ses gongs et qu'il agisse en conséquence.Il va se retrouver dos au mur et tel un animal blessé, il va chercher à défendre son biftek. C'est là que je lui porterai le coup de grâce”


Corinne rentre à l'hôtel et trouve Jean-François allongé sur l'immense lit de la suite. Il semble somnoler. Elle jette sur le sol de la chambre les nombreux paquets dont elle était outrageusement chargée avant de se diriger dans la luxueuse salle de bains. Elle retire ses escarpins, ses collants et se déshabille entièrement avant de se faufiler sous la douche et se mettre à chanter, comme à son habitude. L'eau déferle sur son corps transis de froid, elle ferme les yeux, savourant son contact chaud et bienfaiteur.
Jean-François attend sagement le retour de Corinne dans la chambre, se servant une bonne rasade de Bourbon noyé à gros renfort de glaçons.
Il salive déjà au profit qu'il va faire en passant cette livraison exceptionnelle de cocaïne. 30 kg, c'est énorme, dépassant de très loin les petites quantités habituelles. Voyageant dans son jet, il sait qu'il ne sera pas inquiété. Tout est prévu, rien ne pourra venir entraver ses desseins et l'argent va couler à flots. Il n'en oublie pas pour autant le sort qu'il réserve à Louise et comment récupérer le cabinet avant que le divorce ne soit prononcé. Il ne lui reste plus qu'à décider quand, où et comment.

Il regarde sa rolex en or massif au moment même où il recoit un texto codé de son complice à l'aéroport. Un rictus infame se dessine sur ses lèvres : la came est dans son jet. Le reste du parcours sera une sinécure. Il aura suffit de quelques liasses de billets de cinq cents euros à son complice à Paris pour en sortir sans être inquiété. Argent trop facile, argent si facile. Rien, ni personne ne pourra plus l'arrêter.

Dans le salon, Louise et Virginie ont pris place devant l'âtre de l'immense cheminée. Elles savourent paisiblement leur café sans rien dire, regardant les flammes qui dansent dans le foyer. Seul, le crépitement du feu rompt le silence de la pièce où les deux femmes se laissent volontiers envahir par ce moment de quiétude infini. Dehors, la neige tombe sans répit depuis des heures, les flocons virevoltant au gré du vent, s'accumulent sans discontinuer et se posent au hasard, donnant à la nature des formes particulières que mettent en valeur les projecteurs du parc.

Xavier a rejoint ses quartiers, une petite maison construite à son intention à une centaine de mètres du manoir. Il a laissé les deux femmes seules à leur discussion avec l'éternel espoir que Louise, un jour, se décide à lâcher enfin prise, se laisse séduire par Virginie et guider sur le doux chemin de l'amour saphique.


“Encore un petit café Virginie?
Volontiers Louise. On a encore tant de travail à abattre ! Un peu plus de caféïne dans les globules ne me fera pas de mal !
Ah, parce-que vous avez encore envie de travailler?
Il n'est que 21 h Louise..A moins que vous vouliez vous reposer..Oh, pardonnez moi, j'avais oublié que vous êtes encore souffrante. Pardonnez ma maladresse !
Mais enfin, as-tu fini de t' excuser? Je me réjouis de voir que le boulot ne te fait pas peur, au contraire! Mais j'estime que nous en avons bien fait assez pour aujourd'hui. Et vu ce qu'il tombe encore, je doute que nous pourrons nous rendre au cabinet de la journée. On pourra bosser, bien au chaud sans être dérangées. Et aujourd'hui, c'est dimanche, donc, suffit..
Ca marche..
Oh mon dieu !
Quoi, qu'y a-t-il Louise?
Je vous ai tutoyée..
Pas grave, ça me dérange pas. Je préfère en fait.
Je préfère aussi, mais à condition que tu fasses pareil, ok ?
Ca marche...
Et comment se porte notre petit moineau?
Il est bien tranquille dans sa boîte. Il doit encore avoir mal pour ne pas s'être envolé. Mais il a avalé toutes les miettes que nous lui avons données, c'est plutôt bon signe !
Je l'espère en tout cas. Pauvre petite bestiole! Cette ordure de Jeff l'aurait laissé dans la neige et le froid..ou pire, il l'aurait jeté dans le feu pour le plaisir de le voir souffrir..
Ne pense pas à lui Louise, mais pensons à nous. On est pas bien là, toutes les deux devant le feu? Loin des turpitudes de la ville? Pas de coups de klaxon intempestif, pas de rouspéteurs, pas de chauffards, rien que toi et moi..
Tu as tout à fait raison! … Au fait, tu sais que tu es assise sur le fauteuil de mon père? Je te vois bien là, avec un ballon de cognac et un barreau de chaise, à faire des ronds de fumée ! Déjà que ma mère ne supportait pas l'odeur du tabac à pipe, le cigare pour elle était une abomination..Alors, elle sortait de la pièce et mon père redoublait les ronds. On se serait cru chez les sioux en train d'envoyer des signaux de fumée..
Vous deviez bien vous marrer tous les deux.
Oui, une complicité énorme nous unissait..Tous les coups fourrés possibles et imaginables y sont passés. Mais je m'entendais tout aussi bien avec ma mère et on lui rendait au coup par coup ses crasses . Là où on se marrait, c'est qu'il finissait inmanquablement par s'endormir et qu'il se mettait à ronfler. C'était pire que la chaudière..Oh mon dieu que je regrette ce temps là..J'aimerais tant revenir en arrière, ne pas avoir rencontré cette pourriture et les avoir empêchés de partir le chercher à l'aéroport. C'est là qu'ils ont péri. J'ai beau avoir 45 ans Virginie, mais ils me manquent cruellement. On a toujours besoin de ses parents. Encore aujourd'hui, leur aide et leurs conseils seraient les bienvenus.
Oui, j'imagine. Je les sollicite assez souvent de mon côté. Et quand bien même, je ne peux rien leur cacher, ils voient tout de suite si quelque chose ne va pas. Ils lisent en moi comme dans un livre ouvert.
Garde les le plus longtemps possible Virginie, c'est tout le mal que je te souhaite...Je ne sais pas pourquoi je te raconte tout ça..mais ça me fait un bien fou.
Tout simplement parce-que tu avais besoin d'une personne à qui en parler et je suis ravie d'être cette personne Louise.
Tous ces souvenirs heureux qui remontent et m'inondent. Tout ça parce-que tu es assise là.
A part Xavier, il n'y a personne ici?
Ah, tu veux savoir si quelqu'un d'autre partage ma vie?
A part les enfants, Ingrid, Stéphanie et quelques fois, Jeanne et Françoise, et toi bien sûr, il ne vient jamais personne. Je suis seule, absolument seule.
Tu ne sors jamais?
Non, ça me dit rien. Et pour quoi faire? Je tombe toujours sur les mêmes têtes et ce sont souvent celles que je n'ai pas envie de voir. Non, je suis très bien ici.
Mais enfin, Louise, tu comptes finir ta vie toute seule? Tu as encore tes enfants mais ils finiront par quitter le manoir un jour ou l'autre.
Je sais bien. J'ai fait ma vie, j'ai mes enfants, que demander de plus?
Du bonheur Louise! Tu as droit au bonheur ! Tu es une femme adorable, qui a du coeur, bosseuse, on peut compter sur toi. Et toi, tu dois pouvoir compter sur quelqu'un, avoir quelqu'un à qui te confier, un homme pour te protéger..
Un homme? Non merci, j'ai donné. Et quand je vois tout ce qui se passe, j'en arrive à une conclusion unique et sans appel. Les hommes sont des chiens, des égoïstes et des menteurs. Non, les mecs, c'est fini.
Cool.. A 45 ans, elle dit non à l'amour..Toi, une si belle femme..Je parie qu'il y en a tout plein qui te déroulent le tapis rouge quand ils te voient.
C'est pour ce que je représente qu'ils le déroulent, je suis pas folle. N'essaie pas de me convaincre, les hommes, pour moi, c'est terminé, finito, basta.
Toi qui me dis de me dévoiler à la personne que j'aime, qui me fais la leçon parce que je me lance pas, qui me rabâche les oreilles que j'ai droit au bonheur..Mais tu t'oublies Louise. La politique de l'autruche, ça va un temps. Un beau jour, le trou dans lequel tu auras mis ta tête va se refermer et tu resteras coincée. Je pourrai même plus te foutre un coup de pied aux fesses pour te faire avancer. Alors, flûte à la fin...ahhhhhhh, ça me fait bouillir.
Mais qui aimer? On ne m'aime que pour ma fortune, pas pour ce que je suis.
C'est faux Louise..et tu le sais très bien.
Interessant, et qui est donc cette personne ?
Et merde..Qui donc t'a confiée sa vie, qui donc a dit qu'elle aimait sans l'être en retour? Qui en a parlé avec moi en arrivant à la même conclusion que la situation ne se débloquerait jamais si aucune des deux ne se lancait. Cette personne, Louise, cette personne qui fait battre mon coeur et que j'attends désespérement depuis 5 ans, cette personne à qui je tends des perches, que dis-je, des poutres, cette personne est en face de moi en ce moment même. C'est toi que j'aime Louise.... Ca y est, je l'ai dit. Au diable ma timidité, tant pis si tout ce que tu viens de me proposer part en fumée, tant pis si tu me vires, mais il fallait que je le dise. Ces mots me brûlent les lèvres depuis trop longtemps et je ne peux plus les contenir. Je t'aime Louise.”



Le regard de Louise fixe celui de Virginie. Le silence devient vite insupportable. Virginie attend la réaction de Louise. Le temps semble s'être arrêté et le coeur de la jeune secrétaire est au bord de l'implosion. Elle connaît Louise par coeur. Elle a vu maintes fois ce visage chez Louise avant de la voir faire des réprimandes ou passer un savon. Seulement, cette fois ci, le visage n'exprime pas de la colère. A vrai dire, elle n'arrive pas à en définir l'expression.
“ Je suis désolée Louise, il fallait que je le dise. Je ne pouvais plus me taire.
Tu te répètes Virginie. Tu es vraiment fatiguée.
N'évite pas le sujet Louise. J'attends la réponse à mon ressenti, à ce que je viens de te dire. Tu ne te débineras pas cette fois-ci...
Heyyyyyy, salut les filles!!” Louise et Virginie sursautent à cette arrivée impromptue.
“ Quoi, je vous ai fait peur? S'exclame Ingrid
Xavier ne t'a pas annoncée ! Répond Louise
Tu as renvoyé Xavier dans ses quartiers Louise ! Rétorque Virginie.
Oui, reprend Ingrid, et comme j'ai le passe pour rentrer..J'ai rien dit, je voulais juste te faire une surprise Louise. Mais je pensais que tu étais seule, c'est pourquoi je me suis permis de venir. Et puis, je voulais savoir si tu allais mieux.. J'espère que je ne vous dérange pas !
Non, non pas du tout répond Louise. Mais je ne m'attendais pas à te voir à cette heure ci!
J'avais pas prévu de venir à la base, mais j'ai du aller faire une visite à Suzy, ta charmamante voisine. Alors, j'en ai profité pour faire un saut.
Elle est toujours de ce monde la vieille? Et comment as-tu réussi à rouler avec cette neige !
Je n'ai pas le choix Louise !N'oublie pas que je suis médecin et que je dois bouger si on m'appelle. Et puis, je suis un excellent pilote.
Certes, mais si c'est au péril de ta vie. Les pompiers sont là pour ça!
Tous les pompiers ne sont pas médecins et ils doivent être débordés avec cette neige en plus.
Ok, je capitule ! Répond Louise.
Je n'en attendais pas moins de toi !” Dit Ingrid, un sourire malicieux sur les lèvres. La réaction molle de Louise à sa dernière remarque lui fait se poser des questions.
“ Vous êtes sûres que tout va bien?
Mais oui je t'ai dit !
Alors, pourquoi j'ai l'impression que vous portez le poids du monde sur vos épaules toutes les deux ? J'ai raté un épisode ou quoi?
On bossait ! répond Louise.
Tu tires le diable par la queue ma belle. Tu ferais mieux de te reposer! Et toi aussi Virginie!
Virginie dort ici cette nuit...
Ah, je vois ! …. La neige..
Je ne suis pas un pilote hors pair, lance Virginie. C'est pourquoi Louise m'a gentiment proposé de passer la nuit ici.
Et je n'ai nullement envie qu'il lui arrive une bricole, renchérit Louise.
Bon, bein, tout est parfait dans le meilleur des mondes alors! Louise, tiens, je t'ai ramené un petit truc pour te donner la pêche. C'est à base de plantes, pas de souci, tu peux le prendre avec le traîtement que je t'ai donné.
Ok, si ça peut me remettre plus vite sur pied..J'en ai plus qu'assez de me traîner comme une vieille savate.
Oh, c'est pas un remède miracle, juste un booster..Et puis, avec Virginie comme infirmière, tu seras encore rétablie plus rapidement.
Ou pas.. murmure Louise.
Quoi ?
Pourquoi pas !
Bein oui, pour une fois que t'es pas seule dans cette vieille baraque! Te rappeles-tu ce qu'est prendre le petit déjeuner avec quelqu'un, Louise? Parler, discuter de tout et de rien dans ton chez toi...tranquillement..
….
Bon allez, je vous laisse les filles. Et toi, Louise, pas question que tu retournes au boulot demain, pigé?
Pas de souci, je ne bouge pas
Et Virginie, elle reste avec toi aussi demain ?”


Dans leur suite, Corinne et Jean-François finissent de se préparer avant de se rendre à la salle du restaurant. Smoking de circonstance pour lui et robe de soirée pour elle. Corinne porte la superbe robe qu'elle s'est offerte dans l'après-midi pour la circonstance. Largement échancrée devant comme dans le dos, la robe est totalement faite de paillettes, moulant au plus juste son corps parfait. Elle a mis, autour de son cou gracile un ras de cou en platine serti de trois superbes diamants.
Un peu de blush, mascara et gloss sur son splendide visage, elle est magnifique. Jean-François l'admire et s'avoue fier de paraître avec une si belle pouliche à son bras. Leur entrée au restaurant ne passe pas inaperçue et quelques chuchotements se font entendre sur leur passage. Le chef de rang, la cinquantaine grisonnante se rapproche du couple, droit comme un passe lacet, la tête relevée, le visage grave, et les accompagne jusqu'à leur table. Il invite d'abord Corinne, puis Jean-François à s'assoir et repart d'un pas feutré.
“ Ho, on peut avoir un apéro?
Piacere?
Un apéritif, c'est possible?
Certo Signor..
Deux whisky on the rock s'il te plaît..et dépêche toi, j'ai soif.
Si Signor..
Jeff, tu pourrais te montrer un peu moins mufle. Tiens toi un peu voyons!
Je suis client et je paie. Si j'ai envie de dire à ce mec qu'il est con, je le lui dirai..
Mais enfin, pourquoi es-tu toujours si désagréable? Tu n'as pas apprécié ta partie de foot-ball cet après-midi?
Tu as gagné ton pari au fait?
Non, j'ai perdu..Les français se sont fait écraser comme des merdes! Je me demande pourquoi payer des millions des mecs qui ne savent pas courir derrière un ballon..oui qui font semblant de jouer.
C'est Thierry qui doit être content...
Au fait, tu as fait quoi de tout l'après-midi?
Bein, comme je t'ai dit : place saint-marc, le pont des amoureux, balade en gondole, et shopping ! Pourquoi mon chéri?
Tu as vu l'état de tes pompes?
Quoi mes pompes?
Elles sont pleines de boue tes pompes. C'est dans les gondoles que tu les as dégueulassées? Où t'es allée?
Tu m'énerves. J'ai même pas envie de te répondre Jeff. Tu deviens à nouveau insupportable. On a beau se balader en gondole à Venise, mais il arrive qu'on marche aussi. Et je te signale que les abords des canaux ne sont pas toujours secs et propres, surtout avec ce qu'il est tombé cet après-midi ! Tu sais Jeff, j'ai du mal à te suivre. Je ne te reconnais plus. Tu n'es plus le même. Est-ce que c'est à cause de ton divorce?
Laisse tomber.
Tu es nerveux, irascible..Je ne peux rien faire ou dire sans que tu te montres désagréable, voire agressif.
Excuse moi bébé..Mais j'ai encore le coup de Louise en travers de la gorge. Ce truc peut me coûter très cher. Je suis sur le gril. Il y a de fortes chances pour que je sois radié du barreau avec mes conneries. Si ça arrive, je suis fichu.
Je comprends, mais si je peux me permettre, tu aurais du y penser avant! Et puis, ce n'est pas une excuse pour passer tes nerfs sur moi! J'en ai assez.
Encore une fois, désolé chérie..J'ai une proposition à te faire. On efface tout et on recommence, ok?” Jeff prend tendrement la main de Corinne et y dépose un doux baiser.
“ J'ai quelque chose pour toi mon ange..” Jeff plonge son autre main dans la poche intérieure de son smoking et en sort un petit écrin de velours qu'il tend à Corinne.
“ Je te rassure, ce n'est pas une demande en mariage chérie, mais un simple cadeau qui j'espère dissipera ta colère contre moi.”
Corinne se saisit de la petite boîte rouge et l'ouvre lentement. Son visage s'illumine d'un coup et ses yeux pétillent en découvrant ce que contient l'écrin.
“ Jeff, elles sont magnifiques!
Moins que toi mon coeur...
Je les essaie tout de suite..Elles sont trop belles..Comment as-tu su?
Haha..tu parles en dormant chérie..”



Walter Eekhoud regagne son hôtel, satisfait de sa journée. Son entrevue avec Jeff s'est admirablement bien passée, comme cela est habituellement. Il a trouvé en cet avocat vereux le parfait collaborateur, la cupidité par excellence. Il songe à leurs deals futurs. Jeff a les dents longues et acérées, tout comme lui et il ne refusera pas une seule mission.
Réconforté par cette idée, souriant, il attrape dans le bar de sa suite , un verre en cristal finement ciselé, tout comme la bouteille qui contient un whisky hors d'âge dont il est particulièrement friand. Et il boit. Cul sec. S'en ressert un second qu'il prend soin de noyer de cubes de glace ce coup. Il téléphone au service d'étage et se commande le meilleur caviar, puis appelle son ami.

“Re..Dis... je me sens seul..Tu peux m'envoyer une de tes fourmis pour me divertir un peu?
Blonde, brune, rousse ?
Une black. J'ai une prédilection pour les femmes de couleur. Elles ont une sensualité hors norme et une bouche à faire les meilleures pipes que je connaisse.”

Gros éclat de rire de son interlocuteur.
“ T'es pire que moi. Tu la veux pour quelle heure?
Là, tout de suite. Si je suis pas servi dans l'heure, mes couilles vont exploser.
Ok, elle sera là dans 20 mn. Ce sera cadeau pour toi Walter.
Toi t'es un pote! Merci vieux”

Walter se sert une nouvelle rasade de whisky, s'installe sur le sofa blanc de sa suite et allume son ordinateur. Vingt minutes, c'est le temps qu'il lui faut pour consulter sa boîte mail. Sur l'écran, s'affichent, codés, des offres de fournisseurs colombiens, et de dealers. De nouvelles missions pour l'avocat pourri. Et des bénéfices énormes en perspectives.


“ J'ai cru qu'elle ne partirait jamais, dit Virginie, dans un sourire mi figue mi raisin.
Je suis désolée Virginie. Je ne m'attendais pas à sa visite tardive. Mais ça lui arrive de passer à l'improviste quand elle a une visite dans le quartier. Et puis, je suis également sa patiente, n'oublie pas.
Oh, mais elle a très bien fait.C'est un très bon médecin. Mais là, j'avoue qu'elle est vraiment mal tombée..
Je la trouve parfois un peu rustre dans ses agissements ou ses propos, mais au moins, on sait à quoi s'en tenir.
Elle dit ce qu'elle pense et pense ce qu'elle dit. Elle a aussi l'art de mettre les gens mal à l'aise.
C'est clair. A ce sujet, j'ai une question à te poser Virginie.
Moui, quoi?
On avait l'air de porter le poids du monde ?” Les yeux de Virginie se ferment, ses épaules tombent en signe de soulagement.
Ouf ! J'ai cru que tu cherchais encore à éviter le sujet Louise. Ma phrase de tout à l'heure est restée en suspension et toi, tu n'as pas répondu. Donc, je crois que oui. On devait faire de drôles de têtes quand Ingrid est arrivée. Maintenant, je suis, comme on dirait, sur le grill. Vas tu enfin souffler sur les braises ou les éteindre?
Toi, ma super secrétaire, et bientôt une excellente avocate! Pas question que je te laisse te transformer en charbon.J'ai toujours vécu entourée d'homos depuis toujours. A commencer par Xavier. Puis Ingrid, toi aussi et tout plein d'autres dans le milieu où nous évoluons. Je dis que chacun a le droit de vivre sa vie comme il l'entend...
Louise, je t'en prie. Je vois bien que tu me taquines là. Va droit au but. Envoie moi bouler ou laisse moi t'embrasser. Mais fais quelque chose !”

Louise pose délicatement la tasse en porcelaine de Saxe, vieil héritage familial et la dépose sur la table basse avant de se diriger vers la porte du salon et de la refermer. Vieux réflexe naturel, elle s'excuse en lançant un sourire timide à Virginie réalisant la position délicate dans laquelle se trouve sa secrétaire, elle même aussi. Réflexe naturel qui lui permet de faire fonctionner son cerveau à plein régime, trouver les mots et la phrase justes. Pour la première fois, elle craint de se montrer maladroite. Virginie a fait sa propre plaidoirie. A elle a présent d'en décider l'aboutissement. Le sol s'est dérobé sous ses pieds. Elle était loin d'imaginer que Virginie surmonterait sa timidité et se déciderait enfin à dévoiler ouvertement ses sentiments envers elle. Pas ce soir, pas maintenant, pas comme ça.

Mais les faits sont là, les dés sont jetés. Le film passe au ralenti et les modes “pause” ou “arrière” ne sont pas en option. Aimer et être aimée par une femme ou rester seule et vivre avec le poids douloureux d'être passée à côté de son essentiel ?

Louise s'approche à pas lents de sa secrétaire tout en la fixant dans les yeux. Elle vient se positionner en face d'elle, prend ses mains délicates dans les siennes tout en les regardant. Puis, ses yeux remontent lentement avant de plonger dans les siens et de les fixer. Virginie déglutit difficilement, appréhandant ce qu'elle va entendre.
“ Embrasse moi”.. Lâche Louise dans un souffle rauque.
Sa phrase terminée, ce sont ses propres lèvres qui viennent cueillir celles de Virginie. Le contact de leur bouche agit comme une décharge électrique sur les deux femmes, et leurs corps frissonnent, les entraînant toutes deux dans un tourbillon de bien être. Virginie ferme les yeux. Ses craintes se sont envolées. Elle savoure délicatement le goût fruité des lèvres pulpeuses de Louise qui se délecte des siennes. Elles interrompent leur étreinte l'espace de quelques secondes, le temps d'un sourire plein de tendresse puis leurs bouches se scellent à nouveau en un baiser plus profond et sensuel.

“Ca va Louise?
Je pensais que ce serait plus dur que ça Virginie.
Tu as enfin laissé parler ton coeur..
A vrai dire, j'étais terrorisée..C'est si nouveau pour moi tout ça..
Je sais, mais tu vois, tu as fini par lâcher prise. Et moi, j'ai été encore plus terrorisée que toi quand je t'ai avoué mes sentiments. C'est sorti tout seul..Je sais pas en fait comment j'ai fait.
Et tu aurais du le faire bien avant chérie” dit Louise en caressant du dos de sa main le doux visage de Virginie.
“ J'attends ce moment depuis si longtemps, je ne l'attendais plus en fait...Jamais je n'aurais eu le courage de le faire..
Que de temps perdu chérie... répond Virginie.
Il ne nous reste plus qu'à le rattraper.
Je ne suis pas pressée Louise. C'est déjà un immense bonheur que de savoir que tu partages mes sentiments. T'embrasser et te tenir dans mes bras sont pur délice et font de moi la plus heureuse des femmes.
Je t'aime Virginie
Je t'aime aussi, Louise.”

“ On peut les serrer ! Il est temps!
Non, je veux le gros poisson. On pourra mettre tous ces crabes dans la même nasse. Pour le moment, on reste sur nos positions, on avance pas d'un pouce. L'avocat va nous mener à lui. Il faut nous montrer patient. Tout vient à point à qui sait attendre.
Commissaire, c'est un flag que vous voulez?
Exactement. Les deux pris dans le même sac.
Pourquoi ne pas les avoir pincés à Venise? Il suffisait d'un coup de fil aux ritals.
On a été mis au courant trop tard. Impossible de lancer une opération d'une telle envergure en si peu de temps sans risquer de tout faire foirer. Non, c'était trop risqué. Avec un peu de chance, on pourra remonter jusqu'aux Colombiens et nos homologues d'Amérique du Sud pourront s'en charger .
J'ai hâte de les voir à l'ombre..Et surtout cet avocat merdique.
Pareil pour moi. Ce salaud se croit à l'abri derriere son histoire de divorce mais il se fourre le doigt dans l'oeil jusqu'au coude ! Laissons le poisson se noyer. Il doit se sentir en sécurité, être en totale confiance. Il va baisser sa garde et c'est là que nous le coincerons.
Qu'attendons-nous?
Le feu vert de notre contact. Lui seul est à même de juger quand ça sera le moment. Nous ne bougerons pas le petit doigt tant qu'il ne sera pas manifesté.
J'espère que ça arrivera très vite. C'est affaire est une bombe à retardement et j'espère que ça lui pètera pas à la gueule.
J'ai une confiance absolu car c'est de loin notre meilleur élément”


Sébastien Gavoilhe, commissaire de la brigade des stups donne congé au Lieutenant et replonge son nez dans le monceau de dossiers étalés sur son bureau. Sous ses airs bourrus et farouches, il est un fin limier, un élement aguerri, une légende dans son milieu. Bosser pour cet homme est un immense honneur mais pas une simple sinécure. Ses personnels connaissent sa façon de travailler. Telle une abeille besogneuse, il fouine jusqu'au moindre détail, va jusqu'au bout du bout de chaque piste, de chaque indice. Il exige de ses hommes une disponibilité totale et sans faille .
Le commissaire Gavoilhe a été surnommé “le cancer” dans le monde des truands. Lorsqu'il tient une affaire, il avance, il rogne, il ronge, tel un cancer et finit toujours par avoir le dessus. Avoir le cancer à ses trousses, c'est la condamnation assurée.

Pour l'heure, en attendant des nouvelles de son agent, il s'occupe d'affaires secondaires mais tout aussi importantes pour lui. Il ne néglige aucun cas. Du simple dealer au gros trafiquant, il accorde le plus grand intérêt à chaque dossier. Il lit tranquillement les rapports de ses collaborateurs en dégustant une tasse de café, noir, sans sucre. Sa senseo ne connaît aucun répit, fonctionnant pratiquement 24h sur 24. La photo qui orne son bureau et sur laquelle on peut voir sa femme et ses trois filles, est sa source d'inspiration. Le commissaire Gavoilhe est flic, certes, mais c'est aussi un idéaliste. Il veut un monde propre et sain, débarrassé de la vermine.

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MessageSujet: Re: LOUISE OU LA VRAIE VIE   Ven 7 Fév - 20:51

Je parle si fort quand je dors Jeff?
Plutôt oui ! Impossible de ne pas passer à côté !
J'ai dit quoi d'autre mon chéri ? Dit Corinne, tout sourire
Je te vois venir avec tes gros sabots!
Tu m'as promis une voiture chéri, tu t'en souviens ? Et bien, j'en ai rêvé aussi! Pas plus tard que la semaine dernière !
T'en as pas assez avec la Cheyenne?
C'est pas rigolo de devoir prendre le taxi pour aller voir Nicolas tu sais! Ou pour aller faire du shopping! Et mes copines, elles vont finir par se lasser à devoir me trimbaler ! J'aime pas les chauffeurs de taxi, ni les taxis d'ailleurs ! Et j'aime pas demander à mes copines ! Tous les couples ont deux voitures chéri!” Dit-elle en boudant.
Parce-que tu crois qu'on est un couple?
Bein oui ! Je fais quoi avec toi depuis un an alors ? De la figuration ? Ah, j'ai trouvé ! Je suis ta poupée gonflable c'est ça?
Mais arrête bon sang ! Pourquoi faut-il que tu prennes toujours tout au premier degré? Tu ne connais donc pas la plaisanterie?
Non, pas ce genre de plaisanterie qui ne fait rire que toi!
T'es pas drôle tu sais ! Tu te braques dès que je pète de travers. C'est bien simple, tu ne comprends jamais rien! Dès que j' essaie de te faire comprendre quelque chose, tu dis que t'es pas conne !
Je suis pas plus conne qu'une autre tu sais! Et puis, je ne suis jamais au courant de ce que tu fais, de ce que tu trafiques ! Tu me laisses toujours sur la touche ! Il n'y a aucune complicité entre nous ! Pourquoi? Parce-que tu n'as pas confiance en moi ou tu me prends pour plus conne que je suis?
Mais non, j'ai pas dit ça..Ohhhhhhhh, Corinne, tu sais très bien que je magouille, tu sais très bien que je suis pas toujours très clean.. Vois pour Louise ..Alors, il te faut quoi d'autre?
T'aider...Servir à quelque chose ! Que je n'ai pas toujours cette impression désagréable d'être un bibelot quoi!
Mais tu es un très beau bibelot ma chérie!
Oh arrête tu veux bien?
Putain, si je peux plus te faire de compliment ! C'est bon, je dis plus rien!
Ho, mais toi tu es pareil, on peut rien te dire sans que tu sortes de tes gongs bébé. On va pas aller loin comme ça, tu sais !
Ok, ok,..ok ok …. dit Jeff en levant la main en signe de capitulation. Je te ferai voir chérie..Mais par pitié, arrête de râler et de bouder, de me faire chier..Voyons, on est à Venise..en balade en amoureux..Ne gâchons pas notre dernière journée à nous disputer..d'accord bébé?
Entendu Jean-François..Dis, si on allait faire un tour au pont des amoureux? Se balader dans Venise. Après tout, hier, tu es resté enfermé tout l'après-midi à regarder ton match de foot..
Ca marche mon coeur...Finissons notre repas et allons découvrir Venise by night..Demain, on fera toute la lagune avant de décoller à 16h00.
On repart déjà?
Oui, Thierry m'a téléphoné pendant que tu faisais ton shopping. Je dois être à Paris demain pour préparer notre rendez-vous mercredi à Montparnasse.
La tour?
La gare..Je vais tout te dire mon ange..tu découvriras une autre de mes facettes. J'aurai peut-être besoin de toi chérie. Voilà, tu es contente?
Tout ce que tu voudras amour...Je ferai tout ce que tu me diras de faire.. Je t'aime mon ange”



Louise et Virginie, enlacées, se regardent tendrement sans deserrer l'étreinte de leurs mains. Dans leurs yeux se lisent tous les mots, toutes les pensées, toutes les envies. Leurs ombres se projettent contre les murs, telles des ombres chinoises qui s'embrassent sur fond de feu rouge orangé. Les mains de Virginie viennent se poser sur les joues de Louise qui n'a de cesse de la regarder. La secrétaire vient à nouveau cueillir la bouche de Louise dont elle se délecte, se collant encore plus contre elle, avant que ses mains descendent le long de ses flancs et stoppent sur ses hanches rondes et fermes.
Le contact de ces mains sur son corps ravivent en Louise les frissons de l'envie qu'elle croyait endormis depuis longtemps. Le feu qui couvait sous la braise, ce feu qu'elle croyait éteint à jamais se ravive peu à peu. Ses bras et ses mains restent paralysés, hésitants, ne sachant soudain comment évoluer sur le corps de cette femme dont elle a refoulé l'amour trop longtemps durant. Alors qu'elle est submergée par les baisers tout doux de Virginie, Louise décide d'écouter son instinct et finit par dénouer les bras qui enserrent sa taille pour remonter délicatement par son ventre, frôler sa poitrine et se refermer autour de son cou avant de repondre passionément à ses baisers. Lentement, ses lèvres s'entrouvent et sa bouche se laisse volontiers envahir par la langue de Virginie avant qu'elle ne lui livre bataille. Le baiser devient plus profond, plus passionné, plus sulfureux. Les corps se rapprochent d'avantage encore, cherchant à fusionner pour n'en former plus qu'un seul. Louise se risque à remonter sa main gauche le long de la colone vertébrale de Virginie. Devinant un soupir de satisfaction dans son souffle, elle continue alors l'exploration de tout son dos jusqu'au cou pour faire ensuite, le chemin en sens inverse et caresser son admirable chute de reins, passant timidement ses premières phalanges sous son pantalon en toile. Elle s'y attarde quelques secondes et plaque sa main sur le bas de son dos afin de mieux sentir son corps contre le sien. Les bras de Virginie descendent lentement le long du cou de Louise, passant sur ses épaules délicates, continuent leur course le long de ses bras jusqu'à ce que ses mains rejoignent les siennes dans son dos et que ses doigts se marient aux siens et les remontent jusqu'à ses lèvres. Embrassant tendrement un à un les doigts de Louise, Virginie plante son regard dans le sien tout en lui souriant avant de dénouer le catogan et liberer la lourde et splendide chevelure de Louise. Les cheveux tombent en cascade sur ses épaules et, le visage, soudain auréolé de cette masse sombre, fait ressortir d'avantage ses yeux gris clair aux petits éclats bleus, renforçant dans son regard l'expression de ses sentiments.

Virginie dégage ensuite son cou d'un geste langoureux avant de venir y déposer un baiser sulfureux, remonter jusqu'à son oreille et venir d'en titiller le lobe, arrachant à Louise un souffle de satisfaction.
Puis elle dégrafe un à un, avec une lenteur calculée, les boutons du chemisier de Louise avant de passer sa main chaude et douce sous le fin tissu et de caresser la peau frémissante du ventre de Louise...
“ Ca va Louise ? Demande Virginie
Je crois que oui ! Répond Louise dans un souffle
Dis moi si je vais trop vite.
Non.C'est délicieux. Mais pardonne moi juste si je suis un peu maladroite mon coeur..Tu sais..je..je n'ai pas l'habitude..je n'ai jamais..C'est nouveau..mais c'est si agréable..
Je sais chérie. Mais je ne veux pas brusquer les choses. Te sens-tu prête? C'est une énorme découverte pour toi chérie …
Je serai prête à une condition ..
Laquelle chérie ?
Que tu ne dormes pas dans la chambre verte cette nuit...”

La porte de l'entrée claque si bruyamment que le son parvient jusqu'aux oreilles des deux jeunes femmes, les faisant sursauter. Les yeux interrogateurs, elles se questionnent des yeux, se demandant ce qui peut provoquer un tel vacarme et surtout, à cette heure si avancée. Elles s'arrangent rapidement et, avec une crainte palpable, elles quittent le salon afin de se rendre compte de la situation.

“Mais qu'est-ce-que?
M'man !
Nathan, Noémie, mais qu'est-ce-que vous faites ici ? Je pensais que vous passiez votre week-end chez Joe et Lisa pour bucher! Pourquoi vous ne m'avez pas prévenue de votre arrivée?
Il n'y a plus de réseau m'man ! Répond Noémie et ton fixe n'a pas l'air de fonctionner. Vu le poids de la neige sur les lignes téléphoniques, rien d'étonnant!
Vous m'avez fichu une de ces trouilles ! Crie Louise. Je pensais que votre père venait encore nous faire une sortie ! Mais pourquoi n'êtes vous pas restés là-bas ? Il avait été convenu que vous repartiriez directement au bahut demain matin! Et comment êtes-vous rentrés?
Maman, on dirait que ça te contrarie de nous voir.
Non, pas du tout. C'est juste que je suis surprise de vous voir, c'est tout!
Et pour répondre à ta question, on est rentrés à pieds..
5 km sous la neige ! Vous êtes fous! Les taxis, ça existe!
Aucun de disponible..On a pas eu envie d'attendre, alors, on est rentrés à pattes..Et on allait pas demander à Joe ou Lisa, encore moins à leurs parents de se risquer avec toute cette neige.
Mouais.. et demain, comment vous allez faire?
Y'a pas de bus demain. On a regardé internet. Pas de bus et tous les bahuts sont fermés demain sur ordre du prefet. La météo va se déteriorer encore et y'en a au moins jusqu'à demain soir.. C'est aussi pourquoi on a préféré rentrer. On allait pas taper l'incruste chez Joe et Lisa.
Ok ok ok..
Ah heu, pardon ! Bonsoir Virginie
Bonsoir Nathan, bonsoir Noémie.
Toi aussi t'as été bloquée par la neige?
Je suis venue travailler et ...oui, j'ai fini par rester coincée..
Tu dors ici alors ?
En effet ! Xavier a eu la gentillesse de préparer la chambre verte pour moi..et vous devrez me supporter demain aussi toute la journée..
Te supporter ? S'exclament Nathan et Noémie en coeur. Mais tu es toujours la bienvenue ici ! Vu le temps que tu passes au manoir pour travailler avec maman, tu pourrais même t'y installer ! Allez, zou, je file prendre une douche et au dodo !
Vous avez mangé au moins?
Mais oui, t'inquiète pas maman..On l'a fait juste avant de partir de chez Joe et Lisa.
Et on est claqués ! 5 km à pied et sous la neige, ça crève ! Renchérit Noémie. Allez, on vous laisse bosser tranquilles, bonne nuit M'man, bonne nuit Virginie..
Bonne nuit ! A demain !”

Noémie et Nathan disparaissent aussi vite qu'ils sont arrivés, laissant en plan les deux femmes au milieu du salon. Elles se scrutent discrètement du regard se mettent à rire..

“Désolée ma chérie, chuchote Louise..
Ca n'est pas grave, t'inquiète.. Il devait en être ainsi..Je dormirai dans la chambre verte cette nuit en rêvant de toi et ce que nous aurions fait si tes enfants n'étaient pas arrivés. plaisante Virginie.
Pour une fois, je les maudis...J'étais si bien là, avec toi..
Tout autant pour moi..Mais c'est ainsi.
Encore désolée chérie..
Je vais suivre leur exemple. Une bonne douche et au dodo. Et ne boude pas Louise..On se revoit demain matin”

Virginie s'approche de Louise et l'embrasse tendrement..
“Dors bien mon ange. A demain. Je t'aime.
Je t'aime aussi mon amour. Et dors bien toi aussi”

Louise voit à regret Virginie s'éloigner du salon. Elle détaille sa silhouette gracile et sa démarche légère, mais surtout, elle se surprend à fixer son déhanchement diabolique, ses fesses rebondies et parfaites. Elle n'a qu'une envie à présent..découvrir ce corps à nu et l'honorer de ses caresses et de ses baisers. Mais en haut, deux adorables parasites sommeillent. Un petit sourire tendre et amer à la fois se dessine sur son visage..et elle réalise soudain, que s'ils n'avaient pas regagné bruyament leur domicile, ses enfants auraient pu la surprendre dans les bras de Virginie.


Louise regagne alors sa chambre avec un sentiment de frustration. Mais à y bien regarder, l'arrivée impromptue de Nathan et Noémie lui remet un peu d'ordre dans les idées. Il s'est passée un million de choses en si peu de temps, tout est allé si vite.. A-t-elle bien fait de s'abandonner aux caresses de Virginie? Cinq ans qu'elle la cotoie, cinq ans de complicité, et cinq ans à refouler ses sentiments, aussi cinq ans de mensonge et de torture.
Elle se débarrasse de ses effets et enfile sa nuisette de satin rouge au décolleté vertigineux avant de s'installer devant sa coiffeuse. Son reflet renvoie l'image d' une femme amoureuse, une femme submergée par les sentiments, une femme enfin épanouie à laquelle elle ne prêtait plus grande attention quand le néant occupait son coeur, quand il faisait froid dans sa vie. Elle se saisit de sa brosse en nacre et se met à peigner précautionneusement ses magnifiques cheveux auburn retombant sur ses épaules et empreints de l'odeur sucrée de Virginie... Elle revit alors, seconde après seconde chaque instant passé dans ses bras, ressent chacun de ses doux baisers, chacune de ses caresses.

Le brossage terminé, elle se dirige lentement vers son immense lit et se glisse sous la couette avec un sentiment de regret et d'amertume. Elle ferme les yeux, espérant que le sommeil la rattrapera vite dans l'unique but de retrouver sa bien aimée dans ses rêves, à défaut de l'avoir dans son lit.

Virginie, étendue sur le lit de la chambre verte, fixe le plafond, des étoiles plein les yeux, le coeur débordant de bonheur. Sa tête enfoncée dans l'oreiller qu'elle entoure de ses bras, elle revit les mêmes images que Louise. Ivre de joie, elle se félicite d'avoir réussi à se dévoiler à Louise qui lui a ouvert son coeur, contre toute attente. Le goût de ses lèvres, la chaleur de son corps et l'odeur de sa peau l'ont amplie d'une ivresse jusque là jamais égalée, tant et si bien qu'elle regrette l'arrivée inopinée des enfants de Louise.

Mais elle se dit qu'il est peut être plus sage que les choses se soient terminées ainsi, craignant d'avoir précipité les évènements et poussé Louise dans ses bras, peut-être un peu trop vite. Cinq longues années à espérer, cinq ans à attendre et à désespérer aussi. Mais Dieu que ces moments étaient merveilleux ! Virginie s'endort rapidement, le sourire aux lèvres et au fond de son coeur.


Au Danieli, Corinne et Jean-François terminent de boire leur café tranquillement. Jeff, levant les yeux de sa tasse, jauge du regard une Corinne épanouie et profondément heureuse. “Il t'en faut peu ma chérie!” Pense-t-il... “Vous êtes bien toutes les mêmes! Des bijoux, du fric, une belle bagnole et hop, c'est emballé...à part l'exception qui confirme la règle : Louise”

“ Pourquoi tu me regardes comme ça Jean-François? Y'a quelque chose qui cloche?
Je te trouve divinement belle Corinne et je m'étale devant tant de beauté..
Qu'y avait-il dans ton café pour que tu me sortes de telles gentillesses tout d'un coup ?
Je suis un imbécile ma chérie.. et plus le temps passe, plus je me rends compte combien j'ai été stupide de ne pas me rendre compte d'une évidence. J'ai en face de moi la plus belle, la plus divine des femmes, et c'est la mienne.
…..
Ca ne te ressemble pas de ne pas répondre!
Et si je te disais que tes paroles me touchent en plein coeur Jeff, tu réponds quoi?
Que c'était le but recherché car je suis sincère et que j'ai réussi à t'attendrir.
Tu sais, tu peux être un abominable enfoiré quand tu t'y mets, mais tu peux te montrer adorable et attentionné quand tu le veux. Et ce soir, j'apprécie plus que jamais que tu te montres sous cette facette .
Je peux te retourner le compliment ma chérie..Je suis ravie d'avoir retrouvé la Corinne que j'ai déjà connue et dont j'ai envie plus que jamais. Mais j'ai encore un quelque chose pour toi..
Quoi? Encore un cadeau? C'est quoi cette fois ci? Tu me combles mon amour !
Tiens, c'est à toi..
Qu'est-ce-que c'est?” Corinne tend sa main sur un signe de Jean-François qui y dépose un petit sachet de velours noir refermé par deux minuscules cordons dont chaque extrémité est ornée d'une pierre d'agathe.
Bien ouvre.. tu verras....”

Jeff est certain de donner à sa compagne le coup de grâce. Il y a mis le paquet côté fric, mais l'investissement n'est rien comparé aux fruits qu'il rapportera.
Corinne s'attarde un petit instant sur ce petit écrin noir et fronce les sourcils quand elle sent au creux de sa main le contact lourd et froid de ce mystérieux écrin..Que cela peut-il être semble-t-elle questionner Jeff du regard avant d'en découvrir le contenu.

“ Des clés?
Oui..
Des clés de quoi?
Tu le sauras quand nous arriverons à Paris demain mon ange..
J'ai trouvé! J'ai trouvé! Je sais ce que c'est ! Ho Jeff, c'est quoi? Quelle couleur ?? Dis le moi s'il te plait!
Je t'ai dit, quand on sera à Paris!
Mais pourquoi ne veux-tu pas me le dire chéri?
Pour pouvoir mieux abuser de toi cette nuit mon coeur..je sais que tu ne me laisseras aucun répit jusqu'à ce que je cède mais j'aurai de bons moyens de calmer ta curiosité en la détournant par des jeux très, très spéciaux..
Je vois, je vois.... Je vois surtout que tu n'as pas passé toute ton après-midi devant ton match ! Comment as-tu réussi à dénicher ce petit bijou si vite?
J'ai un très bon ami qui ne résiste pas à un chèque avec plein de zéro. Ta voiture t'attend déjà chérie.. mmm ce regard..j'ai envie de te croquer...
mmmmm croque moi toute entière mon chéri..Montons! J'ai des milliers de questions à te poser..”

Le sourire de Jeff et le bonheur de Corinne éclaboussent la salle du luxueux restaurant tout entière. Le couple quitte lentement sa table sous le regard des autres convives qui, comme Corinne, n'ont rien décelé sous le rictus de l'avocat pourri. Ils rejoignent l'ascenseur dans lequel le liftier les attend et les salut avant de les accompagner à l'étage approprié. Jeff et Corinne se dévorent du regard sous l'oeil complice du jeune employé dont les joues s'empourprent légèrement alors que le couple s'embrasse sans retenue.

Ils n'entendent pas la légère sonnerie de l'ascenseur quand ils arrivent à l'étage et le jeune liftier est contraint de toussoter afin de les sortir de leur chaude étreinte.
Corinne et Jean-François s'interrompent enfin et, s'excusant comme de jeunes amoureux pris en flagrant délit, sortent en riant de l'ascenseur avant de rejoindre leur suite. “Une nuit chaude en perspective” pense le jeune garçon dans son costume vert.

“ Quoi! Sérieux ? S'exclame Thierry.
Gare Montparnasse, mercredi à 15h00.
Et pourquoi je suis pas au courant de cette transaction ? Interroge, furieux l'accolyte de Jean-François.
Bizarre. Tu es toujours au courant de tout d'habitude.
Et là, rien , absolument rien. Ca s'est passé quand le deal?
Ce week-end, à Venise. Il y est parti avec sa greluche.
Ca non plus, je savais pas..Combien ?
30 kg
Putain d'enfoiré!! .Il va pas être au bout de ses surprises.
Maintenant que t' as les infos, j'ai fait mon job.
Et tu es grassement payé pour le faire. Mais merci de m'avoir prévenu. Je vais faire le nécessaire. Ils rentrent quand ?
Demain, dans l'après-midi, en principe. Il a prétexté un rendez-vous avec toi auprès de Corinne pour préparer le deal et être là mercredi.
Cette andouille a du être ravie, elle qui en crevait depuis longtemps d'aller à Venise! Si elle savait pourquoi! Mais il vaut mieux qu'elle ne sache rien. Il la buterait !
Bien roulée, mais rien dans la tronche, c'est comme ça qu'il les aime.
Pas si bête que ça! Elle obtient de lui tout ce qu'elle veut !
Tant qu'elle pose pas trop de questions et qu'elle ouvre les cuisses..
Je serais pas contre qu'elle les ouvre pour moi...hahahah.. Allez, je te laisse. Mes amitiés au Belge..Merci encore.
S'il apprend mon double jeu, je suis mort..”


Louise se tourne pour la énième fois dans son lit. Chaque fois qu'elle se sent investie par le sommeil , le doux sourire de Virginie envahit ses pensées. Pour la énième fois, elle retire subitement les couvertures laissant la fraîcheur de la pièce apaiser son corps en feu, en espérant encore une fois que cela l'aidera à s'endormir, jusqu'à ce qu'elle grelotte à nouveau et qu'elle s'enfouisse dans la chaleur de ses draps.

Lassée de ce cercle vicieux, elle se lève d'un bond et descend jusque dans la cuisine, ouvre le frigidaire, attrape la bouteille de lait et s'en serve un grand verre qu'elle avale d'un trait.. Elle pioche une pomme dans la corbeille à fruits et la croque sans vergogne jusqu'au trognon dont elle se débarasse deux minutes plus tard.

La bouche pleine de la chair du fruit, du suc s'échappant de ses lèvres charnues, Louise regagne sa chambre. Elle grimpe lentement les escaliers, se laissant imprégner par le silence de la nuit dérangé par le léger craquement du bois sous ses pieds. Parvenue à destination, elle se recouche , espérant que Morphée daigne enfin la prendre dans ses bras.
Plus d'une heure s'est écoulée depuis son incursion dans la cuisine et elle tourne encore dans son lit défait, les yeux grand ouverts, un feu ardent la consummant de l'intérieur. Morphée ne voudra pas d'elle cette nuit, la préférant, elle en est persuadée, dans des bras autres que les siens.

Elle se lève, une fois de plus, arrange son négligé, ouvre discrètement la porte et la referme tout aussi discrètement derrière elle. Elle file à pas feutrés à l'autre bout du couloir, passant devant les chambres de Nathan et Noémie et s'arrête devant la porte de la chambre verte, avance une main hésitante sur la poignée, puis se rétracte. Les battements de son coeur se font plus denses, un noeud se forme dans sa gorge devenue sèche. Elle déglutit, repose sa main sur la poignée avant de regarder derrière elle, cherchant un encouragement invisible dans le silence de la nuit.
Elle pénètre doucement et attend que ses yeux s'habituent à la pénombre de la pièce. Quelques instants plus tard, elle devine sous les draps en satin, la silhouette endormie de Virginie dont elle perçoit le souffle régulier.

Soudain, les draps se mettent à bouger, suivant dans son mouvement, le corps de Virginie qui se tourne vers l'autre côté du lit. Le coeur de Louise est à nouveau au bord de l'implosion. Elle laisse en suspend son premier pas et retient son souffle, déglutit et puis s'avance doucement.
Elle arrive au bord du lit, s'arrête à nouveau, savourant le spectacle de ce magnifique corps endormi. Ses cheveux blonds auréolant son visage angélique, Virginie sommeille profondément. Sa merveilleuse poitrine se soulève au rythme de sa respiration, ivresse du regard, ivresse des sens qui se réveillent, l'irrésistible envie de sentir ce corps contre le sien.

Sentant une présence, Virginie ouvre discrètement les yeux et aperçoit la silhouette de Louise en train de la dévorer du regard, puis, les ouvre entièrement.
“ Louise? Sourit Virginie. La belle avocate trésaute légèrement, un sourire timide aux lèvres..ses joues s'enflamment.
Désolée, je ne voulais pas troubler ton sommeil.
Je rêvais de toi justement. Mais c'est encore plus merveilleux, maintenant que tu es là.
Je..J'arrivais pas à trouver le sommeil et..et..je me sentais seule dans ce grand lit froid.. tu me manquais en fait, j'avais besoin de ta présence.
Qu'attends-tu pour me rejoindre bien au chaud au lieu de rester ainsi dans le froid et le noir?”
Joignant le geste à la parole, Virginie ouvre les draps de son lit, invitant ainsi Louise à s'allonger à ses côtés.

Dans un léger chuintement de tissu, elle rejoint Virginie qui l'accueille avec un petit baiser.
“Allez viens contre moi ma chérie” lui dit-elle avant que Louise ne réponde à son baiser. “ Ca va mieux maintenant?
Le baiser que lui offre Louise est sa réponse et Virginie, de ses bras, enlace tendrement le corps de Louise qui lui rend la pareille.
“ Tu sais, j'ai eu du mal à venir..La peur de ce qui peut se passer, mais aussi une envie irrésistible d'être avec toi.
Tu as été plus courageuse que moi, car même si je me suis endormie très vite, mon sommeil a été coupé plus d'une fois par la même envie de te retrouver..et tu vois, c'est toi qui a franchi le pas avant moi finalement.
Etre tout simplement avec toi, là, tout contre toi, fait de moi une femme heureuse . Oh, Virginie, je ne pensais jamais connaître à nouveau ce merveilleux sentiment qu'est l'amour, ni retrouver les joies d'être aux côtés de la personne aimée..Mais je n'avais jamais imaginé que ce serait auprès d'une femme...
Je comprends très bien ce que tu ressens ma douce. J'ai vécu aussi cette situation tu sais..Et oui, dans une autre vie, j'étais hétéro..enfin, c'est ce que je croyais jusqu'à ce que j'accepte et que je lâche prise.. Ne t'en fais pas pour ça ma chérie..Tu as tout ton temps. Jamais, je ne ferai ou dirai quelque chose qui pourrait te contrarier.”

Virginie se serre d'avantage contre Louise et l'embrasse tendrement . “ Mmm, tes lèvres ont un délicieux goût de pomme. J'en reprendrais bien un petit peu.
- je t'en prie, sers toi.”.répond Louise tendant à Virginie l'objet de son désir.

Enlacées l'une contre l'autre, corps emmelés, Louise et Virginie se laissent glisser doucement dans le sommeil.


“Quelle heure est-il mon coeur?
08h30 chérie... Tu as bien dormi?
Oui, terriblement bien dormi. Il y a bien longtemps que ça ne m'était pas arrivé.. Et c'est grâce à toi ! Je n'aurais pas fermé l'oeil de la nuit si tu n'avais pas été à mes côtés!
Ce qui veut dire que je suis un bon somnifère! Répond moqueusement Virginie..
haha.. Vu sous cet angle, oui. Mais tu as aussi un côté très excitant que j'ai envie de tester.
Quand tu te sentiras prête ma chérie.. dit Virginie en déposant de doux baisers sur les lèvres de Louise.
Oh mon Dieu !
Quoi donc? Purée, préviens, tu m'as fait faire un de ces bonds!
Nathan et Noémie! S'ils venaient dans ma chambre et qu'ils me voient pas!?
Tu crois pas plutôt qu'ils sont encore en train de roupiller? Il est encore tôt!
Aucune idée. De toute façon, on va être vite fixées. Je dis à Xavier de nous préparer un bon petit déjeuner. Encore quelques petits bisous pour la route, et on y va mon coeur?
Ca marche.”

Les deux femmes quittent à regret leur lit, puis la chambre et descendent à la cuisine où Xavier est en train de leur préparer un copieux petit déjeuner. Elles arrivent toutes deux, sourire aux lèvres. Louise fait montre d'une gaieté inhabituelle qui n'échappe pas au regard perspicace du majordome. Tout en continuant de l'observer, il dépose sur la table deux tasses de café noir à l'arôme subtil qui envahit la pièce, ainsi qu'une corbeille garnie de viennoiseries confectionnées par ses soins. Viennent ensuite la marmelade, le beurre, le miel, le pain grillé et le jus d'oranges fraîchement pressées. Les regards qu'elles se lancent ne laissent planer aucun doute quant à l'évolution de leur relation.
“ Nathan et Noémie sont levés? Questionne Louise
Depuis longtemps Madame! Répond Xavier.
Oh! Où sont-ils?
Dans le parc Madame. Ils ont décidé de construire un énorme bonhomme de neige.
Heu.. M'ont-ils cherchée à leur réveil?
Oui. Et ils ont été surpris de ne pas vous voir debout contrairement à votre habitude.
Je n'ai pas totalement récupéré de ma grippe!
C'est ce que je leur ai répondu et j'ai rebondi sur le fait que vous aviez besoin de vous reposer. Sans parler du travail que vous abattez malgré la maladie....
Nous travaillerons toute la journée dans le salon Xavier, vous serez gentil de nous y servir notre déjeuner.
Cela va de soi.
Quoi de neuf sinon?
Il a neigé toute la nuit.
Je sais qu'il a neigé toute la nuit, je n'ai pas fermé l'oeil répond instinctivement Louise. Je vous parlais du journal. Une réponse de Jean-François?
Non Madame, absolument rien.
Etonnant. Je me demande bien quelle a du être sa réaction et, surtout, quelle sera sa parade.
Si je puis me permettre, Madame, il vous faudra être prudente. Vous lui avez planté un poignard dans le dos en faisant paraître cet article. Vous savez, tout comme moi, ce dont il est capable et, quelque chose me dit que je suis en dessous de la vérité.
Nous l'attendrons de pied ferme.
Justement, il n'a pas riposté à votre attaque. C'est celà qui est inquiétant.
On verra bien.
Tu .. vous savez, Louise! Je crois que Xavier a raison d'être inquiet et je le suis tout autant que lui. Ce silence n'a rien de bon.
Je sais.... je sais!!!” s'exclame Louise.

La bévue de Virginie ne passe pas inapercue aux oreilles de Xavier et un petit sourire complice éclaire son visage. Discret, il reprend sa place au fond de la cuisine, prétextant la préparation du déjeuner.
Virginie et Louise, déjeunent, se dévorant du regard, laissant leurs pieds se saluer discrètement sous la table de la cuisine. Oubliés Nathan et Noémie, Xavier et l'avocat pourri, elles baignent dans leur bulle de bonheur, les yeux remplis d'étoiles.

Nathan et Noémie finissent par apparaître dans la maison quelques instants plus tard, transis, mais heureux comme des gamins. Ils découvrent, attablées tranquillement dans la cuisine, Virginie et Louise papotant comme deux vieilles amies, un éclat particulier dans le regard.
“Bonjour les enfants!
Bonjour M'man, bonjour Virginie
Salut ! Vous vous êtes bien amusés?
Yep, on a fait un bonhomme de neige géant après avoir fait de la luge sur le monticule du parc.
De la luge? Mais vous avez pas de luge! Objecte Louise
Pas grave ça! Un bon sac poubelle que tu enfiles comme une couche culotte, et c'est parti mon kiki!
Oui, et c'est pour ça que vous êtes trempés comme des soupes! Allez donc vite prendre une douche avant d'attraper froid! S'exclame Louise, amusée.
Pas avant d'avoir pris un bon café ! Intervient Noémie.
Non, on va d'abord se doucher, on reviendra pour le café après. Maman et Virginie sont en train de parler, laissons les tranquilles.
Ok! Après le café, j'avancerai mon DM de maths. C'est que pour jeudi, mais au moins, ça sera fait. Ca tombe bien que tu sois là Virginie, j'aurais besoin de tes lumières pour me corriger..ce DM est noté et je dois remonter ma moyenne en math..
Pas de souci Noémie. Au contraire, avec grand plaisir!
Merci Virginie. Allez, à plus, on vous laisse entre vous” lancent en choeur Noémie et Nathan, un large sourire sur leur adorable frimousse.

A l'étude, Françoise et Jeanne volent de dossier en dossier, accomplissant avec maestria les tâches qui leur ont été assignées par téléphone. Les cas les plus urgents ont été réglés dès les premières heures de son absence, suivis par les dossiers secondaires, les rendez-vous, les audiences, les visites et leurs propres affaires. La semaine, bien chargée s'est néanmoins terminée par de belles réussites et Louise n'en est pas peu fière.

Aujourd'hui, Lundi, Jeanne Charbonnier et Françoise Cordier, les associées et assistantes de Louise sont seules à l'étude pour la journée. Vivant à quelques pâtés de maisons de là, elles ont pu se rendre à pieds à leur lieu de travail. Elles se sont procuré, sur le chemin du bureau, les quotidiens habituels, guettant, tout comme Louise, les réactions de Lemoux.
Elles épluchent à présent, chacune des éditions susceptibles de contenir les déclarations de l'avocat vereux.
“ Rien, y'a pas une ligne!
Bizarre! C'est pas normal ça...
Et s'il n'avait pas vu?
Je n'y crois pas une seconde vois-tu..
Dans ce cas, que peut signifier ce silence?
Rien de bon en tout cas. Louise y est allée un peu fort cette fois ci..
Oh, il l'a bien cherché cette ordure!
N'empêche qu'elle a soulevé des doutes chez pas mal de personnes... et les retombées lui vont être catastrophiques.
Il fallait bien que tous sachent que l'avocat vereux ne s'est jamais vraiment rangé tu crois pas? Et tous ces pauvres naïfs qu'il a bernés? Qu'on sache qui il est vraiment !
En tout cas, Jean-François ne la laissera pas ruiner sa carrière et sa crédibilité comme ça.. Il va riposter, c'est sûr..”


Décues, soulagées et inquiètes à la fois, elles jetent les quotidiens à la corbeille et se saisissent du courrier empilé sur le bureau. Factures, courriers, publicité, les enveloppes défilent entre leurs doigts jusqu'à ce qu'une, en craft, plus grande que les autres attirent leur attention et particulièrement les lettres découpées dans du papier journal qui y sont collées.
“ Mon Dieu... Qu'est-ce-que.... ?
Ouvre vite!
Attend, je vais faire gaffe, il y a peut-être des empreintes sur le papier.
Ca m'étonnerait, mais fais quand même
Elle est pas timbrée, ce qui implique que quelqu'un l'a déposée direct dans la boîte aux lettres..”

Françoise attrape précautionneusement l'enveloppe par le coin et la pose bien à plat sur le bureau, faisant en sorte de laisser une des extrémités libre, puis, du bout des doigts enveloppés d'un mouchoir en papier, elle la maintient à plat alors qu'elle l'ouvre à l'aide d'un coupe papier. Elle retire ensuite la missive par le coin supérieur. La feuille se déplie et délivre son message.


Au Danieli, Corinne et Jean-François ferment leur bagages. Prévenus des mauvaises conditions climatiques à venir sur la cité des Doges, ils sont contraints de quitter la cité plus tôt que prévu. Une forte depression neigeuse est attendue dans les prochaines heures avec une durée de plusieurs jours. Retarder, et pire, ne pas rentrer sur Paris dans l'heure qui suit serait une véritable catastrophe pour Jean-François. Corinne, elle, pour une fois, se tait et range les derniers effets, docilement, sans emettre une seule remarque.
Jean-François est ravi de ne pas subir le flot habituel de questions et de sous entendus de Corinne. Il pense surtout aux événements futurs, le deal, la dope, le fric..le pactole, qu'il va empocher dans son intégralité, doublant sans aucun scrupule son ami de toujours, Thierry.
Il enfile son long manteau noir, Corinne sa fourrure alors que le bagagiste se présente à la porte de la suite pour s'occuper de descendre les bagages dans le hall de l'hôtel, sur un chariot prévu à cet effet. Grand seigneur, Jean-François donne au jeune homme disgracieux, à la mine plutôt patibulaire, un pourboire qui lui fait retrouver immédiatement le sourire et le fait se confondre en salamalecs. Corinne attrape son sac, le visage neutre, mais qui cache mal une certaine impatience que Jeff semble déceler.
“ Qu'est-ce-qu'il y a encore ? Se risque-t-il à dire
Rien, pourquoi?
J'ai bien remarqué ton manège! T'as pas décroché un seul mot depuis tout à l'heure! Y'a quelque chose qui va pas? C'est parce-qu'on rentre plus tôt que prévu ou quoi?
Et bien oui, j'avoue que le week-end à Venise a sérieusement été écourté et voilà qu'on doit partir encore plus vite à cause de cette météo pourrie.. Franchement, on a pas choisi notre moment pour venir ici!
Tu préfères qu'on reste coincés au milieu de cette flotte?
Non, pas vraiment. Mais la prochaine fois que tu prévois un truc pareil, tente de choisir une période où le climat est plus clément..
Putain, t'es jamais contente!
C'était juste une remarque, pas un reproche Jeff.
N'empêche que je te sens énervée!
Oui, je le suis, mais pas pour les raisons que tu crois! En fait, je suis tout aussi pressée que toi de rentrer à Paris pour découvrir mon joujou à 4 roues.. voilà pourquoi!
Et.... c'est tout?
Bein oui.. pourquoi, tu préfères qu'on se dispute? Je peux trouver une excuse pour le faire si tu veux..
Non, non, ok, c'est bon.. C'est juste que j'ai parfois du mal à te suivre Corinne..
Alors, bienvenu au club.. dit-elle en souriant... Je préfère penser à ce qu'on a vécu ces deux derniers jours qu'à ce que nous n'avons pas eus..
On reviendra ma chérie, je te le promets..
J'y compte bien...
Allez, on file...”

Ils quittent la chambre d'un pas rapide et décidé, s'engouffrent dans l'ascenseur qui les mène jusqu'à la réception où l'accueille le concierge de l'hôtel.
Jean-François réclame la note et règle sans mot dire avant de retrouver Corinne et de se diriger au ponton où les attend déjà la navette d'eau.

Sur la route qui les mène à l'aéroport, immobile, Jean-François fixe l'horizon, ses cheveux malmenés par le vent glacial. La vedette trace un trait sur les eaux sombres et froides de la lagune. Le trafic est plutôt calme ce matin, ils n'en arriveront que plus tôt à l'aérodrome. Jean-Philippe pourra tout à loisir et en toute discrétion, le temps que Corinne s'installe et prenne place dans le jet, contrôler la marchandise que son complice y a placé lors du contrôle obligatoire technique de l'appareil.
Ils arrivent dans la place où ils sont attendus par le personnel de l'aérodrome. La jovialité latine altère quelque peu le froid ambiant mais Jean-François se prête au jeu de bonne grâce sous l'oeil moqueur de Corinne.
Ils grimpent dans l'appareil, se débarrassent de leurs effets et Jeff invite Corinne à prendre place dans un des six luxueux fauteuils de cuir avant de lui servir un expresso à la napolitaine comme elle les aime et lui donner un baiser sulfureux.
Il la laisse quelques instants, prétextant saluer le commandant et son co-pilote, ce qu'il fait d'ailleurs, mais sous leur oeil complice, il ouvre la trappe du cockpit et y trouve le paquet rempli de cocaïne laissé par ses complices. Satisfait, il donne son feu vert aux pilotes et retourne d'un pas nonchalant auprès de Corinne.

“Allo! Salut Louise!
ho, Ingrid! Tu t'es pas perdue avec cette neige ou tu as reussi à creuser des galeries?
Ah bravo..Non, ça va, je roule et tu connais mon amour pour le risque..Mon 4x4 et moi ne faisons qu'un seul homme..
T'es cinglée, tu le sais ça?
Oui, mais il en faut des cinglés pour aller soigner des rhumes! Comment te sens-tu ce matin?
Impecable! Je recouvre la forme! Et toi?
Ha, mais moi, je suis pas malade! Ravie que tu ailles mieux! Je t'ai donné un traîtement de cheval, mais là, tu t'es remise à une vitesse exceptionnelle..
Vaut mieux avec tout le boulot que j'ai à faire.
Virginie est là?
Et bien oui, il me semble que je te l'ai dit déjà non? Pourquoi insistes-tu autant?
Oh rien, j'aime me tenir informée..Elle est à côté de toi?
Mais, enfin, Ingrid!
Ohhhhh, si je peux plus te taquiner..Mais tes réactions me laissent entrevoir l'éventuelle possibilité possible que …
Que quoi?
Tu as sauté le pas, ça y est?
Si c'est ce que tu appeles “lâcher prise”, oui! Voilà, t'es contente?
Je l'ai deviné rien qu'à ta façon de me parler dès que tu as décroché! Je te connais depuis trop longtemps pour que le moindre petit détail m'échappe..
Et c'est réciproque..
Je suis ravie pour toi Louise chérie. Tu y as mis le temps, mais tu l'as fait! Après toutes les perches que tu m'as lancées..
Des perches? Tu rigoles ou quoi? Des poutres oui!! Allez, je vous laisse en amoureuse...Tu me raconteras plus tard. Ah...encore une petite chose..
Quoi?
Des news de ton ex connard?
Absolument rien..
Etrange..Mais à mon avis, ça ne saurait tarder. Tu lui as porté un vilain coup et il doit préparer une riposte à la hauteur . Sois vigilante chérie, ok?
Ne t'inquiète pas pour moi. Je suis très bien entourée avec vous tous.. Il ne peut rien m'arriver.
Allez la puce, bonne journée, bisous
Ingrid !!!!!!!!!!!!!!!!”

Louise, raccroche, faussement énervée. Elle déteste quand Ingrid la surnomme ainsi. Ingrid fait une tête de plus que Louise et depuis qu'elles se connaissant, c'est à dire, une éternité, la toubib n'a de cesse de la taquiner sur sa petite taille. Elle se penche sur Virginie et l'embrasse tendrement. Un bisou, puis un autre..et encore un autre..Les baisers deviennent plus passionnés et passionnels. Virginie se lève et vient s'assoir sensuellement à califourchon sur Louise dont les mains ne restent pas inactives et viennent se placer tendrement sur ses hanches. Relevant la tête, l'avocate vient cueillir un nouveau baiser sur les lèvres pulpeuses de sa secrétaire dont elle se délecte goulument. Leurs langues de cherchent, se trouvent et se livrent bataille. Xavier est parti depuis déjà un moment, à la recherche d'eventuelles tâches dans le manoir.
“ Je t'aime, tu sais ça?
C'est ce que j'ai cru comprendre..et tu sais quoi? Je t'aime aussi..Désolée d'avoir perdu tout ce temps..
Y'a plus qu'une chose à faire chérie.. Rattraper le temps perdu..
On est pas sensées bosser là?
C'est justement ce qu'on est en train de faire et j'ai bien envie de travailler à fond sur ce dossier qui m'emballe au plus haut point.
Je suis de ton avis. Il sort de l'ordinaire et j'aime bien les situations extraordinaires. Celle ci bat les records et je n'ai nullement envie de passe à côté cette fois-ci..
Tu me surprends Louise.. Pour un lâcher prise, c'est réussi..
Et j'espère bien ne pas te décevoir dans ma façon de travailler ce nouveau cas...
Ne t'inquiète pas chérie, je suis certaine que tu le mèneras à bien..et puis n'oublie pas, je suis là pour t'aider..”

Joignant le geste à la parole, Virginie s'empare avec voracité de la bouche que Louise lui tend. Puis, lentement, elle dégage ses lourds cheveux auburn avant de couvrir, du bout de ses lèvres, son cou de dizaines de baisers brûlants comme la braise. Ses mains frôlent sa nuque, ses épaules, ses bras, longent lentement ses avant bras jusqu'à ce que ses doigts viennent se marier aux siens.
Louise fait ensuite passer ses bras autour de la taille de Virginie, toujours en tenant ses mains, faisant ressortir ainsi, à hauteur de son visage la superbe poitrine de Virginie dont le désir apparait au travers du fin tissu. Elle plonge sa tête sur ce buste offert et savoure de sa bouche la chair frissonnante de la jeune femme.

Soudain, la sonnerie du téléphone retentit dans la cuisine, les faisant sursauter toutes deux..Les lèvres de Virginie et de Louise refusant de se séparer, l'avocate cherche à tâton l'objet du délit sur la lourde table en noyer de la cuisine. Elle finit par se saisir de l'appareil, sa bouche toujours unie à celle de Virginie et, dans un grognement, se résoud à répondre à l'appel.
“ Louise! Louise!
Quoi Jeanne? Que se passe-t-il?
Oh Louise! Une lettre anonyme! Une lettre anonyme est arrivée au bureau?
Quoi?
Ca matin, et ce qu'il y a dedans fait froid dans le dos!”

A la tête de Louise, Virginie comprend que quelque chose de grave vient de se produire, questionne Louise du regard. Louise active le haut parleur du téléphone afin que sa compagne puisse écouter.


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MessageSujet: Re: LOUISE OU LA VRAIE VIE   Ven 7 Fév - 20:52

“ TU AS PRIS MA VIE, JE PRENDRAI LA TIENNE” – lit Jeanne. “ Elle n'est pas timbrée, ce qui implique qu' on la mise directement dans la boîte.
Un nom précis sur l'enveloppe?
Non .
L'imbecile !S'il croit que sa petite lettre anonyme va m'arrêter, il se fout le doigt dans l'oeil ! C'est pas très malin de sa part! Comme par hasard cette lettre arrive juste après la parution de l'article.
Que fait-on Louise?
Rien.
Comment ça, rien ?! Tant que ce type sera pas derrière les barreaux, on n'aura jamais la paix! Il va nous pourrir la vie jusqu'au bout !
Peut-être. Je sais que c'est lui, mais je peux pas le prouver. Mais on ne se laissera pas faire. De toute façon, avec ce qu'il s'est passé, il a tout intérêt à rester tranquille. Les soupçons seraient tournés vers lui .
Alors, pourquoi envoyer une lettre anonyme dans ce cas?
Je le connais bien. Il sait très bien qu'on ne bougera pas le petit doigt car il sait qu'on sait que la lettre vient de lui. C'est sa façon à lui de nous faire comprendre qu'il a lu l'article .
Qu'est-ce-qu'il est encore en train de manigancer?
Je doute qu'il ait le temps de faire quoi que ce soit de concret. Le divorce sera prononcé dans deux semaines. Non .. il veut juste nous pourrir la vie, il sait qu'il a perdu.
J'espère que vous avez raison Louise!
Allez, ne vous souciez plus de ça les filles. Vous avez du pain sur la planche. Et j'espère que ce temps de merde va cesser. Si tout va bien, demain, je serai au bureau.
Entendu Louise. Passez une bonne journée.
On fait comme d'habitude, on se tient au courant! A plus!”

“ Quel con, mais quel con ! Il sait vraiment plus quoi inventer! J'ai même pas envie de lui dire ce que j'en pense, ça le ferait trop jubiler. Le silence est le meilleur des mépris comme on dit. Enfin, bientôt, tout sera terminé et on entendra plus parler de cette pourriture.
Tu prends trop les choses à la légère mon coeur.
Tout ce qu'il a entrepris, tout a foiré. Sans moi, il n'était rien, alors, vois aujourd'hui.
Et s'il avait changé.
On ne peut pas changer quelqu'un qui a l'habitude de perdre. C'est un looser qui voit chez les autres ce qu'il n'a pas et qu'il envie et qu'il n'arrivera jamais à obtenir. Un jour ou l'autre, il se cassera la gueule. A ce sujet, je me demande d'ailleurs, avec toutes les crasses qu'il a faites, comment personne ne la lui a encore cassée...”

Une fois sa phrase terminée, le regard de Louise change du tout au tout. Ses yeux se plantent dans ceux de Virginie qui en comprend immédiatement le sens. “Où en étions-nous?” Questionne malicieusement Louise. “Ah oui, ça y est, je me rappelle”. A ses mots, elle revient se positionner à califourchon sur les genoux de Virginie qui l'accueille avec un grand sourire, tendant ensuite ses lèvres pour un baiser interminable. Elle enserre langoureusement de ses bras le buste de la jeune femme, qui, à son tour, ceint sa taille. Le contact des corps électrise leur étreinte et leurs mains fébriles partent à la découverte de l'autre.
“ Louise, tu es sûre?
Plus que jamais chérie. J'ai perdu trop de temps et je compte bien le rattraper, je te l'ai déjà dit. Par contre, il va falloir que tu me remettes sur les rails si je m'égare.
Laisse ton coeur te guider et tout ira bien, tu verras.
Je t'aime Virginie..Mon Dieu, oh oui que je t'aime..je t'aime, je t'aime, je t'aime, je t'aime.
Je t'aime aussi Louise”

Un brouhaha infernal se fait sentir dans l'escalier. “Purée, les enfants! Je les avais oubliés! Vite!” A regret, les deux jeunes femmes se séparent et reprennent leur place initiale, juste avant que la porte ne s'ouvre dans un vacarme épouvantable.
“ Hein ? Vous êtes encore au petit-déjeuner?
Ca se voit non? Dit Louise, les joues quelque peu empourprées.
Je croyais que vous aviez du boulot. Il est presque dix heures et vous feignassez encore à la cuisine! C'est du joli! Plaisante Nathan.
Ah mais on a déjà commencé à bosser mon grand! Le bureau a déjà téléphoné!
Quoi de neuf?
Rien de bien interessant.
Et ce qui n'a que de nom de père, t'en as eu des nouvelles?
Rien.
Cool, au moins il nous aura foutu la paix ce week-end. Bon, finalement, on sort avec Noémie. On va se faire un petit Mc Do tranquille et on retrouve des potes après.
Si tôt?
Oui, ils servent aussi le petit dej chez McDo..On en profitera pour bosser nos études de cas tous ensembles. Et vous pourrez travailler tranquillement toutes les deux sans nous avoir dans les pattes.
Comme tu veux mon grand. Mais couvrez-vous, il doit pas faire bien chaud dehors.
La neige s'est arrêtée, c'est déjà ça!
Qu'il fonde juste ce qu'il faut pour aller travailler. Une semaine enfermée, je tiens plus moi!
Oh, ça je sais!! Virginie, je te plains, je me demande comment tu fais pour la supporter! Souffle Noémie en refermant la porte derrière eux. A ce soir! On sera de retour vers 20h00!
Entendu ! A ce soir!”

“Bon sang, je me plains d'être toujours seule dans cette maison et le jour où j'ai besoin de l'être, ça ressemble à un vrai moulin! Il ne manque plus que Xavier! On va y arriver tu crois??” s'esclaffe Louise. Le fou rire s'installe chez les deux jeunes femmes alors que la porte de la cuisine s'ouvre à nouveau, laissant pénétrer un Xavier qui se fait aussi discret qu'il le peut.

“ C'est bon, on s'en va Xavier, on a terminé. On se depêche, on a du pain sur la planche. Donc, que personne ne vienne nous déranger. Soyez gentil de nous prévenir par l'interphone quand le déjeuner sera prêt. Nous mangerons vers 13h00.
Bien Madame. Tout va bien?
Oui Xavier. Tout va bien! Merci! Vous pouvez disposer!
Hum, je suis dans la cuisine Madame..
Heu, oui heu, bon, on s'en va. A tout à l'heure Xavier”


Xavier peine à garder son calme devant les deux jeunes femmes et se laisse aller dès que la porte de la cuisine se referme derrière elles. La joie du majordome est tout aussi grande qu'il se culpabilise de les avoir importunées. Mais il se réjouit de voir Louise enfin heureuse.



“ Le Cancer peut toujours chercher, il peut rien prouver! Je suis plus fort que ce fouille merde!
Méfie toi quand même Walter. Il a une sacrée réputation!
Il me fait pas peur. Il peut me mettre tous les flics du pays au cul, il aura rien, bibe, que dalle! Et toi, tant que tu es avec moi, tu risques rien Jeff. T'inquiète mon pote, on est tranquilles! J'ai quelqu'un dans la place qui me renseigne sur tous les mouvements, tu sais ça! Au fait...ta petite black de l'autre soir, un vrai petit bijou !Vaillante la petite! Elle fait des pipes de ouf.
Espèce de vieille crapule!
Tu te défends pas mal de ce côté là!
Ton gars, il est fiable?
A 100 %. Tu peux dormir sur tes deux oreilles mec! Pourquoi ces questions?
Je te laisse, Corinne revient. Je l'emmene chercher son nouveau jouet.
Cette gonzesse va te ruiner. Si ça continue, tu vas pas en gagner assez pour assouvir ses goûts de luxe..
Et faut que je m'occupe de son taré de gosse, mais ses prouesses au pieu donnent largement le change.
Ca t'empêche pas d'aller tremper ton biscuit ailleurs!
Tant d'années à me faire chier au pieu avec une seule femme, j'ai l'intension d'en profiter un max!
Roooo, c'est l'éducation que tu as donnée à tes gosses?
J'ai jamais été un bon père de toute façon. S'esclaffe Jean-François. Bon, ce coup-ci, je te laisse! J'attends de tes nouvelles! Salut!
Salut Jeff!”


Les enfants quittent enfin le manoir, emmitouflés jusqu'aux oreilles, prêts à affronter le froid et la neige qui recommence à tomber. Le répit aura été de courte durée, mais la nature est si belle sous l'épais menteau blanc de l'hiver. Le silence reprend le dessus, Louise et Virginie sont enfin seules, enfin presque, mais Xavier ne les dérangera pas.
Elles quittent la vaste cuisine rapidement, laissant au majordome le soin de desservir le petit déjeuner. Se tenant par la main, Louise et Virginie traversent à pas feutré le long couloir qui mène jusqu'à la chambre de l'avocate dans laquelle elles s'engouffrent rapidement. Virginie entre la dernière et, à peine a-t-elle refermé la porte que Louise vient cueillir un baiser tout en l'enserrant dans ses bras.
“ Tu crois qu'on va y arriver ? Questionne-t-elle en plaisantant.
Je crois, qu'ici, on risque plus rien. Répond Virginie. Je ne pense pas que Xavier ou les enfants viendront nous interrompre. Tes gamins ont eu une idée de génie de partir. Ca nous laisse toute la journée devant nous.
Justement ça ne leur ressemble pas. Ils détestent la neige. Je crois qu'ils ont compris chérie. Ils jouent dans le parc pour nous laisser descendre à la cuisine, et de deux, ils désertent toute la journée..
Ca n'est peut-être qu'une coïncidence. Mais si ce que tu penses est juste, ça veut dire qu'ils acceptent. Peut-être as-tu raison en y réfléchissant bien..Dans ce cas, c'est génial.
Et Xavier..
Stop bébé, tu réfléchis trop. Tais toi et embrasse-moi”.

Virginie approche son visage de Louise, et l'embrasse tendrement. Le baiser devient très vite plus profond et langoureux. Les langues se cherchent, se trouvent et se livrent bataille, s'emmêlent et se démêlent. Un baiser interminable jusqu'au bout du souffle dans la tendresse et la passion. Les mains de Virginie commencent une lente excursion sur le corps de Louise qui frémit à leur contact. Les frissons se décuplent lorsqu'elle sent les doigts de Virginie frôler le tissu de son négligé d'où pointent deux tétons dressés par le désir.
Louise promène ses mains sur les hanches généreuses de la blonde Virginie dans un mouvement d'une lenteur calculée, avant de remonter le long de ses flancs. Leurs lèvres, toujours scéllées refusent de se séparer, les mains sont de plus en plus curieuses et investissent plus loin leurs corps enfiévrés. Les lèvres de Virginie échappent à celles de sa compagne et les laissent vagabonder sur son cou gracile qu'elle honore de baisers. Penchant sa tête en arrière, Louise offre à la bouche devenue gourmande de la jeune secrétaire un champ à des plaisirs nouveaux.
Elle dessine de sa langue des sillons humides allant de la mâchoire dont elle suit le carré avant de descendre sur sa gorge et de finir dans la vallée de ses seins qu'elle vient à nouveau frôler de ses doigts. Puis, d'un geste habile, Virginie remonte le long de ses bras et vient chasser des épaules de Louise les fines bretelles en dentelles qu'elle fait glisser avant de les embrasser. Déposant des bisous humides sur sa peau frémissante, Virginie fait descendre le long de son buste et jusqu'en bas des chevilles, le fin tissu de soie, découvrant un corps magnifique en ébullition. Son regard croise alors celui de Louise dont les yeux se ferment de délectation, la priant de l'entraîner plus loin dans le tourbillon du plaisir. Virginie, dans un regard d'une tendresse infinie sourit à la femme qu'elle aime plus que tout au monde et qu'elle désire depuis si longtemps.
Louise lui rend son sourire et carresse ses joues du dos de la main, puis de son index, elle vient dessiner le contour des lèvres de la jeune secrétaire avant de les capturer à nouveau dans un baiser de braise. Elle débarrasse ensuite Virginie de son déshabillé avant de se lover contre elle et de la serrer dans ses bras, savourant la douceur et la chaleur de sa peau.
Louise se retourne alors, Virginie contre elle, et la guide, tout en l'embrassant, vers le lit prêt à abriter leur amour. Elle l'allonge doucement sur la couche et l'accompagne dans son mouvement avant de la couvrir de son corps et de reprendre le doux ballet de ses carresses. La jeune blonde frémit, le corps déjà envahit de vagues de volupté qu'elle veut partager avec sa compagne. Alors, dans un mouvement lent, elle roule afin de se retrouver sur le flanc toutes deux et de pouvoir la dispenser de tout autant de plaisirs.

Quelques instants plus tard, entièrement nues, leurs corps emmêlés et fiévreux se laissent entraîner plus loin sur le chemin du plaisir. De ses mains, Virginie enveloppe délicatement les seins de Louise, les carressant avec une infinie douceur puis joue savament avec leur pointe du bout de l'index. Ses lèvres se régalent de celles de Louise dont les mains entament un langoureux va et vient sur ses cuisses au galbe parfait, frôlant, sans jamais le toucher, son mont de Venus. De délicieux frissons les envahissent, les entraînant dans une ivresse sans fin. Les gestes deviennent plus poussés, les carresses plus calculées, visant les endroits les plus à même de les pousser plus loin sur le chemin du plaisir.

Dans la pénombre de la chambre, les gémissements peu à peu, deviennent râles. Les corps mêlés dansent au rythme des caresses et des baisers jusqu'à ce qu'une lame de fond les entraîne dans un tourbillon de jouissance extrême.


“ J'ai hâte mon ange, tu peux pas savoir!
On est presque arrivés.
C'est le plus merveilleux des cadeaux que tu m'aies faits mon chéri.
Tu veux plus prendre le taxi, mais ça me coûte la peau du cul cette histoire.
On en a déjà parlé. J'en ai marre de dépendre toujours de quelqu'un. Là, au moins, je n'enquiquinerai plus personne. Comment tu faisais avec Louise?
Elle avait sa voiture, pourquoi?
Ah, elle, elle y avait droit, et pourquoi pas moi?
Elle s'était ma femme!
Et moi, je suis quoi?
Une maîtresse qui me coute cher.
T'es vraiment un salaud tu sais!
Bein quoi! Dis aussi que je mens! Combien de femmes peuvent se vanter d'avoir tout ce que tu as?
Pas beaucoup, j'en conviens! Mais elles n'ont pas un mec plein aux as comme toi! Dit Corinne d'un regard malicieux. Et un mari doit combler sa femme, c'est connu non?
Je te passe tous tes caprices!
Je n'ai pas à me plaindre, mais pour te répondre, non, pas tous Jeff chéri! Tu me laisses à l'écart de tes affaires et tu sais que j'aimerais en être.
Pourquoi y tiens -tu absolument?
Parce-que nous formons un couple et dans un couple, on se fait confiance..Toi tu ne me fais pas confiance, donc, sommes-nous un vrai couple? M'aimes-tu vraiment Jean-François?
Crois-tu que je ferais tout ça si je t'aimais pas Corinne?
Je sais pas, franchement, je sais pas. Tu me déstabilises tellement et j'ai tant de mal parfois à te suivre et à te comprendre. Je suis perdue!
Ecoute, tu t'ai pas trop posé de questions quand je suis venue te ramasser dans ton bordel! C'est quoi que tu as suivi en premier? Moi, ou mon fric? Et ne me dis pas que c'est mon physique qui t'a attirée!
Certes, tu es riche, mais j'ai d'abord pensé à mon fils, Kévin. Et puis quand bien même, il n'y a pas que le physique qui fait ton charme Jean-François! Tu dégages un je ne sais quoi qui fait qu'on a envie de te connaître. Et tu es un as au lit.
Alors, laisse moi te dire une chose. Tu baises bien, tu aimes comme je te baise, alors, on est quitte, tu crois pas?
Et cette voiture que tu m'as offerte? C'est quoi alors? Je dois le prendre comment? Comme on paye une pute?
Non, juste pour te faire plaisir. Venise aussi, c'était pour te faire plaisir.
Ah, tu vois, tu as du coeur! Mais dis me le bon sang! C'est si dur à dire je t'aime?
Putain, Corinne, tu me fais chier! Tu es en train de transformer ma journée en cauchemar! T'as pas compris qu'une femme, c'est fait pour encaisser et fermer sa gueule non?
Tu es odieux Jean-François, tu le sais ça?
Oui, mais tu me changeras pas! Alors tu m'acceptes comme je suis et puis c'est tout!
Est-si difficile pour toi de te montrer chaleureux et affable?
Oui, quand on me fait pas chier! Et là, tu vois, c'est le cas. Alors, s'il te plait, ferme là un peu, ok?
On arrive quand?
On est encore à deux minutes. Sois patiente, tu vas l'avoir ton joujou..Mais au moins après, j'espère avoir la paix!
Charmant!”



“” 50 000. Ils auront 50 000 de plus quand le boulot sera fini. Ils sont sûrs?””

“” Oui. C'est pas leur premier contrat””

“” La cible?”

“” Louise Berthomieux”

“” Ok.””

“” je vous fournis tout ce qu'il faut. Vous allez faire à ma manière et pas autrement. Je vous recontacte plus tard”


L'homme ferme son portable, satisfait de ce premier contact avec ses nouveaux amis.Sa main se dirige ensuite vers la boîte à gant et attrape une flasque de whisky et en avale une rasade, puis une second, une troisième, un horrible rictus aux lèvres. Son ennemie bouffera bientôt les pissenlits par la racine.

Au volant de son cabriolet, il se sent libre, libéré et vengé, grisé. L'alcool arrive d'un trait dans son cerveau ivre de vengeance et, de son pied, il écrase la pédale de l'accelerateur. Zigzaguant entre les voitures qui roulent à vive allure sur le périphérique, il ne prête aucune attention aux coups de klaxon et encore moins aux têtes à queue qu'il effectue, traçant sa route à toute allure sur le bitume encore couvert de neige.





“Tu ne crois pas qu'on devrait se mette au travail mon coeur?
Ah, parce-que c'est pas ce qu'on fait là ? Répond Virginie malicieusement. J'ai bien envie de potasser encore une fois le dernier dossier avant. Oui, chérie, celui qu'on a potassé toute la nuit..
ahhhhhhhh, je vois, je vois.. dit Louise en souriant... Tu ne cesses dont jamais de travailler?
Je ne laisse jamais les affaires courantes en suspend surtout quand il s'agit d'un dossier intéressant...” répond Virginie en se lovant tendrement contre sa compagne. Tout en remontant sa cuisse sur le bassin de Louise, Virginie approche de ses lèvres pulpeuses et les goûte langoureusement.
Tu sais mon coeur. Je regrette..je regrette tant d'avoir gâché tout ce temps...comment as tu pu être aussi patiente?
Je t'aime tout simplement Louise. C'était toi ou personne d'autre. C'est tout.
Et si je n'avais jamais lâché prise?
Je n'aurais jamais lâché de mon côté et j'aurais passé ma vie à te conquérir s'il l'avait fallu.
Tu t'es confiée à Ingrid?
A Xavier aussi.
Je ne t'aurais pas crue si tu m'avais dit le contraire. Tu sais, je les voyais venir avec leurs grands sabots
Les miens étaient encore plus gros, mais tu n'as pas voulu les essayer..
Jusqu'à aujourd'hui chérie, et j'avoue qu'ils sont on ne peut plus confortables. Je n'ai plus envie de les quitter. Les essayer, c'est les adopter.Je regrette juste d'avoir mis du temps, trop de temps à les chausser.
Je ferai en sorte qu'ils le soient toujours chérie. Tu sais, quand on est habitué à porter un certain style de chaussure, c'est pas évident de passer à autre chose. L'essentiel est que tu y sois parvenue.
Je vais les bichonner, crois moi, ces nouvelles kroks!
J'y compte bien chérie!
Mais pour le moment, au boulot mon ange!
T'es sûre de pas vouloir faire une petite pause avant?
Ca me coûte de le dire mon coeur, mais la pause calins, ce sera pour plus tard.
Même pas un petit bisou pour la route? Rétorque Virginie en fermant les yeux et la bouche en coeur.”

Louise ne résiste pas à cet appel au baiser et s'empresse d'en venir cueillir le goût subtil sur les lèvres offertes de sa maîtresse qui le transforme en un interminable baiser sensuel. Tout en dégustant la bouche de Louise, la jeune femme se risque à un corps à corps, désirant plus que tout sa délicieuse et adorable patronne. Le contact de leurs peaux les fait frissonner et naître un désir soudain qu'aucune des deux femmes n'a envie de dissiper.
Louise, se laisse entraîner dans le tourbillon de la volupté dans lequel la blonde l'a plongée. De ses mains souples et graciles, elle répond aux subtiles caresses de Virginie, tout en bombardant son visage de baisers. Ses longs doigts parcourent sa nuque, ses épaules, ses bras, et ses mains avant de s'unir à ceux de la secretaire. Leurs doigts se serrent aussi tendrement que leurs baisers s'enflamment, parlant au nom de l'amour, du désir et de la passion.

Elles s'allongent lentement sur la couche, l'une face à l'autre, sans jamais se quitter du regard, sans perdre une seule caresse. Leurs formes parfaites se détachent sur les draps de soie, se mouvant lentement au rythme de leurs étreintes langoureuses. Virginie vient se positionner au dessus du corps de Louise, se faufilant entre ses jambes, ses seins rebondis contre les siens, sa bouche vagabondant sur le visage en feu de sa maîtresse, avant de couvrir la vallée de ses seins de baisers mouillés. Sa langue dessine sur sa peau délicate des cercles imaginaires avant de venir embrasser et jouer avec leurs pointes dressées par le désir. Les mains de Louise errent sur son dos, puis sur la chute de ses reins avant de venir se placer sur les fesses rebondies de Virginie qui entament un petit mouvement ondulatoire. La jeune secrétaire, tout en restant collée à sa maîtresse, se met, dans un mouvement lent, à poser ses bras en croix sur le lit, et, dans un sourire, l'invite à ne plus faire un mouvement.
Ses yeux, ne quittant pas ceux de Louise, Virginie descend ensuite le long du corps de Louise, couvrant chaque parcelle de sa peau, de baisers brûlants. Elle descend terriblement lentement, entendant le souffle impatient de Louise avant de glisser sa tête blonde entre ses cuisses ouvertes.



Thierry tourne comme un lion en cage. Un rictus amer sur le visage, il songe à Jean-François et à ses coups foireux. Dégouté par tant de cupidité et de trahison envers ses comparses, il rumine sa rancoeur, réfléchissant à cette impunité démesurée qui finira, à court ou long terme à le mener à sa perte. Ecraser, doubler, ses amis et ses ennemis est devenu son passe-temps favori, accumulant autour de lui envie, rancoeur, haine et pourquoi pas vengeance. Cet homme, qu'aucun qualificatif ne peut décrire et dont il suit depuis longtemps le sillage mérite d'être stoppé dans sa quête effrenée du pouvoir et de l'argent.
Détournement de fonds, chantage, traffic de drogue, prostitution, Jean-François ne connait plus aucune limite dans le grand banditisme. Toutes sauf une. Et Thierry craint que Jean-François ne la franchisse un jour.


“Maman! Virginie! On est là!
Tiens les enfants, alors, ça va?
Un peu congelés, mais ça va.
Vous avez passé une bonne journée? Qu'est-ce-que vous avez fait?
Mc Do et on est passé au bahut au cas où. Plein de profs étaient absents;
Avec toute cette neige, rien d'étonnant. Vous en avez profité comme ça.
Et vous, vous avez fait quoi? Demande Nathan.
Boulot boulot..
Vous deviez être sacrément occupées pour que tu n'aies répondu à aucun de mes textos maman!
Quoi? Bein non, j'ai rien entendu!
J'ai bien vu! Et ça te ressemble pas! Tu nous bombardes tout le temps de textos, et là, rien!
Bein désolée, j'ai vraiment rien entendu. J'espère que c'était pas urgent..
Non non, je t'aurais appelée sinon. Mais tu avais certainement plus urgent à faire qu'à répondre à mes textos débiles.
Oui, et non. Je veux dire, oui, j'était occupée, et non, tes textos ne sont pas débiles.
Et toi Virginie? Ca va? Tu as résisté à une journée aussi dure?
Heu oui, bien sûr!
Virginie est une bête de travail et ne connait pas la fatigue! ajoute Louise
Je n'ai aucun doute là-dessus répond Noémie.

S'assurant que plus personne n'est dans la place, la taupe est enfin libre de tout mouvement. Avec d'infinies précautions, elle va jusqu'à la porte, tend l'oreille et écoute les bruits de pas s'évanouir dans la nuit. Elle doit faire vite, pouvant se faire surprendre à tout moment par le retour inopiné du propriétaire. Elle se faufile, telle une ombre, dans le bureau dont elle finit de fermer les persiennes, s'assurant que la clarté de l'écran de l'ordinateur ne se remarquera pas de l'extérieur.
Elle allume la machine et, patiemment, attend qu'elle devienne opérationnelle. Le sablier n'en finit pas de se retourner, la page d'accueil est anormalement longue à s'ouvrir. “Merde, il a quoi cet ordi ce soir? Depêche toi de t'ouvrir saloperie, je veux voir ce que tu as dans le ventre”. Ses doigts commencent à tapoter nerveusement le bois clair du bureau, de l'air passe entre ses lèvres, elle se met à siffloter. Le petit sablier semble la narguer. “Putain, mais tu vas t'ouvrir oui?”
“Demarrage de windows”. Le sablier refait son apparition, la taupe retient son souffle. “Bienvenue” “Entrez votre mot de passe”. La taupe ne peut retenir un ouf de soulagement.

Soudain, la lumière à l'extérieur s'allume. Elle regarde par la fenêtre. “Abruti de chat ! Va chasser tes souris ailleurs!”.
Elle revient, le coeur battant la chamade. Fausse alerte. Elle tape le mot de passe que son logiciel espion a tracé lors de sa première intervention et le bureau d'accueuil s'affiche sur une photo de carte postale, une mer turquoise et une plage de sable blanc chauffée par un soleil franc et généreux. Une image idyllique cachant une vérité bien autre. Elle clique sur l'icone d'internet et la page de “chrome” s'ouvre avant qu'elle sélectionne directement dans les favoris le lien de gmail. La boîte contient un nombre incalculable de mails, de la publicité pour la grande majorité. “Ce con est pas fichu d'utiliser un antispam!”
D'un oeil expert et rapide, la taupe repère un mail susceptible de l'interesser. Elle clique dessus. Le courrier électronique, lui délivre son message.

“” Salut mon gars. J'ai été plus que ravi de notre dernière excursion. Tellement ravi que je n'attends pas que tu aies posé tes bagages pour te proposer une autre virée. Prévois une valise supplémentaire, il y a encore plus de souvenirs à emporter.
Réponds moi .””

Elle clique ensuite sur l'icône “plus” et selectionne l'option “marquer comme non lu”.

Au moment où elle va refermer le navigateur, l'attention de la taupe est attirée par le nom d'un expéditeur dont elle ne connait pas l'existence. Soucieuse de passer à côté d'un renseignement capital, elle clique sur le mail dont elle parcourt le très bref contenu qui captive son attention et attise sa curiosité.

“” Petit changement : 100 000 ou rien. Over.”

Même manoeuvre, “plus” “ marquer comme non lu”.

La taupe n'a pas le temps de se poser la question sur la nature de ce message. La lumière extérieure s'illumine à nouveau et un bruit de pas retentit dans l'allée du jardin. Elle perçoit un juron et juste après le miaulement strident d'un chat que l'on vient de maltraiter. La porte d'entrée s'ouvre alors qu'elle s'éclipse du bureau.

“ Allo mon pote, c'est moi! Ca te dit une petite virée nocturne ce soir?
Jeff? Alors, comment ça va? Et Venise?
Ca roule mon pote, et Venise sous la flotte, c'est pas le top. L'hôtel était pas mal et Corinne s'est surpassée au pieu. Que demander de plus?
La bagnole lui a plu?
J'ai eu l'impression de lui offrir une poupée mec. Elle arrête pas de jouer avec depuis. Tiens, justement, ce soir, elle part va faire la tournée des grands ducs avec ses copines. Je suis tranquille toute la nuit. Je vais en profiter, tu te joins à moi?
Tu fais venir les putes?
Non, toi et moi, juste toi et moi mon pote. On trouvera les putes sur place.
Ca marche Jeff ! Je suis ton homme, tu me connais!
Je passe te prendre, on se tape un resto et après, à nous la belle vie. J'ai des bourses à vider de toute urgence.
T'as baisé tout le week-end bordel! Quel salaud tu fais!
Ca dépend sous quel angle on se place Thierry! Et je suis sous le meilleur angle! La vie est belle, tout me sourit, j'en profite mec!
Et Louise, tu penses à Louise?
A qui? Ah, ça? Pfff, un détail qui n'en sera bientôt plus un.
La donne a changé?
Oui, j'attends que le divorce soit prononcé et ciao ciao.
Tu ne veux plus le cabinet?
Si, mais ça n'est plus mon occupation première.
Alors quoi?
La drogue me rapporte un max de fric. Le cabinet, je m'en tape completement? J'ai juste envie de faire chier Louise.
Mais alors, cette guerre incessante que tu lui fais, c'est pour le plaisir? Pourquoi ce revirement de situation tout à coup? Je ne comprends plus!
Ho, t'es chiant à la fin! Contente toi de ramasser ton fric et de la fermer Thierry! Pourquoi toutes ces questions?
J'essaie de comprendre, c'est tout.
Bon, bien, justement, il n'y a plus rien à comprendre. Je passe te prendre dans une heure.
Non, un peu plus tard, j'ai des trucs à faire.
Quel genre de trucs?
Ca, ça me regarde !
Oh, j'ai compris, t'as une gonzesse avec toi, c'est ça?
T'as tout compris. Passe me prendre dans, disons, deux heures.
Ca marche Thierry. Et tu me racontes tout de A à Z!
On verra. Je raccroche, je suis attendu”



Thierry, qui a retenu sa colère, raccroche avec hargne. Cet enfoiré de Jean-François lui a encore menti, mais il compte bien lui soutirer les informations dont il a besoin afin de le pousser à la faute et le mettre sur la touche.

“ Cet enfoiré passe me prendre dans deux heures. On a une heure devant nous, ensuite, il me faudra me préparer. T'as quoi de neuf à me servir?
Le Belge a relancé ton “pote” sur une nouvelle transaction.
Comment ça, si vite?
Oui,
Quand et où?
Le Belge va mettre les infos dans l'enveloppe des billets à Montparnasse. Ils ont rendez-vous après la livraison, dans la tour. Le Belge vient quelques jours sur Paris pour régler un problème avec les proxos du coin. Tu le connais, il fait 36 trucs en même temps. Il pose jamais les pieds par terre ce mec.
Il risque gros, très gros!
Certes, mais plus le jackpot est gros, plus il faut prendre de risques. Le Belge n'a confiance qu'en lui même pour les gros coups et il préfère se déplacer en personne, mais tu sais déjà ça.. Et qu'est-ce-que tu comptes faire pour Jeff.
C'est mon affaire, mais sache qu'il ne s'en sortira pas aussi facilement.”


Corinne file à présent le long du périphérique, manoeuvrant merveilleusement le nouveau joujou que vient de lui offrir son amant. Elle se laisse griser par la fraîcheur de la nuit. La température frise le degré zéro, mais elle a une folle envie de se laisser mordre par la bise de l'hiver. Elle roule, à vive allure, la capote de son cabriolet baissée. Dans son épais manteau de fourrure qui frissonne au vent, elle ne craint rien et savoure l'air frais de la nuit hivernale.
Ses altercations avec Jean-François l'épuisent mais elle sait que son calvaire avec ce macho ignoble est vitale et que sa patience portera ses fruits.

Sa virée avec ses amis, ce soir, cette nuit, la changera de cette ambiance confinée dont elle est prisonnière depuis qu'elle est devenue la compagne de Jean-François. Rien de bien particulier à leur raconter si ce n'est la routine habituelle à quelques détails près qu'elle se fera une joie de relater quand de nouvelles informations croustillantes se présenteront.

Auprès de ses amis, elle se sent revivre, redevenir elle-même. Au lieu de subir les incessants reproches de son compagnon, elle devient le centre d'interêt et dirige les débats. Pour l'instant, elle appuie sur le champignon et voit défiler à toute vitesse les lumières blafardes du périphérique extérieur qui se refletent inlassablement sur le parebrise de sa nouvelle Porsche.

Yasmina, Paul, Thérese, Josepha et Mélanie l'attendent à leur lieu de rendez-vous habituel, quelque part dans Paris, là où personne ne viendra perturber leur colloque et où ils pourront discuter tranquillement devant quelques chopes de bière, au milieu de parfaits inconnus venus se détendre et pour nombre d'entre eux, s'adonner à la beuverie.

Il en est ainsi à chacune de leur rencontre. Les cris et les rires sont la protection idéale à leurs propos portant sur des agissements dont eux seuls ont connaissance.


“ Alors Thierry, tu as fini tes petites affaires? C'est bon? On peut y aller?
Et toi, tu as terminé les tiennes Jeff ?
Allez, monte, et pose pas de questions!
C'est facile pour toi mais tu ne me feras pas la fermer ce coup-ci Jeff!
Quoi, qu'est-ce que t'as?
Tu ne devines pas de quoi je veux parler?
Non, je vois pas non.. Allez monte, on va en parler devant un bon verre.
Tu sais, je pense pas que ce verre aura la même saveur que d'habitude.
Qu'est-ce-que tu me chantes bordel? De quoi tu me parles putain? Allez, mon bon sang, ça pèle!
Tu vas vite le savoir. C'est bon, je monte. Roule !”.

Thierry grimpe dans la voiture de Jean-François, qui, l'air interrogateur écrase la pédale de l'accelérateur. Le véhicule démarre sur les châpeaux de roue et disparaît dans la ruelle déserte et sombre.
Dans l'habitacle, l'ambiance est tombée à zéro. Ce qui s'annoncait une soirée de réjouissance prend soudain une tournure à laquelle Jean-François ne s'attendait pas. Tout en conduisant, Lemoux lance à Thierry des regards qui en disent long mais rien ne paraît sur son visage.
“ Tu vas voir, j'ai trouvé un coin extra. Ca vient d'ouvrir. Ca devrait te plaire. Les nanas sont plus que bandantes. On va s'amuser mec.
Oh, pour ça, je te fais entièrement confiance Jeff.
Putain ! Mais qu'est-ce-que tu as ce soir bordel? D'habitude, t'es excité comme un malade et ton missile à tête chercheuse est déjà en préchauffage. Ta gonzesse t'a mal baisé ou quoi?
Rien à voir
Mais quoi ? Tu fais chier à la fin!
Je te croyais mon ami Jeff. Toutes ces années de complicité! Entre toi et moi, je croyais que c'était à la vie, à la mort.
Mais c'est le cas Thierry. Qu'est-ce-que tu vas inventer encore? Tu veux plus de fric, c'est ça?
Oui, je veux ma part du fric de ta transaction de Venise..
Quoi?
Tu m'as très bien entendu Jeff. Ne joue pas aux cons avec moi. Je supporte tes injures, tes colibets, tout ce que tu veux, mais ça, je ne le digère pas.
Quoi Venise?
Demain, Montaparnasse, 15h, tu me prends pour un con?
Comment tu sais ça toi? Qui t'a mis au courant?
Ca, c'est mon problème. T'as tes indics, j'ai les miens.
Ah, parce-qu'en plus, tu me fais pas confiance.
Il faut croire que j'ai bien eu raison! Tu comptais empocher tout le fric pour toi tout seul salaud!
Ho, tu oublies quel est ton rang dans l'histoire. Tu bosses pour moi, pas avec moi!
T'es un bel enfoiré. Il me semble que j'étais ton associé au cabinet, pas ton employé. Je t'ai toujours soutenu dans tes coups foireux. Je t'ai repêché, couvert. J'ai sali mes mains pour toi et tu me remercies en me faisant un petit dans le dos? Hurle Thierry. On avait conclu un pacte tous les deux. Travailler en binome. Je t'ai jamais laissé en dehors d'un chantier et tu as eu ta part! Comment as-tu pu me trahir?
Tu vas pas m'emmerder pour un petit deal à la con qui me rapporte la peau de chataîgnes ho!
30 kilos, tu appelles ça un petit deal à la con?
Mais putain, comment tu sais tout ça toi? Interroge Jean-François, un sourire mi-amusé, mi-surpris sur les lèvres.
T'es pas la seule pourriture ici Jeff. J'ai fermé les yeux pour quelques chantiers précédents, mais là, c'est hors de question. J'ai toujours été honnête avec toi. Je veux ma part du gâteau moi aussi.
Ah, et tu crois que tu vas m'intimider?
Tu crois que j'ai pas deviné que tu voulais supprimer Louise? Je te l'ai dit, ne me prends pas pour un con!
Ok, ok, ok... c'est bon.. c'est bon. J'ai compris.. Tu l'auras ton fric. Mais faudra que tu le gagnes.Il me manque un homme pour descendre Louise...
Tu peux pas me demander ça Jeff...
Bien sûr que si.. N'oublie pas qu'on est liés toi et moi et que l'avenir du cabinet est aussi le tien.
C'est le détail sans importance dont tu m'as parlé tantôt, mais sache que j'execre ce plan.
Ouaip, mais t'as pas le choix. Sans le cabinet, t'es plus rien mon pote. Et c'est le seul moyen que tu as de te racheter une conduite.
Hey, je n'ai jamais été soupçonné de quoi que ce soit moi, contrairement à toi.
Non, mais tu es un ami proche et ça suffit à entacher ta crédibilité.
Et tu crois qu'un meurtre va la remonter?
J'ai pensé à tout. Tu en ressortiras blanc comme neige. Et puis tu sais..je préfère qu'un des deux tueurs à gage que j'ai trouvé quitte le jeu. Et d'un, il fallait que je trouve très vite un remplaçant, et de deux, tu connais les habitudes de Louise. Imagine qu'elle décide au dernier moment de changer ses plans. Tu la connais par coeur toi au moins.
Ouais, je pense surtout que tu avais déjà tout manigancé et que c'est ce que tu allais me proposer ce soir ! Mon coup de gueule, n'est qu'une parenthèse à ton plan, rien de plus. Un petit feu de bingale.
J'avoue que tu m'amuses. Tu ressembles à ces petits roquets qui aboient en reculant. Bon, parlons peu, parlons bien 200 000, ça te va?
Ai-je le choix?
Non parce- que t'aimes trop le fric
Et si j'allais tout débaler à la police?
Je plonge, tu plonges! Et finie la bella vita. Si je t'ai pas tué avant. Et j'en ai les moyens.”

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MessageSujet: Re: LOUISE OU LA VRAIE VIE   Ven 7 Fév - 20:55

Mardi. Le soleil pointe à l'horizon, percant de sa lumière blafarde les derniers bastions d'une nuit froide et sans âme. La nature semble pétrifiée dans une robe de glace, que ses rayons ne parviennent à réchauffer. La température extrêmement basse de ce nouveau jour n'empêche pas à la vie de se reveiller et d'entamer lentement un cycle nouveau.

Dans sa chambre, Louise se réveille doucement dans son grand lit. Machinalement, les yeux encore clos, elle cherche de sa main sa douce compagne, la chaleur rassurante de son corps, mais ne trouve que le froid des draps d'une place inoccupée.

Elle ouvre les yeux puis se rappelle, avec amertume, que Virginie a quitté le manoir très tôt le matin, préférant ne pas mettre sa maîtresse dans le trouble avec Nathan et Noémie.
Il est 6h30. Louise grelotte tout à coup. L'absence de Virginie apporte en elle une sensation de froid, et surgissent en elles les moments merveilleux passés en sa compagnie. Mais elle se dit aussi qu'elle ne tardera pas à la rejoindre très vite au cabinet. Le portable sur sa table de chevet se met à vibrer. Elle se précipite sur l'appareil et lit sourire aux lèvres :

“” Bonjour mon ange. Tu vas bien?””

“” Bonjour ma chérie. Oui, je vais bien et toi?””

“” Ca va, congelée, mais ça va. Il fait – 40 dans mon appart. Se laver avec un froid pareil, il faut être motivée.””

“” Il fallait rester ici mon coeur alors. Tu me manques tu sais””

“” Tu me manques aussi, mais il fallait bien que je rentre. Je porte les mêmes vêtements depuis dimanche. Et je ne pense pas que je rentre dans les tiens””

“” Tu pouvais les porter un jour de plus””

“” Heu, je crois pas non.””

“” Nathan et Noémie?””

“” Oui, aussi. Mais je pense que le leur dire ne sera qu'une simple formalité. Ils savent déjà tu sais. Tu les as entendus parler aussi bien que moi. Leurs paroles sont sans appel. Tu traines encore au lit?””

“” Je viens d'ouvrir les yeux. J'avoue que j'ai du mal à émerger.””

“” Tu es peut-être encore souffrante chérie. Tu te remets à peine de ta grippe. Et si tu restais au manoir encore un jour?””

“” Pas question. Je reviens aujourd'hui. Et puis, tu me manques trop. Te voir me remettra d'aplomb””

“” Tu viens prendre ton petit déjeuner avec moi?””

“” Sérieux?””

“” On ne peut plus sérieux.””

“” J'arrive. Laisse moi le temps de me préparer et je suis là.””

“” Tu peux apporter les croissants?””

“” Pas de problème, je dévalise la boulangerie au passage””

“” Je t'attends. Couvre toi bien, il fait très froid ce matin. Je t'aime””

“” Je t'aime aussi amour””

D'un bond, Louise sort du lit, son téléphone encore à la main. Il est 06h45. Elle se précipite à la salle de bain où elle fait couler la douche, laissant l'eau couler quelques instants, le temps de trouver la température idéale.
Elle laisse glisser sa nuisette à ses pieds, remonte sa magnifique chevelure en chignon, puis enjambe le rebord de la cabine de douche avant de se laisser investir par le liquide chaud à souhait.

06h50, elle quitte sa chambre et dévale quatre à quatre les escaliers, croisant Xavier dans le hall du manoir.

“ Bonjour Xavier!
Bonjour Louise, je vois que vous vous sentez mieux ce matin. Vous partez au bureau?
Oui, je reprends le boulot. Il était temps!
Si vous me le permettez, je trouve qu'il est particulièrement tôt ! Je n'ai pas encore préparé votre petit déjeuner. Vous me prenez de cours, j'y vais de ce pas Madame.
Ne vous donnez pas cette peine Xavier, je ne prendrai pas mon petit déjeuner ici”.

Il ne faut pas longtemps au majordome pour évaluer la situation. L'engouement et la liesse de sa patronne ne laissent planer aucun doute quant à leur cause. Souriant intérieurement, les yeux pétillants de joie, il fixe sa patronne avant de lui lancer un regard qui en dit long.

“ Mes amitiés à Virginie Madame !
Je n'y manquerai pas Xavier. Répond- elle avec le même sourire et un clin d'oeil. Il faudra néanmoins que vous me rendiez compte de vos cachoteries !
Avec grand plaisir Madame, mais il n'y a pas grand chose à raconter puisque vous avez découvert le pot aux roses. Dépéchez-vous, elle vous attend!
Vous ai-je dit à quel point vous m'étiez précieux Xavier?
Vous l'êtes tout autant pour moi Madame. Rappelez-vous de ce que vous avez fait pour moi et ce que vous représentez à mes yeux. Votre bonheur est pour moi, la plus belle des récompenses. Allez, filez Madame et passez une excellente journée.
Merci Xavier, vous aussi, et à ce soir !”

Louise se dirige vers la porte d'entrée après avoir lancé de sa main un dernier salut à Xavier. Les larmes aux yeux, elle se laisse envahir par un bonheur indicible mais aussi par le doux sentiment d'avoir été la cible d'un complot à l'intérieur même de son manoir et dans le cercle de ses connaissances. Elle oublie d'un seul coup la mise en garde de Virginie, et descendant les quelques marches en marbre du perron, elle glisse sur le givre et les résidus de neige, manquant de s'affaler lourdement sur le sol. Elle ne sait par quel miracle elle arrive à se maintenir debout, et, une fois la petite frayeur passée, son rire envahit le silence de la pointe du jour.
Elle peine à ouvrir la portière gelée de sa 308 cc qui cède enfin au bout de quelques longues secondes et s'engouffre à l'intérieur avant de mettre en route le dégivrage et le chauffage au maximum. Elle se maudit alors de ne pas avoir songé à la ranger au garage. Ces précieuses minutes perdues aussi stupidement sont autant de temps perdu auprès de sa belle.

“” coucou bébé. Je vais me mettre en route, le temps que ça dégivre””

“” Pas de souci mon ange. Je finis de préparer notre petit déjeuner et pense aux croissants. Surtout, fais attention sur la route, c'est verglacé””

“” Promis ma chérie. Je serai prudente. Je t'aime””

“” Moi aussi je t'aime. A tout de suite””

Les secondes s'egrennent comme des minutes, et Louise, trépigne d'impatience, trouvant ce dégivrage horriblement long. Harassée, elle sort de la voiture et se met à gratter le parebrise. Mais Xavier a tout vu et arrive à la rescousse. Quelques secondes suffisent au majordome pour arriver à bout de sa mission.
“ Oui, je sais, j'aurais du la rentrer!
Ceci dit, avec la neige qui est tombée, ça n'était pas évident avec la pente qui accede au garage. Vous n'auriez pas pu la remonter ce matin.
C'est pas faux. Mais vous avez très bien fait de dégager le sentier qui mène au portail, ce sera moins risqué. Je me demande comment elle s'en est sortie. Elle est folle d'être partie dans de telles conditions.
Je l'ignore Madame, mais je pense qu'elle a du passer un petit moment car j'ai entendu le moteur tourner un certain temps et je n'ai pas entendu tomber un seul pot qui longe l'allée.
Elle est plus douée que moi, c'est certain! Merci du coup de main Xavier. Rentrez vite ou vous allez congeler sur place!
Bien Madame. Et encore une fois, passez une bonne journée. Je rajouterai toutefois que si un problème quelconque survient à cause de vous savez qui, n'hésitez pas à faire appel à moi. Ce silence de sa part ne me dit rien qui vaille et je m'inquiète pour vous Louise. Ma mâchoire est encore douloureuse, mais mes poings, eux, sont en parfait état de marche. Je ne me laisserai pas surprendre une seconde fois.
Merci d'être là Xavier. Comptez sur moi, comme je peux compter sur vous. Allez, dépêchez vous de rentrer!”.

Louise, grelotante, grimpe dans sa voiture, referme la portière. Appréciant la chaleur diffuse de l'habitacle, elle embraye en première et quitte le manoir. Direction, la boulangerie “du manoir” et elle se retrouvera très vite dans les bras de Virginie.

“ Bon, ça y est t'as fini de faire la gueule?
Je ne pourrai pas oublier ce que tu as fait Jeff. Il te faudra doubler de ruse pour apaiser ma colère.
Tain, mais arrête, tu vas l'avoir ton fric! T'as pas passé une bonne nuit là? Les filles, la blanche, l'alcool.. et le fric. Il te faut quoi de plus bordel?
Je ne conçois pas cela comme un pacte d'honnêteté mais comme de la pommade Jeff. Et j'ai encore du mal à digérer ce que tu prévois pour Louise.
Tu le veux ce cabinet, oui ou non?
Bien sûr que je le veux !
Bon alors, tu fermes ta gueule et tu fais ce qu'on a dit.Tu pilotes juste cette putain de moto et tu seras bientôt le plus riche avocat de la région, un avocat qui couvrira mes petites affaires.. C'est bien payé non? ahhh, on est trop forts mon pote, trop, trop trop forts! Bon, je te dépose, il faut que je rentre jouer les maris modèles. Corinne ne va pas tarder, si ce n'est déjà fait. J'espère qu'elle va rentrér bourrée comme ça lui arrive. Au moins, elle me foutra la paix et je pourrai roupiller tranquille.
Elle est décidement trop conne.
Oui, mais trop bonne. Et tu sais quoi? J'ai contracté une assurance vie sur son taré de gamin. Vu ce qu'il a, il fera pas long feu lui non plus. Tu vois ce que je veux dire?
Tout à fait!”

La voiture des deux salauds sillonne les rues de la ville encore endormie avant de s'arrêter devant le domicile de Thierry que Lemoux s'empresse de déposer avant de repartir en trombe dans la grisaille du matin, éclaboussant volontiers les premiers passants. La fatigue qui le gagne n'empêche pas son cerveau de fonctionner à plein régime. Son éternel rictus aux lèvres, il se sent investit d'un pouvoir grandissant qu'aucun de ses amis, ou ennemis ne peut écorcher. Rien ne peut plus l'atteindre dans sa soif de puissance et d'argent, il se sent invincible.
Il arrive à son pavillon et avant de franchir la grille d'entrée, il actionne l'ouverture automatique du portail qu'il franchit rapidement avant de freiner brutalement, provoquant un dérapage contrôlé sur le sol verglacé. Il aperçoit la voiture de Corinne garée dans le garage, prie pour qu'elle soit endormie, ne se sentant pas d'attaque à affronter son flot de questions habituelles.
Il pénètre à l'intérieur de la demeure en prenant soin de ne pas déranger le sommeil de Corinne, referme la lourde porte d'entrée et se dirige à pas feutrés dans la salle de bain où il se défait de ses vêtements souillés avant de les mettre dans la corbeille à linge sale. Il entre ensuite dans la chambre et aperçoit la silhouette immobile de Corinne. Sa respiration régulière lui indique qu'elle dort profondément. Il se glisse alors entre les draps, en évitant de la toucher pour ne pas la reveiller, son corps froid l'avertissant de sa présence. Et c'est ce qu'il cherche absolument à éviter. Il est 06h15.
Dans la pénombre de la pièce, il songe aux évenements à venir, la transaction à la gare Montparnasse, les nouveaux deals et Louise. Louise, dont la mort symbolisera le début d'une vie nouvelle et de son ascension dans le milieu du grand banditisme. Il a son second homme de main. La moto et les armes sont déjà prêtes à l'usage. Il ne reste plus qu'à rassembler le fric et mettre au point l'assassinat de l'avocate et peut-être, se débarrasser de Thierry. Mais ça, ce sera pour plus tard, beaucoup plus tard lorsqu' il jugera que son “pote” n'a plus aucun intérêt pour ses affaires. Louise morte, et son divorce n'étant pas encore prononcé, il héritera de l'affaire de sa femme. Son plan parfaitement exécuté, et même s'il est soupçonné, il ne pourra jamais être prouvé qu'il est le commanditaire de son assassinat. Son plan est parfait. Il faudra des années de procédure et d'instruction, mais le cabinet lui reviendra de droit. Ce qui constituera une belle couverture à ses activités crapuleuses cachées par ledit cabinet plus tard.
Grisé par cet avenir brillant, il se laisse envahir par le sommeil et s'abandonne, sourire aux lèvres, dans les bras de Morphée.
Corinne finit par sentir sa présence au bout de quelques minutes et vient se lover contre lui, remontant sa cuisse sur son entre jambes qu'elle se met à caresser lentement.
Jean-François, souriant dans le noir, décide d'accepter ce rabais de volupté et répond à ses caresses.
“ Tu m'as manqué mon chéri.
Tu as passé une bonne nuit? A quelle heure es-tu rentrée?
Vers 3h00, et j'ai passé une excellente soirée. Mais il me manque un petit plus pour qu'elle se termine en apothéose.
Madame est servie”

Jean-François, déjà excité par ses pensées puis, par sa compagne, se meut lentement sur lui-même et vient la couvrir de son corps et s'imicer entre ses cuisses avant de la prendre sans sommation. Il jouit rapidement et se retourne avant de se mettre à ronfler, peu soucieux du contentement de Corinne. Cette dernière, sans mot dire, se retourne et se rendort à son tour. Il est 07h30. Le monde peut s'écrouler, épuisés après une longue nuit de frasques, ils dorment tous deux à poings fermés.
“Coucou mon ange, ça va, j'ai pas été trop longue?
En théorie, tu n'as mis que 25 minutes, mais en pratique, c'est une éternité.
Tu m'as terriblement manqué chérie.. et ce grand lit vide, sans toi c'est l'horreur.
Je suis d'accord mon ange. Mais entre et met toi à l'aise. Le café vient de passer..tu as pensé aux croissants ma puce?
Tiens, tout chauds eux aussi.. et ça aussi..” Louise dégage la main qu'elle garde dans son dos depuis son arrivée chez Virginie. Elle tend sous son beau minois un lys qu'elle a pris dans le gros vase de l'entrée du manoir. La blonde, affiche un sourire radieux et, enfin, vient cueillir la bouche de Louise.

“ Merci ma chérie.. Elle est trop belle !
Tu les connais, ce sont ceux de l'entrée, mais comme aucun fleuriste n'est ouvert à cette heure ci et que je voulais t'apporter des fleurs, bein... voilà quoi !
Merci mon amour. Hmmm, et très odorant en plus!
Oui, ils sont plus forts que les blancs et ils sont bien plus jolis.
Je vais le mettre sur la table basse du salon.. Viens, c'est là que j'ai installé notre petit déjeuner.
Je te suis..
Ah, donne moi les croissants que je les mette dans la corbeille .
Heu, je te les ai déjà donnés.. Ils sont dans ta main chérie.. répond Louise un petit sourire narquois aux lèvres.” Ses yeux pétillent autant que ceux de sa maîtresse, ravie de la retrouver enfin.
Ho, ho... Je crois que tu me troubles mon coeur.
Je te rassure.. Tu me fais le même effet.”

Les yeux dans les yeux, le regard fixe et profond, elles se fixent mutuellement, un petit frémissement à l'aile du nez, trahissant l'envie qu'elles ont l'une de l'autre.. Puis, peu à peu, leurs têtes se rapprochent et leurs lèvres se scellent, s'unissant dans un baiser langoureux et interminable.
“ C'est fou ce que tu m'as manqué mon amour. Ces quelques heures loin de toi m'ont paru une éternité. Je crois que je n'ai jamais aimé quelqu'un comme je t'aime.
Je suis dingue de toi aussi ma chérie.. murmure dans un souffle Virginie, dont la langue à présent vient jouer avec le lobe de l'oreille de l'avocate.
Tu as faim toi ? Questionne Louise.
Oui, de toi. J'ai envie de te bouffer toute crue..
Mmmm quel bon programme.. dit Louise, alors que leurs têtes dodelinent d'un côté, puis de l'autre, pendant que chacune dévore la bouche de l'autre.
J'ai envie de toi ma chérie.
J'en ai tout autant de toi mon coeur.”

Joignant le geste à la parole, la blonde secrétaire retire un à un les vêtements de Louise, qui tombent rapidement à ses pieds. De son côté, Louise déshabille entièrement sa belle, puis stoppe net leur étreinte et, tenant les bras de Virginie, elle contemple son corps nu.

“ Tu es tout simplement magnifique mon ange.
Tu n'es pas mal non plus tu sais, rétorque Virginie avec un clin d'oeil malicieux... Bon, alors, par quel bout je vais commencer?
Heu... la bouche ? Suggère Louise.
Très bonne idée, il faut mettre la machine en route, même si je suppose qu'elle est déjà bien chauffée..
Alors, fais monter la pression mon coeur..
A vos ordres Madame!”
Avec une infinie tendresse, Virginie enlace Louise, la ceinturant à la taille. Louise, de son côté, se pend à son cou, lui offrant ses lèvres charnues et frémissantes. Leurs corps gourmands se collent l'un à l'autre, provocant une vague de volupté chez les deux femmes.
Tout en s'embrassant, Louise et Virginie, jambes et pieds mêlés parviennent jusqu'au salon où une lumière douce et chaleureuse les accueille. Lentement, Virginie investit le corps de Louise de dizaines de baisers. Pas une parcelle du corps de la brune n'échappe aux lèvres de Virginie, qui, peu à peu, descend le long de son buste, de ses hanches et de ses jambes, avant de remonter, tout en flattant de ses mains les formes merveilleuses de son corps. Le souffle chaud à chacun de ses baisers sur sa peau satinée sont autant de clés ouvrant une à une les portes du désir. Les yeux clos, Louise savoure ces caresses délicieuses et s'abandonne aux frissons qui l'envahissent peu à peu. Virginie fait le chemin inverse en appuyant ses baisers et avec le renfort de sa langue. Louise caresse sa tête et ses épaules, attendant impatiemment que la tête de Virginie parvienne à hauteur de la sienne afin de lui donner un baiser majestueux et profiter, à son tour, du délice de sa peau.
Lentement, elles basculent toutes deux sur le gigantesque sofa du salon qui les accueille dans le plus grand confort et la plus grande douceur. Au fond de la pièce, un aquarium géant de poissons exotiques aux milles couleurs étincelantes donnent des reflets irisés sur les murs et sur leurs corps enchevêtrés. Louise sourit à Virginie, Virginie sourit à Louise.
“ je t'aime mon amour
je t'aime aussi mon ange.”
La sculpturale Virginie investit de sa bouche, le buste de sa maîtresse, l'honorant de ses mains et de ses lèvres, dessinant de sa langue des ronds imaginaires, se rapprochant insensiblement des aréoles pendant que ses mains continuent de la caresser. Louise accueille dans un souffle rauque ces offrandes de douceur et de volupté.
Elle joue avec la crinière de feu de sa compagne, l'embrasse, respire son odeur, caresse ses joues et ses épaules.
Virginie, du bout de ses lèvres, jouent avec les pointes dardées de plaisir, les pincant, les caressant avant d'y déposer un baiser et de les honorer savamment de sa langue. Sa cuisse s'immisce entre celles de Louise et entre en contact avec son pubis. La blonde secrétaire lève la tête et sourit à sa compagne qui, ouvrant d'avantage ses jambes, l'encourage dans son entreprise.
La jeune femme commence alors à imprimer un léger mouvement de ses reins, caressant subtilement l'entre jambes de Louise qui tire sa tête en arrière dans un mouvement de totale satisfaction. Sa jambe répond alors à celle de Virginie qui accentue légèrement l'impulsion de ses reins sur son bassin. Les doigts de Louise parcourent savamment le dos de sa compagne, ses ongles traçant de légèrs sillons sur sa peau. Elle ondule sous le corps de Virginie qui continue d'accentuer le rythme de ses va et vient entre ses jambes, les mains parcourant à présent le galbe de ses cuisses de haut en bas et de bas en haut, se rapprochant à chaque fois plus prêt de l'antre de son plaisir. Se dégageant légèrement en prononcant l'emprise de sa jambe, Virginie laisse alors le champ libre à la main de Louise qui en profite pour immiscer sa main sur son pubis et descendre plus bas alors que celle de sa compagne entreprend de fouiller sa propre intimité. Les gémissements des deux femmes viennent troubler le silence du salon accompagnant les légers crissements du cuir du canapé.
Leurs lèvres se rejoignent encore et encore, étouffant les gémissements qui se transforment en râles, alors que leurs doigts pénetrent leurs intimités.
Louise cesse son étreinte, invitant Virginie à placer son entre jambe au dessus de sa tête. Tout en caressant ses seins, elle embrasse, puis sa langue se met à lêcher son intimité, de façon anarchique tout d'abord, puis de façon de plus en plus précise ensuite. Elle joue avec son bouton fier et arrogant, gonflé d'un désir qui ne demande qu'à exploser. Sa langue fouille ses chairs chaudes et molles, darde son clitoris avant de rebrousser chemin et dessiner le contour de son antre détrempé. Sans relâche, Louise se délecte de ce fruit dont elle savoure le nectar puis, continuant son étreinte, elle pénetre la grotte humide de Virginie qui ondule au rythme de ses doigts. Quelques instants plus tard, la blonde secrétaire sent monter en elle une vague de fond avant d'imploser en un cri de puissant jouissance.


“ On a pas fait trop de bruit, tu crois?
Juste un peu..
Ca remplacera le chant du coq. En plus, c'est bien plus marrant, tu crois pas? Répond Louise en riant.
Je t'aime Louise.
Moi aussi je t'aime mon ange.
Tu as faim chérie?
Oui, j'avoue.. On petit-déjeune?
Volontiers.
Et il va falloir songer à partir travailler aussi. J'avoue que c'est la première fois que j'ai pas envie de me rendre au cabinet!
Je n'en ai pas la moindre envie non plus tu sais.
Et finalement, je me sens faible tout d'un coup..
C'est clair, tu n'as pas totalement récupéré de ta grippe ! Renchérit Virginie.
C'est vrai, mais alors, ce que je peux me sentir faible!
Téléphone à Jeanne et Françoise et tu leur dis que tu t'octroies une journée de plus..
Après tout, avec ce froid, si je me risquais à sortir, je pourrais facilement rechuter. Rit Louise.
C'est clair.
Je téléphone..non attend, je prends mon portable, n'oublie pas que les appels rentrants s'affichent. Elles n'ont pas besoin de savoir, enfin, pas pour l'instant.
Je suis d'accord, et moi, comment vais-je justifier mon absence mon coeur?
Et si tu passais chez Maître Delacour pour récuperer des dossiers?
Oui, mais il me faudra pas la journée pour y aller.
Si si, c'est à 150 km, et puis les routes ne seront pas très sûres avec la neige à la campagne.. Et puis, tu resteras le midi manger dans un petit resto et puis tu rentres dans l'après-midi. Tu fais un saut de puce au cabinet pour leur remettre le dossier, et tu rentres à la maison.
Comment veux-tu que je leur porte un dossier qui est à 150 km et que je ne vais pas chercher puisque je suis avec toi?
Héhé.. le dossier est dans ma voiture chérie, depuis 3 bons jours.
Ah bravo!”



“” J'ai trouvé votre binome. Vous avez le matos?””

“” Ok tant qu'il sait conduire une bécane. Vous en avez trouvé une?

“Oui, le flingue aussi. Je vous dirai l'endroit où vous approvisionner le moment venu”
“” Ok, ça marche. Over””

Un mail plus loin :

“” Changement de planning. Rendez-vous à Montparnasse à 15h00. Le “Belge” a un contretemps. C'est ok pour toi?””

“” No souci, j'y serai. Plus vite j'aurai empoché mon fric, mieux je me porterai.””

Marquer comme non lu.

La taupe, dans le bureau, lit impunément les mails alors que tout est calme dans le pavillon, ou presque. La silhouette furtive entend soudain des pas à l'étage supérieur. Elle se dirige rapidement, sans être vue dans le hall d'entrée, se glissant, tel un fantôme, le long des murs jusqu'à destination.
Jeff arrive au pied de l'escalier, une arme à la main, trempé de sueur, les yeux engourdis de sommeil, mais les sens en alerte. Il tient dans sa main un pistolet 9mm, prêt à l'emploi et progresse, méfiant, comme le font les forces de l'ordre pour ne pas se faire piéger par l'ennemi.

“ Qu'est-ce-qu'il se passe Jeff ?” questionne Corinne, entièrement nue, sortant de la cuisine. La bouche en “o”, surprise et effrayée en même temps, elle lâche l'énorme tartine de pain beurré recouverte d'une impressionnante couche de confiture à l'orange.
Au même moment, Jeff se retourne et brandit son arme vers elle, avant de rabaisser les bras.

“ Putain Corinne.. Tu fais chier, j'ai failli te plomber! Hurle Jean-François.
Et toi, t'es pas malade de te balader avec un pétard non? Et puis pourquoi d'ailleurs?
J'ai entendu du bruit. Et si tôt, c'est pas normal! Et toi, qu'est-ce-que tu fous debout à cette heure ci?
Je te signale mon abruti de chéri, qu'il est 08h15. On est pas au milieu de la nuit que je sache! Et quand bien même, j'ai bien le droit de bouffer quand j'ai faim non? Il va falloir que je te demande la permission de descendre à la cuisine sous peine de prendre une balle? On aura tout vu!
Oh merde, ce que tu peux être conne à tes heures!
Bein, v'là autre chose! C'est de ma faute maintenant! Ce que tu peux être de mauvaise fois mon pauvre!
Oh, tu vas la fermer ta grande gueule oui?
Sache que je suis pas ton objet et que tu ne m'empêcheras pas de faire ou dire ce que j'ai envie de faire ou dire! T'es qu'un pauvre minable sans âme.
Tu vas la fermer oui ou je te bute!
T'en es même pas capable! Tu as trop besoin de moi..
Là, tu te trompes ma belle. T'es qu'une merde, une pute de stripteaseuse que j'ai sortie de ce boui-boui.
Un être humain surtout, qui en a ras le cul de se coltiner un abruti comme toi! A supporter tes frasques et tes humiliations! Comment j'ai pu accepter ça?
Oh, mais c'est pas moi que tu supportais ma belle! Mais mon pognon!
Certes, ton pognon, et ton rang! Parce que ce qui est pour le reste, tu vaux rien! Au lit, t'es une vraie bille mec!
Corinne, arrête ou je te bute.
Bein fais le.. je suis sûre que t'as pas les couilles de le faire!
Ah tu crois?
Mais bien sûr que je le crois! Tu vas pas foutre ta carrière en l'air pour une petite conne comme moi! Ce serait trop con hein ! Tu as trop investi sur moi pour me refroidir! L'assurance vie pour Kévin, t'auras pas un kopec s'il m'arrive une bricole, et tu le sais très bien !
T'es plus fûtée que je ne le pensais salope!
Il faut toujours se méfier de l'eau qui dort! On ne t'a jamais appris ça?
Tu me dégoûtes!
Ha, tiens! Bein chacun son tour chéri!”

Jeff ricane tout en se grattant la tempe avec le canon du pistolet.. Ses ricanements se transforment en éclats de rires nerveux. Il se retourne vers Corinne en se grattant la gorge, puis la pointe du doigt.

“ Finalement, t'es aussi pourrie que moi mon ange.
Plus que tu ne le crois mon chéri.
T'as raison, je peux pas te buter. En fait, tu peux m'être très utile.
Enfin! Tu te décides à me faire rentrer dans ta danse ! Tu ne seras pas déçue du voyage Jeff, tu peux en être sûr!
J'espère bien ne pas m'être trompé.
Non, tu ne t'es pas trompé” répète Corinne, un écat indefinissable dans les yeux.

Jean-François, range l'arme dans son étuit se baisse pour ramasser le pain qui gît au sol et nettoyer la marmelade étalée.

“ Il en reste?
Bien sûr.
Ok, alors, allons déjeuner.
Je te suis..”
Jeff et Corinne pénètrent dans la cuisine, elle, toujours nue, lui, en slip. Ils s'installent au bar américain. Corinne se sert un café et sert son amant ensuite. Mais la trève est de courte durée.

“ Dis, t'as pas froid à poil ma poule?
Non, sinon, crois-tu que je serais descendue comme ça?
C'est pas faux. Mais j'avoue que j'ai pas très chaud...Au fait, tu pensais vraiment ce que tu as dit tout à l'heure?
Quoi donc?
Je suis nul au pieu?
A franchement parler, j'ai vu mieux..
Je pensais pourtant..
Pourtant non.. Le missionnaire, la levrette ou la brouette, et le plus souvent sans préléminaires, franchement, tu manques d'imagination..
Pourtant, tu avais l'air de prendre ton pied.
L'air seulement.. je te l'ai dit, tu es un rustre qui ne pense qu'à lui. Si faire l'amour pour toi est synonyme de te vider les couilles, alors, t'as tout faux.
Pourtant, les chiennes comme toi, vous aimez bien le foutre.
Ah, parce-que tu crois que c'est un but en soi pour nous? Encore une fois, tu as tout faux Jeff. T'es comme tous les autres, peut-être pire. Fourrer votre truc entre les cuisses des filles, c'est tout ce qui compte. Si tu as connu d'autres échecs avant moi, ça ne m'étonne pas. Je suppose que Louise doit avoir des cornes si hautes qu'elle doit pas passer la porte.
Je n'ai jamais trompé Louise.
Tu te fous de ma gueule là ! !
Non, c'est pourtant vrai. Mais je me suis bien rattrapé depuis je dois dire..
Je n'en doute pas une seconde. Et vois-tu, je te soupçonne d'aller tremper ton biscuit ailleurs qu'ici..
Mais non, que vas-tu imaginer?
Oh, j'imagine rien du tout. Mais je remarque souvent des trucs. Par exemple. Chaque fois qu'on sort chacun de son côté, je trouve l'appartement nickel chrome quand je rentre, alors que d'habitude, tu te baisserais même pas pour ramasser un bout de papier. Donc, oui, je suppose que tu fais venir d'autres femmes ici. Il y a des odeurs qui ne trompent pas non plus..
Ok, je me tape d'autres nanas que toi. Des putes si tu veux savoir, et je m'éclate un max avec..
Ca, j'imagine! Et elles sont bien dociles je suppose!
Oh putain oui.

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MessageSujet: Re: LOUISE OU LA VRAIE VIE   Ven 7 Fév - 20:56

Au rythme où tu me fais l'amour, je suis certaine que tu as déchargé le fusil à peine la balle dans le magasin..
Mais pour qui tu te prends salope? Tu prends pourtant bien ton pied il me semble non?
Tu savais que j'aimais chanter? Je t'ai dit que je chantais bien..
Garce!
Tu es un minable, un salopard, une ordure! Je me demande encore comment tu t'es pas fait descendre!
Je sais que je n'ai que des ennemis, mais au moins, je suis plein aux as et ma revanche, est de pouvoir acheter tout ce que je veux, même mes ennemis.
Ca te retombera sur la gueule un jour ou l'autre, crois moi.
Ce jour là n'est pas encore arrivée ma chérie. J'ai toutes les cartes en main, des amis haut placés, des copains..
Aussi pourris que toi je présume. Je sais pas ce que tu fais, je sais pas ce que tu trames, mais le boomerang te reviendra en pleine poire. Le passé finit toujours par nous rattraper.
En attendant, je vis le présent et j'écris mon futur. Et mon futur, c'est le fric que je vais gagner.
Je, moi, mon... Y'en a que pour toi! Rien ne pourra t'arrêter dans ta quête du pouvoir.. T'es cinglé.”

Corinne pose bruyamment sa tasse sur le comptoir et se précipite vers la sortie de la cuisine. Jean-François la poursuit dans sa course, la prend par le bras et la retourne violemment.

“Non, mais où tu vas là?
Je me casse!
Et comment ça, tu te casses?
J'en peux plus de toi, c'est fini, je te quitte.
Oh oh, va pas si vite...
Je vais où je veux et comme je veux, répond Corinne en retirant la main qui retient son bras.
T'as pas le droit, tu comptes aller où?
Je retourne à ma vie minable, dans mon boui boui me foutre à poil devant des mecs qui en redemandent. C'est peut-être ma vie de merde, mais c'est la mienne et j'étais heureuse. Etre avec toi, c'est là, la vraie merde. Alors, je t'y laisse dedans. Et j'ai pas envie d'être à tes côtés le jour où il t'arrivera des bricoles. Et tu peux récupérer le fric de l'assurance de Kévin. Il a ton odeur. Tu peux tout reprendre.
Et bien, si c'est ce que tu veux, dégage! Tu me casseras plus les couilles connasse! Prend tes affaires et quitte cet endroit, que je ne te revoie plus!
T'inquiète pas, j'ai vite fait.
Et tu laisses la Porsche. Je trouverai facilement une autre greluche à qui en faire cadeau.
J'en doute. J'ai été flashée hier au soir à 200 sur le périf et j'ai défoncé la portière droite.
Quoi?
Un gros con qui faisait une marche arrière et qui m'est rentré dedans. T'as pas vu?
Non, mais je rêve! Elle est toute neuve et elle m'a couté la peau du cul.
Avec tout le fric que tu as, tu peux en acheter autant que tu veux, alors, me fais pas chier pour une égratignure!
Dégage, ou je ressors le flingue !
Tu ne me fait plus peur Jeff ! En fait, sous tes airs machos, tu joues les gros bras, mais t'as rien entre les jambes, tu m'entends!? Rien!!!!” .

Corinne, du haut des escaliers, entend Jean-François Lemoux l'injurier. Fou de rage, il renverse tout objet se trouvant dans son périmètre. Le chat, alerté par le bruit sort de sa panière en miaulant. Et va se lover contre l'avocat ripou. Excédé et détestant les félins, le chat de Corinne reçoit un coup de pied terrifiant sur le flanc avant d'aller s'écraser, mort, contre le mur de l'entrée. “Ca, c'est pour la bagnole!” hurle-t-il.
La jeune femme, qui a assisté à toute la scène, peine à retenir ses larmes. Cachou partageait sa vie depuis 8 ans. Elle fixe Jeff, et lui fait un doigt d'honneur avant de se précipiter dans la chambre où, aveuglée par les pleurs, elle entasse dans une valise ses maigres affaires. Elle a hâte de quitter ces murs où elle étouffe et retrouver sa vie.

Virginie et Louise, enlacées sur le sofa profitent de leur bonheur. Bien au chaud, sous la couverture d'appoint, elles regardent en silence, sans les voir, les poissons exotiques qui évoluent dans l'aquarium géant. Leur tête est pleine d'images et des sensations qu'elles viennent de vivre, de l'amour qu'elles viennent de s'offrir.
Louise, allongée sur la jeune secrétaire, caresse son bras du bout des doigts, Virginie, en fait de même sur son dos.
“ Et si on petit déjeunait maintenant, ça te dit mon coeur?
Volontiers ma puce.. Ce petit jogging matinal m'a ouvert l'appetit.
Installe toi ma chérie.
Ah, mais je suis très bien là moi!
Je n'en doute pas, et j'ai une délicieuse brune qui me sert de couverture, mais je doute que ce soit bien pratique pour boire notre café..
Mmmmm, il fait si bon, là, tout contre toi ma chérie.
Je suis d'accord, mais il falloir faire un petit effort bébé.
Alors aide moi à relever la vieille femme que je suis!
Hoo, mais qu'est-ce-que tu racontes, t'es loin d'être vieille!
Dans cinq ans, je serai une quinqua ma chérie.
Oui, et une belle quinquagénaire dont j'ai envie de partager la vie.
Tu voudras encore d'une femme toute frippée dans dix ans mon coeur?
Oh oui.. mon dieu oui... Je pousserai même ton fauteuil roulant s'il le faut. Je veux faire ma vie avec toi, tout partager avec toi et te rendre heureuse..”

Un baiser plus tard, les deux femmes s'installent correctement sur le sofa avant de se servir une tasse de café pour Louise et un thé pour Virginie. Rien ne manque sur la table basse du salon, mais les croissants ont refroidi, ce que ne manque pas de faire remarquer Louise, sur un ton narquois. Les croissants ne résistent pas bien longtemps à l'appétit féroce des deux femmes, elles s'attaquent à présent aux biscottes qui subissent le même sort entre deux bisous.
Prise d'une envie de folie, Louise en saisit une et refait, sous les yeux amusés de sa compagne, la scène mémorable de Michel Serrault et de la biscotte dans la “cage aux folles”. Les morceaux volent en éclat dans le salon et les rires fusent. Virginie remarque alors une petite tâche de marmelade sur la lèvre supérieure de Louise, et du bout de sa langue, elle retire la substence sucrée avant de lui délivrer un baiser au goût d'orange.

Le portable de Louise interrompt le silence. Les deux jeunes femmes sursautent ne s'attendant pas à un appel aussi matinal.
“ Mais qui ça peut bien être?
Pas le cabinet en tout cas, c'est beaucoup trop tôt ! Il est pas 8h00!
Ah bein non, c'est Nathan.. Qu'est-ce-qu'il me veut?
Le meilleur moyen de le savoir, c'est de décrocher chérie!
Allo ! Nathan? Qu'est-ce-qu'il y a mon grand?
Bein rien maman.. Je t'ai pas vue à la maison et Xavier m'a dit que tu étais partie très tôt travailler ce matin. Je voulais juste te dire bonjour avec Noémie.
Bonjour mes chéris.
Bonjour maman. Tu vas bien?
Oui, très bien. Sinon, je serais pas sortie mon coeur.
Et tu es partie super tôt laisse tomber comment!
Tu le sais bien! Après une semaine d'absence, il est temps que je reprenne les choses en main!
Avec Virginie je présume!
Bien sûr avec Virginie! Pourquoi cette question?
Il faut qu'on parle maman.”

Le regard de Louise s'assombrit soudain, comprenant où son fils veut en venir. Virginie, inquiète, s'approche d'elle et l'interroge du regard. Louise obture le micro de son portable et lui murmure.
“Je crois qu'ils savent...” Puis reprenant la conversation avec Nathan.
Tu veux parler maintenant ?
Oui, parce que je suppose qu'on te verra pas avant ce soir!
Non, je n'ai pas le temps de rentrer à la maison aujourd'hui.
Tu vois, ça... je l'aurais parié.
Mais enfin, où veux-tu en venir Nathan?
La rue où tu travailles grouille de bruit, de klaxons et là, bizarrement, tu vois, j'entends rien du tout. Tu n'es pas au travail maman.. et je crois bien avoir deviné où tu te trouves..
….
Et je suis ravi que tu y sois, on est ravis Noémie et moi. Je voulais te le dire, je pouvais pas attendre ce soir.
Comment avez-vous su?
Pas difficile à deviner. Les regards qu'elle te lance, comment toi, tu la regardes, vos gestes ambigus...Et je t'ai vue entrer dans sa chambre cette nuit quand je suis sorti de la cuisine où j'étais parti me chercher un verre de lait. En fait, Noémie et moi, on se demandait quand tu te déciderais à passer le cap.
J'ai mis le temps..et je le regrette amèrement. Mais je me rattraperai.
Je l'espère bien.. Et avec Virginie, tu seras enfin heureuse.. oh putain, c'est l'heure maman.. Je file, je vais être en retard.
Filez mes anges.
A ce soir, tu nous raconteras!!
Oui ! Bisous mes chéris, à ce soir !”

La larme à l'oeil, les joues en feu, mais le regard rayonnant de bonheur, Louise raccroche, la main tremblante, avant de faire face à sa compagne. Puis, mélangeant un ton joyeux et pleureur à la fois, elle la fixe.

“ Ces chenapans savaient.. ils savaient, chérie!
On aurait du s'en douter. Leurs paroles, leur regard complice, les sous entendus.. C'est merveilleux mon ange.
Ca me sort une épine du pied, j'avoue!
C'est normal tu sais.... Mais pourquoi ris-tu?
Je pense à Jean-François.. Il finira par l'apprendre. Dieu que j'aimerais être là pour voir sa tête!
Moui, ça lui clouerait le bec à ce macho ! Mais il ne doit pas savoir pour nous avant que ton divorce soit prononcé. Je n'ai pas envie que ça joue contre toi.
Tu crois qu'il met des gants lui?
Il n'est pas gay chérie.. Si tu vois ce que je veux dire. Même si ça commence à entrer dans les moeurs, certains juges sont encore de la vieille école, tu le sais aussi bien que moi... Encore un peu de café mon coeur?
Volontiers, il est délicieux. N'empêche qu'il va falloir songer à peaufiner le dossier du divorce mon ange. C'est dans 3 semaines.
Je n'ai pas oublié bébé. Et je t'ai promis que je t'aiderai à enfoncer ce salaud, je le ferai. Deux jours que l'article est paru et il a toujours pas bronché. J'ai un mauvais pressentiment.
Tu as raison, ça ne lui ressemble pas. Oh, mais je me fais aucun souci là-dessus, il montrera le bout de son nez.
Ca ne fait aucun doute. C'est pourquoi nous allons devoir être vigilantes chérie. Il faut s'attendre à tout avec un fumier pareil.
Il ne pourra jamais récuperer mes parts sans mon consentement et comme il ne l'aura jamais.. Sauf s'il m'arrive un pépin avant, évidemment...”

A peine Louise a-t-elle prononcé ces mots que son téléphone retentit à nouveau. Il est 09h03. Le numéro qui s'affiche sur l'écran digital ne laisse planer aucun doute quant à l'origine de l'appel. Louise décroche et écoute la voix qui semble affolée et hurle dans le combiné. Virginie, à son visage grave, devine immédiatement que quelque chose de sérieux vient de se produire.


Corinne marche jusqu'au coin de la rue, dans le froid et la neige qui refait son apparition. Elle respire à plein poumons l'air vivifiant qui gifle ses joues embrumées par les émotions, comme pour la ramener à la réalité et lui faire comprendre qu'elle est enfin libre, tirée définitivement de ce bourbier. Elle a laissé derrière elle un homme de la pire espèce. Menteur, coureur, macho, égoïste, mufle, odieux, imbu de sa personne, indélicat, les qualificatifs se bousculent dans sa tête et elle est loin d'en avoir terminé la liste. Salaud, fumier, résument assez bien l'être qu'elle a cotoyé pendant des mois, mais elle se réjouit de savoir qu'il n'agira plus impunément, aux yeux et à la barbe des autorités, qu'il ne grugera plus qui que ce soit. L'addition va finir par tomber et elle sera salée.

Le taxi qu'elle a appelée juste avant de quitter sa prison arrive lentement et s'arrête à son niveau. Elle grelotte de froid et la chaleur qu'elle trouve dans le véhicule est le bienvenu.
“ 4 avenue Clémenceau s'il vous plait. Je suis pressée.”
Sans une réponse, le chauffeur de taxi embraye et demarre aussitôt. Corinne se cale confortablement sur le siège arrière de la mercedez et regarde le paysage défiler, sourire aux lèvres. Elle va retrouver son vaste appartement, ses meubles, ses amis, sa famille, sa vie. Il ne manque plus que Cachou, son chat que ce fumier a tué sans aucun scrupule.

“ Patron, le rendez-vous a été reculé d'une heure.
C'est toujours demain? Questionne le Cancer.
Oui, mais à 15h30. Le rendez-vous avec le Belge est toujours d'actualité. Montaparnasse, la gare et la tour, rien n'a changé.
Ok, on les tient. Passez vite l'info à tous les personnels concernés. On a pas le droit à l'erreur, vous entendez! Faites redescendre s'il y a le moindre problème. Je ne tolèrerai pas la moindre erreur.
Certainement patron.
Contactez aussi la mondaine et mettez les au parfum. Proxéntisme, trafic de stupéfiants, détournement de fonds, blanchiment d'argent, chantage.. Il ne manque plus que rapt et assassinat à son tableau de chasse.
Avec ça, il va passer un sacré bout de temps à l'ombre.
Son casier est lourd, très lourd. Les charges et les plaintes s'accumulent chaque jour d'avantage. Mais il est mon fil d'ariane qui me mènera au “Belge”. Notre agent a fait un excellent boulot.
On le met sous protection des demain?
Non, des maintenant. En tant qu'exfiltrée, notre agent risque gros. Le gros poisson va tomber avec son lieutenant. Ca va foutre le bordel dans l'organisation pendant un bon moment. Ce qui pourra les pousser à l'erreur, mais ils se mettront à la recherche de la taupe dans la seconde où on aura passé les pinces à Eeckhoud.
Voilà ses nouveaux papiers et sa nouvelle couverture comme vous me les avez demandés.
Ok, je me charge de les remettre à Leduc des son arrivée. Pour l'heure, chargez vous de l'inspection des personnels et du matériel. Rendez-vous à 14h pour un briefing. Et pas de retard. Je dois contacter mes homologues colombiens, vu?
Oui Patron, tout sera fait comme vous le demandez.
Je n'en demandais pas moins.
On va les avoir!
On les aura!
A plus chef
A tout à l'heure. Et n'oubliez pas de fermer la porte en sortant. Merci. J'ai à faire”.
Corinne grimpe quatre à quatre les escaliers qui la mènent au cinquième étage. L'ascenseur est en panne, une fois de plus. Elle peste, non pas à cause du fait qu'elle doive monter à pied, car elle est une sportive accomplie, mais après la société de maintenance inapte à réparer un outil pour lequel les locataires de l'immeuble de grand standing paient son pesant d'or. Elle arrive, émue, devant la porte de son appartement qu'elle n'a pas occupé depuis fort longtemps. Le coeur battant, elle pénetre dans son antre douillet, allume la lumière et jette un coup d'oeil circulaire.
Le décor qu'elle redécouvre entraîne en elle un immense soulagement avec un zeste de bonheur.
Continuant sa petite reconnaissance des lieux, elle tombe sur le panier de Cachou et son coeur se serre. La présence de son petit compagnon à quatre pattes lui manque déjà. Elle a pris soin d'emporter avec elle le petit corps sans vie qu'elle inhumera dans le jardin de ses parents à l'autre bout de la ville.
Elle retrouve avec délice ses inombrables plantes vertes dont elle s'occupe avec passion quand son emploi du temps le lui permet. L'immense ficus près de la baie vitrée côté balcon a forci et elle songe à remplacer son réceptacle devenu trop étroit.
Elle actionne la télécommande et le rideau en PVC se lève, laissant entrer la lumière de l'hiver dans le salon. Hiver, le mot résonne dans sa tête et elle se rend compte qu'il fait relativement bon dans la pièce. Sa copine Tania s'est occupée à merveille de son nid pendant sa longue absence. Elle n'oubliera pas de lui exprimer sa gratitude lorsqu'elle la retrouvera, très bientôt.
Mais pour l'heure, éreintée, n'ayant pas fermé l'oeil de la nuit, sa séparation d'avec Lemoux et la mort de Cachou elle décide d'apaiser son mal être sous une bonne douche.

“ Louise, c'est Ingrid, t'es chez toi?
Non, je file direct au bureau.
Tu vas mieux alors!
Ca dépend pourquoi! Répond Louise
Oulà, que se passe-t-il?
Une question après l'autre s'il te plait. Ta première question a deux réponses. Oui et non. Oui, parce-que je me sens d'attaque et il vaut mieux, car, non, ça va pas, on a reçu une autre lettre anonyme. Je fonce au bureau avec Virginie voir de quoi il en retourne.
Il a recommencé ! Ce fumier a recommencé! T'aurais jamais du publier ce putain d'article chérie!
Pas d'accord! Moi, plier sous les menaces de cette ordure? Jamais, tu m'entends, jamais!!!!
Je n'ai jamais dit de plier, mais peut-être aurais tu du t'y prendre différement!
Cet article était le seul moyen de le faire sortir de ses gongs et le pousser à la faute, montrer à tout les autres qu'au lieu de s'assagir après ses frasques, il s'est enfoncé d'avantage dans le vice et la non conformité. Et je suis rassurée d'avoir un signe de sa part, au moins, je sais à quoi m'en tenir! Enfin, je saurai mieux quand j'aurai vu de mes yeux ce que contient cette lettre!
Quoi, tu sais pas encore?
Non, j'ai fait patienter mes lectrices de docti et de facebook pour faire durer le suspense!!
Quoi, tu sais pas encore?
Non, Jeanne a trouvé l'enveloppe suspecte et a préféré attendre que j'arrive pour prendre une décision
Bein, dans ce cas, comment sait-elle qu'il s'agit d'une lettre anonyme..
roooooo, Ingrid, t'es pas reveillée ou quoi? Des lettres collées sur l'enveloppe, ça te parle?
Ok, ok, j'ai rien dit!
Enfin, voyons, tu n'imagines tout de même pas que le corbeau allait inscrire le nom du cabinet de sa plus belle écriture, ou alors, l'imprimer ! Tout autant d'indices qui pourrait lui nuire!
Corbeau, corbeau, mes fesses oui! C'est jean-François, ça ne fait aucun doute! Et ça l'amuse à se gros con à te faire monter la pression! Vivement que tout ça soit terminé et que tu puisses recouvrer une vie normale!
A qui le dis-tu!
Mais comment se fait-il que tu sois partie si tôt ce matin? Je suis passée au manoir et Xavier m'a dit que tu étais partie avec le chant du coq.
Mais, vous vous êtes passés le mot tous ou quoi aujourd'hui?
Chérie, il est très rare que tu dévies de ta routine habituelle. C'est pour ça que je te fais la remarque.
Oui, bein, y'a beaucoup de monde qui se la fait cette remarque, dit Louise, d'un ton amusé, en faisant un clin d'oeil à Virginie.
Ca veut dire quoi ça? Ah! Ok, j'ai capté! Tu as passé la nuit avec elle!! Ca, faut que je le note en lettre d'or sur mon agenda!
T'es con!
Je sais, je sais. Allez, je te laisse ma belle! J'ai un double appel!
Ca marche, bye Ingrid, et merci de ton appel!
De rien chérie! A la revoyure et tiens moi au courant surtout!
Compte sur moi!”




Le jet privé de Walter atterrit au Bourget. Les conditions climatiques ont rendu le vol on ne peu plus difficile. S'il avait quitté sa Belgique natale une heure plus tard, il n'aurait pas été sûr de pouvoir décoller pour Paris et aurait du rouler, sans être certain des conditions non plus. Une grave dépression arrivant directement de la Sibérie, la vague de froid sur le sol français s'aggrave d'heure en heure, paralysant tout le pays dans une mini ère glacière inhabituelle. Mais Paris reste Paris, il sait qu'il pourra rouler sans encombre, au grand dam des Parisiens qui paniquent dès qu'un flocon apparaît.
Il se félicite de la transaction future avec Jeff. Ses sbires ont déjà déposé à son intention la récompense pour son nouvel échange. De nouvelles instructions accompagnent l'attaché case pour une nouveau deal.. qui en cache un bien plus interessant prévu dans la semaine à venir. Il a trouvé en Jeff un ami, un complice, un soldat courageux et inébranlable et il compte bien agrandir ses largesses à son endroit. Son indic n'a pas donné signe de vie, il n'est pas au courant du gros coup de filet qui se prépare. Eekhoud rit sous cape, il a aiguillé les flics sur un deal factice et encore une fois, il passera au travers et pourra agir en toute impunité avec son ami Français.
Il grimpe anonymement dans un taxi et se rend au Georges V, son hôtel préféré, là où il a ses petites habitudes, bien connues du personnel, reconnaissant à ses pourboires démesurés. Il pénetre rapidement dans le luxueux établissement. Avec tous les salamalecs que l'on fait à un homme puissant et influant, le concierge de l'hôtel lui remet sa clé magnétique et le Belge s'engouffre dans l'ascenseur qui le mène à sa suite. Le liftier le reconnait et lui adresse un large sourire, n'ignorant pas que cet entrepreneur n'hésitera pas à lui glisser dans sa main gantée, deux ou trois billets roses le jour de son départ.
“ Jeune homme, tant que j'y pense. Demandez de ma part, au concierge de l'hôtel de me commander impérativement un taxi pour 13h00 demain. J'ai omis de le lui demander à la réception. Vous serez aimable de le faire pour moi. Merci.
Vous ne prenez pas la limousine de l'hôtel Monsieur?
Non, pas cette fois-ci jeune homme. Je risque d'accaparer ce taxi toute la journée et je ne voudrais pas que cela soit préjudiciable à votre établissement. D'autant plus que je n'avais pas programmé mon arrivée ici et j'ai préféré anticiper en me disant que la limousine de l'hôtel ne serait pas disponible.
Entendu Monsieur. Je m'en charge dès que je redescends.
Merci heu... William.. Tenez, pour vos bons services”.

Le “Belge” sort de la poche interieure de son long manteau noir, deux billets de 200 euros que le jeune liftier saisit sans délicatesse, avant de les glisser dans la poche de son veston, sourire aux lèvres. “Merci Monsieur”.

Louise et Virginie arrivent à bord de la 308 cc et se garent sur le parking privé du cabinet. Elles sortent précipitamment du véhicule et se bousculent vers l'entrée de l'office où les attendent, anxieuses, Jeanne et Françoise. Surprises, elles voient débarquer Louise et Virginie dont l'apparence et l'accoutrement légèrement négligés paraissent plutôt inhabituels.
“ Bon alors?
Voilà la lettre Louise.. c'est la seconde
Oui, je sais compter ! Répond Louise en plaisantant.
Ca ne me fait pas rire Louise; Une je veux bien, mais deux!
On ne sait pas encore ce qu'il y a à l'intérieur! Si ça se trouve, c'est encore une plaisanterie pourrie de Jean-François. Vous auriez pu ouvrir vous même cette enveloppe!
Non, elle nous a parue trop suspecte.
Effectivement, elle est bien épaisse. Rétorque Louise en jugeant le poids de l'objet. Et en plus, il semble qu'il y ait quelque chose d'encore plus suspect à l'intérieur.
C'est ça qui nous a empêchées de l'ouvrir Louise.
Appelez la police. Expliquez leur la situation. Je n'ouvre pas cette enveloppe sans leur présence.
Tout de suite.
Louise, intervient Virginie. Que cela peut-il être?
Aucune idée. La lettre d'hier m'a fait rigoler, aujourd'hui, j'en ai moins envie.
Tu..vous pensez que ça peut toujours être un coup de Jean-François?
Il y a de fortes chances oui. Ca lui ressemble tout à fait. Même si on s'affole pour rien, il vaut mieux prendre toutes nos précautions.
Je suis d'accord.. Viens, allons dans mon bureau en attendant les flics.
Je te suis”.

Jeanne et Françoise, qui n'ont rien perdu de la scène, se regardent avant de voir s'éloigner Louise et sa secrétaire.

“ J'ai bien entendu?
je crois que j'ai entendu la même chose que toi!
Elle a tutoyé Virginie.
Oui, il me semble aussi.
Elles sont devenues amies on dirait.
Elles l'étaient déjà avant, il manquait plus que le déclic du “tu”.
C'est quand même plus agréable, surtout quand on travaille ensemble depuis 5 ans et qu'on a tant de complicité!
Mais elle est aussi notre secrétaire Jeanne!
Exact, c'est pourquoi je soupçonne quelque chose de plus fort entre elles.
Virginie n'a jamais rien caché de son orientation sexuelle.
Exact. Tu veux que je te dise ? Et bien, elles sont amoureuses. Voilà ce que je pense. Attend, elles arrivent fagotées limite, sans maquillage et les cheveux en bataille, et ensemble. Je crois que c'est un détail qui trompe pas ça!
Je suis d'accord..
Allez, on se remet au boulot Françoise, les flics vont pas tarder à se pointer.
J'en ai pas trop envie là, si tu vois ce que je veux dire.
Rassure toi, ça ira mieux après.
Je l'espère !”.

Dans les minutes qui suivent, qui paraissent une éternité aux yeux de tout le monde, on entend au loin le deux ton spécifique aux forces de l'ordre. Un fourgon de la police scientifique les accompagne. Les agents pénetrent dans le bâtiment abritant le cabinet de Louise qui les accueille après s'être rendue un peu plus présentable en attendant leur arrivée.

“ Voici l'enveloppe dont Jeanne vous a parlée.
Les lettres découpées dans du papier journal.. classique.”
L'officier se saisit de l'enveloppe suspecte de ses mains gantées et la manipule avec précaution.

“ Il y a bien une substance à l'intérieur.
Oui, il s'en est échappé un peu, là, sur le côté.
Reculez, on ignore de quelle nature est cette poudre. S'il s'agit d'un produit dangereux, il vous faudra aller à l'hôpital.
On en a déjà respiré toutes ici. On reste ! Lui répond Louise, d'un ton grave.”

Louise a raison après tout. Si le produit avait eu un effet instantané, elle ne serait déjà plus là, à suivre les faits et gestes de l'agent. A l'aide de produits réactifs, il analyse la substance blanche. Le verdict tombe quelques minutes après. L'officier sourit, rassuré.

“ C'est de la farine! De la putain de farine! Ricane l'homme! C'est un plaisantin celui là!
Je ne pense pas rétorque Louise. Nous avons déjà reçu une lettre de ce type hier, mais il n'y avait pas de pourdre à l'intérieur.
Pourquoi ne pas nous avoir prévenu.
Je pensais à une blague de mauvais goût de mon mari pour me dissuader de vouloir récuperer ses parts du cabinet... Et il n'y a rien d'autre dans l'enveloppe?
Si, une lettre que nous allons lire immédiatement”

Le policier retire avec précaution la lettre de son étui, comme l'a fait Louise avant lui et lit.

“ HA HA.. t'as eu peur hein? Tant mieux parce-que tu vas crever charogne”.






“ C'est tout Jeff ça! S'il croit me faire peur, c'est raté !
Ces menaces ne sont pas à prendre à la légère Maître.
Mais comment voulez-vous que je prenne ça sérieusement? Voyons, réfléchissez. Je suis en instance de divorce et ce salopard veut récuperer mes parts. Vous pensez qu'il se risquerait à me menacer sachant que les soupçons se porteraient directement sur lui?
Et si, au contraire, c'est ce qu'il cherche à vous faire faire? Prendre à la légère des menaces que vous jugez faussement dangereuses alors qu'en fait, il vous menace bel et bien?
La fin reste la même. Les soupçons seront tournés vers lui.
Quoiqu'il en soit, il ne faut pas vous faire courir le moindre risque. Nous devons vous protéger.J'en avise qui de droit. Je prends avec moi les pièces à conviction pour les faire analyser. On sait jamais, on peut trouver quelque chose, un indice, une empreinte partielle.
J'en doute fort. Jeff est loin d'être stupide!
Stupide ou pas, il peut commettre une erreur, Madame.
Ce serait surprenant. A quoi bon savoir si c'est lui ou pas? S'il est bien le corbeau, il ne mettra jamais ses menaces à exécution.
Ne soyez pas si sûre de vous Maître. Je vous mets sous protection
Puisque vous insistez... ”

Les flics de l'identité judiciaire et leurs accolytes saluent solanellement Louise, Jeanne, Françoise et Virginie avant de quitter l'étude et repartir dans leurs véhicules. Les associées de Louise retournent à leur poste, Virginie accompagne l'avocate dans son bureau. Une discussion s'impose.

“ Louise, cet homme a raison, tu prends ça trop à la légère!
Et je n'en démordrai pas. Jeff a tout simplement voulu m'intimider.
As-tu songé au pire? Questionne Virginie.
Tu crois qu'il veut attenter à ma vie?
Tu m'as très bien comprise.
Il a tout à y perdre. S'il me tue, il perd tout.. Non, ça n'a pas de sens.
Et s'il réussit et qu'il te supprime juste par dépit, tu y as pensé à ça? Et je deviens quoi moi dans l'histoire ? Tu y as pensé à moi? Je t'aime et je ne veux pas qu'il t'arrive quoi que ce soit Louise.
Chérie, il ne m'arrivera rien. Et puis, je suis placée sous protection policière. Il ne peut rien m'arriver.
Mais bon sang, quelle tête de mule!
Jeff tient trop à récuperer ce cabinet. Mon assassinat anéantirait son projet. Et pour qu'il ne veuille pas lâcher le morceau, je le soupçonne d'avoir d'autres projets en tête. Non... il aime trop le fric pour s'être rangé.. Crois moi ma chérie, notre bonhomme magouille toujours.. Mais dans quel domaine, ça, je l'ignore.
Raison de plus pour que les flics lui mettent la main au collet et le fiche au frigo pour longtemps. Tant que ce mec sera dehors, je tremblerai pour toi Louise.
Tu ne dois pas avoir peur chérie, d'accord?” lui dit Louise en lui pincant tendrement le menton, avant de déposer un baiser sur ses lèvres. Bon on fait quoi? Je crois qu'on s'est grillées encore devant Jeanne et Françoise.
Qu'est-ce qui te fait dire ça?
Je t'ai tutoyée devant elles..
Bon, alors, on peut repartir chez moi alors.
J'ai trouvé le prétexte du dossier.. Lequel trouver maintenant?
Aucun. On file, et puis c'est tout. Mais on va chez toi. Je ne pense pas que les flics se mettront en planque devant chez moi.
C'est pas faux. Mais c'est parce-qu'ils ne savent pas, c'est tout. Et c'est mieux ainsi
Alors pourquoi ne pas aller chez moi?
Allez, en route mon ange !
D'accord, mais on va où alors ? Questionne Virginie, grand sourire.
On retourne au manoir
Heu, je suis pas très présentable
Mais qu'est-ce-que tu dis? Tu es très belle comme ça chérie.”

Les deux femmes ferment la porte de l'office, sous l'oeil en coin de Jeanne et Françoise et disparaissent dans l'escalier avant de retrouver l'air glacial de l'hiver. Elles grimpent, direction le manoir où elles ont programmé de prendre un bon bain massant avant de se mettre enfin à la tâche.

Arrivées à destination, elles remarquent un véhicule se garant devant l'immense propriété, juste devant elles. Louise le sait, personne ne se gare jamais, ou si peu, devant le manoir. S'il s'agissait d'un visiteur, il aurait fait ouvrir la grille de l'entrée du domaine. Louise comprend aussitôt qu'une voiture banalisée de la police vient de prendre son poste. “ Et bien, ils ont pas traîné !” dit-elle. La grille s'ouvre et la 308 cc de Louise s'engage sur le chemin gravillonné de la propriété, à vitesse réduite à cause des plaques de verglas et la neige fraîchement tombée.

Xavier les attend déjà sur le perron. Une habitude qu'il n'a jamais perdue depuis la tendre enfance de Louise qui se précipitait sur lui à chaque fois qu'elle rentrait. Elle savait qu'un bon chocolat chaud dont seul Xavier connait la recette, l'attendait, accompagné de bons croissants au beurre tout chauds, qu'il confectionnait lui-même. Mais Louise lit aujourd'hui de l'inquiétude sur son doux visage.

“ Tout va bien Louise ? S'inquiète le majordome
Oui Xavier, tout va bien, ne vous inquietez pas.
C'est que je ne m'attendais pas à vous revoir avant ce soir comme cela était prévu.
Je sais bien et je suis désolée de vous prendre au dépourvu Xavier, mais des évenements imprévus ont quelque peu modifié mes plans.
Rien de bien grave j'espère.
Non, rassurez-vous.
Monsieur a encore fait des siennes? Si je peux me permettre.
Monsieur nous fait encore chier. Monsieur a envoyé du courrier au cabinet pour m'intimider et me faire céder mes parts.
J'espère que vous ne plierez pas Madame
Bien sûr que non Xavier. Vous me connaissez trop bien pour me voir courber l'échine devant cet immonde larve.
C'est bien ce que j'espérais Madame. Mais, quoi qu'il en soit, sachez que vous pouvez toujours compter sur moi. Je serai toujours là pour vous.
Je sais bien Xavier. Et je vous en remercie... Et si on rentrait? On va congeler sur place si on reste ici.
Oui! C'est ce que j'allais proposer ! Intervient Virginie, transie de froid.

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MessageSujet: Re: LOUISE OU LA VRAIE VIE   Ven 7 Fév - 20:58

Mercredi.

A la gare Montparnasse, personne ne remarque les hommes et les femmes qui sont arrivés, se confondant à la foule de civils pour certains, les autres en agents de la gare, les autres, en techniciens de maintenance.
A la sandwicherie, face aux quais, les commerçants ont un effectif supplémentaire. Un homme traîne un lourd chariot contenant les divers détritus que des passants négligeants laissent choir au sol. Plus loin, dans les toilettes pour dames, une femme, magnifique, s'affaire à nettoyer du carrelage déjà bien propre. Et là, encore, dans le kiosque à journaux, le viel homme barbu a laissé sa place à une jeune femme au regard noir.

Sur les quais, l'on voit les petits groupes de militaires habituels, ceux qui se trouvent là en permanence en cas de troubles divers. Plus loin, un faux agent et son sifflet, flâne de train en train avec son bâton dans les mains. Un faux technicien de maintenance se tient auprès d'une locomotive en voie de garage, à une dizaine de mètres des consignes. Dans ce lieu même et aux environs, un agent de surface nettoie le sol, passant et repassant sans relâche son balais espagnol à chaque allée et venue. Il y a aussi un poivrot qui perturbe les voyageurs, demandant à tout va où se trouve son quai. Rien de tel que de se faire remarquer pour passer inaperçu. Un homme lit tranquillement son journal, adossé à un des gigantesques piliers qui longent les quais, à peine un peu en retrait de la zone des consignes. Un petit groupe de 3 racailles, dont deux grands blacks, fait son show à quelques mètres de la sandwicherie. Lunette noire, capuchon dévorant leur visage, ils suivent un rythme rap bien connu. Les passants se pressent de les dépasser tout en leur jetant un mauvais oeil.

Le “Belge” quitte le Georges V. Il fait toujours aussi froid, mais le ciel est dégagé, enfin. Il remonte le col de son manteau et s'engage dans la rue, parmi les anonymes. Un peu plus loin, dans une allée un peu déserte, il s'en débarrasse, laissant apparaitre une veste de cuir ordinaire. Ressemblant à Monsieur tout le monde, il hêle un taxi dans lequel il s'engouffre. Le chauffeur, un asiatique démarre apres s'être renseigné sur l'adresse de destination : la gare Montparnasse.
“ Le suspect vient de quitter l'hôtel. Il est vétu d'une veste de cuir marron. Il porte une casquette à l'envers et des lunettes noires. Pantalon jeans et baskets noires. Il est monté dans un taxi Alpha Alpha 689 Romeo Xray. Vous devriez voir le véhicule dans deux minutes.
Ok, on prend le relais. Over”

Le taxi se faufile avec aisance au milieu du trafic et arrive Place de l'Alma, avant de passer sur le pont du même nom. Une voiture banalisée de la police suit le véhicule gris, en contact radio permanent. Le “Belge” dégage un pan de son imposante veste de cuir et en sort un Havane hors de prix et l'allume sans le consentement du chauffeur qui se met à tousser des les premières volutes de fumée, qui très vite, envahissent l'habitacle.
“Monsieur, il est interdit de fumer. Vous avez pas vu l'étiquette?
Ta gueule et roule. Je te paie, je fais ce que je veux le jaune.
Ce n'est pas parce-que vous êtes mon client que ça vous donne tous les droits.
Je t'ai dit de la fermer et de rouler espèce de connard. Si je t'allonge 500 biffetons, tu la fermes?”

Le chauffeur, sans cesser de tousser, regarde le “Belge” par le biais du rétroviseur et plisse ses yeux. Eekhoud devine alors un sourire approbateur sur le visage de l'Asiatique. Il a gagné. La voiture passe maintenant sur l'Avenue Rapp avant de s'engager immédiatement sur l'Avenue de la Bourdonnais. Le trafic s'intensifie, mais le taxi glisse entre les véhicules sans avoir à ralentir ou freiner une seule fois.
Le “Belge” pollue littéralement l'air de la mercedes, le chauffeur ouvre la vitre.
“ Ferme ça immédiatement abruti ! Ca caille dehors.
je suis désolé Monsieur, mais ça devient irrespirable ici.
Oh, y'en a pour 15 minutes! Tu vas survivres non? Tu fumes?
Non, je touche pas à cette saloperie.
Ok, ouvre un peu alors.”

Sur ces paroles, Walter tire de plus belle sur son Havane et rejette une bouffée bien plus importante que les précédentes avant de prendre entre son index et son majeur l'objet du délit et de le tapoter du bout du pouce, faisant tomber outrageusement la cendre sur le tapis du véhicule. Son regard croise avec défit celui du jeune asiatique au volant.

“ Pour l'instant, aucun changement dans son itinéraire. Il vient de dépasser la place de l'école militaire et poursuit avenue de Tourville.
Ok, on lâche pas.”

Passé le boulevard Vaugirard, le taxi arrive enfin Place Dautry. Le “Belge” est arrivé à destination. Mais il n'est pas le seul. La voiture banalisée des flics poursuit son chemin, laissant la patate chaude à leurs collègues postés sur place qui repèrent immédiatement leur homme en veste de cuir marron qui se dirige sereinement à l'intérieur de la gare.
De son côté, Jeff arrive dans un véhicule de location, louée sous un faux nom. Il a pris soin de laisser sa propre voiture, un peu plus loin afin de brouiller les pistes. Il aperçoit au loin, son grand ami Walter et arrive à sa hauteur, avant de le dépasser et de se diriger, un lourd attaché case à la main, vers la zone des consignes.
“ Le Belge devait se rendre à la Tour. Dit un homme du Cancer
Hé bein, ils ont changé de plan, voilà tout! Ca nous arrange, on les pincera direct ici et en toute discrétion.
Un nouveau deal encore?
Le vrai celui là. Il croit qu'on a marché à fond avec ses fausses infos, mais notre agent infiltré a fait un excellent boulot. Je sais pas ce que cette rencontre veut dire alors que Lemoux vient faire la transaction à la gare, mais c'est évident qu'il y a anguille sous roche.”

Il ne faut que quelques secondes aux hommes du Cancer pour repérer l'arrivée des deux truands, éloignés, l'un de l'autre d'une vingtaine de mètres.
Chaque agent en place surveille sans relâche chacun des mouvements de Jeff et d'Eekhoud, continuant, nonchalemment à s'affairer à leur tâche. Les bandits continuent leur avancement sans se douter une seule seconde de ce qui les attend. Passant au milieu des voyageurs, ils progressent, souriant aux badauds qu'ils croisent ou bousculent par mégarde, ou les toisant quand leur tête ne leur revient pas, se croyant au dessus de tout, telle une forteresse imprenable.
Le “Belge” soudain, éclate de rire, songeant au Cancer dont il vient de déjouer les plans, en beauté, l'imaginant à l'autre bout de la capitale, planqué, à attendre sa venue et le coffrer.
Lemoux, peut à peu, se laisse rattraper par le Belge. Voyant que la place est propre, ils stoppent leur marche, le temps de se serrer la main avant de s'engouffrer dans la zone des consignes.
L'avocat pourri, se saisit de la clé et entreprend d'ouvrir le casier correspondant avant d'y déposer son lourd colis et retirer la seconde clé, du casier voisin où l'attend un autre colis, un attaché case contenant le million d'euros de sa commission.
“ Pourquoi tu es venu au fait Walter? On devait se voir à la Tour juste apres que j'ai déposé la valise.
Tiens, c'est les billets pour tes nouvelles vacances. Plus petit, mais dix kilos quand même. Je ne peux pas aller à la Tour, j'ai de nouveau un contretemps.
Tout à fait exact !! Crie une voix derrière les deux hommes.”

Eekhoud et Lemoux n'ont pas le temps de réagir que deux hommes, se faufilent derrière eux, tels deux ombres. Des bracelets se ferment sur leurs poignets pendant qu'un troisième homme saisit les pieces à conviction.
“ Toi? Salaud, mais comment tu as pu..
je suis flic, n'oublie pas. J'ai des oreilles partout et surtout, une excellente équipe.
Je serai vite dehors et je te règlerai ton compte. J'ai un bon avocat!
Lequel, celui là? Il est mûr pour le cabanon et il est pas prêt d'en sortir, comme toi. Allez, embarquez-moi ces pourritures, ordonne le Cancer. On sort par le niveau inférieur.”

L'altercation n'a duré que quelques secondes, dans un endroit tranquille et beaucoup moins fréquenté que les quais. Les personnels restés en retrait pour la protection des civils prennent eux aussi, la direction de la sortie.


“ Alors, tu crois que parce-que tu nous as chopés, tu vas nous retenir longtemps ici?
Un flag Eekhoud, un flag..
Ah ouais! Je suis venu à la consigne! Comme tout le monde!
Où sont tes bagages Eekhoud?
Parce-qu'il faut automatiquement des valoches pour voyager?
Et cette enveloppe dans ta poche, que tu tendais à Lemoux quand on t'a pincé, c'est un billet de train peut-être?
Vous avez rien, mais absolument rien contre moi!
C'est ce qu'on va voir.
T'auras pas le temps de dire ouf que je serai déjà dehors alors que tu pourriras dans ton bureau crasseux.
Tu vas y pourrir avec moi, parce-que toi, et ton copain, vous êtes nos hôtes pendant les prochaines 96 heures.
Oui, petite précison, les salauds de ton genre, on les conserve un peu plus logtemps au frais. Et... couvres toi bien, il géle dans nos frigos.
Ca peut durer encore plus longtemps que le résultat sera le même. Tu me fais pas peur le “Cancer”
Encore une précision Eekhoud, ici, c'est pas toi le caïd. Ici, tu es rien d'autre qu'une vulgaire crapule. Et les crapules de ton genre ne me font pas peur non plus. Crois-moi, avec ce qu'on a sur toi, tu vas vite ranger ton sourire au fond du placard quand tu seras au fond du trou.
Tu crois m'intimider?
Et on a pas gardé les cochons ensemble. Je t'interdis de me tutoyer.
Tu te gênes toi!
Ici, c'est moi le boss, ok? Alors tu la fermes !
Vous avez pas un moindre début de soupçon sur moi.
Ah, c'est ce que tu crois! J'ai ici tous les mails et les textos que vous avez échangé, les coups de fil passés. Et Venise, tu y as été en touriste peut-être!
Tiens, un témoin qui tombe de derrière les fagots, ça marche pas!
Tu as tes sources, j'ai les miennes. Si j'étais toi, je ferais moins le fier. J'ai ton calendrier depuis des mois, à la minute près. Ton emploi du temps avec qui et pourquoi. Je sais même quand tu es allé pisser ou te taper une fille. Je te tiens et tu ne m'échapperas pas.” Puis s'adressant au gardien de la paix : “ Foutez moi ça au trou. Je ne veux pas qu'il voit de quelque manière que ce soit l'autre salopard”.

Dans une autre pièce de la brigade, Jeff subit les premiers assauts d'un policier.

“ Alors, l'avocat donne dans la dope?
J'ignorais ce que contenait cette valise.
C'est ça, fous toi de moi aussi. Et moi, je suis le Prince de Galles. Tu te balades avec 30 kg de blanche, et tu ignores ce que c'est? Tu me prends pour un pigeon ou quoi?
J'étais un homme mort si je le faisais pas!
Ah, au chantage? Tu craignais pour ta petite vie? Le pauvre avocat foireux, victime d'un chantage! C'est pourtant ce que tu mérites, mais je n'y crois pas un mot. Ton pote “Le Belge” serait ravi d'entendre ça! Et ta femme aussi je pense.
Quoi, ma femme? Qu'est-ce-qu'elle vient foutre la dedans Louise?
Monsieur a la mémoire courte.. Tiens, je te rafraichis la mémoire, lis-donc ces mails.. Ca te reviendra peut- être! Tentative d'assassinat plus trafic de stupéfiants, tu vas moisir en taule mon grand.
Mais je n'ai rien à voir là-dedans!
Et ces gentilles petites lettres anonymes, c'est pas toi qui les as balancées à ta femme peut-être! C'est marrant, ça tombe juste après son petit article dans le journal !
Je ne vois pas de quoi vous voulez parler. Je n'ai rien à voir avec ça!
Bein voyons. Ton divorce est prononcé dans quelques semaines et tu veux récupérer les parts de ta femme pour cacher tes vilaines magouilles. Mais elle veut rien entendre... il aurait pu lui arriver des bricoles.. Je me trompe peut-être?
Je vous jure, que je n'ai rien envoyé du tout!
Toi, jurer? La belle affaire! T'en as berné combien?
Putain, je vous dis que....
Et le Belge, tu le connais depuis longtemps?
Pas assez pour me faire prendre comme un débutant et devoir executer ses sales besognes.
Et le million, c'est une sale besogne?
Mais c'est pas pour moi bordel, j'ai fait que la transaction!
Ah, et le “Belge”, il contrôlait lui? Ou il venait te proposer un autre chantage?
J'ai plus rien à vous dire.
Tu veux un avocat, c'est ça? Ou tu préfères te défendre toi-même. Parce-que tu vois, je doute que quelqu'un soit ravi de plaider pour un ripou comme toi.. Et Venise, c'était bien? C'est par obligation aussi que tu es allé là-bas ou pour faire un tour en gondole?
Corinne, ma compagne, enfin, mon ex compagne voulait voir le pont des soupirs enfin, tout quoi!
Le Danieli, tu t'es pas fait chier mon coco!
Mais enfin...
Tu sais, tu as de drôles d'idées.. Aller visiter un cimetière.. et tu sais, on peut y faire de mauvaises rencontres. Là aussi, on t'a fait un chantage à mort? Allez, hop, au trou..
Je vais nier tout en bloc minable! Tout ça, c'est rien qu'un coup monté! On veut ma peau!
Même si c'est le cas, tu sais, moi, ça m'arrange!
T'inquiete donc pas, tu peux nier tout ce que tu veux, les preuves sont contre toi. Regarde ces photos. C'est moi qui suis à côté de la plaque ou tu serres chaleureusement la pince à ton maître chanteur? Et l'enveloppe là, qu'il t'a remise à Montparnasse?
Mais putain, c'est impossible! Ces photos sont un montage, un coup monté!
Ah, tu as perdu de ta superbe tout à coup. La police Italienne et la police Belge sont sur le coup aussi. La Colombie aussi. Aux grands maux, les grands remèdes! T'as pas le cul sorti des ronces mon vieux!”
Lemoux, la haine dans le regard et l'écume à la commissure des lèvres, est amené manu militari dans sa cellule par un gardien de la paix à la taille imposante. Pendant le court trajet qui le conduit à sa géôle, il cherche discrètement son ami “ Le Belge”, mais il ne sait que trop bien que c'est peine perdue.


Louise et Virginie, enfermées dans leur bulle de bonheur, sont à mille lieues de deviner ce qu'il vient de se produire à quelques kilomètres du manoir, perdu sur un vaste terrain, coupé des turpitudes de la ville. Elles se sont installées tranquillement dans le bureau de l'avocate, ayant décidé enfin de se plonger dans le travail et de liquider les dossiers urgents avant de se concentrer sur le cas qui les interesse tout particulierement : Jean-François Lemoux.
Rassemblant tous les documents possibles et imaginables, elles épluchent un à un chaque support susceptible d'être apporté à charge contre Jeff, ce qui revient à dire, tout.
Virginie, contrairement à son habitude à l'office, a laissé ses beaux cheveux bonds tomber en cascade sur ses épaules. Elle porte un simple jeans et un pull rouge dont le col en V laisse paraître un buste altier.
Louise, quant à elle, s'est vetue d'un pantalon en cuir et d'un pull à col roulé rose, une couleur qu'elle apprécie particulièrement et qui la met en valeur. Assises l'une à côté de l'autre, elles ont chacune chaussé leurs lunettes. Elles parcourent chaque document avec grande attention et les sériant chacun dans un dossier bien spécifique. Les seuls moments de pause qu'elles s'accordent sont des calins et des petits baisers qu'elles se donnent à intervalle régulier.
Seul, le feu alimenté par les soins du majordome, et qui crépite dans l'âtre, vient troubler le silence de la pièce. Chacune est fortement concentrée lorsque la sonnerie du téléphone portable de Louise retentit, faisant sursauter les deux femmes. L'avocate s'empare de l'appareil tout en se remettant de ses émotions. Elle lit sur le cadran lumineux, le numéro de l'appelant. Virginie la questionne du regard.

“ La police, ils doivent avoir trouvé l'origine des lettres anonymes, je ne vois rien d'autre.
On va vite le savoir!”
Il ne faut que quelques secondes à Virginie, pour deviner, au visage grave de Louise qu'un nouvel événement sérieux vient de se produire. Elle rapproche sa tête du téléphone, la collant pratiquement à celle de sa compagne, tentant de suivre les paroles de l'interlocuteur. Ne pouvant déchiffrer ce qui se dit, sa main vient s'unir à celle de Louise, lui apportant tendresse et réconfort. Louise raccroche.

“ Ma chérie, nos petits papiers ne seront plus de grande utilité à présent. Murmure Louise.
Qu'est-ce-qui se passe mon ange?
Jean-François est dans les locaux de la police. Il s'est fait prendre tout à l'heure à la gare Montparnasse par la brigade des stups.
La brigade des stups?
Figure toi qu'il a été pris, la main dans le sac en pleine transaction de drogue.
Quoi?
Je savais que c'était un pourri, mais là, ça dépasse tout entendement, même, si, quelque part, je sais pas pourquoi, ça ne me surprend pas. Je suis convoquée au poste. Ils lui ont collé sous le nez la tentative d'assassinat sur ma personne.
Ils ont des preuves?
Présomption je pense, mais y'a pas photo. Seule ma mort pouvait lui apporter ce qu'il cherchait à récupérer. Je comprends pourquoi maintenant. L'étude aurait été un bon moyen de couverture à son abominable trafic!
Le voilà définitivement sur la touche à présent.
Oui, et il n'y a pas que lui si j'ai bien compris. On va être un paquet à rendre des comptes ou donner des informations.
Tu y vas maintenant?
Oui. Tu m'accompagnes. Toi aussi, ils veulent t'entendre. Il va y avoir foule chez les flics et du beau monde, crois moi !”


Le Cancer, seul dans son bureau, savoure cet instant tant attendu. Des heures, des jours, voire des semaines de filature et de planque ont finalement porté leurs fruits. Le Belge et son bras droit sont enfin sous les verrous. Va s'ensuivre une longue procédure, des heures d'interrogatoire pour toutes les personnes ayant approché de près ou de loin les deux ordures afin de définir le rôle joué par chacun et donc, de proceder à de nouvelles interpellations pour les uns ou, dans le cas contraire, la relaxe pour les autres.

Il lui faut dés à présent contacter ses homologues belges et contacter le juge afin que celui-ci saisisse la police Belge. La police française sera ainsi dans la possibilité de seconder les policiers Belges lors des perquisitions nécessaires au domicile du malfrat et de se rendre dans tous les lieux dans lesquels il a pu se rendre.
En ce qui concerne le cas de Lemoux, ses collègues de la brigade sont en ce moment même en train d'effectuer les mêmes démarches dans la capitale.
Le service sera bientôt en ebullition, de longues heures d'interrogatoires ou de dépositions se profilent à l'horizon. Lemoux, son ex compagne Corinne Leduc, Eekhoud , le cabinet d'avocats de Louise, Thierry, les prostituées, le Georges V sans compter tous les autres, puis le personnel du Danieli dont s'occuperont ses homologues italiens. Un travail fastidieux et de longue haleine dont il a l'habitude et auquel il est rompu après plus de vingt années d'exercice. La fatigué accumulée au cours des derniers temps n'a plus d'emprise sur lui tant sa satisfaction est grande. Il est même prêt à mettre les bouchées doubles, et s'inquiètera, comme à l'accoutumée, à ce qu'aucune erreur, aucune faille ne vienne entraver la marche de la justice et permette aux crapules de profiter d'une erreur de procédure pour sortir blanchi, en toute impunité.

Xavier, Virginie et Louise arrivent à la brigade et sont illico dirigés vers le bureau de Sébastien Gavoilhe qui les accueille comme il se doit. Après de brèves salutations courtoises, le commissaire les reçoit un à un, à commencer par Louise.

“ Vos collègues, Jeanne Charbonier et Françoise Cantier viendront un peu plus tard.
Mais je ne vous ai rien demandé Commissaire répond, Louise étonnée et amusée.
J'ai juste remarqué que vous cherchiez quelqu'un quand vous êtes arrivés. J'ai supposé qu'il s'agissait de ces personnes.
C'est exact Commissaire.
Vous savez donc pourquoi vous êtes ici, Maître.
Oui, et c'est pour cela que j'ai préféré venir le plus tôt possible.
C'est tout à votre honneur et je vous en remercie. Vous saviez ce que manigancé votre mari?
Bien sûr que non. Même, si, comme je l'ai dit à Virginie, cela ne me surprend pas.
Je comprends. Il a eu de sacrés pépins avec ses agissements plus que douteux. Je voulais juste glâner des informations autres que celles que je ne possède déjà.
Vous savez que Jean-François et moi sommes en train de divorcer.
Je sais tout ça Madame, le raid qu'il a fait l'autre soir chez vous, qu'il s'en est pris au majordome, les lettres anonymes, mais je tenais surtout à vous voir pour l'assassinat qu'il préparait à votre encontre.
Je ne peux pas y croire une seconde Commissaire.
Vous avez tort, Madame. Ce genre de voyou de haut vol tuerait père et mère pour obtenir ce qu'il veut. Et, là, en l'occurence, il s'agit de votre cabinet Madame.
Ca n'a plus de sens puisque vous l'avez arrêté.
Certes, il ne peut plus rien contre vous et son projet tombe à l'eau définitivement.
Alors, que me voulez-vous?
Je voulais juste que vous me confirmiez ce que je sais déjà et vous dire que vous étiez toujours sous surveillance policière.
Vous pensez que Jean-François peut avoir commandité mon assassinat?
Oui. Le fait d'être derrière les barreaux ne peut empêcher ça.
Je vois. J'étais un obstacle à ses projets, mais me voir morte serait pour lui dorénavant, la plus grande des satisfactions.
Il n'a plus rien à perdre. Rien n'arrêtera ce genre de type pour arriver à ses fins. C'est pour cela que nous maintenons protection.”


Vient ensuite le tour de Xavier. Le majordome confie au “Cancer” les années de calomnie et d'humiliation subies par son ancien patron à son égard et les interventions incessantes de Louise pour le conserver à son service dans la grande maison familiale. Xavier dévoile le calvaire auprès de cet homme suffisant et dénonce son arrivisme démesuré. Ce que vient confirmer Virginie, quand arrive son tour.


“ Tu sais ma chérie, je suis ravie que ta protection ne soit pas interrompue.
je trouve ça ridicule. Même s'il avait voulu attenter à ma vie..
Tu n'y crois toujours pas hein..
Non, parce-que la piste serait automatiquement remontée jusqu'à lui.
Chérie, réfléchis un peu. Imagine qu'il ait commandité ton crime.. et qu'on ne puisse pas prouver que c'est lui..!
Oui, mais là, tu vois, il est en taule chérie. Il aurait quoi à y gagner?
Toi mon ange! Toi! Te savoir morte, c'est tout ce qui doit lui importer à présent. Car même si tu n'as rien à y voir, il va te faire porter le poids de ses échecs! Il est fini, mais toi, tu es libre. Il ne pourra pas supporter que tu continues, il fera tout pour t'arrêter, quel qu'en soit le prix.
As-tu pensé qu'il ne peut avoir conclu de contrat sur ma tête, justement parce-qu'il est en prison?
Tu sais aussi bien que moi que tout peut aller très vite. Il peut avoir déjà tout réglé et attendre peinard du fond de son trou que quelqu'un fasse son sale boulot à sa place. Mais bon sang, chérie, ouvre les yeux!
Tu crois qu'il a déjà tout prévu?
C'est ce qu'on se tue à te faire comprendre, Xavier, Gavoilhe et moi ! Son silence n'a jamais rien présagé de bon. On a peur pour toi chérie ! Il ne te laissera jamais en paix.
De toute façon, je n'ai pas le choix. Où que j'aille, mon gardechiourme me suit.
Et ton ange gardien aussi. Je te suivrai où tu iras. Je refuse qu'il t'arrive quoi que ce soit mon ange, tu entends?
Et combien de temps va durer tout ce cirque d'après toi? Ils ne pourront pas assurer ma protection indefiniement. Ce petit jeu peut durer longtemps. Si un contrat pèse sur ma tête, quand sera-t-il honoré? Demain? Dans une semaine? Un mois? Un an?
Pour le cabinet, il y a le délai butoir de votre divorce officiel. Maintenant, il peut avoir changé ses plans! Donc, je n'en sais rien. On aurait du demander au commissaire.
On sera à temps de le demander, ils vont pas quitter leur poste dans la seconde qui suit tu sais!
Il va se passer quoi maintenant?
Interrogatoire de toutes les personnes qui touchent de près ou de loin à ses ordures,. C'est une procédure énorme. Le juge, le procureur, les polices Belge, Italienne et certainement Colombienne d'après ce que j'ai compris..
Longue, sans aucun doute, mais que l'affaire soit bouclée, c'est tout ce que je demande et qu'on entende plus parler de ces fumiers. Mais je me demande comment Jeff a pu se faire cueillir aussi bêtement..
J'ai ma petite idée. Les documents saisis sur ordinateur et téléphone n'ont pu l'être que par une personne proche.
Tu sais qui c'est?
Absolument pas. Et il vaut mieux ne pas le savoir, ni par nous, ni par personne. Seul le commissaire le sait car ce ne peut-être que l'oeuvre de quelqu'un d' infiltré. L'agent exfiltré va témoigner sous X et est intervenu sous un faux nom et avec une couverture. Il sera muté dans un autre poste avec un prétexte quelconque. Personne ne doit savoir sous risque de représailles. Tu saisis?
Oui, bien sûr chérie. C'est somme toute logique il me semble. Mais qui cela peut-il être?
On ne le saura sans doute jamais.
Thierry peut-être? On ne l'a pas vu au commissariat!
Je sais pas. Si c'est lui, il viendra témoigner comme les autres, sous X, comme je t'ai dit. Mais j'en doute. Il a toujours suivi Jean-François comme son ombre. Mais ça veut rien dire, absolument rien.
Et sa greluche ?
Aucun risque! Elle aime trop le luxe, le fric et se faire entretenir. Pourquoi crois-tu qu'elle ait pu le supporter ? Tu sais, Jeff fréquente beaucoup de monde, ça peut être n'importe qui. Bon, maintenant qu'on est dehors, on va manger un bout?
Quoi? Tu as faim après ce qui s'est passé?
Un appetit d'ogre! Le fait de savoir ce salopard à l'ombre m'a excité les papilles..
Franchement chérie, je sais pas comment tu fais!
Quoi, t'as pas faim toi?
Je crois que je garderais rien dans l'estomac chérie.
Je téléphone à Xavier, qu'il nous prépare un petit encas.
Il est 18h chérie!
Oui! Et alors? On a du boulot à rattraper avec toutes ces histoires. On est pas encore couchées bébé.
Mais j'y pense! Et les enfants! Quand ils vont savoir!
Ils sont au courant par mes soins. Ils devront témoigner eux aussi. On leur expliquera quand on sera au manoir.
Les pauvres, ça fait beaucoup en peu de temps!
Oh, mais je pense qu'ils ne seront pas plus atterrés que ça ! Bien au contraire! Ils n'entendent plus parler de leur père que pour ses esclandres. Il y a bien longtemps qu'il ne fait plus partie de leur vie affective. Je crois qu'ils se feront un malin plaisir de le voir s'enfoncer.”
Quelques minutes plus tard, elles se fondent dans le trafic intense de la circulation parisienne. Dans le rétroviseur, Louise aperçoit la voiture banalisée de la police, qui tout comme elle subit, les caprices du trafic routier. Elle sourit en se disant que si quelqu'un devait lui oter la vie à cet instant même, son “suiveur” aurait un champ d'action relativement limité. Dans l'habitacle, la tension est palpable. Rien ne laissait présager ce qui vient d'arriver et les deux femmes n'échangent plus un mot, pensant aux derniers événements. Le feu rouge stoppe leur itinéraire. C'est juste le temps qu'il faut à Virginie pour caresser la joue de Louise avant d'y déposer un tendre baiser auquel la brune répond en capturant ses lèvres des siennes.

Dans les services des stups, les deux lascars ruminent au fond de leur trou. Qui? Quand? Comment? Où le plan a-t-il foiré? Le Belge et l'avocat ripou, chacun dans leur coin, passent mentalement en revue la liste de leurs proches, de leurs amis mais aussi leurs ennemis, susceptibles de les avoir dénoncés. Quelqu'un d'assez proche en tout cas pour connaître tous leurs faits et gestes. Sinon, pourquoi le leurre mis en place par Eekhoud aurait-il échoué? Le Belge réfléchit, analyse et en arrive à la conclusion que, seule, une taupe infiltrée dans ses rangs, ou ceux de Jeff a pu parvenir à faire capoter leurs projets.

De son côté, malgré sa cuisante défaite, Jeff jubile. Il lui reste encore une carte maitresse à jouer, et pas des moindres. Malgré tous les soupçons qui pèsent sur lui, les missives anonymes qui le dénoncent, la machine est lancée. Perdu pour perdu, il attend déjà l'instant où quelqu'un viendra lui annoncer la mort de Louise. Sa soif de vengeance grandissant, la clé de leur arrestation ne passe plus qu'en second plan. Son cerveau malade imagine tous les scenarii possibles et imaginables de la mise à mort de sa future ex compagne. Assis sur la chape froide de ciment de se cellule, il grelote de froid, transpire à grosses gouttes. Jean-François Lemoux ressent les premiers symptômes de manque. Il fouille alors les poches de son lourd manteau et en ressort un papier d'emballage de chewing-gum duquel il retire un minuscule sachet de poudre blanche qu'il aspire à l'aide d'un stylo qu'il a pris soin de dénuder pour n'en garder que le corps. La cocaïne agit rapidement, son rythme cardiaque s'accélère, le sang frappe ses tempes, tout son corps se laisse envahir d'un sentiment de bien être. Il se laisse glisser sur le banc de ciment et s'abandonne aux effets bienfaiteurs du stupéfiant.

“ Louise?
Ingrid!
Je suis sur le cul! Les flics viennent de m'appeler ! Jean-François est en prison? Je vous dérange pas au moins?
Oui, ça te surprend? Et non, tu nous déranges pas.
A cause de son raid de l'autre jour ?
C'est beaucoup plus grave que ça Ingrid. Jeff s'est fait cueillir pour trafic de drogue.
Quoi?
En début d'après-midi, ils l'ont chopé avec de la cocaïne.
Bon sang ! Je comprends mieux ! Tu sais, ils ne m'ont pas dit grand chose au bout du fil et je trouvais bizarre puisque j'ai déjà déposé pour l'agression contre Xavier. Nom de Dieu! J'en reviens pas! Mais d'un autre côté, ça ne me surprend pas non plus. Au moins, tu vas avoir la paix ma chérie!
J'espère bien ! Répond Louise! Figure toi qu'ils le soupçonnent de vouloir me tuer.
Je croyais t'avoir convaincue ma chérie.. rétorque Virginie.
Tu as reussi à me faire douter. Mais j'ai du mal encore à y croire, je dois l'avouer.
Mon ange! Je te l'ai déjà expliqué en long, en large et en travers! Vois jusqu'où il est allé! Et il est capable d'aller encore plus loin, crois moi!
Mais enfin, de quoi vous parlez ?” Questionne Ingrid. Tu veux dire que Jean-François veut te descendre? C'est lui qui a envoyé les lettres anonymes?
C'est ce que pensent les flics en tout cas. Mais pour eux, ça ne fait pas l'ombre d'un doute.
Oui, j'imagine et je devine très bien ses desseins.. Mais j'avoue que ces lettres anonymes n'ont pas de sens.
Ah, tu vois! Toi aussi! Ca sert à quoi ces lettres si c'est pour se faire pincer apres? Ca ne tient pas debout! C'est bien ce que je dis!
Il doit y avoir une explication qui m'échappe rajoute Virginie.
Et laquelle mon coeur?
Je viens de te le dire, ça m'échappe. Soit... comme tu disais, c'était pour t'intimider. Soit.. bein il est cinglé, c'est tout. Se faire plaisir à te faire peur avant de passer à l'acte.”
Xavier assiste à la discution des trois femmes, se permettant d'écouter et d'enregistrer les informations. Comme toujours, il vaque à ses affaires si discrètement que Virginie, Louise et Ingrid remarquent à peine sa présence, ni les regards qu'il leur lance. Etouffant sa joie sur les événements, il débarrasse le petit encas préparé en urgence à la demande expresse de sa patronne.
A pas feutrés, il traverse la cuisine, les bras chargés de victuailles dignes d'un gueuleton. L'appetit exacerbé de Louise l'a profondément surpris, et quelque peu amusé. Cela est si inhabituel chez Louise. L'arrivée de Virginie dans sa vie et au manoir a provoqué un chamboulement conséquent dans la petite communauté. Il ne pouvait espérer mieux dans les desseins personnels qu'il s'était construit secrètement depuis bien longtemps. La reconnaissance démesurée et les sentiments presque paternels qu'il porte à Louise sont enfin couronnés par l'amour qui unit l'avocate à sa jeune secrétaire.

Absorbé par ses pensées, presque les larmes aux yeux, il savoure chaque seconde de cet air chargé de bonheur et d'amour. Son ex employeur moisit en prison, Louise peut récupérer son cabinet en toute sérénité et vivre, enfin. Il se promet d'être continuellement au service de l'avocate et d'attendre le moment où, il pourra enfin lui prouver sa considération et sa reconnaissance. Malheureusement , au moment où il contourne la table centrale de la cuisine, deux bombes surgissent dans la pièce en renversant tout sur leur passage.

“ Salut M'man, salut Virginie, Ingrid et Xavier” Le pauvre marjordome sursaute à cette brusque intrusion laissant choir les derniers éléments encombrants la table qu'il avait empilés dans un équilibre précaire. Tout s'écrase au sol dans un bruit infernal faisant sursauter tout le monde, qui, le moment de surprise passé, se laisse aller dans un éclat de rire sans fin. Xavier, aussi rouge que les pommes dans la corbeille à fruits, se confond en excuses, ne sachant quelle attitude adopter face à la situation.

“ Ce n'est rien Xavier! C'est pas grave voyons! On avait tous besoin de se détendre un peu. Et vous, les enfants, faites un peu plus attention la prochaine fois ok?
Han, M'man, promis. Désolé Xavier, tout ça c'est de notre faute.
Je m'en remettrai ! Sourit Xavier..
Alors maman ! Papa, celui qui n'en a que le nom est enfin en taule!
Noémie !
Voyons maman, on sait tous ici ce qu'il est et ce qu'il vaut. Il n'est plus notre père depuis longtemps. Moi, franchement, ça me ravit.
Ouais, ce fumier va enfin pourrir en prison ! Reprend Nathan. Et c'est pas moi qui vais le plaindre. Purée maman! Tu es enfin libre, il ne viendra plus nous emmerder! C'est fini Maman!
Oui! Purée, oui.. Je commence à peine à réaliser. Ce salopard ne viendra plus nous tirer dans les pattes. Enfin, je l'espère en tout cas.
Comment ça?
Je suis sous protection policière.
Quoi, à cause des lettres?
Les lettres oui.
Il a serré lui même la corde pour se pendre.. C'est du grand n'importe quoi!
C'est ce que je pense aussi les enfants, mais tout le monde ici, et la police aussi, enfin, tout le monde quoi, craind qu'il m'arrive encore quelque chose.
Papa est un vicelard, un fourbe et un hypocrite, mais c'est un lâche, il ne te fera rien.
Je suis d'accord ! Intervient Virginie. Mais il peut faire faire le boulot par quelqu'un d'autre.
Tu veux parler d'un contrat ? Questionne Noémie.
C'est ça, mais votre mère prend ça un peu trop à la légère. On peut s'attendre à tout avec lui. Elle est sa dernière chance de voir un projet aboutir.. Et quel projet!
On est là Maman, il t'arrivera rien.
J'en suis persuadée.. Bon, si on parlait un peu d'autre chose! Vous avez un petit creux les enfants?
Non, non, pas faim du tout. On est trop excités pour ça. Par contre, j'ai rien contre une petite mousse. Tu en veux une Nathan?
Volontiers! On a deux évènements à fêter aujourd'hui! Papa en prison et surtout, et le plus important, la venue de Virginie. On a pas de père, on en a jamais eu d'abord, mais on a rien perdu au change, on a gagné une autre mère. Virginie, sois la bienvenue au sein de la famille.
…. Merci.. je.. enfin.. vous..
Oui, nous.. oui... toi.. ici.. sous le même toit.. avec nous. L'émotion qu'on lit sur vos visages et l'expression de vos regards valent tous les mots du monde. C'est moi qui suis heureux de te voir enfin heureuse maman et tu ne pouvais pas choisir mieux que Virginie.
Je suis d'accord ! Renchérit Noemie, tout sourire et la larme à l'oeil. Bon, tu la veux cette mousse ou pas frérot? Mon bras commence à faiblir!
Merci soeurette. Ah punaise, que ça fait du bien de prendre ce bonheur en pleine figure! Je veux que ça soit comme ça tous les jours! Xavier, tu trinques avec nous! C'est un ordre!”

Le majordome, les yeux humides, s'incline et accepte l'invitation du jeune homme avec un immense plaisir.

Oubliés les événements difficiles, oubliées les noires pensées et les sombres souvenirs, la soirée se passe dans la bonne humeur et la liesse autour d'une table à nouveau bien garnie et un bon feu de bois, alors, que dehors, l'hiver n'a pas dit son dernier mot et laisse s'échapper des nues d'énormes flocons de neige. Les heures s'égrennent et la fatigue n'est pas la bienvenue au sein du petit groupe qui continue jusque tard dans la nuit son ballet de rires et de bonheur.

“ Bon, il va falloir peut-être pense à aller dormir non?
Quoi, déjà? Dit Nathan.
Dis, tu as vu l'heure?
M'en fous, demain j'ai pas cours, on est jeudi, tu te rappelles?
Toi peut-être, mais ta soeur?
Non plus.
Comment ça se fait?
Une canalisation a pété sous la cours du bahut, ce qui fait qu'il n'y a plus de chauffage dans aucune classe.
C'est cool hein?
Oui! On va pouvoir dormir, dormir et encore dormir!
Ca n'est pas le cas pour nous.. On a pas avancé d'un pouce Louise!
Chérie, il est une heure ! Je suis morte!
Louise, on a rien fait, mais alors, rien fait du tout!
Si, au contraire, je trouve qu'on a eu une journée bien chargée en événements et en émotions. On a besoin de repos. On mettra les bouchées doubles demain.
C'est toi la patronne après tout!
Tout à fait! Et j'ai prévu un programme bien plus interessant pour nous deux..”

Elles grimpent les escaliers, main dans la main, lentement, comme pour décharger, sur chaque marche, le poids de la journée écoulée. Xavier, qui se dirige vers la sortie, à cet instant, ne peut s'empêcher de savourer le spectacle des deux amoureuses. Quelques secondes plus tard, le coeur empli de ce doux cliché, il sort pour rejoindre son pavillon et retrouver la chaleur de ses draps. La journée bien remplie, il ne tardera pas à s'endormir.

Louise et Virginie arrivent à hauteur de la chambre lorsqu'elles entendent un léger craquement de bois. Discrètement, Louise détourne son regard dans la direction du bruit et aperçoit dans la maigre ouverture de la porte, les yeux de Nathan qui les observe. La porte se referme aussitôt sur un sourire bienveillant. Par la grande fenêtre du bout du couloir, dans l'aile droite du manoir, qui les mène à leur chambre, elles regardent quelques instants le ballet des flocons qui recouvrent le paysage endormi.

Elles arrivent à la chambre et, avant que Louise en ait ouvert la porte, Virginie la plaque sur le bois chaud et lui délivre un baiser magistral.
“ C'est un prélude au programme, souffle-t-elle au creux de l'oreille de l'avocate.
Je croyais que c'était moi qui l'avais mis au point tout à l'heure, juste avant de monter.
Ai-je le droit d'y ajouter quelques petites annotations ma chérie?
Ah, mais aucun problème, tout nouveau élément est le bienvenu.
Cool, alors, je t'en propose un autre à glisser entre deux lignes.
Mmmm, ça promet d'être très interessant” répond Louise alors que la jambe gauche de Virginie s'immisce entre les siennes. “ Comme il est délicieux de sentir ton corps contre le mien mon ange. Tout chaud et si doux.
Par contre, le tien est torride chérie et j'adore ça...
A qui la faute chérie?
Moi? Mais j'y suis pour rien ! C'est de l'auto-suggestion, c'est tout..
Alors, auto-suggestionne moi autant que tu veux ma chérie.
A vos ordres Madame.”

Sans aucune gêne, dans l'aile du couloir et invisibles de quiconque qui sortirait de sa chambre, Louise et Virginie s'etreignent sans retenue, la bouche de l'une dévorant le visage de l'autre. La cuisse ferme de Virginie entame lentement son travail entre celles de Louise qui exprime son désir. Les yeux fermés et la tête penchée sur le côté, elle offre à sa jeune secrétaire, la peau de son cou gracile. Virginie laisse le bout de ses lèvres gourmandes courir le long de la jugulaire où elle sent les battements de Louise s'accelerer. C'est à présent à pleine bouche qu'elle honore son cou alors que ses mains fébriles entament une exploration lente et langoureuse de son corps. Posant sa main gauche sur la cuisse de Louise, elle remonte sur ses hanches et ses flancs accompagnant dans son mouvement, le tissu léger de son déshabillé. Elle masse doucereusement le buste de sa compagne alors que sa bouche investit son visage, puis redescend jusqu'à la cuisse qu'elle vient caresser sous le tissu et qu'elle stabilise sur sa propre hanche. Louise s'abandonne à cette nouvelle étreinte, offrant son corps chaud à sa maîtresse qui redouble de vigueur. Les mains de Virginie, à présent, se plaquent sur la poitrine de Louise dont les pointes dressées et fières trahissent le désir grandissant.

Alors que sa main droite honore les seins de Louise, l'autre main investit la cuisse maintenue sur sa hanche, finissant sa course sur sa fesse rebondie. Louise, enroule ses bras au cou de Virginie et l'invite à goûter une nouvelle fois à ses lèvres fievreuses. Dans leur bouche, leurs langues se livrent une délicieuse bataille, se cherchant, s'enroulant, se cherchant à nouveau pour mieux se retrouver.

Puis Virginie quitte les lèvres de Louise dont elle repose délicatement la jambe au sol, avant de venir perdre son visage sur son buste et la vallée de ses seins. Descendant peu à peu le long de ce corps qu'elle vénère, elle en embrasse chaque parcelle. Les yeux fermés, elle savoure le goût sucrée de sa peau au travers du fin tissu dont elle ote délicatement les fines bretelles. Elle parvient au niveau de ses hanches qu'elle maintient de ses mains et en honore toute la surface alors que le tissu finit de choir à ses pieds.

Agenouillée devant le corps frémissant de Louise, Virginie continue d'explorer le bas ventre de sa bouche et à le couvrir de ses baisers alors que ses mains jouent avec la pointe de ses seins. Son souffle chaud sur la peau de Louise provoque en elle de délicieux frissons qui la portent en transe.
Les mains de la brune se perdent dans la magnifique crinière blonde décoiffée de Virginie, lui indiquant peu à peu la suite du chemin à prendre pour, enfin, la mener jusqu'au plaisir suprême. Virginie sème encore quelques baisers sur ce bas ventre affamé de sensations extrêmes et remonte le long du dos de Louise, en prenant soin de lui faire ressentir le moindre détail de son propre corps contre le sien. Elle se colle à elle, déposant dans son cou des baisers chauds et humides. Louise dépose sa tête sur l'épaule de la jeune secrétaire et remonte ses bras en arrière pour continuer à caresser celle de Virginie dont les mains dans un nouvel élan, caressent les seins durcis de Louise.

Louise ne tient plus et Virginie cesse sa douce torture en laissant enfin une de ses mains se glisser entre ses cuisses. Les doigts longs et experts de la blonde s'attardent sur son mont de Venus avant de s'immiscer doucement entre les chairs chaudes et humides de la brune qui laisse échapper un gémissement libérateur. Son index fouille de façon plus calculée et plus précise ce fruit délicieux qui s'ouvre d'avantage à chacune de ses caresses. Ses doigts glissent à présent sur son bouton de rose gonflé de plaisir qu'ils énervent et titillent savamment. Les gémissements de Louise se transforment en râles, qu'elle modère difficilement sous les caresses expertes de son amante.
“ Ho chérie.. t'arrête pas.. humm c'est bon..
Oui ma chérie, susurre Virginie, mais essaie de te contenir sinon, les dormeurs vont se reveiller..
J'essaie bébé, mais c'est si bon... continue s'il te plaît.. Ne t'arrête pas..
Mais je n'ai pas la moindre intention d'arrêter mon ange.. ”

Joignant son geste à la parole, alors qu'elle continue de jouer avec son bouton, Virginie glisse une main dans le dos de Louise et descend jusqu'à son antre intime avant de le pénétrer lentement et d'imprimer un légér et délicieux mouvement de va et vient. Les hanches de Louise se mettent à onduler au rythme de la main de Virginie qui, peu à peu, accèlere son mouvement. Quelques instants plus tard, le corps de Louise se tend comme un arc, de sa gorge s'échappe un râle profond qu'entraîne une jouissance infinie.

Transie de plaisir, les jambes encore tremblantes et le coeur battant, Louise lâche son étreinte au tour du cou de sa compagne avant de se retourner et de descendre à son tour le long du corps de Virginie, les mains caressantes accompagnées de baisers de braise. Sachant la jeune secrétaire dans un état d'extase optimal, elle cherche, à son tour à l'entraîner sur le chemin du plaisir. Elle glisse ses doigts sur son sexe imberbe et joue avec ses chairs avant d'énerver son clitoris. Elle approche lentement son visage émerveillé, sa langue gourmande prenant la place de ses doigts. Elle se met d'abord à embrasser les chairs tendres et chaudes de façon anarchique avant de devenir plus précise. Sa langue titille, darde, et roule sur le bouton de sa jeune secrétaire, elle savoure ce fruit au goût délicieux dont elle absorbe le nectar jusqu'à la derniere goutte. Sa langue affolant tous ses sens, Virginie s'ouvre aux caresses de Louise qui immisce plus loin sa tête dans l'espace ainsi offert. Sa langue danse entre ses cuisses, fouillant, et honorant goulument son bouton gonflé avant de la pénétrer et de le lécher à nouveau. Virginie, entrainée dans un tourbillon de plaisir immense finit par exploser sur la bouche de Louise qui vient embrasser ses lèvres et prolonger ainsi les frissons d'un violent orgasme.



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MessageSujet: Re: LOUISE OU LA VRAIE VIE   Ven 7 Fév - 20:59

“ J'espère qu'on a pas fait trop de bruit..
Je sais pas. Mais même si c'est le cas, tes canailles d'enfant ne viendront pas le déclamer. As-tu remarqué qu'une porte s'est ouverte quand on est montées tout à l'heure?
Ah, tu as vu aussi?
Difficile de pas entendre la porte grincer avec ce silence et qui plus est, au milieu de la nuit...
Un bruit de plus ou de moins..
Haha.. Il me tarde de voir leurs regards demain matin. Et quelque chose me dit qu'on entendra pas une mouche voler à l'heure du petit déjeuner. Pouffe Virginie.
C'est possible oui. Mais pas uniquement pour cette raison. Ils se sont couchés exceptionnellement tard et je pense qu'il va falloir un palan pour les lever. Ca va être dur de se reveiller demain matin, crois moi.
On est déjà demain matin mon ange.
Quoi? Déjà 05h30?
Le temps est passé agréablement vite tu trouves pas?
J'avoue ! Répond Louise un large sourire aux lèvres. Je regrette que la nuit ne soit pas plus longue pour mieux abuser de toi. Haaa, j'ai tellement envie de rattraper tout ce temps perdu!
Vu comment se passent les choses, on va vite combler ce retard ma chérie ! Rétorque Virginie au regard plein de malice.
C'est toi qui me dévergondes!
Avoue que tu aimes bien que je te dévergondes.
Je confirme, persiste, et signe!
Tiens, signe ici et ce sera officiel. Dit Virginie en pointant sa bouche de son index.
Si je pouvais signer tous mes documents ainsi, ce serait le pied!
Tu es fatiguée chérie?
Pas le moins du monde. J'ai retrouvé un second souffle avec toi.
Peut-être bien, mais il faudrait penser à nous reposer un peu. Dans quelques heures, une dure journée nous attend et on pourrait le payer cher si on ne ferme pas un peu les yeux.
Jeanne et Françoise sont convoquées par Gavoilhe demain matin, on aura le bureau rien que pour nous. Si on a un coup de barre, on pourra se reposer un peu.
Et laisser les dossiers s'accumuler? Et les rendez-vous?
Aïe, c'est vrai, c'est jeudi... La poisse...
Donc, je confirme, il faut dormir ma puce sinon, nos yeux vont faire des Z toute la journée. Et je te rappelle qu'il faut aller chez les flics porter ton dossier.
Je sais pas trop ce qu'ils comptent y pecher qu'ils ne savent déjà, mais bon.. Mais ça vaut le coup d'y aller..
Tu as quoi derrière la tête là?
Moi? Oh, rien..
Oh, je sais, j'ai compris...
Qu'est-ce-que tu as compris?
Tu caresses l'espoir de voir la tronche de ton mari!
Eh bien oui! Lui faire un gros sourire pour lui montrer ma satisfaction de lui voir perdre de sa superbe.
T'es pas possible chérie. Et s'il te rendait ton sourire, tu prendrais ça comment, dis-moi..
Que veux-tu dire?
Tu sais très bien où je veux en venir mon amour. Ecoute moi, écoute nous ! Il prépare un sale coup, même du fin fond de sa cellule, je le sais, je le sens.. S'il te plait.. je t'en supplie, tiens compte de ce que je te dis..
Je ne..
S'il te plaît, ne sois pas aussi bornée et si sûre de toi. Tu ne defends pas un dossier, mais peut-être ta propre vie. Et moi, à ta vie, j'y tiens, tu comprends?
Oui chérie”.

Virginie pose sa tête contre l'épaule de Louise et se love contre son corps.

“ Allez, il faut dormir un peu maintenant. Dors bien mon ange.
Merci, toi aussi ma chérie”


Jeudi :


Le service du commissaire Gavoilhe, alias le “Cancer” est en effervescence. Depuis la veille, se succèdent dans les bureaux, des têtes nouvelles et non des moindres. Sans compter deux invités de marque qui ont été serrés la veille. Le Belge et Jeff ne pensaient certainement pas passer la nuit dans des cellules grises mal chauffées. Les yeux marqués par la fatigue tous les deux, ils s'éveillent après une très courte nuit de sommeil perturbée par un incessant va et vient des nouveaux hôtes des cellules voisines.
Le Belge s'éveille, courbaturé, se frottant les côtes et remontant son col à la recherche d'un semblant de chaleur. Secouant la tête, comme pour sortir d'un cauchemar, il jete un coup d'oeil circulaire avant de réaliser qu'il n'a pas révé. Reviennent alors dans son cerveau les évènements des jours précédents, son arrivée à Paris, la nuit à l'hôtel, le rendez-vous à la gare Montparnasse, Jeff, et les flics. Ces putains de flics qui étaient au courant de la transaction et qui les attendaient sagement pour les cueillir sans leur avoir laissé la moindre chance de réagir. Les preuves accumulées, il en est certain, ne peuvent être que l'oeuvre d' une taupe bien infiltrée dans le réseau. Il se fait la promesse de découvrir son identité pour le plaisir de lui faire la peau, de ses propres mains.

Jean-François Lemoux est réveillé à son tour. Le froid saisissant de sa cellule l'a sorti du court laps de sommeil qu'il a pu s'octroyer. Après son trip clandestin où il s'est vu dans les plus hautes sphères de la félicité que seule sa propre morale peut lui accorder, il est retombé dans l'angoissante réalité d'une cellule glaciale où le sommeil n'a pas voulu de lui des heures durant. Le délicieux souvenir des nuits sulfureuses passées en délicieuse compagnie et à sniffer, le visage de Louise n'a eu de cesse de hanter sa nuit et ses pensées. Quand celui de Corinne lui est apparu en filigrane, il n'a pu se retenir de penser à la mise à mort de son cher compagnon à quatre pattes qu'elle chérissait. Le choc sourd du petit corps au contact violent de sa chaussure dessine un rictus horrible sur ses lèvres fines.
Puis une nouvelle vision s'installe dans son cerveau malsain, celle de Louise, allongée dans un cercueil, un trou entre les deux yeux. Dans ses mains pâles et froides comme l'albâtre, elle tient sa fleur préférée, un lys rose. A la seule différence, que celui-ci est flétri et a pris, comme le visage de Louise, la couleur de la mort. Il se voit alors approcher du corps de Louise et tendre sa main sur sa face cireuse. C'est alors, qu'au contact de son index sur sa joue froide, que la ravissante tête de Louise roule sur le côté et se détache légèrement du tronc.
Lemoux part dans un fou rire nerveux et morbide qui reveille ses voisins d'infortune, un rire qu'il ne peut retenir et qui perdure, un rire qui prend aux tripes et résonne comme la mort, un rire sinistre et glacial, un rire qui fait froid dans le dos.

“ Ho, tu vas te calmer ouais? Y'en a qui essaient de dormir ici!” s'entend-il hurler à l'autre bout du couloir.
“ Qui t'es toi pour me parler comme ça connard?
Un mec qui supporte pas ton rire de con, pauv'con!
Ravale ta langue et écrase tu veux!
Oh mec, t'es pas Dieu et tu me fais pas peur.
T'es que de la merde pauvre minable. Ce soir, je serai sorti et toi, tu continueras à croupir dans ta crasse.
Oh, mais je reconnais ta voix toi! T'es l'avocat pourri mec! Hey, tu sais qu'on a parlé de toi aux infos? Avec ce que tu as sur le dos, t'es pas prêt de sortir!”

Les violents échanges verbaux attirent rapidement l'attention d'un des gardiens de la paix.

“ Joxer, tu la fermes! Et toi, Lemoux, écrase tu veux? Tu ferais mieux de te faire oublier l'avocat. Tiens toi tranquille. Au lieu de faire chier tout le monde, tu ferais mieux de préparer ta défense, tu vas en avoir besoin. ”


A l'étage du dessus, au commissariat, Gavoilhe se prépare à differents entretiens. Il a convoqué dans ses bureaux une partie des nombreuses personnes faisant partie de l'entourage de Lemoux. En ce moment même, des hommes à lui épaulent la police Belge dans leurs démarches dans l'enquête sur Eekhoud. La cueillette risque d'être prometteuse grâce au travail acharné et minutieux de son agent infiltré qu'il recevra dans la matinée et qui témoignera sous x. Un mouvement incessant agite les services, le plancton de l'accueil est rapidement débordé alors que les premiers invités du “Cancer” passent les portes.

Au travers des vitres, le commissaire reconnaît Louise et sa secrétaire, emportant avec elles le dossier volumineux qu'il leur a demandé d'apporter. Puis il reconnaît, à leur tenue les prostituées que Lemoux a l'habitude de fréquenter avec son ami Thierry. D'autres têtes, plus connues ou inconnues se faufilent dans le hall d'accueil devenu subitement trop petit. Parmi elles, il reconnaît son agent infiltré, des avocats de renom et d'autres moins reluisants. Honnêtes ou moins honnêtes, Lemoux les a tous doublés et ils apporteront certainement de nouveaux éléments à charge dans son dossier déjà bien épais.
Il fait rentrer rapidement Louise dans son bureau, demande à faire patienter les autres avant d'être reçus par quelques uns de ses collègues ou par lui même.

“ Voilà ce que vous avez demandé Commissaire.
je vous remercie Madame Berthomieux.
Vous pensez trouver des éléments importants là-dedans?
Tout est important. Même si j'ai assez pour le foutre à l'ombre pour un bon moment, j'exploiterai le moindre petit détail pour enfoncer d'avantage ce salaud.
Ce dossier est tout à vous Monsieur, et vous pouvez compter sur nous pour une étroite collaboration. Voyez-vous, je suis avocate, mais c'est bien la première fois que je me réjouis de voir un type dans la merde. Et tout comme vous, j'ai envie de l'y enfoncer encore plus.Je suis ravie de ne pas avoir à défendre un pareil individu. Il est indigne de la profession. Chacun son tour et le sien est arrivé.
On est d'accord. Cependant, permettez-moi de vous mettre encore en garde. Il est coincé, mais il peut toujours agir, vous saisissez?
J'ai bien compris commissaire. Et combien de temps allez-vous me mettre sous protection?
Tout le temps qu'il faudra, tout le temps qu'il nous sera nécessaire pour prouver qu'il est bien l'auteur de ces lettres. Et quand bien même si ce n'est pas lui, car nous n'avons, jusqu'à présent aucune preuve, seulement des présomptions.
Je connais votre réputation Commissaire, je sais que vous ne laisserez pas tomber.
En effet, je ne lâche jamais le morceau et exploite chaque petit bout de début de piste.
Vous avez raison, ce surnom vous va à ravir.”


Après avoir échangé d'autres banalités, Louise quitte le bureau du cancer et rejoint Virginie qui l'attend dans le couloir, au milieu de nouveaux arrivants. Lorsqu'elle voit sa compagne, un sourire illumine son visage. Louise lui adresse un petit clin d'oeil confiant et la prend par la main en direction de la sortie, se moquant éperduement de ce que ce petit geste entraîne dans l'entourage.

Se faufilant laborieusement parmi les inconnus du commissariat, elles ne prêtent pas attention au groupuscule d'hommes qui remontent du sous-sol et se dirige dans leur direction. Le temps suspend son vol. Il n' y a plus aucun bruit, il n'y a plus personne. Il n'y a plus qu'eux deux. Louise se trouve face à face avec Lemoux. Lemoux qui la dévisage, les yeux mis clos jusqu'à ce qu'un sourire mauvais se dessine sur ses fines lèvres, un rictus horrible qui fait froid dans le dos. Louise l'observe, ne scille pas des yeux cet homme qu'elle regrette d'avoir aimé. Un regard lourd, chargé de haine et de crauté que Louise défit sans faillir. D'interminables secondes durant lesquelles, en se croisant, aucun des deux ne baisse les yeux. Une fois Jeff dépassé, Louise dicerne, parmi le brouhaha environnant, le rire glacial de son mari. Elle continue son chemin, Virginie dans ses pas, jusqu'à la sortie qui semble soudain très lointaine.

“ Chérie, tu as vu ses yeux? Demande Louise
Je n'ai vu qu'eux mais j'ai entendu son rire aussi.
Je ne le reconnais plus mon coeur. Je t'avoue, il m'a fait peur et son regard m'a donné froid dans le dos.
Tu as enfin ouvert les yeux chérie?
Je crois que oui.. J'ai vu de la folie pure dans ses yeux. Il me fait peur.
Tu comprends nos craintes à présent Louise?
Oui, je suis désolée d'avoir été aussi stupide. Pardonne moi mon coeur.
Tu as vécu avec lui si longtemps que tu es restée dans les clichés que tu connaissais de lui, mais avec des yeux extérieurs, on s'en rend compte plus facilement.. Tête de mule.
Me pardonneras-tu?
Je sais pas, j'y réfléchis, répond Virginie d'un regard malicieux.
Je t'aime.
Je t'aime aussi mon ange.”


Dans son bureau, au même instant, Gavoilhe a fait entrer son agent infiltré, qui attend son tour au milieux des autres prévenus et anonymes.
“ Je tenais encore à vous féliciter pour ce travail superbe.
Merci commissaire. Mais je n'ai fait qu'accomplir ma mission.
Pas n'importe quelle mission..
J'en connaissais les risques..
Certes, et vous avez reussi haut la main. Je regrette une chose, devoir me séparer d'un élément tel que vous.
Avons-nous le choix commissaire? J'ai choisi ma vie, je sais ce qui m'attendait une fois ma mission menée à bout. Et je sais ce qui m'attends. J'aime bien la région Rhone-Alpes.
C'est bien pour ça qu'on vous y envoie. Voici votre déposition, lisez-la tranquillement et ..
Et je vous dis si je suis d'accord. Ne vous inquietez pas commissaire, je lis avec la plus grande attention. Ce serait con si cette crapule s'en sortait à cause d'une coquille n'est-ce-pas?
Plutôt oui.. même si d'autres éléments s'accumulent mais sa défense pourrait foncer dans la brêche et il serait dommage que votre propre travail soit réduit à néant.
Je suis entièrement d'accord.”

L'agent s'empare des documents que lui tend le “Cancer” et se met à parcourir les lignes avec la plus grande attention. Les pages se succèdent les unes aux autres jusqu'à la dernière sans la moindre anicroche, sous l'oeil attentif de Gavoilhe.

“ C'est nickel, tout y est.
Impec. Vous avez tout préparé?
Oui, ça y est. Je vais regretter mon appart.
On vous en a trouvé un tout aussi confortable, si ce n'est mieux à Lyon.
Aucun doute là-dessus commissaire.” Le flic tend chaleureusement la main à son fidèle agent avant de lui serrer tout aussi chaleureusement.
“ Au revoir. Bonne route là-bas.
Ce sera du gâteau comparé à ce que je viens de vivre. Au revoir Commissaire.”

Dans le couloir règne toujours la même pagaille. Lemoux attend patiemment entre deux gardiens de la paix. Des regards noirs se posent sur lui, des regards d'amis incrédules et bafoués, des bafoués, des repentis, les prostituées mais il n'arrive pas à apercevoir son copain Thierry. Jouant des coudes pour mieux y voir, il bouscule un de ses deux gardiens, qui le regarde d'un oeil noir.
“ Quoi, qu'est-ce-que j'ai fait encore?
Pourquoi vous vous agitez ainsi? Vous pourriez au moins vous excuser!
M'excuser pour quoi? Pour avoir bousculé un bougnoul?
Outrage et propos insultant, vous en avez pas assez?
Jamais quand je vois des mecs de ta trempe. Comment ça se fait qu'il t'ont accepté dans la police? Ils manquaient de volontaires ou quoi?
Arrêtez ça tout de suite..
Ou quoi? Tu me fais peur peut-être tiens! T'inquiète pas mon gars, quand je serai sorti d'ici, je m'occuperai de ton cas et je ferai en sorte que tu ne trouves plus de boulot. Tu peux compter sur moi...”

Lemoux continue d'abreuver le gardien de la paix de mots suaves et affables. Il ne remarque pas immédiatement la personne qui arrive dans sa direction et ne perd pas une miette du spectacle. Puis, se sentant observé, il lève son regard et aperçoit Corinne avant de s'adresser à elle.

“ Tiens, ils convoquent les idiots aussi les flics? A croire qu'ils ont pas assez de preuves contre moi pour faire appel à des pequenots!.. oh, je te parle salope!
Mon pauvre Jeff, regarde toi, tu es pitoyable.
Qu'est-ce-que tu leur as raconté de si interessant que ça?”

Corinne ne répond pas et tout en continuant de se diriger vers la sortie, elle lève son bras envers l'avocat pourri avant de lui offrir le plus beau profil de son majeur droit accompagné d'un sourire narquois et d'un clin d'oeil qui en dit long. Le regard destructeur de Jeff baisse quelques secondes sa garde, le temps de réagir et de comprendre.

“ Toi?”


Corinne Leduc, ou plutôt, son nom d'emprunt se retourne et continue sa marche en direction de la sortie. Jean-François, décontenencé éprouve du mal à garder son sang froid. Il tente de se lever dans le but dérisoire de suivre Corinne et les deux gardiens de la paix le retiennent non sans mal, tant la force causée par sa colère est décuplée. Il cède et se rassoit tranquillement, laissant son cerveau bouillonner à la place de son corps. Comment cette femme a pu le berner à ce point, lui et le “Belge”? Sa fierté de tout puissant en a pris pour son grade et il rage surtout du fait qu'il n'a aucun moyen d' en informer son ami Eekhoud. Mais pour l'instant, il pense à Louise qu'il a croisée quelques minutes plus tôt. Le regard et le sourire en biais qu'il lui a décochés sont pour lui un semblant de réconfort, un apéritif en regard de ce qui attend sa femme. Quand et où, il l'ignore, mais il n'espère que le moment où elle ne sera plus de ce monde, c'est à dire bientôt.

Dans le bureau jouxtant à celui de Gavoilhe, le Belge fait face à un enquêteur tout aussi tenace qu'il toise d'entrée de jeu.
“ Ah, j'ai affaire à un sous fifre? Vous voyez, je suis pas un cas interessant !
La ferme et assied toi. Tu n'a aucun droit ici à part celui de la fermer et de répondre aux questions que je te pose.
Ho ho, le petit chef a parlé! Maman, j'ai peur!!
Fais le mariole si ça te chante, tu ne m'impressionnes pas Eekhoud. J'en ai maté de plus costauds que toi. Tu ne me fais pas peur non plus. Des types comme toi, vous êtes des guignols, des parasites qu'on écrase du pied ou dans le creux des mains. Tu as fait du bruit mais ici, t'es que tu vent. Tu la fermes et tu t'assoies.
Je préfère rester debout.
A ta guise! On en a pour un bon moment. Virez moi cette chaise de là, dit Grendier au gardien de la paix. J'ai tout mon temps moi ! Renchérit-il, un mug de café fumant plein à ras-bord.
J'ai déjà parlé à votre collègue hier..
Tu as l'air d'oublier que tu es en garde à vue Eekhoud. Je fais de toi ce que je veux pendant les 90 heures à venir. Ah, et je tenais à te dire que mes potes Belges enquêtent chez toi aussi. Ils fouillent tes appartements et interrogent tous tes amis et tes ennemis aussi. Tu es grillé et tu le sais.
Du vent tout ça! Vous ne trouverez rien parce-qu'il n'y a rien à trouver.
Tu prends tes compatriotes pour des billes? C'est pas bien ça.. mais je te rassure, ils sont aidés par mes potes Français à moi.. Tout ce monde rien que pour toi, tu devrais être flatté!
Va te faire foutre..
Pour le moment, c'est toi qui l'as bien profond, et bien profond. Tu ne t'en sortiras pas cette fois-ci. Ton petit manège n'a pas fonctionné. Non mais tu croyais quoi?
Je n'ai plus rien à vous dire. Je veux un avocat.
Haha.. je t'appelle Lemoux?”


Le Belge jette alors un regard des plus sombres à son interlocuteur. L'intimidation ne mènera nulle part et il n'ignore pas que les investigations de polices Belges et Françaises, sur les indications de la taupe, sonnent le glas de sa carrière. La lueur qui habite les yeux du policier ne fait que confirmer que l'aventure est terminée.
“ Mais bon sang, comment vous avez su ? Qui m'a dénoncé bordel ?
Même si je le savais je ne te le dirais pas. Admet que tu as perdu “Le Belge”. Les bonnes choses ont une fin. Enfin, ça dépend de quel côté on se place hein ! En ce qui me concerne, je suis ravi qu'une pourriture de ton espèce finisse là où elle doit finir. En taule..
Un autre prendra ma place.
Tu parles de tes copains colombiens? T'inquiète, on s'en occupe aussi.
La tête est tombée, elle va repousser.
Oui, et on la coupera autant de fois qu'il le faudra. Mais je sais qu'en te coinçant , on a foutu un joli petit bordel dans ton organisation.
Et tu te crois toujours plus fort que moi?
C'est pas moi qui suis sur la sellette en ce moment. Tu ne m'impressionnes pas le moins du monde Eekhoud. Ah, mais oui, c'est vrai ! Tu te demandes toujours pourquoi ton plan n'a pas fonctionné cette fois-ci!
Je sais pourquoi il n'a pas fonctionné, mais je finirai par savoir qui est le salaud qui..
Aucune chance.”


Thierry sort de son lit, grisé par un jour et deux nuits alcoolisés et très agités. La tête prise dans un effroyabe étau et la bouche pâteuse, il se dirige d'un pas incertain vers la porte d'entrée que l'on tambourine sans cesse depuis quelques minutes.

“ Oui, c'est bon ! J'arrive, y'a pas le feu!
Police, ouvrez!”

A ces mots, le cerveau endormi de Thierry se réveille et de grosses gouttes de sueur se mettent à perler sur son visage. Les flics sont là pour lui mettre le grappin dessus. Ca ne fait plus aucun doute, il est découvert. Il doit fuir.. Les secondes s'égrennent, on frappe toujours à la porte, le sang martèle ses tympans, son crâne est au bord de l'implosion.

“Ouvrez ! Ou on défonce la porte!”

Du fric, des fringues, la fuite. Oui, mais où ? Presque nu, pris par surprise, il n'a pas le temps de s'enfuir et d'autres flics l'attendent à l'extérieur. Au milieu du salon, les épaules et la tête baissées, à la lumière bleue des gyrophares qui filtre à travers les persiennes, Thierry, jette l'éponge. Jeff, le “Belge” sont, il en est sûr, derrière les verrous, où une place d'honneur l'attend : traffic de drogue, présomption d'assassinat, proxénétisme..

A la porte, la brigade d'intervention se manifeste de plus en plus bruyamment, prête à fracasser la porte dans les prochaines secondes, juste le temps pour lui d'accomplir un dernier geste. Il se précipite dans sa chambre du rez de chaussée de son duplex luxueux et referme rapidement la porte derrière lui dans l'espoir que ce geste dérisoire ralentira la progression de la police et lui laissera le temps d'accomplir sa tâche. Il ouvre le tiroir supérieur de sa commode en noyer et fait rapidement sauter le double fond d'où il déniche son walther 22 LR chargé. A cet instant précis, il entend le porte d'entrée céder dans un sinistre craquement. Les forces de polices viennent de pénétrer dans son appartement et se mettent en quête de le chercher pour procéder à son arrestation. Méthodiquement, en quelques secondes, qui lui paraissent une éternité, Thierry défait le cran de sécurité et arme son pistolet. Déjà, les flics arrivent à la porte de sa chambre, qu'ils tentent d'ouvrir. Un dernier instant, il regarde la poignée de la porte tourner, juste l'instant qu'il faut pour lui pour porter dans sa bouche le canon de son arme. Le film de sa vie peu reluisante défile dans sa tête avant qu'il appuie sur la détente. Au moment de la détonation, la porte s'ouvre laissant entrer les policiers qui voient alors, le haut de sa boite crânienne exploser.




Virginie et Louise arrivent au bureau où elles rejoignent Jeanne et Françoise submergées par les appels.
“ Ces fichus journalistes ont des antennes! On est harcelées en permanence!
Je prends la relève, c'est bon. Rétorque Virginie. Il est temps que je reprenne mes fonctions!
Ce sont de vrais charognards et il va falloir s'habituer à être harcelées encore un bon bout de temps. Ce n'est pas une affaire anodine qui nous tombe sur le dos.
D'autant plus qu'ils vont inmanquablement parler du passé.
On s'en fout Jeanne! Tout le monde sait de quoi il en retourne, mais Jeff n'a pas que des amis et pour une fois, je suis ravie que les journalistes remuent la merde. Ils ne l'enfonceront que d'avantage. Et puis.. ça fera de la pub pour le cabinet.
Louise! Non, mais j'y crois pas!
Rooooo, c'était matière à détendre l'atmosphère. Cool ma chérie. De la pub, on en a assez, du boulot on en a à revendre.
Voulue ou pas, on va parler de nous dans tout le pays. Et la clientèle va affluer.
C'est pour ça qu'il va falloir vite te mettre dans le bain mon ange! On va manquer de bras.
Mais je suis toute à toi ma chérie!
Bon, alors, que s'est-il passé chez les flics ? Questionne Françoise?
Comme prévu, on a été remettre le dossier à Gavoilhe et devine sur qui on est tombées.
Oh, vu ta tête, je parie que c'est Jean-François.
Oui, et il avait une sale mine le bonhomme..
Le retour de manivelle. Ca lui fait pas de mal.
Si tu avais vu sa tête Jeanne, je ne l'ai pas reconnu et je t'avoue qu'il m'a fichu la trouille. S'il avait eu des bazooka à la place des yeux, je serais morte sur place.
C'est le cas. C'est pourquoi il va falloir rester sur nos gardes. Je ne veux pas qu'il t'arrive quoi que ce soit chérie.
Je suis sous la protection de la police, donc, tout va bien, ne t'en fais pas mon coeur.
J'ai le droit d'être inquiète, non?
Oui chérie. Je suis conscience à présent de ce qui pend au dessus de ma tête et je te promets que je serai très prudente. J'ai envie de passer le restant de ma vie à te rendre heureuse.” Puis réalisant que Jeanne et Françoise assistent à la conversation : “ Vous allez pouvoir y aller les filles, ça va être l'heure de votre entrée en scène chez les flics!
Exact, tu as raison Louise. Et il est hors de question qu'on rate ça.
Ca me ferait mal ! Dites ce que vous avez sur le coeur, je vous donne quartier libre.
Inutile de préciser, tu peux compter sur nous! Repond Françoise en lui lançant un clin d'oeil.
On prend le relais.. Allez-y !”

A ces mots, Françoise et Jeanne s'arment de leurs effets personnels, lourds manteaux et sac à main avant de saluer Louise et Virginie de la main et de prendre la direction de la sortie.

“ Pfiouuu, la journée est à peine commencée et je suis déjà sur les rotules!
Il faut dire qu'il y a de quoi! Et ça ne fait que commencer. Crois moi, on est pas encore sorties de l'auberge.
Le problème Jean-François est réglé. Ton divorce sera prononcé en ta faveur. Tu récupères ton cabinet et en plus, il te fera plus chier.
Il me tarde que tout ça soit terminé . Ce qui me gêne c'est que je serai quand même mêlée à cette ordure pendant que durera toute cette histoire.
Certes, mais tu seras tirée vers le haut.. ce qui est loin d'être le cas pour lui.
Je sais.
Comme tu sais que tu n'es plus seule. Et que je serai désormais à tes côtés pour te soutenir et t'épauler.
Je ne sais pas comment j'aurais vécu tout ça en fait, si tu n'étais pas là.. Je veux dire, comme on se connait maintenant..
Je t'aurais quand même apporté tout mon soutien, tu le sais ça.
Mais notre amour me donne des ailes. Je me sens plus forte avec toi. Et qui plus est, tu m'as ouvert les yeux sur une évidence que je ne voulais pas voir. Dieu seul sait ce qui serait advenu de moi.
N'y pense plus chérie. Seul l'avenir compte à présent, ok?... Je crève de froid, pas toi? Je me damnerais pour un café, tu en veux un?
Volontiers chérie.
Ah au fait, il y a quelque chose que je ne t'ai pas dit depuis longtemps.” Louise, se retourne, le regard interrogateur.
Quoi?
Je t'aime.
Je t'aime aussi mon coeur. Répond-elle avec un doux sourire et le regard pétillant. Attention, la tasse va déborder..
Oups..”

A cet instant, après quelques trop courtes minutes de silence, la sonnerie du téléphone retentit, faisant sursauter les deux femmes.

“ Et c'est reparti pour un tour.. je n'ai même pas eu le temps de t'embrasser !
Alors, dépêche toi de répondre ! Répond Louise dans un sourire malicieux. Je me disais qu'il manquait quelque chose avec mon café..”

Virginie se dit qu'après tout, le téléphone peut sonner une fois de plus. Elle ne résiste pas au besoin vital de goûter aux lèvres de sa compagne et vient couvrir la bouche de Louise de la sienne.. Le baiser s'éternise, les lèvres refusent de se séparer..
“ Tes lèvres ont si bon goût mon amour..
je suis dingue des tiennes..
Alors, ça tombe bien.. j'en reprendrais bien un peu.
Je t'en prie, c'est servi tout chaud et la source est intarissable..
C'est bon à savoir, j'ai un appetit féroce..”

Le téléphone s'est tu, elles ne l'ont plus jamais entendu sonner. Leurs lèvres sont soudées et rien ne viendra les séparer. Oubliés les flics, oubliés les malfrats, elles sont seules et laissent leurs corps et leurs sentiments s'exprimer.
Louise plaque Virginie contre le petit meuble en tek sur lequel trône la Senseo et pose son corps contre le sien comme la rosée délicate d'un matin d'été. Elle veut sentir contre elle chaque forme de sa compagne, en ressentir chaque frémissement.
“ Je t'aime mon amour. Oh mon dieu, ce que je peux t'aimer.”


Louise enserre tendrement Virginie avant de poser ses mains sur ses joues rosies par l'émotion et de lui déliver un baiser somptueux. Baiser auquel la blonde secrétaire répond sans appel, franchissant la barrière de ses dents et laissant sa langue livrer bataille à la sienne. Déjà, leur respiration se fait plus forte, les coeurs battent plus vite, dans le même désir de s'aimer. Leurs bouches se dévorent, leurs mains s'éclipsent sur leurs corps enfiévrés. L'envie devient plus forte que la passion et la passion n'a pas dit son dernier mot. De bouche en joue et d'yeux en oreille, les lèvres de Louise n'ont de cesse que d'embrasser l'être qu'elle aime chaque seconde d'avantage, dans un puissant désir de rattraper le temps perdu. Ses mains investissent le corps en ebullition de Virginie qui s'abandonne à ses caresses. Louise, un à un, défait les minuscules boutons du chemisier en soie de la jeune secrétaire, tout en se frayant un passage entre ses jambes après avoir relevé délicatement se jupe. Virginie resserre le cercle de ses bras autour du cou de Louise et se laisse porter par l'étreinte langoureuse de l'avocate, qui place ses mains sous ses fesses et l'invite à s'asseoir sur le meuble. Louise redouble de vigueur dans son entreprise et, tout en dévorant les lèvres de la jolie blonde, elle retire son veston et son chemisier avant de freiner ses mains et de les poser délicatement sur la poitrine tendue de Virginie. Elle enveloppe les deux globes et les masse, doucement d'abord, puis un peu plus fermement ensuite. Au travers du tissu noir en dentelles, elle sent se tendre et durcir les pointes qu'elle titille du bout des pouces entraînant en Virginie un frisson de plaisir. La tête de Louise descend le long de son cou à grand renfort de baisers tout aussi brûlants que ses mains qui affolent ses sens. Le ventre en feu, la blonde Virginie ondule, impatiente de caresses plus torrides.
La secrétaire ceinture de ses jambes l'avocate, l'invitant à se coller encore plus à elle, alors que la bouche de la brune savoure ses tétons au travers du tissu. La laissant se placer entre ses cuisses pour agrandir son champ d'action, Virginie libère son imposante chevelure de son catogan avant de s'en saisir et d'inviter Louise à un baiser sulfureux. Leurs bouches s'unissent, leurs langues se cherchent et se trouvent, se perdent dans des bruits mouillés pour mieux se retrouver encore et encore. Virginie s'ouvre d'avantage à Louise dont les mains parcourent fébrilement le corps, traînant sur sa peau satinée, la rendant plus impatiente encore de sensations nouvelles, avant d'arriver sur ses cuisses qu'elle caresse à leur tour.
Louise remonte au plus haut la jupe de sa secrétaire, décidée enfin à répondre à ses attentes après avoir honoré de sa bouche son ventre et son bas-ventre. De ses baisers chauds, elle couvre l'interieur des cuisses de Virginie, se reprochant insensiblement du tissu noir entièrement détrempé qu'elle finit par embrasser à son tour et masser de ses lèvres, se délectant son musc délicieusement parfumé à l'amour.

Louise s'agenouille, se donnant ainsi meilleur accès à l'antre du plaisir de sa jeune maîtresse dont elle savoure à pleine bouche le fruit. Elle interrompt un instant ses mouvements, observant sa jeune compagne dont les yeux clos et la bouche pincée traduisent le plaisir, avant de remonter jusqu'à son visage merveilleux et de lui donner un nouveau baiser.
“ Je t'aime chérie.
Je t'aime aussi mon amour. Repond Virginie dans un souffle rauque. Tu, tu es.. divine.. Je t'en prie, ne t'arrête pas chérie.
Petite gourmande va..
Je crois que l'élève va vite dépasser le maître..
Soulève toi deux secondes mon ange, que ton élève se délecte de son maître.

Joignant le geste à la parole, Louise s'empare du petit tissu noir qui cache la perle convoitée. Les bras de Virginie l'enserrent un peu plus fort en quête de faire durer leur baiser et de se régaler du goût sucré de ses lèvres.
L'avocate laisse sa main lui désobeir et se disperser une fois encore sur le corps de la belle blonde avant de venir cueillir le fruit mûr de Virginie et d'en inonder ses doigts de son suc. Jouant à l'aveugle quelques instants avec les chairs molles, la main de Louise devient peu à peu plus précise et plus gourmande. De ses doigts, elle fait savamment rouler son bouton de rose encore enveloppé de ses pétales avant de débusquer un coquin fier et arrogant dont seules ses caresses pourront apaiser le feu.

Louise et Virginie se laissent envahir de sérénité et savourent leurs derniers instants de plaisir lorsqu'elles entendent la sonnerie de la porte du cabinet retentir. Les cheveux en bataille et les effets démis, elles se regardent une fraction de seconde, scrutant dans les yeux de l'autre la même réponse : Qui cela peut-il être?

Se rajustant à la hâte, les deux femmes ne peuvent s'empêcher de pouffer de rire. La sonnette de l'entrée retentit une nouvelle fois en insistant plus longuement.
“ Oui! Un instant s'il vous plaît! J'arrive”
Louise arrange tant bien que mal ses merveilleux cheveux avant de ranger une mèche rebelle dans la chelure claire de celle de sa compagne. Elle ajuste son bustier, Virginie son chemisier et sa jupe, avant d'aller ouvrir, les joues empourprées comme une gamine que l'on vient de prendre en flagrant délit de bêtise.

“ C'est bon chérie? Tu es prête? Chuchote Louise
je pense que oui.. et toi?
Oui, c'est bon..
Alors, on va ouvrir avant que ça sonne encore une fois ou que notre visiteur ne s'en aille.
Bizarre quand même, ce n'est pas un jour de rendez-vous.
Etrange oui. Mais le meilleur moyen d'éclaircir ce mystère est d'aller ouvrir!
Oui!
J'y vais”

Faisant un rapide contrôle de son apparence, Virginie se dirige à petits pas vers la porte d'entrée avant de l'ouvrir sur le mystérieux visiteur.

“ Maître Berthomieux ? Bonjour. Dit le nouvel arrivant d'un air grave.
Non non, je suis sa secrétaire.
Oh oui, suis-je bête.
Vous êtes déjà venu ici il me semble Monsieur. Votre visage ne m'est pas inconnu.
Exact. Il y a à peine un peu plus de quatre ans. Je suis Romuald de la Gouve. Mais j'avais fait appel aux services de Maître Lemoux à l'époque.
Ah, mais Monsieur Lemoux n'est pas là, enfin il n'officie plus ici.
Je sais et c'est pourquoi je suis ici. Maître Berthomieux est-elle présente?
Je suis ici Monsieur.. Bonjour. Que puis-je pour vous? Questionne Louise qui n'a pas perdu une miette de leur conversation.
Maître.. je suis confus de me présenter ainsi à l'improviste et sans rendez-vous, mais j'ai téléphoné à plusieurs reprises depuis hier et ça sonnait continuellement occupé. J'ai perdu patience et j'ai décidé de venir quand même car ça ne pouvait pas attendre.”



Le sourire de Louise s'assombrit, celui de Virginie aussi. Le faciès grave de l'homme en face d'elles leur indique que l'affaire est grave, et le fait qu'il ait évoqué le nom de Lemoux n'annonce rien de bon.

“ Lemoux? Vous êtes un de ses amis? Si c'est lui que vous venez voir, vous faites fausse route, il est en prison !
Je sais, je l'ai appris par les médias, comme tout le monde.
Alors, que venez-vous faire ici?
Je comprends votre inquiétude que je lis dans votre regard, mais rassurez-vous, Maître, c'est pour vous rencontrer vous.
Je ne comprends pas.
Votre mari..
Plus pour très longtemps. Expliquez-vous Monsieur je vous prie !
Je suis confus d'arriver ainsi comme un cheveu sur la soupe. Je ne suis pas sans ignorer que vous croulez sous le travail, mais je pense que mon intrusion vous interessera au plus haut point.”

Romuald de la Gouve est un septuagénaire dont le langage et la prestance trahissent une origine aristocratique certaine, le nom aussi. Pourtant, son apparence indique un homme usé, à bout de souffle, malmené par la vie.

“ Je vous en prie, installez-vous confortablement.
Merci Maître. Répond affablement l'homme, quand, soudain, son regard se porte quelque part sur le meuble témoin de leurs joutes amoureuses quelques instants plut tôt
Quelque chose vous intrigue Monsieur ? Questionne Louise.
Votre cafetière semble souffrir d'un léger problème..
Que... ?”

Les deux femmes s'interrogent du regard, puis, leurs yeux se portent sur l'objet en question. Un désordre indescriptible attirent leur attention. La Senseo se retrouve en équilibre précaire sur le bord du meuble, le sucrier est renversé et les touilleurs ont subi le même sort.

“ Oh, j'ai trébûché juste devant et les dossiers ont chuté au sol. Un, particulièrement épais a rebondi sur le meuble, d'où le désordre. Nous étions en train de remettre un peu d'ordre lorsque vous êtes arrivé. Je suis désolée, nous n'avons pas eu le temps de tout ranger.
Ah, je comprends mieux...”

Les deux femmes se scrutent du coin de l'oeil, partagées entre le fou rire et l'embarras, mais se ressaisissent rapidement lorsque Romuald de la Gouve reprend son discours.

“ Il y a un peu plus de quatre années que je suis venu, ici même, pour solliciter l'aide de Maître Lemoux. Il me fallait récuperer des biens que s'étaient frauduleusement octroyés des membres de mon conseil d'administration. Les preuves étaient là, et une fortune considérable était en jeu : la mienne. Maître Lemoux a accepté sans hésitation de défendre mes intérêts. J'ai placé en lui toute ma confiance. Bien mal m'en a pris. J'ai perdu le procès, j'ai été ruiné et Lemoux a abusé de ma confiance en détournant, je ne sais par quel procédés, des sommes considérables pour ses propres intérêts.
Quoi?
Mais pourquoi avoir attendu aujourd'hui pour nous parler de cela Monsieur de la Gouve.
J'y viens. Enfermé dans ma bulle et affaibli par la maladie qui en a suivi, j'ai ruminé cet échec cuisant qui n'aurait jamais du en être un. Le dossier était inattaquable, il m'était impossible de perdre. Cherchant à connaître la cause de cet échec, j'ai demandé à des proches de m'aider à y voir plus clair. Le résultat ne s'est pas fait attendre : Lemoux m'avait doublé sur toute la ligne. Et.. et j'ai décidé de me venger, en lui faisant peur, surtout, quand j'ai appris que je n'avais pas été sa seule victime. Avec du recul, je me rends bien compte que mes agissements étaient bien dérisoires, pour ne pas dire puérils.
De quels agissements parlez-vous ? Interroge Louise, intriguée.
Voilà le but réel de ma visite. Pour lui faire peur, je n'ai rien trouvé de mieux que de lui faire parvenir des lettres anonymes. Seulement, j'ignorais qu'il ne travaillait plus ici. Donc, je suppose que vous avez du prendre pour vous ces menaces qui n'étaient destinées qu'à lui.
Quoi? C'est vous? C'est vous ces lettres anonymes?
Oui, et je n'en suis pas fier, croyez-moi. Je suis venu tout simplement m'excuser avant d'aller me livrer à la police.”

Ses révélations laissent Louise et Virginie sans voix et donnent un tout autre sens à l'affaire. L'avocate voit en cet homme une grande détresse mais également force et détermination. Il ne lui faut que quelques secondes pour rebondir, son humanité reprenant le dessus.

“ Non, inutile. Je comprends tout à fait Monsieur de la Gouve. Je vais retirer ma plainte concernant et l'affaire des lettres anonymes sera close.
Mais enfin, ce que j'ai fait n'est pas très reluisant!
Peut-être, mais peut-être pas, car en expediant ces lettres, vous aurez peut-être permis d'éviter un évenement funeste.
Je suis perdu.
En bref, la police a suspecté Lemoux d'être l'auteur de ces missives et a décidé de me mettre sous protection.
Entendu, je saisis mieux.
J'appelle Gavoilhe pour lui faire par de mes intentions et l'informer de faits nouveaux. Une affaire de vol et détournement de plus dans un dossier déjà bien chargé ne peut pas lui déplaire et à moi non plus d'ailleurs. Monsieur, je ne reste pas insensible et, quelque part, je me sens responsable de ce qui vous est arrivé. Je vais proceder à un pourvoi en révision de votre dossier. Le juge devrait me donner de bons retours et le procureur réouvrir le dossier, étant donné les circonstances que vous venez de me décrire.
Je n'ai, hélas, plus les moyens de m'offrir vos services Maître.
Ceci est le cadet de mes soucis Monsieur. Je ferai toutes ces démarches à titre gracieux et savoir que vous avez récupéré vos bien et votre dignité sera ma plus belle récompense.
Je ne sais comment vous remercier Maître, bafoue le brave homme, les larmes aux yeux.
Accompagnez moi de ce pas dans les locaux de la police. Je retire ma plainte et on déballe tout aux policiers.
J'avais emmené, avec moi, le dossier de l'affaire, c'était juste pour prouver ma bonne foi.
Emportez le, il sera d'une grande utilité. Mais désirez-vous boire quelque chose de chaud en attendant que j'y jette un coup d'oeil?
Volontiers. Vous verrez, j'ai accumulé durant ces années, les résultats de mes recherches..
Qui vont nous être d'une aide plus que précieuse dans nos démarches... Café? Thé?
Heu.. café noir, sans sucre … merci.
Vous avez raison. Le sucre dénature tout l'arôme subtil du café.. Par contre, un petit chocolat, ça vous tente?
Je ne voudrais pas abuser.
C'est plutôt ce cabinet qui a abusé de vous Monsieur de la Gouve. Goûtez le, il est exquis..”
“ Hey, Lemoux, je te l'ai dit, t'as pas le cul sorti des ronces.. J'ai encore des petits trucs à rajouter à ton dossier.
Cette salope doit jubiler à me charger.
Si tu parles de ta charmante et adorable épouse, tu fais fausse route.. On vient à l'instant de m'informer d'une de tes prouesses. C'est pas du joli joli tout ça. Ton passé te rattrape!
Plus rien à battre de toute façon, vous pourrez pas me charger plus que je ne le suis déjà..
Pourquoi? Tu vois autre chose que le détournement de fond, vol, abus de confiance et le trafic de stupéfiants?

Ah, tu veux peut etre que je t'aide un peu? Les lettres anonymes, on sait qui les a envoyées finalement.. mais ça n'est pas pour autant qu'on arrêtera la protection de ta femme.
Vous avez aucune preuve!
T'inquiète, on te collera au cul comme les mouches sur la merde et on surveille de près ta petite femme. Ironie du sort, c'est le coup des lettres anonymes qui t'enfonce un peu plus. T' as de grandes chances d'avoir un autre procès au cul mon grand.. Tu devrais être satisfait! A toi tout seul, tu monopolises la moitié du système judiciaire français et international.
Avouez que je vous ai bien baisé la gueule à tous !
Que tu crois! Tu nous as amenés droit au “Belge”. Ca fait des mois qu'on te suit à la trace avec la taupe. Il nous suffisait d'attendre votre rendez-vous amoureux pour vous mettre le grapin dessus.
Je ne donne pas cher de la peau de Corinne.
Mais, dis moi, ce sont des menaces directes que tu me balances là! Je te rassure, tu croupiras encore en taule qu'elle continuera de coincer des fumiers de ton genre. Elle ne risque rien et ton pote ne pourra rien faire non plus. Et tu sais quoi? Si j'étais toi, je ferais moins le fier. Tu vas retrouver du beau monde en prison et je doute que ce soit des amis.
J'ai encore des amis.
Tu parles de Thierry? Il ne te sera plus d'aucune utilité désormais. Il s'est fait sauter le caisson ce matin quand on est allés le cueillir. Désolé, il va falloir trouver quelqu'un d'autre.”

A cette nouvelle, déjà quelque peu amochée, la superbe de Jean-François se met en berne. Au grand plaisir du “Cancer” qui lit la défaite sur son visage. Et peut être un début de crainte quant aux évenements futurs dans l'enceinte de la prison.

“ Ah, au fait, tu seras bientôt transferé dans tes nouveaux quartiers. Ca sera légèrement plus petit que ton petit nid douillet, mais tu seras logé et nourri aux frais de la princesse. Un petit conseil cependant. Quand tu prendras ta douche le soir, ne fais pas tomber ta savonnette.... Allez, foutez moi ça au trou.”

Les gardiens de la paix s'approchent de Jean-François, avachi sur sa chaise. L'homme ne bouge pas et ne réagit pas alors que les deux agents arrivent à son niveau, la tête enfouie dans ses mains aussi larges que des battoirs. Un des deux hommes approche alors sa main de son épaule dans l'espoir d'une réaction. Il n'a pas terminé son geste que, Lemoux dans un élan de desespoir, se lève d'un bond et bouscule l'agent avant de se diriger vers la porte de la sortie. Il n'a pas fait trois mètres que les deux hommes fondent sur lui, tels des aigles sur leur proie, sous l'oeil amusé du “Cancer”.
“ Et où tu crois aller comme ça? Lui demande-t-il
Je veux sortir d'ici!
Trop tard mon gars, fallait pas faire le con. L'addition a fini par arriver, et crois moi, elle est salée. Tu n'as eu aucun scrupule à escroquer de pauvres , à toi d'assumer les conséquences de tes actes maintenant.
Va te faire foutre sale flic.
Tu risquerais d'y prendre vite goût.
Je déteste les pédés, les gouines, je leur chie dessus.
Va falloir t'y faire en taule. Tu pourrais changer d'avis, qui sait? Allez, sortez moi cette merde d'ici, ça commence à fouetter ici. Allez hop, au gnouf.”

Sébastien Gavoilhe voit l'homme sortir, encadré des gardiens, satisfait d'avoir reussi à etouffer son égo démesuré. Demain, il dormira en prison avec son copain le Belge. La justice est en marche et rien, ni personne ne viendra sauver ces deux là.

Samedi :

Le téléphone sur la table de chevet se met à vibrer.

“ Mais qu'est-ce que?”

Louise attrape l'appareil et découvre un texto envoyé par Nathan

“” Ho, les namoureuses, il serait temps de vous reveiller !”

C'est quoi? Qu'est-ce-qui se passe ? Demande Virginie qui emerge difficilement.
Nathan qui nous engueule parce-qu'on est pas encore debout.
Quelle heure il est?
08h00.
Mais putain, c'est samedi!”

Le téléphone sonne cette fois-ci, il s'agit encore de Nathan.

“ Mais enfin mon chéri? Qu'as-tu à me harceler comme ça? Tu pourrais nous laisser dormir un peu!
Désolée Maman, mais il faut que tu viennes. Je viens de lire quelque chose dans le journal qui devrait t'interesser.
Quoi, ton père est mort?
Non, viens. Xavier vous a préparé le petit-déjeuner.
Mon chéri, c'est gentil tout plein de penser à tout ça, mais j'aurais aimé prendre moi-même ma décision de quand je dois me lever et de quand, je veux prendre mon petit déjeuner.
Navré Maman.”

Au ton grave de son rejeton, Louise comprend son embarras et devine que quelque chose de sérieux s'est encore produit. “ On arrive mon chéri”

“ Qu'est-ce-qui se passe? Questionne Virginie.
Aucune idée, mais ça a l'air grave. Nathan ne m'en a pas dit plus au téléphone.
Bein on a plus qu'à y aller. Dommage, on était si bien au chaud !
Attend, j'ai quelque chose à faire avant” A ces mots, Louise repose son Samsung avant de se rapprocher de sa compagne et d'embrasser tendrement sur les lèvres.

“ Voilà la meilleure potion pour bien demarrer la journée..
Et donner du courage pour l'affronter... Je me demande ce qui nous attend en bas mon ange.
Le meilleur moyen est de descendre et de nous rendre compte par nous même.
En effet, même si je rechigne à le faire. Je commence déjà à regretter ma grasse mat.
Allez viens, on y va.
Je te suis chérie.”

Les deux femmes se lèvent péniblement de leur lit, témoin de leurs ébats torrides la nuit précédente et se couvrent avant de descendre à la cuisine où Xavier leur a préparé, comme à son habitude, un copieux petit déjeuner. Elles descendent d'un pas agile l'immense escalier, main dans la main.

“ Bonjour tout le monde!
Bonjour Madame, lui répond Xavier, son éternel sourire aux lèvres.
Bonjour M'man.
Noemie est encore au lit?
Oui, elle était pas bien hier au soir. Elle est venue ici quelques instants mais elle est remontée aussi sec, elle tenait pas debout.
Aïe, j'espère que je lui ai pas refilé la grippe.. C'est pour ça que tu m'as appelée chéri? Tu aurais pu appeler Ingrid tout seul..
C'est fait maman.
Alors quoi?
Tiens, regarde.”

Nathan attrape les journaux empilés sur la table autour de laquelle viennent le rejoindre les deux femmes, et les tend à sa mère.


Louise parcours rapidement la une de chaque quotidien sans surprise aucune.

“ Lemoux et le Belge dormiront en prison ce soir”, “Le gros bonnet de la drogue et l'avocat pourri sous les verrous” “ L'affaire Lemoux fait encore des vagues” “ Du nouveau dans l'affaire Lemoux”

“Oui, et bien, y'a rien d'étonnant à cela chéri. L'affaire n'a pas fini de faire du bruit et y'a de grandes chances pour que ça reste en première page pendant un bon moment.
Prend le dernier journal par exemple et lis un peu...
Quoi, y'a du nouveau?
Oui, et pas qu'un peu!
Tu m'intrigues, c'est quoi cette mine réjouie?
Mais lis maman..
Ok, ok.. Xavier, vous pouvez me dire où sont mes lunettes?”


Avant que Louise n'ait terminé de poser sa question, Xavier tend à sa patronne l'étui Chanel posé à ses côtés. Elle ouvre le boîtier noir au célèbre logo sur fond noir et or avant de chausser les lunettes sur son charmant petit nez. Virginie la détaille dans ses moindres gestes, la trouvant sublime dans chacun de ses mouvements. Louise déplie le journal et se met à parcourir l'article recommandé par son fils.

“ Du nouveau dans l'affaire Lemoux : Rebondissement spectaculaire avec le suicide de Thierry Javerzic.

“ Quoi?”

“”Alors que les équipes d'intervention spéciale se rendaient au domicile de Thierry Javerzic afin de proceder à son arrestation, l'ami et confident de l'avocat verreux à préféré se donner la mort plus tôt que d'affronter la justice.... bla bla.. entendu une détonation … blabla.. ont retrouvé l'homme étendu au sol, sans vie... bla bla..
Depuis quelques jours, le pays est tenu en haleine par l'affaire du célèbre avocat pris en flagrant délit de trafic de stupéfiants en compagnie de Walter Eekhoud, dit “ Le Belge”. Bla bla bla...Les deux hommes étaient sous l'étroite surveillance de la Brigade des Stupéfiants depuis des mois. Arrêtés et placés en garde à vue dans les services du “Cancer” où ils ont suivis un interrogatoire serré, les deux hommes seront transférés à la prison de la Santé dans la journée.””

“ Ca a du en foutre un coup à Jean-François!
Tant mieux attend, c'est pas fini”

… les lettres anomymes qui, on le pensait, étaient le fruit de menaces de mort à l'encontre de sa future ex-épouse Maître Louise Berthomieux, avocat de renom au barreau de Paris et dont les talents et le charisme ne sont plus à prouver. Ces missives étaient en fait un acte désespéré dirigé à l'encontre de Lemoux suite à une affaire dans laquelle l'ex avocat n'a pas hésité à flouer son client pour servir des propres intérêts peu reluisants. … bla bla... Mme Berthomieux a sollicité le juge et le procureur pour passer ce dossier en révision... bla bla.. Javerzic avait-il peur d'être dénoncé ou d'avoir été dénoncé par ses comparses? Cultivait-il des secrets à l'intérieur de secrets? Les hommes du Commissaire Gavoilhe sont à pied d'oeuvre afin d'élucider au plus vite cette affaire, dont les investigations apporteront, à coup sûr, de nouveaux éléments à charge à l'enconre de Lemoux.””

“Eh bien, en voilà une nouvelle! Je me demandais pourquoi on avait pas encore vu Thierry dans les locaux de la police!
En tout cas, lui, il est hors jeu, les autres devront se demerder sans lui.
Pourris comme ils sont, ils ne vont pas hésiter à le charger afin de diminuer leur culpabilité. S'écrie Nathan.
Ca servira à rien de toute façon. Rétorque Louise.
Mais on pourrait bien apprendre d'autres trucs bien crouistillants.
Ca ne fait pas le moindre doute. Si Thierry n'avait rien à se reprocher, il se serait pas fait griller la cervelle.
C'est clair!... Bon, parlons peu, parlons bien. Reprend Louise. On est samedi, le week-end commence à peine. Est-ce que vous avez prévu quelque chose aujourd'hui?
Heu, je vais à l'entrainement de karaté comme d'hab et Noémie va chez Christelle. Si j'ai bien compris, elles ont décidé de faire leur DM de physique en équipe.
Encore? Je trouve qu'il y a beaucoup de DM en ce moment ! Sourit Louise.
C'est ce qu'elle m'a dit en tout cas M'man
Mouais. Son DM de physique est fait. J'ai rangé la copie qui était tombée de son sac hier. Ca sent le boy friend à plein nez .. Il va falloir qu'on parle, elle et moi.
Chérie .. intervient Virginie. Elle a 17 ans..
Je sais mon ange. Mais elle devrait en parler un peu non? Une maman n'est elle pas sensée être la confidente de sa fille?
Laisse la y aller et puis tu peux l'emmener à parler du sujet ce soir..
Mais oui, certainement.. Je lui fais entièrement confiance. Je sais qu'elle fera pas de bétise. Mais bon sang.. ça fait prendre un coup de vieux tout d'un coup. Le temps passe trop vite.. et nous avec.
Mais chérie, tu fais une petite vieille ravissante.. plaisante Virginie.
Oh, toi! S'insurge faussement Louise en envoyant valdinguer le quotidien que Virginie accueille en plein visage.
Tu l'as cherché Virginie ! Dit Nathan.

A ses mots, Louise rejoint en un bond sa ravissante compagne avant de la saisir par les hanches et lui livrer des tonnes de chatouilles à laquelle la jeune secrétaire est extrêmement sensible. Se tortillant dans tous les sens sous les assauts répétés de l'avocate, elle ne tarde pas à hisser pavillon blanc.

“ Bon, puisque les troupes désertent, et qu'on se retrouve seule comme deux pauvres malheureuses, je propose qu'on aille faire chauffer la carte bleue.
Excellente idée chérie.. Ca nous changera les idées. On en a tous besoin je crois.
Si Madame me permet... interrompt timidement Xavier.
Le diable! Bon sang, j'ai encore oublié! S'écrie Louise, désolée. Mais je peux pas rapporter ce truc toute seule, c'est énorme! Et tout le reste du matériel aussi.. bon dieu.. Je suis navrée Xavier!
Et la fourgonnette est au garage.
Je ne suis pas certaine que ça rentrerait dans la 308 Xavier..
Et si.. et si.. enfin, si vous n'y voyez pas d'inconvénient..
Pas de souci, on vous emmene..
Et sur place, je loue la fourgonnette..
Ca marche. Tu y vois un inconvénient ma chérie? Questionne Louise.
Mais, absolument aucun!
C'est que le pauvre, me le réclame depuis longtemps, je devais déjà y aller hier..
Bein on y va cet après midi, et l'affaire est résolue!
Ca marche!
Merci Madame.
Et puis, il me semble que vous devez vous rendre au commissariat aussi..
Oui. Mais pas avant 16h.
Ok, bon, alors, on va au dépôt, vous prenez le matériel, vous le ramenez au manoir, on vous suit. Puis on repart au commissariat, je vous laisse. Virginie et moi on va faire un tour et on vient vous reprendre dès que vous nous prévenez que c'est ok. C'est bon?
Cela me convient Madame.
Et toi chérie?
Je vous suis sans problème!”


L'après-midi arrive enfin. Les trois comparses bien emmitouflés dans leurs effets quittent le manoir. Le ciel bleu et pur de l'hiver est aussi percant que le froid environnant. Bien au chaud dans la voiture, les conversations vont bon train, la pression laissant place à la bonne humeur et à la plaisanterie. Louise conduit, Virginie à ses côtés. Xavier, malgré son imposante stature a refusé de prendre place à l'avant où il aurait été assis plus confortablement. Serré comme une sardine, il n'en perd pas moins son sens de l'humour et se régale de la compagnie des deux femmes.
“ Haaaa, je sens que ça va faire du bien cette petite escapade ! Lance Louise, d'un air jovial.
Oui, on en a tous besoin. Rien de tel qu'une balade en famille pour se remonter le moral.
Dommage que les enfants n'aient pas suivi!
Et tu les aurais mis où? Sur le toit ou dans le coffre?
Nathan sur le toit, Noemie dans le coffre.. Je les vois d'ici se marrer tous les deux. Sont pas les derniers à faire des coups tordus ces deux là!
Tu as des gosses adorables mon ange.
Oui. C'est vrai. Ils le sont. C'est grâce à eux que j'ai tenu. Je leur dois une fière chandelle. Dit Louise.
Moi aussi ! Ils ont une mère formidable!
Merci chérie.
Heu... s'interpose Xavier. Madame n'oublie pas le programme que nous nous étions fixés?
Pas le moins du monde Xavier. Après consultation avec Virginie, nous avons décidé de vous emmener avec nous.
Mais le...
J'ai tout prévu. On nous livre dans la soirée. Vous, vous venez avec nous. Vous avez besoin de vous distraire.. Toujours enfermé au manoir à vous occuper de notre petite personne. Aujourd'hui, c'est nous qui allons nous occuper de vous!
Je ne ..
Et on ne discute pas!
Si je puis me permettre Madame.. Quelle mouche vous a piquées?
La mouche de l'amitié Xavier. La mouche de l'amour et du bonheur. Vous y avez droit vous aussi.
Bien, alors où allons-nous? Je ne me retrouve plus du tout là.
Vous allez adorer, on en est persuadées Virginie et moi.
Attention de ne pas rouler trop vite chérie.. On va semer nos anges gardiens à ce rythme là..
ah, oups, oui, tu as raison.
Et puis ce serait con de se faire coincer pour un exces de vitesse et de gâcher notre après-midi, tu ne crois pas?
Tu as entièrement raison mon ange.. alors, pédale douce. Dit-elle en riant et en pensant aux deux policiers chargés de leur protection..
Sage décision.. et j'ai surtout envie d'arriver en un seul morceau à destination..
Mmmm et quel morceau..”

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MessageSujet: Re: LOUISE OU LA VRAIE VIE   Ven 7 Fév - 21:02

A ces mots, et dans un élan de pudeur, Xavier tourne la tête, cherchant désespérement de ses yeux une attraction quelconque à l'extérieur de l'habitacle. Ne voyant rien de particulièrement interessant que les bâtiments gris qui longent le bitume, il se rabat sur des poussières imaginaires qu'il sort une à une de ses genoux. Au même instant, dans un regard complice, Louise et Virginie se dévisagent avant d'éclater de rire.

“ Désolée Xavier, c'est parti tout seul.
Il n'y a rien de mal à voir quelqu'un qui respire le bonheur ! Répond Xavier. Et je suis heureux d'en être le témoin!”

La route défile sous les roues de la puissante petite voiture, toujours suivie par les anges protecteurs de Louise. Il ne reste plus que quelques minutes avant que tout ce petit monde n'arrive à destination.
A peine le véhicule arrêté, Louise et Virginie se retournent vers Xavier qui n'en croit pas ses yeux et retrouve instantanément un regard d'enfant.
“ Ho Louise, chère Louise, vous n'avez pas oubié!
Oublier votre anniversaire Xavier? Jamais! Bon et joyeux anniversaire.
Je ne suis jamais monté sur ces trucs là..
Bein, vous croyez pas qu'il est temps de commencer?
Vous aviez tout manigancé, avouez!
Exact. Il fallait à tout prix vous faire bouger aujourd'hui pour vous emmener ici. Vous êtes un indecrottable. J'ai fait en sorte que ce diable n'arrive pas afin de vous faire bouger, et, il fallait que ce soit aujourd'hui !
Mais, Madame, qu'allez-vous faire si ce n'est perdre un après midi à m'attendre!
Ah mais il est hors de question que je le perde! Comment croyez-vous que je m'en sors si bien à zigzaguer entre les voitures !?”

Les trois passagers sortent du véhicule en prenant soin de bien s'emmitoufler. La bise hivernale vient mordre leurs visages, de lourds nuages noirs s'amoncellent à l'horizon. Les policiers suiveurs quittent à leur tour leur automobile , suivent à distance raisonnable le petit groupe qui pénètre dans le club. Voir un toit au dessus du site les rassure, un peu de chaleur sera la bienvenue.

Quelques minutes plus tard, Louise, Virginie et Xavier sont parés.
“ Je comprends mieux pourquoi ces Dames ont enfilé des jean's.
En effet, c'est plus pratique que des jupes et des talons aiguilles pour conduire ces engins, vous ne trouvez pas?
Si vous me le permettez, cela n'enlève en rien votre beauté Mesdames.
Charmant Xavier. C'est gentil ça. Mais je doute que vous me fassiez autant de compliment quand vous verrez comment je me comporte sur le circuit..
Mon coeur, interrompt Virginie.. Il est interdit de faire des queues de poisson.. et Xavier n'a pas l'habitude.. moi non plus d'ailleurs..
Alors, suivez la pro …. et chacun pour soi! Pas de quartier!”

Virginie et Xavier écoutent avec attention les conseils de l'employé technique que couvre le bruit infernal des machines qui tournent sans discontinuer sur la piste. Louise attend patiemment que ses deux accolytes soient fin prêts avant que tous trois prennent place dans leur bolides. Un peu plus loin, en bordure de piste et aux aguets, Damien et Cédric, les deux policiers, se fondent au milieu des nombreux anonymes.

Dans leur kart, Louise, Virginie et Xavier se lancent un regard de défit taquin avant que l'avocate, à la surprise de ses deux concurrents, appuie la première sur la pédale de l'accelerateur, les laissant sur le carreau.

“Ho, c'est de la triche ! S'insurge Virginie dans un énorme éclat de rire. Xavier, on va pas se laisser faire! On fait alliance tous les deux, on sera pas de trop à nous deux pour en venir à bout.
Entendu! On y va!”

Une trentaine de minutes plus tard, les fesses endolories et les oreilles meurtries, Virginie et Xavier abandonnent leur bolide sous le rire goguenard de Louise qu'ils n'ont jamais réussi à rattraper.

“ Ca va vous deux?
Nous oui, les postérieurs et les oreilles moins.
Xavier, vous êtes vous amusé?
Oui, énormément. Même si je regrette fort de ne vous avoir jamais rattrapée.
Vous allez en avoir l'occasion dans un petit moment. J'ai pensé qu'une petite pause vous ferait plaisir avant d'éprouver nos oreilles encore une fois.
Volontiers ma chérie. Et prépare toi, on va te foutre la pige, Xavier et moi.
Je ne demande qu'à voir!
Où on va?
Le bar, juste à côté. Ici, c'est intenable. Et on y sert un excellent chocolat..
Mais tu connais plutôt bien le coin!
Oui.. J'y venais avec Jean-François. A part les enfants, je crois que c'est la seule chose potable qu'il ait faite à me faire découvrir cet endroit. Il y a un bon moment que je n'étais plus venue ici. Mais bon sang, que ça fait du bien! Allez... en route!”

Le trio quitte l'endroit, affrontant le froid extérieur grandissant mais appreciant le calme soudain une fois la lourde porte du club refermée.

“ J'avais oublié que c'était si bruyant ! J'ai encore le bruit du moteur dans la tête!
Et dépêchons nous d'entrer, on va congeler sur place!
Voulez-vous mon manteau Virginie? Je n'ai pas trop froid!
Non merci Xavier. Et froid ou pas, vous allez vous transformer en glaçon. Y'aura plus qu'à vous mettre un baton dans le derrière et vous allez ressembler à un esquimau”

La réplique de la secrétaire fait rire tout le monde tant et si bien que personne ne remarque la grosse cilyndrée qui s'approche au pas. A une cinquantaine de mètres, la puissante moto vrombrit et accélère. Le pilote, tout de cuir noir vétu, sort alors de son veston une arme de gros calibre munie d'un silencieux. Déterminé, il ne tient nullement compte des passants qui, affolés, s'écartent sur son passage en poussant des cris de désarroi. Damien et Cédric arrivent au pas de course, arme au poing, pointant l'individu à présent lancé à vive allure.
Comme dans un film qui passe au ralenti, Xavier, Virginie et Louise, sont paralysés devant le spectacle. La moto se rapproche, le pilote vise et presse la détente.



Louise, Virginie et Xavier qui s'étaient groupés, paralysés par la peur se retrouvent tous trois à terre. Cédric et Damien, avec un sang froid hors du commun analysent en une fraction de seconde, la situation des lieux. Deux secondes plus tard, avant que la puissante cilyndrée ne prennent la direction de la sortie, trois détonations éclatent dans le silence. La moto se couche, rate le virage et va s'écraser contre l'enseigne publicitaire du club de karting dans un bruit assourdissant.
Les deux policiers se dirigent ensuite vers le trio, toujours à terre.

“ Ca va?”
Personne ne trouve la force de répondre à la question de Damien, toujours sous le coup de la peur et de la surprise.
“ Ca va? Personne n'a été touché? Quesionne le policier
Je vais bien répond Virginie.. et toi mon coeur? Et vous Xavier?
Je vais bien …. annonce Louise, encore sous le choc.. Mais non, non, je ne vais pas si bien que ça.. C'est quoi tout ce sang? Je suis touchée.. mais non, je ne ressens aucune douleur..” Puis, Louise réalise que seul, Xavier ne s'est pas manifesté. Jetant un regard inquiet sur le majordome, elle découvre une plaie béante au niveau de l'épaule gauche.
“ Mon dieu... Xavier... Xavier!!!
Vite Damien, appelle les secours. J'ai touché l'autre fumier en pleine tête. Je doute qu'il soit encore en vie, mais fais venir deux ambulances quand même.
Vous l'avez eu ? Questionne Louise
Oui Madame.
Mais bon sang, où étiez-vous?
Juste derrière vous. Il ne faut qu'une poignée de secondes à ces professionnels pour accomplir leur basse besogne.
C'est moi qui était visée! J'ai trébuché et c'est mon Xavier qui a été touché à ma place! Je ne me le pardonnerai jamais.
Madame, votre majordome respire. Il est vivant! En fait, si vous n'aviez pas perdu l'équilibre à ce moment là, vous preniez la balle en pleine tête.
Vous avez appelé les secours ? Crie Virginie
Oui Madame, ils sont en route.
Mon dieu mon ange, c'est arrivé, c'est vraiment arrivé! Ce salaud avait bien mis ta tête à prix!
Il faudra encore le prouver réplique Louise.
Je pense que ça ne sera pas bien difficile répond le flic, qui, en même temps qu'il parle, contrôle les fonctions vitales de Xavier.
Comment va-t-il ? Demande Louise
Il vit, son pouls est régulier et sa fréquence respiratoire, bien qu'un peu ralentie, reste encore dans les normes. Par contre, il perd beaucoup de sang.
Il saigne par la bouche ! S'affole Louise
Un poumon a du être touché.. Je vous en prie, gardez votre calme, les secours vont arriver très vi...
Xavier... Xavier.. Je vous en prie Xavier.. répondez moi!
…. Ma.. Ma...Louise
Oh, Xavier, tenez bon, je vous en prie, tenez bon!
J'ai.. j'ai si.. mal.. Mad..ame.
Chut.. ne parlez plus, gardez vos forces.. Restez avec nous. Je vous en prie Xavier..
Tenez bon Xavier renchérit Virginie. Nous avons besoin de vous. Y'en a pas deux comme vous pour nous préparer un si bon risotto, tente de plaisanter la secrétaire.. Qui y réussit fort bien puisqu'un léger sourire s'affiche sur les lèvres sanglantes du majordome qui sent peu à peu ses forces l'abandonner.”

Quelques instants plus tard, qui paraissent une éternité, on entend au loin les sirènes hurlantes des forces de police et des secours.

“ Ils sont là Xavier! Ils arrivent! Encore quelques secondes, et tout ira bien! Xavier... Xavier? Xavieeeeeerrrrrrrr !!!!” hurle Louise.

Deux équipes médicales descendent des véhicules de secours arrivés en trombe. Les témoins et curieux s'amassent aux alentours, ne voulant perdre une miette du triste spectacle qui s'offre à leurs yeux, dans l'espoir de connaître le sort du pauvra majordome et l'évolution des opérations. Mais les renforts de police arrivés en même temps ne tardent pas à dresser un cordon de sécurité et à dissiper la foule devenue de plus en plus etouffante.

Louise, toujours à terre, les vêtement maculés du sang de son majordome laisse couler sur ses joues un flot abondant de larmes que Virginie, aussi défaite qu'elle, tente de résorber à renfort de mots apaisants et de gestes tendres.

“ Louise, Virginie, les filles, laissez moi faire mon travail!”

Le médecin urgentiste, qui n'est autre qu'Ingrid, se penche sur le pauvre Xavier avant d'effectuer un premier bilan.
Les deux femmes voient alors leur très professionnelle amie effectuer une batterie de gestes qu'elles parviennent à interpréter malgré leurs maigres connaissances en médecine. Contrôle du pout carotidien et fonction respiratoire. S'ensuit la pose d'électrodes sur le thorax qu'un sapeur pompier a pris soin de dégager complètement sur ordre du médecin. Il n'y a plus une seconde à perdre. Les fonctions vitales de Xavier ont cessé de fonctionner et l'équipe s'emploie au moyen du défibrillateur.
“ Chargez.
Ca charge” Ingrid pose les deux palettes, l'une sur la poitrine, l'autre légèrement sur le flanc gauche.
Chargé..
Reculez. Envoyez”

Une puissante décharge électrique passe alors dans le corps sans vie de Xavier, le faisant sursauter, puis retomber mollement sur le sol. Ingrid regarde le scope qui reste plat.

“ Epinephrine.”...

“ On recommence. Chargez...
Ca charge...” Ingride pause à nouveau les palettes.
Chargez..
Reculez.. Envoyez”

Puis, à nouveau, le regard sur le scope. Rien.

“ Encore une fois. Chargez..
Attendez, attendez.. ya quelque chose sur le scope ! Le coeur est reparti !”

A ces mots, le regard de Louise s'éclaire et ses yeux laissent échapper, cette fois ci, des larmes de joie. Son amie Ingrid, encore une fois, vient d'accomplir un miracle. Le médecin, elle-même est fortement émue, mais reprend vite ses esprits . Xavier, qui n'est pas encore sorti d'affaire, est mis sous oxygène et perfusion, enveloppé dans une couverture de survie avant d'être brancardé et déposé dans l'ambulance qui le conduit aux urgences, toutes sirènes hurlantes. Une patrouille de motards passant à proximité ouvre la route.

Louise, soutenue par Virginie, regarde s'éloigner l'ambulance, les yeux embués, les mains tremblantes couvrant le bas de son visage.
“ Viens ma chérie, dit Virginie. On a plus rien à faire ici. Xavier va avoir besoin de nous.
Oui, qu'est-ce-qu'on attend? Suivons le”

Encore sous le choc et assommées par le chagrin, les deux femmes grimpent dans leur véhicule et se mettent en route, direction l'hôpital.

“ Oh Virginie, je m'en veux, si tu savais comme je m'en veux! Tout ça est de ma faute!
Non chérie, tu ne peux pas dire ça. Tu n'y es pour rien, rien du tout, tu m'entends?
C'est moi qui devrais être à sa place.
Chérie, si la balle t'avait atteinte, tu ne serais plus là pour en parler.
Et ces deux flics, qu'est-ce-qu'ils foutaient? Ils étaient sensés me protéger non?
Et c'est ce qu'ils ont fait! Ils étaient derrière nous et tout est allé si vite!
Ils sont habitués, ils ont vu la moto arriver!
Non, elle est arrivée par derrière. Bébé, ça s'est passé en quelques secondes! Ils n'auraient pas pu mieux faire. Ils ont réagi très vite et dans des conditions plutôt défavorables! Imagine avec tout le monde qu'il y avait, ils ont attendu le bon moment pour agir sans blesser personne. Ils n'avaient que quelques secondes, et ils l'ont eu!
Xavier, mon Dieu, faites qu'il s'en sorte.
Il est fort chérie. Et c'est un amoureux de la vie. C'est un battant, il ne peut que s'en sortir.
Puisse Dieu t'entendre.
Et puis tu sais, il va falloir te montrer forte mon coeur. Tu es la seule famille qui lui reste et il a besoin de quelqu'un de fort pour l'aider à remonter la pente.
Je serai forte mon coeur, je te le promets.
Je serai à tes côtés mon amour. Je ne te laisserai pas seule face à cette épreuve. Je me sens tout aussi concernée que toi.
C'est bien ainsi que je l'entendais ma chérie, dit Louise dans un sourire doux et triste à la fois.
Nous sommes désormais unies, pour le meilleur, et pour le pire. Je serai toujours là pour te soutenir, t'aider et t'aimer.”






Dans les bureaux de Gavoilhe, l'éxcitation est à son comble. Le Cancer a convoqué Damien et Cedric dès leur retour. Sur place, les flics interrogent les témoins de la scène dans l'espoir de recueillir le maximum d'informations sur ce qui s'est passé. Le motard assassin a laissé la vie dans son entreprise et ce n'est pas le Cancer qui va s'en plaindre. Il lui faudra cependant lancer une enquête judiciaire. Il sait maintenant que Lemoux est derrière tout ça, et que les mails interceptés par Corinne, sans en déterminer la signification, prennent à présent tout leur sens.

“ Bon, merde, vous l'avez pas vu arriver à ce fumier?
Non, il est arrivé par derriere et ça s'est passé si vite!
Vous vous rendez compte que le majordome risque d'y laisser sa peau? Vous en êtes conscients?
Bien sûr qu'on en est conscients.
Dites moi qu'il n'y avait absolument aucun moyen d'éviter ça!
Vous savez tout comme nous comment ça se passe chef!
Justement! Il autait pu y avoir un autrement cette fois-ci!
Vous savez très bien que non, que c'est toujours pareil à chaque fois..
J'aurais voulu que ça soit different justement! Ca va encore jazzer sur notre dos!
On a fait ce qu'il y avait à faire.
Je sais, je sais bien. Mais ça me fait suer que ce brave type se soit fait descendre.
Comment va-t-il?
Il est toujours en salle d'op. La balle a causé de sérieux dégâts dans son poumon droit. Et puis un hemo-pneumo machin chose.. enfin, un truc pas très catholique.
Est-ce-qu'il va s'en sortir?
La partie n'est pas gagnée.
Y-a-t-il quelque chose que l'on puisse faire?
Pour l'instant, oui! Vous allez vous enfermer et me rédiger un compte rendu de tout ça! Et surtout, n'oubliez rien! Hurle le Cancer. Allez, ouste!
Ok chef ! Répondent Damien et Cedric à l'unisson, avant de quitter la pièce.
Encore une chose! Les deux hommes se retournent.
Oui..
Bravo, vous avez eu ce salaud.. Et surtout, vous avez agi sans mettre en danger la foule présente. Allez, filez!
Merci chef ” Disent-ils en hochant la tête en marque de respect et de reconnaissance.

A l'hôpital, Louise et Virginie attendent anxieusement depuis plus de trois heures des nouvelles de Xavier qui n'est toujours pas remonté de la salle d'opération.. Et personne ne vient à leur rencontre pour leur fournir la moindre information. Elles ont pris place toutes les deux sur des chaises , l'une à côté de l'autre, main dans la main, le visage crispé par l'angoisse et la peine sans en apprecier le confort, se levant chacune à tour de rôle pour entamer les cents pas.
“ Mais que c'est long, mais que c'est long!
Je suis de ton avis, cette attente devient infernale! Dit Virginie
Et personne pour nous dire quoi que ce soit!
C'est quand même bon signe chérie. Ca veut dire qu'il est toujours parmi nous.. continue la secrétaire d'une voix douce et qui se veut réconfortante.
J'y tiens plus, je vais trouver quelqu'un..
Crois-tu que ça nous avancera à quelque chose? Pour nous faire entendre dire qu'il est toujours en salle d'opération, c'est pas la peine chérie. On a déjà demandé il y a .. dix minutes.
C'est vrai, tu as raison mon ange. Mais bon sang, je me sens si impuissante à rester là à rien faire!
Je sais ce que tu ressens, c'est la même chose pour moi. Il nous faut être patientes et attendre. Et prier. C'est tout ce qu'on peut faire pour l'instant ma puce.
Prier..prier.. Crois-tu que ça serait passé s'il y avait eu un Dieu?
Chérie, n'oublie pas, c'est toi qui était visée.
Mais c'est Xavier qui a pris!
Mon amour, tu auras beau tourner le problème dans tous les sens, mais les faits sont là. Il faut se résigner et attendre. Xavier est costaud et il aime la vie. Et pour rien au monde, il ne laissera tomber sa petite chérie qu'il couve depuis 40 ans.
Arrête, tu vas me faire venir les larmes aux yeux..
Allez, viens ici... répond tendrement Virginie en lui offrant son épaule.
Putain, c'est trop dur. Je craque..
Chhuuuuut.. quoi de plus normal avec tout ce qui arrive bébé? Dit la secrétaire en la prenant dans ses bras.
Heureusement que tu es là chérie..
Je te l'ai dit. Pour le meilleur et pour le pire mon ange. Pour le mailleur, et pour le pire.”

Les nerfs de Louise lâchent, elle laisse couler de ses yeux le flot de larmes si longtemps retenu. Virginie embrasse sa chevelure soyeuse tout en séchant tendrement du dos de sa main les petites gouttes salées qui inondent son visage.

“ Madame Berthomieux?”
Louise et Virginie sursautent doucement au son de la voix qui vient de leur parler, une voix masculine très agréable et sensuelle.
“ Excusez-moi si je vous ai fait peur. Je suis le docteur Kramer.
Comment va-t-il docteur?
La balle a causé une hémorragie massive et de gros dégâts dans le poumon droit . Il a fait un arrêt cardiaque durant l'opération.. Mais cet homme est d'une robustesse exceptionnelle, son coeur est raparti.
Il est sauvé?
Non, le pronostic vital est toujours engagé. Mais comme je vous le disais, il est robuste. Et c'est un atout énorme dans son état.
Quand saurons-nous?
S'il passe la nuit, nous pourrons dire alors, qu'il est sauvé.
On peut le voir?
Oui, mais vous ne pourrez pas rentrer dans la chambre.Du moins, dès qu'on l'aura remonté du bloc.. dans une vingtaine de minutes.
Entendu.. Merci Docteur. Merci infiniment
Attends, il faut que je sorte. Nathan et Noemie n'ont toujours pas répondu à mon message.
Quoi? Depuis tout à l'heure?
Pour Nathan, je comprends, même si l'entraînement est terminé depuis un petit moment. Je suppose qu'il doit boire un pot avec les copains. Il est fort possible qu'il n'ait pas entendu le téléphone. Pour Noémie, par contre, je suis un peu plus inquiète...
Zen mon amour. Je suis certaine qu'elle aura une bonne explication à te donner.
Je l'espère..
Fais lui confiance..
C'est juste que le temps passe si vite et que j'ai du mal à réaliser qu'elle est devenue une belle et magnifique jeune femme”
Virginie et Louise s'accordent quelques instants, le temps que l'infirmière leur donne son feu vert pour rendre visite à Xavier dont le lit va être monté en chambre dans les prochaines minutes. Elles empilent la bonne dizaine de gobelets de plastique dont elles ont vidé le contenu noir et amer dans le but de leur donner du courage. Elles enfilent leurs blousons et s'engouffrent dans l'ascenseur qui vient juste d'arriver à l'étage.
“ J'espère qu'ils auront eu mon message..
Tu vas être vite fixée et rien ne t'empêche d'essayer de les rappeler!
Oui, et une bonne cigarette.. J'en ai besoin là. Il t'en reste encore? Je t'ai presque tout fumé!
J'ai fumé autant que toi mon ange ! Répond Virginie en posant tendrement ses lèvres sur celles de sa compagne.”

Leur petit moment de tendresse est soudainement interrompu par l'ouverture de la porte de l'ascenseur, laissant apparaître un couple de personnes âgées surpris par le spectacle de deux femmes se donnant un baiser. Louise et Virginie, nullement gênées, sortent de la cabine, tout sourire, avant de se diriger vers le sas de sortie, main dans la main. Mais c'était compter sans l'invasion d'une troupe de journalistes faisant le pied de grue devant l'établissement hospitalier.

“ he merde, je les avais oubliés ceux-là!
Idem.. En plus, on les a vus arriver!”

A peine ont-elles eu le temps d'échanger ces quelques mots que déjà, les flash crépitent et les questions fusent. Mais les deux femmes ne se laissant nullement impressionner par l'assaut des représentants de la presse, se plantent devant eux avant de répondre à leurs questions.
“ Pour le Dauphiné : Madame Berthomieux, on dit que votre mari est l'instigateur de l'événement tragique ce cet après-midi ?!
Oui, et la police détient des preuves irréfutables.
Comment va votre majordome ?
Il vit. Nous restons à son chevet, Virginie et moi.
Paris Match :Vous vous teniez par la main quand vous êtes sorties.
Oui? Et alors? Je n'ai pas le droit de tenir ma compagne par la main?
Vous voulez dire que..
Exactement, mais vous vous égarez, répont Louise.
Libé : Es-ce que votre futur ex- mari a voulu vous supprimer pour récupérer votre cabinet, mais etait-ce dans l'intention de cacher et blanchir ses activités frauduleuses?
La police saura mieux vous répondre que moi, mais je suppose que oui.
Depuis quand connaissez-vous l'existence du Belge?
Ca, c'est une question pour mon mari, pas pour moi. Pour vous répondre, j'ignorais son existence jusqu'à que mon mari soit arrêté. Pourquoi cette question?
Que pensez-vous des agissements de votre mari?
Mon mari n'en a plus que le nom. Bientôt, je serai libéré de ce monstre qui n'a que ce qu'il mérite.
Libé : Et s'il vous demandait de le défendre?
C'est une plaisanterie?
Avouez que ce serait plutôt une première!
Et vous, avouez que votre question ne tient pas debout. Jamais je ne défendrai une ordure pareille et, de surcroît qui a voulu attenter à ma vie. Ceci dit, tel que je le connais, il serait capable de me demander de prendre sa défense !
Qu'allez-vous faire?
Pour l'instant, je vais cesser de répondre à vos questions. J'ai deux enfants que j'aimerais joindre par téléphone si vous m'en laissez la possibilité. Puis Virginie et moi, nous remonterons au chevet de Xavier. Ensuite, nous répondrons à toutes les autres questions que vous aurez envie de poser. Merci”

Louise et Virginie se frayent un passage au milieu de la petite troupe de journalistes qui continue de les mitrailler de leurs flahes indiscrets. Les deux femmes se perdent ensuite dans le labyrinthe de l'immense parking avant de retrouver leur véhicule.
“ Là, au moins, on sera tranquilles pour appeler!
Ils nous lâcheront jamais ces journaleux!
Ils font leur job chérie, mais j'avoue qu'ils sont collants. Allez, j'appelle les gosses”


Dans le bureau du “Cancer”, Lemoux, encore. Dans une atmosphère plombée de tabac et aux odeurs de café froid, l'avocat pourri, s'assied lourdement, attendant le feu nourri de questions du commissaire Gavoilhe. Las, sale et pas rasé, il a perdu toute dignité et son goût de la provocation.

“ Alors Lemoux, les carottes sont cuites et bien cuites! Regarde un peu ton comité d'accueil.. tout ça, rien que pour toi. Ils vont t'emmener faire une petite balade dans une petite heure.
Qu'est-ce-que vous me voulez encore?
Juste pour te dire que ton coup a foiré.. Le mec que tu as chargé de descendre ta femme a raté son coup. Il s'est fait buter tout à l'heure par deux de mes hommes.
Vous n'avez rien contre moi!
Tu continues à nier? Figure toi qu'on a enfin réussi à déchiffrer tes mails mon gars. 100 000 euros. Tu as payé ce mec 100 000 euros pour la descendre. Alors, je te rassure, ta petite femme est en bonne santé.. Pas une égratignure! C'est une bonne nouvelle non?
Corinne.. Ah, elle a bien joué les connes de service. C'est un rôle qui lui va à merveille.
Les idiots dans ton genre craquent toujours pour les belles écervelées. Tu n'as pas failli à la règle.. Un beau cul te passe sous le nez, et hop..
Où est passé le fric que j'ai mis pour son gosse?
Son gosse? Ah? Tu veux parler de l'association? Au moins de l'argent qui servira le bien. Y'a tant de gosses malheureux... Je dois te remercier en leur nom puisque eux, ne savent même pas d'où vient le fric.
Bandes d'enfoirés..
J'adore truander les truands..”


Louise et Virginie regagnent l'enceinte de l'hôpital. Le ciel s'est paré d'une couleur gris argenté en l'espace de quelques minutes, et la neige a refait son apparition, accompagnée par un vent glacial. Triste temps pour une triste journée d'un bien triste anniversaire, celui de leur majordome Xavier. Seul avantage, la troupe de journalistes a quitté les lieux et elles peuvent pénétrer dans l'immense hall sans être harcelées. Les ascenseurs sont pris d'assaut, alors, courageusement et sans mot dire, toujours main dans la main, elles grimpent les quatre étages qui les mènent jusqu'à la chambre de Xavier. Virginie se retourne vers Louise qui la suit deux marches plus bas et aperçoit des larmes rouler sur son doux visage. Elle stoppe sa progression et prend Louise dévastée par le chagrin, dans ses bras.
“ Heeeeeey, chhhhhh, chérie, tout va bien.. Ca va aller..
Tout est de ma faute bébé. Pourquoi ai-je eu cette idée stupide que de l'emmener là-bas? Pourquoi n'ai-je pas songé au fait qu'on pouvait me suivre et me tuer? J'ai pas réfléché une seule minute.. Je suis un monstre..
C'est ça, et moi je suis Frankenstein alors, parce-que je t'ai suivie aussi. Tu n'y peux rien chérie, absolument rien. Même si la menace planait, on ne savait pas où et quand ça se produirait.
Et ces deux flics là...
Non, tu n'es pas juste. J'estime qu'ils ont fait un admirable boulot au contraire.
Ah ouais, tu trouves?
Met toi à leur place mon ange. Nous suivre partout, surveiller sans être repérés, intervenir en quelques secondes, tirer sur ce salaud sans toucher quelqu'un.. et puis porter les premiers soins à Xavier! Non, tu ne peux pas leur reprocher quoi que ce soit.
Je suis la seule fautive de tout ce qui arrive.
Tu te laisses submerger par la colère et la peine mon amour. Tu sais qu'il n'en est rien. On ne peut rien faire contre la fatalité.
C'est moi qui l'ai provoqué cette fatalité..
Non! Non et non chérie. Le motard a été tué et Xavier est toujours en vie!
Il ne passera peut-être pas la nuit.
Il la passera. Et on la passera avec lui... je..” Virginie n'a pas terminé sa phrase que le téléphone de Louise se met à vibrer.
J'ai laissé le vibreur au cas où.. J'espère que ce sont les enfants!”
En prononcant ces mots, elle regarde rapidement l'origine du message.

“ C'est Nathan!”

“” Maman, Noémie et Kevin sont avec moi. Tout va bien. On vous rejoint à l'hôpital. Comment va Xavier?””

Louise pianote rapidement sa réponse sur l'écran tactile du téléphone.

“ Il tient le coup. Je sais pas si c'est une bonne idée de venir. Il neige beaucoup je trouve. Il vaut mieux que vous rentriez au manoir. On vous tient au courant. Noémie est restée avec toi tout l'après-midi?””

“” Ils sont venus pendant l'entraînement si ça peut te rassurer. C'est un mec bien. Je sais pas si on va avoir la patience d'attendre””

“”Ca ne changera rien de venir mon chéri. Mettez-vous au chaud, on vous textote dès qu'il y a du nouveau. On monte le voir. Bisous, je vous aime””

“”Ok M'man. On se débrouille pour manger. Noémie vous fait de gros bisous””

“”Je m'inquiète pas pour ça, je vous fais confiance. A plus. Bisous””

“ Bon, bien, te voilà rassurée maintenant mon ange!
En partie oui..
En partie? Tu te rongeais les sangs pour Noémie oui! Plaisante Virginie. Elle a 17 ans mon coeur. Et c'est de son âge les garçons !
Pour une maman, c'est toujours trop tôt!
Il va pourtant falloir t'y faire chérie! Et pourquoi ne t'inquiètes-tu pas autant pour Nathan?
Parce-que c'est un garçon je suppose...
Et voilà, c'est bien ce que je pensais..allez, viens, ils doivent avoir monté Xavier dans la chambre”

Les deux femmes grimpent les dernières marches qui les mènent au quatrième étage. Enserrant sa compagne par la taille, Virginie embrasse Louise dans le cou avant de pousser la porte du service. Au même instant, elles voient passer sous leur nez leur majordome endormi, branché à toutes une batterie de machines. Les brancardiers et l'infirmière qui l'accompagnent pénetrent dans une chambre aux larges baies vitrées et l'installent tout au fond. Louise et Virginie regardent le spectacle de cet homme si doux et si affable plongé dans un profond sommeil, inerte et au visage blafard. Seul le pas feutré du personnel hospitalier et le bip des appareils troublent le silence pesant de la piece. Les deux femmes se collent l'une à l'autre, se sentant impuissantes face à ce spectacle désolant.
Les brancardiers quittent la chambre, l'infirmière contrôle les appareils et le débit des perfusions, ajuste les tubulures avant de remonter le drap sur le malade et de les imiter.
Louise et Virginie l'interpellent :
“ Il va bien?
Qui êtes-vous?
La seule famille qui lui reste.
Son état est stable.
Il va s'en sortir?
Vous avez pas vu le Docteur Kramer?
Si, il y a un petit moment, mais on avait pas encore remonté Xavier..
Alors, sachez que depuis, son état n'a pas bougé Madame.
Dites-nous au moins quelque chose de réconfortant!
Il est solide et réagit bien. Son coeur bat régulièrement. Nous sommes obligés de l'aider à respirer mais sa fréquence respiratoire est correcte.
Et..
Nous avons fait tout ce qu'il était possible de faire. A présent, c'est à lui de jouer.
Je vous remercie, répond Louise.
Il n'y a pas de quoi, Madame.”

Et l'infirmière, une magnifique et sculpturale femme noire, les quitte, repartant vers d'autres tâches.

“ Hey, tu veux que je t'aide? Demande Virginie en plaisantant.
Hein, quoi?
Tu crois que je t'ai pas vue la mater?
Crois-tu que j'ai l'esprit à ça ma chérie? Et en plus, je regardais juste ses chaussures.. Je me demande comment elle peut supporter ces trucs en plastique aux pieds.
C'est surtout très confortable avec le nombre de pas qu'elle doit faire dans la journée..
Pfff, désolée chérie.. Xavier est là, entre la vie et la mort, et je parle chaussures.
Je voulais juste détendre l'atmosphère.
Je sais chérie.. encore désolée.Je t'aime
C'est pas grave mon ange. Je t'aime aussi.”


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MessageSujet: Re: LOUISE OU LA VRAIE VIE   Ven 7 Fév - 21:03

Au commissariat, Lemoux sort de son dernier entretien d'avec Gavoilhe. Penaud et abattu, il se laisse entraîner par deux gardiens de la paix jusqu'à la sortie des bâtiments sous l'oeil satisfait de l'officier. Arrivé à la porte, il remonte tant bien que mal le col de son manteau, barrière dérisoire contre le froid et la bise hivernale. Il traverse les quelques mètres qui le séparent du fourgon qui, bientôt, va le conduire en prison. Une foule assez nombreuse est venue se rendre compte de la déchéance de l'avocat pourri. Quelques insultes fusent ça et là mais Lemoux, dans un dernier élan de fierté, les toise de son regard le plus sombre.
“ Tu ne fais plus peur à personne Lemoux. Contente toi d'avancer avant que l'un d'entre eux ne te plombe quand ils apprendront les nouvelles demain dans la presse. Tu vas encore faire la une des journaux. Tu voulais la célébrité, t'es servi!
J'ai une question Commissaire.
Je t'écoute.
Qu'est devenu Walter?
Il est parti depuis un petit moment.
Il est au courant pour Louise?
Absolument. Il m'a même dit que tu projetais sa mort depuis un moment déjà.. Tu vois, j'ai une autre preuve et c'est du solide!
Ce fumier m'a vendu!
Non, pas du tout. Je suis surpris qu'un vieux roublard comme toi soit tombé si facilement dans le panneau. Non, il n'a rien dit, toi, par contre, tu viens de serrer le noeud de ta propre corde.
Pourquoi, un fin limier à la réputation surfaite manquait encore de preuves?
Je voulais simplement te l'entendre dire. Ma réputation est peut-être surfaite, mais la tienne en a pris un sacré coup dans l'aile.. Allez, embarquez moi ça ! Il pollue l'air que je respire.
On se reverra Commissaire.
Pour sûr !je viendrai te porter des oranges en prison. Et pas plus tard que demain, je t'en apporte un kilo avec ta feuille de chou favorite. Y'aura de pleines pages écrites en ton honneur..”

Jean-François Lemoux grimpe dans le fourgon, suivi par un gardien de la paix, direction, la prison.


Noémie et Nathan, arrivent au manoir dans un taxi noir et jaune. Dans ce décor de rêve, au milieu d'une nature qui a pris des apparences somptueuses, quelque chose cloche. L'enchantement habituel des lieux ne fonctionne pas aujourd'hui, quelque chose manque, le petit quelque chose en plus qui fait qu'arriver en cet endroit est un moment magique : Xavier n'est pas là pour les accueillir. Lui, qui d'habitude attend ses employeurs ou ses invités sur le perron de l'entrée, quelque soit le temps, quelles que soient les circonstances, avec son éternel sourire sur les lèvres et un mot toujours affable, mène en ce moment un combat difficile contre la mort.
Les adolescents sont tiraillés entre l'envie de se mettre enfin au chaud et celle de retrouver leur mère et sa compagne au chevet du majordome. La maison, sans leur présence est devenue terne et monotone et, malgré la chaleur accueillante du site, un froid insaisissable s'empare d'eux.
“ Tu sens comme moi soeurette?
Oui, c'est triste ici. C'est si vide dans cette grande baraque!
Entièrement d'accord. Et rester ici, à attendre des nouvelles qui vont pas venir avant un bout de temps peut-être, va pas être facilement gérable.
On a pas le choix de toute façon.
Mais j'aimerais tellement être avec eux!
Moi aussi, mais notre présence ne servirait pas à grand chose. Et il faut obéir à maman. Dit Noémie.
Je pense qu'elle va avoir des questions à te poser.
Des questions? A propos de quoi?
Kévin.
Bein quoi Kévin?
Je pense qu'elle était inquiète que tu sois restée tout ce temps avec lui, tu vois ce que je veux dire?
Oh oui, je te vois venir toi!
Vous avez... ? Questionne Nathan.
Ca te regarde pas ce qu'on a fait ou pas.. Je t'en pose des questions, toi, quand t'es avec Anabelle? Répond l'adolescente tout en jetant son manteau trempé sur son grand frère.
Héhé, mais maman, oui, ça la regarde!
On verra, je la laisse venir sur le sujet. Elle n'a pas grand chose à craindre. Je l'ai accompagné rejoindre son groupe à la répet de hard. Et puis pourquoi je te dis ça? J'ai pas à me justifier! Et mince, pourquoi elle s'inquiète toujours plus pour moi que pour toi à la fin?
Pose lui la question, je sais pas quoi répondre à ça même si je comprends ton point de vue.
Bon, on fait quoi Nathan? C'est d'un triste ici!
On se rallume un bon feu dans la cheminée, on se prépare un plateau télé et on reste bien au chaud devant l'écran en attendant que maman et Virginie se manifestent.
Ca risque d'être long..
Un film, une wii, il va bien falloir s'occuper.
Ca va pas être facile de se concentrer sur autre chose que sur les événements..
Je sais, mais on va essayer, d'accord? Autant passer cette attente insoutenable de façon la plus agréable possible, tu crois pas?
Je suis entièrement d'accord, mais je suis pas sûre d'y arriver. Aujourd'hui, c'était le jour de Xavier, son anniversaire! Maman et Virginie lui ont organisé la virée au kart pour le sortir d'ici et il se retrouve sur un lit d'hôpital, branché de partout.. Et on sait même pas s'il passera la nuit! J'avoue que ce ne sera jamais plus pareil s'il ne revenait pas.. murmure Noémie dans un sanglot.
Oh, tite soeur, viens faire un calin. Mais si, il va s'en sortir. Xavier a déjà passé de nombreuses épreuves. Personne n'a été aussi marqué par la vie que lui et c'est ça qui ne l'en a fait aimer que d'avantage. C'est un amoureux de la vie, tu vas voir, il va s'en sortir..
J'ai envie de te croire Nathan..
Ce va pas ça, comme réponse.
Ok, je te crois Nathan.
C'est bien.. Bon, on bouge? Il commence à faire un peu frisquet ici.”


Louise et Virginie n'ont pas quitté leur position, fixant sans fin le majordome allongé dans l'espoir d'une amélioration, ne serait-ce que minime, quand le bruit strident d'une alarme retentit. Les deux femmes sursautent et comprennent immédiatement que quelque chose de très grave se produit, alors qu'un petit groupe du personnel soignant accourt dans la chambre où gît Xavier.
Chacun s'affaire à des gestes des milliers de fois exécutés lorsqu'un patient est en arrêt cardiaque. Une infirmière retire le drap avant d'y placer des électrodes, une autre met en marche le défibrillateur dont elle remet les palettes au médecin de garde.
Un premier choc, le corps de Xavier se soulève et retombe, inerte sur le lit.
La main de Louise s'agrippe à celle de Virginie, assistant toutes deux, impuissantes à une scène qu'elles revivent douloureusement.
Le bip continue de tracer sur le scope son tracé plat. Le coeur de Xavier refuse de repartir. Les deux femmes restent pétrifiées, les yeux rivés sur l'équipe médicale qui continue de s'affairer autour du pauvre Xavier.
“On recommence. Chargez.
Ca charge...et quelques interminables secondes plus tard..chargé...
Allez, on y va. On lâche pas le morceau. Allez, accroche toi mon grand.”

La décharge puissante soulève à nouveau le corps toujours inanimé du majordome dont le visage commence à prendre la couleur si particulière de la mort.

“ Pas de pouls”

Louise, les yeux pleins de larmes, pose son front sur l'épaule de sa compagne et les ferme fortement dans un mouvement de déni alors qu'au même instant, une aide soignante, de l'intérieur de la chambre, baisse les stores, les coupants cruellement du dernier lien qui les unissait à Xavier.

“ Allez mon grand.. Tu peux y arriver.. Il y a juste à côté, deux femmes superbes qui comptent sur toi et pour qui tu comptes beaucoup.. Chargez... Ne les déçois pas. Allez, on recommence..
Chargé..
Dégagez.. j'envoie..”

Pour la troisième fois, une puissante décharge traverse le corps de Xavier. Les yeux du médecin et de l'équipe médicale sont rivés sur le scope.


“ C'est fini .. lâche l'infirmière d'un ton grave. Quelle tristesse.. ..”
Le Docteur Kramer baisse les yeux une fraction de seconde, triste, et résigné. Il tient encore dans ses mains fines mais puissantes, les palettes qui viennent d'envoyer dans le corps inerte de Xavier, le dernier espoir de le ramener à la vie.

“ Non, il est costaud, il peut y arriver.. Allez, on retente.. Chargez..
Ca charge..
Préparez une autre dose d'adré, la même.
Prêt..
C'est chargé..
Reculez-vous.. J'envoie”

Une fois encore, Xavier reste insensible à la puissante décharge électrique qui vient de lui traverser le corps.

“ Non, je refuse.. Allez mon grand, accrochez-vous... Toi, la faucheuse, tu repasseras une autre fois! .. On charge!
Ca charge docteur..
Bon alors?
Ca charge toujours.
Mais bon dieu, il lui en faut du temps à charger à ce défibrillateur..
C'est chargé..
C'est pas trop tôt! Poussez-vous.. J'envoie..”

“Bip, bip, bip..”

“ On a un pouls! S'exclame l'infirmière
je savais qu'on y parviendrait. Je savais que le bonhomme est un dur à cuire... Le pouls est régulier à nouveau et la respiration aussi. Surveillez ses constantes, je vais rendre des comptes à ces deux femmes qui se morfondent dans le couloir.
Entendu.
Quelle heure est-il?
20 h33
Merci.. je préfère voir cette heure sous l'angle de la renaissance que de déclarer celle d'un décès.”

A l'extérieur de la pièce, Louise et Virginie qui n'ont pas bougé d'un seul millimetre, entendent la porte s'ouvrir sur le médecin qui vient à leur rencontre. Ce dernier lit dans leurs yeux la plus profonde tristesse mais aussi l'espoir d'une bonne nouvelle.

“ Tout va bien Mesdames.
Oui mais.. tente d'articuler Louise, avec des tremolos dans la voix.
Son coeur s'est arrêté mais nous avons reussi à le faire repartir. Il est vraiment accroché à la vie ce monsieur. Dit le docteur Kramer d'une voix extrêmement douce qui se veut rassurante.
Oui, c'est un amoureux de la vie.. renchérit Virginie.. Et il sait qu'il a pas le droit de nous lâcher comme ça où ça va barder pour son matricule ! Tente-t-elle de plaisanter.
Ah, je comprends mieux alors ! Dit le médecin en répondant à son sourire. Je pense qu'il a beaucoup de chance de vous avoir à toutes les deux vous savez.. Et ça va l'aider énormément dans les prochaines heures. Je suppose que vous allez rester à son chevet. Vous devriez allez reprendre des forces, la nuit va être longue. Vous n'avez pas bougé depuis votre arrivée. Il faut penser à vous aussi vous savez..Il aura besoin de vous en pleine forme.
Je n'ai pas très faim lui répond Louise
Moi non plus . Dit Virginie. Mais le docteur a raison, il va falloir qu'on se force un peu.. Où peut-on trouver quelque chose à grignoter?
La cafétaria est encore ouverte. C'est au premier, au fond à droite.
Merci, mais ne croyez pas que vous vous debarrasserez de nous comme ça. On sera très vite de retour.
Je n'ai aucun doute là-dessus...
Oh, une petite question Docteur.. Pardonnez ma curiosité, mais je crois déceler chez vous un léger accent..
Exact, je suis Allemand et je vis en France depuis plus de quarante ans maintenant.
Très charmant petit accent en tout cas.. Merci Docteur.. on file à la cafétaria.
Je serai dans les parages si vous avez besoin de moi, je suis de garde.
Entendu.. Encore merci, merci pour tout ce que vous faites Docteur.”

Les deux femmes s'engouffrent dans l'ascenseur, croisant ça et là des visiteurs sur les visages desquels elles lisent différentes expressions. Avant que les portes ne se ferment, elles aperçoivent celui d'une jeune femme en pleurs, consolée par une dame plus âgée qui semble être sa mère.
Cette image leur fait penser immédiatement à la situation qu'elles sont en train de vivre et ne manque pas de leur rappeler l'état précaire de Xavier. Le court moment de distraction avec le médecin se dissipe, retour à la réalité des choses. Elles se regardent toutes deux et fondent en larmes. Mais, Virginie, la première, se reprend. Prenant Louise dans ses bras, elle dépose sur sa bouche un léger baiser avant de lui adresser la parole tout en dégageant sur son front, une mèche rebelle.
“ Hey, non, c'est pas bien.. il faut rester fortes pour lui bébé. Il le ferait pour nous et je suis sûre que s'il nous voyait, il n'apprécierait pas que l'on soit tristes..
je sais ma chérie, mais c'est tellement dur.
Bien sûr que c'est dur, mais il faut qu'on le soit encore plus ! Il le faut, pour Xavier.. ok?
Je sais mon ange.. tu as raison, tout à fait raison..” Puis, se prenant au jeu, “ Je me demande ce qu'on va trouver de bon à la caf.
Heu, Jambon purée, jambon pâtes, couscous, frites..
Ah, je vois, tout ce qu'il faut pour le régime..
Bein quoi.. C'est ce que je mange moi!
Et tu as pas un gramme en trop..lui dit Louise en la détaillant d'un regard pétillant, des pieds, à la tête.
Merci ! Dit Virginie dans un sourire rayonnant. T'es pas mal non plus dans ton genre tu sais..
Ah ouais?
Tout à fait. Tout ce qu'il faut, à la place qu'il faut.. et tes seins.. mmmm
Virginie!!”

Les deux femmes rient malgré ce petit pincement au coeur persistant. Mais l'une, comme l'autre, s'est engagée à lutter contre la tristesse et la peine. Elles pénètrent dans la cafétaria où elle reconnaissent leur amie Ingrid au fond de la salle de refectoire.

“ Hey dit-elle!
Ingrid!
Ca va les filles?
Ca pourrait aller mieux, mais on va faire en sorte que ça aille ..
Alors, Xavier?
Ca va pas fort. Il a encore fait un arrêt cardiaque mais le docteur Kramer nous a assuré que tout allait bien maintenant.
Ah, Kramer! Il pouvait pas tomber mieux. C'est un excellent toubib. Xavier est entre de bonnes mains avec lui.
Dis nous franchement, Ingrid.. Est-ce-que Xavier va s'en sortir?
Je vais pas te refaire le topo médical, vous le savez déjà. Mais oui, il a ses chances. Kramer a du vous le dire!
Donc, il faut attendre le passage fatidique de cette nuit.
Oui.
Dis nous qu'il va s'en sortir Ingrid.
Je ne veux pas, et ne peux pas vous donner de faux espoirs mes chéries. Je n'en ai pas le droit. A Xavier de jouer maintenant. Mais tel que je connais le bonhomme, il est pas prêt de lâcher l'affaire. Son moral va y jouer pour beaucoup.
Mais il est à l'article de la mort, comment peut-il avoir l'envie de vivre..
Tu parles de la conscience ma petite chérie.. Si beaucoup pensent qu'elle est dans le cerveau, je n'en crois pas un mot. Elle est quelque part, et crois moi, Xavier, il entend tout et voit tout. Alors, faites moi le plaisir de sourire, de manger un bout et de repartir du bon pied vers lui.. Ok ?”

A ce moment là, le bipper d'Ingrid se déclenche. Elle regarde la nature de l'appel et s'excuse auprès de ses deux amies.
“ Et c'est reparti.. Un malaise cardiaque.. A plus les belles, je reviens dès que je le peux!”


Le fourgon stoppe net devant les portes de la prison. Après un bref contrôle au portail d'entrée, le véhicule repart lentement avant de pénetrer dans l'enceinte de l'établissement pénitencier. Le conducteur descend rapidement, sans un mot et va ouvrir les portes sécurisées arrière du fourgon duquel descend, à pas lents, Jean-François.
La neige tombe à gros flocons sous une bise glaciale digne d'un vent sibérien qui fouette son visage blafard et éteint. Devant lui, les murs gris de la prison. Il se retourne machinalement et voit se refermer derrière lui les lourdes portes de la liberté, d'une vie luxueuse et luxuriante. Il ferme les yeux, puis, dans un souffle rauque, suit le gardien de la paix qui le mène à l'entrée principale.

“ Bon, on fait quoi maintenant qu'on a reussi à manger quelque chose demande Noémie? J'ai beau essayer de ne pas y penser, mais c'est dur tu sais..
J'y pense tout autant que toi, tite soeur. Et je trouve que le temps horriblement long.
Et maman qui n'a toujours pas donné signe de vie.. Ca devient intolérable! Et si on textotait maman?
On peut le faire, mais je sais pas si elle aura notre message. Dans le service où elle se trouve, les téléphones doivent être éteints.
Mais alors, elle attend quoi pour nous faire un signe?
J'en sais rien, mais si elle le fait pas, c'est qu'elle a une bonne raison.
Elle n'a pas le droit de nous torturer comme ça! On est aussi inquiets qu'elle!
Elle sait tout ça, dit Nathan. Elle fait ce qu'elle peut. T'inquiète pas, je suis persuadée qu'on va vite avoir de ses nouvelles.
Tu as dit ça il y a cinq minutes Nathan.
Je sais! Mais s'il te plaît, arrête de tourner en rond et calme toi un peu. Viens t'asseoir près de moi que je te fasse un calin.
M'assoir, mais je suis restée assise jusqu'à maintenant!
Que tu dis! Tu fais les cent pas toutes les cinq minutes! A ce rythme là, il y aura un petit sentier sur le tapis!
Désolée..
Je rigolais soeurette. En fait, je suis aussi inquiet que toi, mais j'essaie de gérer.
Bein je sais pas comment tu fais, moi j'y arrive pas!
Viens ici, je te dis.
Attend, j'ai froid, je rajoute une bûche dans la cheminée.
Ils donnent quoi à la télé ce soir?
Tu as envie de regarder la télé? Je vais même pas arriver à me concentrer sur ce qu'il y aura.
Peut-être, mais ça cassera le silence mortel qui règne ici. Répond timidement Nathan.
Xavier me manque, Xavier nous manque. Il manque au manoir tout entier en fait. Sans lui, tout est morne et triste.
Xavier va revenir Noémie. Il ne peut en être autrement. Ca n'aurait plus de sens. Sa perte serait extrêmement lourde pour nous tous.
Ce qui ne serait pas le cas de celui qui nous sert de père. Qu'il crève en taule, je m'en fiche. Mais pas Xavier, non, pas lui.
La garde à vue est terminée, il doit être au trou à l'heure qu'il est, ou pas loin.
Me fiche de ce qu'il fait et d'où il est. Je veux que Xavier survive.. Ah mais maman, qu'est-ce-que tu fous bon sang?”

Le témoin sonore du téléphone de Nathan indique l'arrivée d'un message. Les deux jeunes gens se précipitent vers le petit appareil.

“ Elle t'a entendue! C'est maman c'écrie Nathan
Qu'est-ce-qu'elle dit?
Attends deux secondes tite soeur.. ah, voilà:

“” Xavier a fait un autre arrêt cardiaque mais tout va bien à présent. On est à la caf. On passe la nuit à son chevet. Vous avez mangé j'espère. J'attends réponse””

“” yep maman, pas de souci. C'est fait. Tout va bien ici. Merci pour le message, on commençait à se faire du mourron””

“” je sais les enfants, désolée. Pas pu avant. On vous recontacte dès qu'on peut. Bisous les chéris””

“” Ok maman, on attend avec vous de notre coté. Des qu'il y a du nouveau, tu dis, ok?””

“” Ok, bien sûr, bisous les chéris, @ +””

“ Cool ! Ce vieux grigou est toujours parmi nous! Dit Nathan la larme à l'oeil. Tu vois, je te l'avais dit!
Je vois aussi que tu es plus sensible que tu ne le laisses paraître.
C'est le rôle d'un grand frère que de réconforter sa petite soeur, non?
Oui, mais je te signale que l'inverse est de mise aussi..
Oui, bon, on fête ça? Tu veux un verre de coca?
Avec plaisir!!”


Dans le long couloir, aux sols linéifiés cirés des centaines de fois, Lemoux marche lentement. A sa droite, la rangée interminable de cellules, à sa gauche, le vide, ce vide où sont néanmoins tendus des filets géants dans le but de couper toute envie aux suicidaires de faire le grand saut.
Ses pieds trainent, ses yeux scrutent chaque recoin de l'endroit où l'on entend les détenus s'invectiver et échanger quelques propos salaces.

“ Hey, ça bouge dans les couloirs les gars! Y'a d'la chair fraîche!
Si ça se trouve, il est pas pédé.
Il apprendra! Tu verras mec! Puis, s'adressant à Lemoux. Tu vas aimer ça”.

Un rire gras s'échappe alors des quelques cellules environnantes, les gardiens de prison continuent leur chemin sans mot dire. Enfin, un peu plus loin, un des deux gardiens fait stopper le petit groupe et fait un signe d'ouvrir la porte. Il fait signe de la tête à Lemoux et celui-ci entre.
“ Voilà ton nouveau palace l'avocat, bienvenue chez toi! Estime toi heureux, tu es en single, c'est le luxe ici!”
Lemoux jete un coup d'oeil rapide autour de lui : un lit sommaire, une table, des wc.
“ Lemoux ? Allez rentre chéri, crie un détenu. Tu vas voir, tu vas te plaire ici! Un nom digne du tien, on va s'en occuper aux petits oignons. Chuis sûr que t'as un beau cul. Garde le bien au chaud pour ma tite bite.. hahahaha
ho, hey, l'avocat, c'est un prétentieux. Sa bite va te faire des chatouilles. Par contre, mon braquemar, tu vas bien le sentir..”.


Dans une autre prison, au même instant, le Belge, alias Eekhoud, git, allongé sur le lit minable de la cellule dans laquelle on l'a enfermé depuis quelques heures. Un bras sous sa nuque et une jambe repliée, il pense. Ca fait des heures qu'il pense. Il pense, et pense encore. Les flics ont été bien renseignés. Dans son cerveau sans cesse en ébullition, des centaines d'hypothèses ont été étudiées, analysées, encore et encore jusqu'à ce qu'il arrive à une certitude. Personne dans son entourage n'a pu commettre d'impair. Son leurre était on ne peut plus au point. Quelqu'un dans l'entourage proche de son copain Jeff a fait échouer ses plan et est le seul responsable de son enfermement. Il ne peut en être autrement. Il en est certain à présent. Un ami? Un proche? Qui a pu être aussi proche de Lemoux pour être au courant de tous leurs faits et gestes? Dans la possibilité de connaître tous les détails de leurs rendez-vous, de leurs plans, de leur rencontre à Venise et enfin, du projet d'assassinat de Louise? Qui, si ce n'est un agent infiltré? Lemoux a tant de contacts réguliers, qu'il lui sera impossible d'en déterminer l'identité.


Louise et Virginie remontent à l'étage où Xavier mène un combat sans merci contre la faucheuse. Dans l'ascenseur qui les y transporte, elles se laissent aller à un petit moment de douceur, s'enlaçant et se donnant de tous petits baisers du bout des lèvres jusqu'à ce que les portes s'ouvrent.
Le silence de la nuit qui vient de tomber pèse lourdement dans le service que viennent perturber les témoins sonores des machines. Une voix qui leur est familière se fait entendre à l'extrémité du couloir, celle du Docteur Kramer qui sort de la salle des infirmières qu'elles entendent pouffer dans la salle de repos. Le médecin, tout souriant des ses propres facéties, se dirige dans leur direction.

“ Alors, vous avez reussi à avaler quelque chose j'espère! La cafétaria ne sert pas de la gastronomie de luxe mais..
Mais elle est très consistante.. oui, je m'en suis rendue compte l'interrompt Virginie, tout sourire.
Je n'ai mangé qu'une salade mais je peux le confirmer. On ne sort pas de table avec la faim au ventre!
C'est ce qui compte..
Comment va Xavier? Interroge Louise, redevenue sérieuse. Y a-t-il du changement?
Ni en mieux, ni en pire. Mais c'est déjà une bonne nouvelle car il se maintient très bien, surtout avec ce qu'il a subi tout à l'heure. Vous ne voulez pas rentrer chez vous et vous reposer?
Non! Non seulement il neige trop dehors, mais encore, j'ai ici, quelqu'un qui est très cher à mon coeur et que je ne laisserai pas seul, ne serait-ce qu'une minute.
C'est bien ce que je pensais. Les fauteuils de la salle d'attente sont très confortables vous savez. Voulez-vous que je vous fasse apporter deux couvertures?
Non, ça ira très bien. Il fait déjà trop chaud ici, répond Virginie.. Enfin pas pour moi en tout cas. Et toi chérie?
Je veux bien moi. Je suis assez frileuse.
J'avais bien remarqué, tu me piques toutes les couvertures!”

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MessageSujet: Re: LOUISE OU LA VRAIE VIE   Ven 7 Fév - 21:04

Le Docteur Kramer, Hans, de son prénom, ne peut s'empêcher de sourire en écoutant le couple parler. Ses yeux pétillent de malice mais aussi de joie en les voyant enfin penser à autre chose qu'au malheur qui les frappe. Galant homme, il les invite à se rendre à la salle de garde afin de leur offrir un petit café, qu'elles n'ont pas eu le courage de refuser devant tant d'affabilité. L'odeur du café envahit la pièce, redonnant enfin à l'endroit aseptisé un côté plus humain. Les deux femmes sont accueillies chaleureusement par le personnel qui reconnaît aussitôt Louise mais fait preuve de tact en ne faisant aucune allusion aux évènements en cours. Les sourires et les mots rassurants fusent sous l'oeil attentif du docteur Kramer, ravi, d'offrir à Louise et Virginie un petit moment de détente fort bienvenu.

Les sourires, les paroles et la compagnie réconfortent les deux femmes pendant un bref laps de temps lorsque l'alarme rouge retentit une nouvelle fois. Tétanisées, Louise et Virginie se regardent. Elles n'osent se retourner ou questionner le médecin, sachant par instinct de quoi il en retourne.

“ La 416 ! Code rouge.
On y va! Prenez le chariot de réa!”

Sans le moindre stress mais avec rapidité et efficacité, le petit groupe se précipite dans la chambre de Xavier dont les fonctions vitales viennent de s'arrêter, une fois encore.
Dans les yeux merveilleux des deux femmes, la gaieté fait place à l'anxiété et la peur. Collées l'une à l'autre, les mains unies et les doigts crispés, elles assistent, impuissantes aux évènements. Mettant tous leurs espoirs dans les mains du médecin, elles prient pour la survie de Xavier malgré les dessins les plus funestes qui défilent dans leurs esprits.

“ J'ai très peur chérie.. vraiment très peur. C'est le troisième arrêt cardiaque depuis cet après-midi. J'ai si peur que cette fois-ci..
Chhhhhhht bébé... tente de la rassurer Virginie.
J'ai si peur mon ange..
Je sais, mais tu dois être forte, on doit être fortes pour lui et lui apporter tout notre soutien. Il sait qu'on est là et il ne doit pas aimer nous voir ainsi..
Allez, ils ressortent les palettes..
Oui, pour faire repartir le coeur.. et de l'adrénaline pour donner un coup de fouet.. Tu sais bébé, ils ont fait ça des milliers de fois.. Tu dois leur faire confiance.
Mais j'ai confiance en eux, j'ai juste peur que Xavier abandonne la partie.
On te l'a déjà dit, Xavier est un battant. Il laissera pas tomber aussi facilement...”

Dans la chambre où le bruit strident des appareils se fait entendre, un combat acharné contre la mort est en train de se jouer. Le sourire du Docteur Kramer s'est envolé pour faire place à un pincement de lèvres qui traduit la préoccupation et l'inquiétude. En effet, les trois premières tentatives viennent d'échouer, et l'adrénaline ne semble plus vouloir agir sur un corps extrêmement affaibli.

“ On recommence, on met le paquet.
Docteur, murmure l'infirmière.
Je sais, mais on tente quand même.
Docteur..
Il suffit.. On tente une dernière fois. Allez mon grand. Tu vas pas abandonner maintenant! Allez, chargez..
Ca charge.” Et après des secondes qui s'écoulent comme des éternités :
C'est chargé.
Reculez, j'envoie.. poussez vous je vous dis!”

Le médecin actionne une fois encore le déclencheur qui permet au défibrillateur d'envoyer la puissante décharge électrique dans le corps du majordome. Toute l'équipe médicale fixe à présent le scope pour guetter la moindre activité cardiaque. Les yeux de Virginie et de Louise sont rivés sur la ligne verte qui reste désespérement plate accompagnant le bruit strident de la machine, qui est devenu insupportable.

“ On arrête, murmure le médecin, abattu. Heure du décès?
23h43.
Bon, débranchez le, coupez moi ces putains de machines et rendez-lui forme humaine. Je vais retrouver ses deux amies.
Bien Docteur”

A l'extérieur de la chambre, Louise et Virginie ont fondu en larmes. Elles se tiennent, l'une, dans les bras de l'autre, pleurant tout leur désespoir et leur immense tristesse..

A cet instant, le médecin s'approche du couple et articule laborieusement les mots que tout médecin a horreur de prononcer.

“ Je suis désolé. Vraiment désolé.
Vous aviez dit..
chut, Louise, non. On savait que ça pouvait arriver.
Oui, répond le Docteur Kramer, navré. Je suis désolé. Son corps affaibli n'a pas répondu aux doses massives d'adrénaline et aux chocs électriques. Nous avons fait tout ce qui était en notre pouvoir..
Nous n'en doutons pas une seconde Docteur, répond Virginie.
C'était un chic type se morfond Louise. Qu'est-ce-qu'on va devenir sans lui? Et les enfants.. je n'ose même pas y penser. Ils ne vont pas s'en remettre.”


Dans la chambre, les deux infirmières, tout aussi tristes, se mettent en tâche d'executer les ordres du médecin. Lentement, la première débranche les tubulures avec une précaution infinie et un profond respect pour Xavier alors que la seconde presse le bouton “off” du scope avant de débrancher les électrodes témoins d'une activité cardiaque. Le silence retombe soudainement dans la pièce et tout le service à cette heure tardive de la nuit.
Alors qu'elle s'apprête à retirer les électrodes du torses de Xavier, sa collègue dresse la tête afin de lui adresser la parole, mais ses mots restent en suspend lorsqu'elle aperçoit derrière elle des mouvements oscillatoires sur le scope..
“ Mon Dieu, Mélanie, y'a un pouls!
Hein?” Mélanie se retourne et n'en croit pas ses yeux.
Vite, appelle Kramer pendant que je remets tout en place!”

A ces mots, la jeune infirmière se rue sur la sonnette d'alarme attenante au lit où Xavier semble faire une nouvelle apparition à la vie. Il ne faut que quelques secondes au docteur Kramer pour débouler dans la chambre, laissant Louise et Virginie qui comprenent très vite que quelque chose est en train de se passer. Elles observent sans mot dire l'intense activité qui se déroule sous leurs yeux.

“ Mon dieu, dit le médecin.. vite, il y a une réaction. Son coeur repart comme en l'an 40. Rebranchez tout et on continue les mêmes soins.
Comment se fait-il ?
La médecine n'a pas les réponses à tout Josette. Bien des mystères restent encore à découvrir. Mais là, visiblement, notre bonhomme a décidé coûte que coûte de s'accrocher à la vie. Et c'est ce qui compte. On verra plus tard pour le reste.” Puis, s'adressant à Xavier “ Les constantes sont normales, tout est normal.. Tu nous as fait un sale coup mon grand... Alors, ça suffit maintenant, ne nous fais plus des frayeurs pareilles.. ok?”

Hans Kramer sort de la chambre après avoir donné de nouvelles directives aux deux infirmières et vient trouver, tout naturellement, Louise et Virginie, qui ne lui laissent pas le temps d'ouvrir la bouche.

“ Il... il.. il est revenu ?
Oui..
comment ça se fait? Il était... mort.
Oui, mais quelques instants seulement. Il a réagi, à retardement si je puis dire. Ce genre de situation est plutôt rare, mais ça arrive.
Et si vous l'aviez pas vu?
Le scope s'est manifesté et la cage thoracique a bougé, donc, il était impossible de ne pas le voir.
Et maintenant, on en est où? Va-t-il survivre ou passer la nuit à nous faire ça?
Je n'en ai aucune idée. On peut s'attendre à ce que ça se reproduise, tout comme il peut tenir jusqu'au bout de la nuit sans problème.
On peut rester?
Certainement. Allez vous installer dans la salle d'attente et tâchez de dormir un peu. Vous êtes exténuées, il vous faut du repos.
Le docteur a raison, intervient Virginie. Le mieux que l'on puisse faire à présent est de penser à nous et attendre
Tu crois que ça va être facile de penser à autre chose?
Bien sûr que non, et se reposer ne veut en rien dire ne plus penser à lui. Et j'y pense.. tu devrais peut-être envoyer un petit message aux enfants. Ils doivent être mort d'inquiétude
Tu as raison mon ange. Je le fais de ce pas. Ca t'ennuie si je descends fumer ou alors, tu viens avec moi?
Non, vas-y, je reste là
Merci chérie
Embrasse les pour moi
Je n'y manquerai pas. Je suis là dans cinq minutes”.


Dans se cellule, le Belge n'a en rien interrompu ses réflexions. Etre coupé de l'extérieur n'est pour lui qu'une simple anicroche sur le moment mais il sait qu'il aura vite la possibilité de contacter ses amis et de leur donner les directives à suivre lorsqu'il en aura la possibilité. Un sourire se dessine sur ses lèvres. Il n'est pas un homme que l'on met derrière les barreaux. Dehors, son armée suit de près l'évolution depuis son arrestation et attend un simple geste de sa part pour se mettre en marche. Réfléchissant depuis son enfermement, son plan est déjà tout tracé, il ne lui reste plus qu'à attendre l'opportunité pour l'exécuter.

Son plan pour mettre les flics sur une fausse piste a échoué, quelqu'un a suivi de très très près sa rencontre avec Lemoux à Venise et ce même quelqu'un était également au courant de la transaction à Montparnasse. Ce quelqu'un, il se le répète ne peut être qu'un proche à ce crétin d'avocat auquel il a eu la mauvaise idée d'accorder toute sa confiance et qui, par conséquent, l'a trahi par son incompétence. Plus les minutes s'égrenent et plus, il se persuade que Lemoux, l'incapable, mérite une petite punition.
“ Ho mec, pourquoi tu te marres?
Pour qui tu te prends pour me parler l'avorton?
Ho, ça va, c'était pour lancer la conversation. T'as pas dit un mot depuis que t'es là!
Et alors, ça te pose un problème?
On risque de passer un moment tous les deux. Ca serait cool de pouvoir s'entendre tu crois pas?
Je suis bien mieux quand je suis pas emmerder par des sous merdes comme toi. Et tais-toi, tu m'empêches de réfléchir.
Hey mec, t'es pas Dieu ici. Pour qui tu te prends?
C'est là que tu te gourres mon gars. Visiblement, tu me connais pas. Tu vas apprendre à me connaître. Et pour commencer, tu vas fermer ta grande gueule, vu?”

Joignant le geste à la parole, Eekhoud se dresse d'un bond hors de son lit et aggripe le codétenu à la gorge avant de se mettre à serrer, lui broyant littéralement le larynx. D'une voix presqu'inaudible et au bord de l'apoplexie, le gaillard qui dépasse le Belge de plus d'une tête, articule du mieux qu'il peut.
“ Ok mec, j'ai rien dit.. j'ai compris, j'te fous la paix..
C'est bien, tu comprends vite. Si j'ai besoin de toi, je te le ferai savoir. Tu peux m'être utile et si tu fais correctement ce que je peux te demander à l'avenir, tu seras récompensé. Mais pour le moment, va te mettre dans un coin et fais toi oublier. Si j'ai besoin, je te sonnerai.”

Eekhoud desserre ses doigts noueux et retourne s'allonger, satisfait, alors que son compagnon de cellule récupère peu à peu son souffle, tout en frottant son cou.


Dimanche :

Chacune sur son fauteuil, Louise et Virginie se sont laissées rattraper par la fatigue. Leurs mains jointes dans le sommeil, elles dorment tels deux anges. Elles sont si belles que le personnel n'ose les tourmenter dans leur repos et glisse à pas feutrés dans l'espoir que leur passage incessant ne les éveillera pas. Le docteur Kramer saisit cet instant de sérénité et s'approche des deux femmes qui semblent sentir sa présence et ouvrent leurs magnifiques yeux à la lueur du jour.

“Ho, je suis désolé, je ne voulais pas vous réveiller Mesdames.
Non.. ho, bonjour docteur. Non, non, ça va bien, pas de souci.. Nous nous sommes assoupies je crois..
Oui, et vous en aviez grandement besoin.
.. Et Xavier? Mon dieu, comment va-t-il?
Il va très bien, rassurez-vous. Il a passé la nuit sans encombre et n'a plus montré le moindre signe de détresse. Au contraire, il va de mieux en mieux. Il m'impressionne. Comme tout allait bien, j'ai jugé bon de vous laisser vous reposer.
C'est très gentil de votre part. Merci. Tout ça grâce à vous docteur. Nous avons eu très peur vous savez. J'ai cru qu'on allait le perdre. Comment vous remercier?
Je n'ai fait que mon métier..
Mais vous aimez votre métier, docteur, ça se voit !
Cessez, vous allez me faire rougir. Non, non, il n'y a pas de quoi.
On peut le voir?
Certainement, je suis certain qu'il sera content de vous sentir à ses côtés. Ma garde se termine dans quelques minutes . Je tenais à vous saluer avant mon départ et à saluer le courage qui vous habite toutes les deux.
On vous revoit bientôt Docteur?
Demain. Mais je suis toujours joignable par téléphone. Il doit me rester une carte dans ma poche.. Ah, la voilà, tenez.
Merci Docteur.
Passez un bon dimanche et n'hésitez pas à m'appeler si besoin est.
Nous ne pertuberons en aucun cas une journée de repos bien méritée.
En fait, c'est une excuse, dit le médecin, un sourire malicieux aux lèvres. J'aime trop mon travail et m'ennuie ferme quand je suis seul chez moi. Mon travail, c'est ma vie, mon seul compagnon de route.
Je vois, lui répond Louise d'un clin d'oeil. Mais que vous dire si on vous appelle?
Comment va votre cher Xavier par exemple. A bientôt. Bon dimanche à vous aussi.
Je pense que c'est déjà le plus merveilleux des dimanches” lui murmure Louise, un sourire radieux et la larme à l'oeil.

Hans kramer, bel homme à la cinquantaine dynamique et doté d'une extrême gentillesse, s'éloigne du couple et disparait au fond du couloir sous l'oeil reconnaissant des deux femmes.

Louise et Virginie se retournent et regardent Xavier, toujours branché à d'innombrables machines. Son visage leur paraît apaisé et serein malgré l'inconscience profonde qui l'habite. Le bip régulier du scope et le rythme fréquenciel du respirateur artificiel les rassurent, installant une certaine quiétude dans leurs esprits.

“ Ah, Xavier, Xavier, tu nous as fait peur tu sais.. Reviens nous vite hein! Le manoir est bien vide sans toi. Allez, on te laisse un petit moment, juste pour nous le temps d'aller nous doucher et de nous changer et on revient”


Au manoir, Nathan et Noémie, prévenus de l'arrivée de leur mère et de Virginie, font le pied de grue devant l'imposante entrée. Ils ne laissent pas aux deux femmes le temps de descendre du véhicule, que déjà, les enfants se ruent dans les bras de Louise, puis ceux de Virginie..

“Alors, Maman, comment va Xavier? Il est tiré d'affaire?
Bonjour mes amours.. Ca va? Oui, Xavier a passé le plus difficile.
On était morts d'inquiétude.
Nous aussi vous savez. Il est passé vraiment très très près.. Mais c'est un costaud.
Oui.. Ah, ça fait du bien de vous revoir toutes les deux.
On reste pas longtemps les chéris. On vient juste se doucher et se changer et on repart.
Vous partirez pas avant d'avoir pris le petit déjeuner qu'on vous a préparé Noémie et moi.
Oh c'est chou!
Heureusement qu'on est là pour penser à vous hein.. On a besoin de mamans en forme nous, et Xavier aussi.
C'est bon, c'est bon, on arrive..
Allez, dépêchez vous les filles, ça caille, et ça va refroidir!!
Quelle idée de sortir en pyjama aussi!!”

Louise pince alors tendrement son fils à la joue avant que celui ci ne la serre fort contre lui, imité bientôt par Noémie qui entraîne tout naturellement Virginie.

Dans sa cellule, Lemoux n'a pas fermé l'oeil de la nuit. Les heures se sont écoulées comme des siècles, dans l'attente des premières lueurs du jour où il pense trouver enfin un semblant de sérénité. Mais il sait à présent que ce sentiment n'est qu'utopie. De grosses perles de sueurs inondent son visage alors qu'il grelotte de froid. Des frissons désagréables parcourent son échine, son coeur bat trop fort contre ses tempes, un mal intense déchire ses entrailles.
“ Ho mec, ça va pas?
hum.. quoi?
T'as pas l'air de te sentir trop bien.. Ca va?
Si on te le demande, t'as qu'à dire que t'en sais rien.
Bein justement, j'en sais rien, alors dis moi si je peux faire quelque chose pour toi.
Mêle toi de tes oignons, je vais bien ok?
C'est pas l'impression que tu me donnes en tout cas.
Si tu cherches à te vider les burnes, t'es mal barré, je déteste les pédés. Alors, dégage.
Ok, ok, ok... pas de souci man. Je connais quelqu'un qui aurait pu soulager ton manque, mais bon, pas grave.. J'offrirai mes services à quelqu'un d'autre..
De quoi tu parles là, enfoiré?
T'as très bien compris mec.” Puis, un sourire narquois aux lèvres “ Ah, je vois que je t'interesse tout d'un coup..
Peut-être bien. Ce qui sert mes desseins m'interesse toujours. Mais compte pas sur moi pour t'enfiler.
C'est bon mec, j'ai bien compris, et si ça peut te rassurer, je préfère une chatte bien trempée à une bite dans le cul.
Sauf que toi, tu es là pour perpete, moi pas. Pauvre vieux, tu vas être condamé à te branler devant des photos de papier glacé.”

N'ayant pas apprécié la remarque de Lemoux, le sourire se fige sur le visage du géant. Le black se saisit alors du journal qu'il avait conservé sous son oreiller et le jette au visage de l'avocat verreux.

“ Tiens, ça t'aidera peut-être penser à autre chose”

Lemoux rattrape le journal d'un geste lent et malhabile.

“ C'est quoi? Lance-t-il d'une voix pâteuse.
Regarde, tu vas vite comprendre de quoi je parle. Je pense que ça devrait te plaire.
Si c'est pour entendre parler de mes magouilles, des accusations ou tout ce que tu voudras, tu peux te mettre ton journal au cul.. au mieux, te torcher avec.
Regarde je te dis bordel. Ta femme, c'est un sacré morceau..
Qu'est-ce-que?”



Jean-François Lemoux déplie le journal froissé qu'il tient dans ses mains tremblantes et découvre, en première page, une photo de Louise, accompagnée de Virginie.

“ Qu'est-ce-qu'elle fout à l'hosto avec elle, la gouine? Elle a rien à foutre là!
Regarde mieux que ça..
Mais quoi ..
T'es vraiment en piteux état, regarde mieux bon sang!
Putain mes lunettes ! Je te préviens que si c'est pour une connerie, je te pète la gueule, minable !
Je pense que ça devrait t'interesser.”

Lemoux, fouille fébrilement ses poches quelques secondes, chausse ses lunettes à monture dorée et écoute les conseils de son compagnon de cellule en détaillant plus attentivement la photo qui prend une bonne demie page. Ses yeux se froncent soudain avant de s'ouvrir de façon démesurée. Puis, froissant le journal, il se met à hurler.

“ Non, non, c'est pas possible.. Non, mais j'hallucine.. Louise a viré la cuti?!J'y crois pas, non,c'est pas possible.. Cette pute a osé me faire ça.. et avec cette blondasse mal baisée! Putain de merde, elle va me payer ça cette grosse salope!
Je savais que ça allait t'interesser.. Elles sont pas belles toutes les deux, enlacées? Et puis, regarde là, sur la photo en troisième page, les journalistes s'en sont donné à coeur joie..
Elles se roulent un patin ou je rêve?
Bein oui mec. Et ça a pas l'air d'être du cinoche..
Comment ces fouille merde ont-ils pu publier cette abomination?
Bah, c'est un truc à la mode les homos en ce moment tu sais mec.. répond le gros chevelu sur un ton narquois.
Et tu te fous de ma gueule en plus? Attend, tu vas pas rire longtemps sale fumier !”

Retrouvant toute son énergie, Lemoux se précipite d'un bond sur l'homme qui mesure une tête de plus que lui. Son poing fermé tente de l'atteindre au visage, mais il est arrêté net dans son élan par une main aussi large que des battoirs, qui l'enserre et se referme inexorablement, arrachant sur le visage de l'avocat, la grimace de la douleur. Lemoux finit par

“ Hey mec, tu crois aller où comme ça?
je vais te péter la gueule ducon..
Calme toi mec ! T'es juste un cocu de plus, et alors?
Lâche moi, ou je t'éclate le nez !
Je crois pas que tu sois en position de me dire ce que je dois faire ou pas. T'as vu dans l'état où tu es? T'as vu dans l'état où tu te mets? Tu comptes faire quoi maintenant? T'as plus aucun pouvoir sur elle. Au contraire, elle te tient par les couilles. Tu peux plus rien faire mec! T'as pas compris encore ou il faut que je t'explique?
Et tu te crois plus fort que moi à ce petit jeu là? Tu crois en savoir plus que moi?
J'en sais assez pour savoir que t'es dans la merde! Ce journal, c'est le prétexte pour te faire rentrer dans la tronche que tu n'as aucun pouvoir ici et que tu devras t'aligner comme les autres.
Ah ouais, et sinon, il va m'arriver quoi?
La main qui broie la tienne, te broiera le larynx. Et je peux te jurer que personne n'y verra que du feu. Un bon conseil mec, vaut mieux pas que tu me caresses dans le sens contraire du poil. T'as pigé?”

Le visage défiguré par la douleur, les doigts broyés, Lemoux, à genoux, réalise qu'il n'a pas d'autre choix que de céder face à cette brute.

“ Ok, ok.. J'ai compris. Mais lâche moi s'il te plait.
C'est bien! Tu vois si tu veux!” dit le géant en desserrant son étreinte avant de lui tapoter la joue. “Tu comprends vite. Et je serai gentil si tu fais ce que je te dis. Je peux t'apporter tout ce que tu veux, tout ce dont tu as envie.. Tu en as les moyens.. Ca devrait pas être un problème pour toi je pense..
Ouais, et après, tu vas me demander quoi?
Je laisse ton petit cul tranquille si tu vois ce que je veux dire.
C'est du chantage ça mec.. du racket..
Ca te fait quoi d'être la victime ce coup ci mec?”

Savourant sa victoire, le visage du géant s'illumine d'un large sourire. Du fond de sa gorge, surgit un son rocailleux mais puissant, transperçant comme mille poignards, le corps affaibli de Lemoux.


Louise et Virginie, suivies de près par Nathan et Noémie, pénètrent dans la cuisine où un délicieux arôme de café fraîchement passé vient titiller leurs narines. Sur la table trônent, beurre, chocolat, viennoiseries de toute sorte, marmelade, jus de fruit, sucre et crême, forçant l'admiration des deux jeunes femmes.

“Mon dieu, mais y'en a pour un régiment ! Vous avez invité tout le quartier ou quoi? S'exclame Louise en découvrant les richesses abondantes étalées sous ses yeux.
Bein quoi, vous avez pas faim ? Questionne Nathan en lui lançant un clin d'oeil bien senti.
Oh si si.. Si faim que j'en avalerais le curé avec sa soutane!
Non, la nonne avec son capulet, mon coeur, renchérit Virginie.
Asseyons-nous. Et discutons tout en faisant honneur à ce copieux petit-déjeuner, intervient Louise. Vous avez déjeuné les enfants?
Non, on vous attendait. J'étais debout depuis pas longtemps quand j'ai reçu ton texto, alors, Noémie et moi, on a préféré vous attendre.. Pour déjeuner..
Et discuter, continue Louise dans un sourire.
Allez Maman, Virginie, asseyez-vous et laissez-nous faire dit Noémie.
Oh, c'est trop mimi ça..
Vous êtes fatiguées, on va s'occuper de vous.. répond la jeune fille en entourant de ses bras, le cou de sa mère.
Vous n'êtes pas très frais vous non plus ! La coupe Louise en déposant un baiser sur sa joue.
Non, ça va, je t'assure, ça va.. Café, thé, chocolat?
Comme d'habitude ma chérie, un café .. et 4 sucres..
C'est plus du café sucré, mais du sucre au café ! Plaisante Noémie..
Oui.. je sais, je sais..
Et le café perd tout son arôme..” Voyant sa mère tartiner généreusement un croissant qu'elle a coupé en deux, Noémie rajoute : “ Et ça suffit pas, il faut encore que tu mettes tout le pot de marmelade sur ta tartine!
Non, mais tu as fini oui?! S'esclaffe Louise en pincant la joue de sa fille.
Non, je fais que commencer ma petite maman! Je t'aime tu sais!
Mais moi aussi je t'aime mon coeur! Je vous aime tous les deux plus que ma propre vie!
Ca, on sait, mais il va te falloir penser un peu plus à toi maintenant..
C'est ce que je fais en ce moment même, avec vous..
Certes, Xavier, moi, Nathan.. Mais il y a toi.. et Virginie maintenant..
Maman ! Intervient Nathan, ce que Noémie veut dire, c'est que ta vie est aussi importante pour nous, que la notre pour toi. Tu dois penser à toi et à ta nouvelle vie avec Virginie.
C'est vrai qu'on a pas eu trop le temps d'en parler..
Avec tout ce qui nous tombe dessus, c'est clair. Mais il ne nous a pas fallu longtemps pour comprendre, et voir que tu es enfin heureuse maman. Quoique les gens pensent ou disent, on sera là pour leur clouer le bec et vous défendre. Papa.. enfin, celui qui n'en a que le nom, aura qu'à fermer sa gueule car il entendra parler du pays.
Vous êtes des amours mes anges.. je vous aime fort.. très fort.
Nous aussi petite maman, et on veut ton bonheur, pas comme cet abruti qui nous sert de père et qui n'a jamais compris qu'il avait la plus merveilleuse des femmes sous les yeux. Mais Virginie l'a compris elle.. n'est-ce-pas Virginie?
Oh que oui. Je suis tout à fait d'accord avec toi Nathan. Ta mère est une femme exceptionnelle.. qui m'a donné du fil à retordre.. mais... je l'aime. Répond la jeune femme blonde en prenant tendrement la main de Louise dans la sienne. Je ferai tout pour la rendre heureuse, et vous aussi.. enfin, si vous le souhaitez bien sûr!
Si on veut?! Et comment?! Quand c'est que tu t'installes?”
Louise et Virginie, interdites, dévisagent les enfants avant de se regarder. Puis, Louise intervient.

“ Je trouvais que les choses allaient très vite, mais là, on peut dire que vous mettez le turbo. Je n'ai pas encore discuté de ça avec Virginie. Mais puisque vous en parlez, je fais mienne votre question. Mais tu n'es pas obligée de répondre tout de suite mon ange. Tu as tout ton temps. Tu n'es pas obligée d'être mélée, de près ou de loin, à toute la merde qui touche de près ou de loin, la famille.”

Bien qu'elle ait sa réponse dans sa ravissante tête avant la fin de son élocution, Virginie fixe tendrement sa compagne et attend sagement qu'elle en ait terminé.

“Chérie, combien de fois t'ai-je émis le souhait de me battre à tes côtés? Combien de fois ai-je dit que je mènerai ce combat jusqu'au bout quelle qu'en soit l'issue? Ce qui n'était, au départ, qu'une affaire de divorce, est devenu quelque chose de bien plus grave. Il est de mon devoir de te cotoyer et de t'épauler d'avantage dans cette nouvelle bataille, Par conséquent j'estime que je dois être aux côtés de la femme dont je veux partager la vie, pour le meilleur et pour le pire... Les enfants, pour répondre à votre question.. si vous acceptez une seconde maman sous votre toit, et si tout le monde est d'accord, je m'incruste dès à présent!
Et tu es la bienvenue Virginie s'exclament en coeur Nathan et Noémie. On va même t'aider à t'installer ici, à tout transporter au manoir, à te sentir chez toi.
Je suis déjà chez moi les enfants. Il peut pas en être autrement avec l'accueil que vous me faites.. et.. ah, oh, purée, vous me faites pleurer!”

Abandonnant quelques instants leur mère, Nathan et Noémie se décalent dans le but de venir prendre la jolie blonde dans leurs bras. Louise, émue à son tour, ne peut s'empêcher de verser sa petite larme devant ce tableau attendrissant, avant d'intervenir, de légers tremolos dans la voix :
“ Bon, l'affaire est entendue alors... J'ai eu si peur de votre réaction mes chéris.. Une maman qui se met en couple avec une autre femme, j'ai craint que vous n'appreciez pas du tout.
Maman, l'essentiel est que tu sois heureuse. Homme ou femme, ça n'a aucune importance. Et puis, tu sais, la présence de Xavier, sa vie, nous ont fait ouvrir nos coeurs et nos esprits. Et puis, on adore Virginie. Vous respirez le bonheur toute les deux.. et par là, vous embellissez le notre.. Vous avez notre bénédiction, termine Nathan en faisant le signe sacré, le visage grave.. avant de laisser échapper un éclat de rire retentissant.
Non, mais t'es pas possible Nathan! Articule difficilement sa jeune soeur. Tu as raté ta vocation toi!”

Le petit déjeuner se finit dans la joie et la bonne humeur, loin des soucis et des inquiétudes. Xavier a survécu, Virginie entre dans la famille, Jean-François est derrière les barraux.. que demander de mieux pour le petit groupe?

Louise et Virginie quittent la cuisine, laissant le soin aux enfants de ranger, avant de monter à l'étage et de rejoindre la salle de bain où les appelle une douche réparatrice. A peine la porte de leur chambre refermée, elles ne peuvent réprimer un élan qui les mène soudain dans les bras l'une de l'autre, bouche contre bouche.

“ Enfin seules.. j'avais tant envie de t'embrasser!
Ca me manquait aussi, répond Louise dans un large sourire..
Tu as des enfants en or mon coeur..
Oui, j'ai du mal à croire qu'ils sont aussi ceux de Jean-François ricane Louise..Ils sont si merveilleux..
Oublie le mon amour.. Il n'a que ce qu'il mérite. Et pensons à nous, là, maintenant, tout de suite..
Oh, oh,..; que dois-je comprendre pas ce sous entendu mon coeur? Un petit clin d'oeil à la clé.
Oh, moi? Oh, rien..heu, et.. si on prenait notre douche ensemble?
Mouais.. à d'autres.. Allez viens.. On va se décrotter, on en a bien besoin.. murmure Louise;
T'as raison, y'a de drôles d'odeurs ici..
Parle pour toi chérie!!
Non mais ho, dis donc toi! Tu veux un coup de main?
Pour me frotter le dos? Excellente idée..
Ouhhhhh toi.....”

Se dégageant rapidement des bras de sa compagne, Virginie s'apprête à laver ce terrible affront. Mais avant qu'elle n'ait eu le temps d'equisser le moindre geste, Louise s'échappe devant elle tout aussi rapidement, devinant la manoeuvre. L'avocate, ravie de sa ruse, ne se méfie pas de la tornade blonde qui se rue sur elle et vient s'acharner sur ses fesses, simulant une correction magistrale..

“ Ah, mais tu veux ma mort!
Non, je veux te faire l'amour..
Drôle façon de me le faire comprendre!
A qui la faute!!
C'est ça, c'est moi la coupable!
Oui, et tu vas devoir faire ta propre défense!
Alors, voyons, voyons.. dit Louise en détaillant d'un oeil gourmand, le corps de sa compagne.. Laisse moi réfléchir.. Comment est-ce que je pourrais me faire pardonner? Attends... Je réfléchis.. ah, je crois que j'ai trouvé.. Tourne toi mon coeur..”

Virginie ne résiste pas un seul instant à la voix suave et ensorcelante de Louise. Elle se tourne et lui fait dos. Louise en profite pour se saisir de l'éponge naturelle et du gel qu'elle fait mousser délicatement sur le corps de Virginie, dans des mouvements d'une infinie tendresse, posant ça et là, de doux baisers qu'elle recouvre ensuite de mousse. Puis, tout aussi délicatement, elle invite Virginie à lui faire face avant de savourer le goût de ses lèvres. Leurs bouches se trouvent sous l'eau délicieusement chaude et bienfaitrice qui perlent sous leurs corps fatiguées comme des milliers de petits cristaux. Lentement, elle recommence ses gestes sur le buste de sa blonde compagne, passant entre ses seins magnifiques aux pointes dures et fières.. Virginie imite Louise de sa main nue. De délicieux frissons parcourent alors leurs corps qui se rapprochent inexorablement par le désir et l'envie.

Leurs lèvres unies, leurs mains investissent leurs corps respectifs dans une lenteur calculée mais terriblement excitante. Leurs seins se touchent, puis s'écrasent sous la délicieuse pression de leurs envies. L'eau chaude et fumante sur leur peau fait monter la chaleur de leurs corps et de leurs désirs.
Virginie, la première franchit le pas de la pudeur en laissant ses doigts fureter sur les endroits sensibles arrachant à Louise de petits gémissements d'encouragement, tout en répondant à chacune de ses caresses.
Les mains de chacune enveloppe délicatement les seins de l'autre, jouant savament du bout des doigts avec les pointes durcies de plaisir. Leurs lèvres ne peuvent plus se séparer si ce n'est pour aller les titiller et les savourer à tour de rôle alors que leurs mains explorent les flancs, les hanches et les cuisses de l'autre avant de venir se perdre dans leurs plis secrets affamés de sensation extrême.


Quelques longues minutes plus tard, Louise et Virginie dégringolent quatre à quatre les vastes escaliers qui les mènent jusqu'au rez de chaussée où elles retrouvent Nathan et Noémie en train de mener un terrible combat contre des monstres sortis tout droit de l'imagination fertile des concepteurs de jeux video.

“ Coucou les enfants! Alors, qui gagne?
Nathan, comme d'habitude!! Je n'arrive pas à le battre à ce jeu.. Pourtant, c'est pas faute d'essayer!
C'est parce que tu joues comme une bille soeurette!
Ah mais oui, mais non! Tu ne sais jouer qu'à celui là!
Et j'adore t'écrabouiller hihi..
Bon, on y retourne les enfants, on a déjà assez trainé ici..
Oki dac maman... Ca fait plaisir de vous voir fraîches comme des gardons, elle était bonne la douche?
Terriblement bonne...
Je n'en ai aucun doute..
Au lieu de me noyer de sous entendus et vous abrutir sur cette télé, n'oubliez pas qu'on est dimanche et qu'il y a cours demain.. Vous avez fait vos devoirs?
Oui M'man.. Ils sont fait depuis hier. On s'est mis au boulot pendant que vous étiez à l'hosto avec Virginie. Après les films, les jeux et la lecture, on a trouvé que ce moyen de nous occuper vraiment l'esprit en attendant que tu nous textotes.
Ok, les enfants... Allez, on y va..
M'man ?!
Oui?
On peut pas rester ici Nathan et moi. On aimerait venir avec vous. On peut venir dis?!
Vous en êtes sûrs? Je n'y vois aucun inconvénient, mais je veux que vous en soyiez sûrs. Xavie est branché à toute une batterie de machines et je ne voudrais pas que ça vous traumatise.
On est plus des gamins M'man.
Je sais bien, mais il n'y a pas que des gamins qui peuvent l'être tu sais.
Ok. Laisse nous nous couvrir et on est à vous. Même si ce n'est pas dont ce que tout le monde aurait pu rêver.. ça reste néanmoins notre première sortie en famille.”


“Alors, mec, tu veux que j'adoucisse ta peine? Demande le Chevelu à son compagnon de cellule. T'as vu dans quel état pitoyable tu es? Le questionne-t-il tout en connaissant la réponse. Tu fais comme tu veux, joue les plus forts.. Mais je te rappelle que t'es rien ici. Si tu crèves, personne ne viendra te pleurer, par contre, si tu obéis aux règles, tu as une petite chance de faire ton trou.
Ah ouais? Et comment? Demande Lemoux. En me broyant la gorge?
Ca, c'était juste une démonstration. Si tu refuses, ça pourra faire beaucoup plus mal.
C'est toi qui passe la dope ici?
Oui, en autre. Tout passe par moi ici.
En quoi je t'interesse autant puisque tu sais que je peux me la procurer par mes propres moyens la came?
Ca, c'est toi qui le dis. Ici, je suis le king. Rien ne passe sans mon accord. Comment? Je paie grassement les gardiens pour que mon petit business fonctionne. Certains sont encore plus pourris que ceux qui sont derrière les barraux.
J'ai pas le choix donc.
Je te propose de devenir mon bras droit mec!
C'est plutôt une menace déguisée en offre.
Appelle ça comme tu veux. Soit tu acceptes, et tu auras la belle vie, soit tu refuses et tu vas en chier. A toi de choisir.
Ai-je le choix de toute façon?
Je crois pas non... Tu veux mon poisson? J'ai horreur du poisson..
Fous te le là où je pense ton poisson.
Ah oui, autre chose. Puisque tu en parles. Ton cul, surveille le de très près. C'est un conseil que je te donne.
Je sais, tu me l'as déjà dit.
Tu sais ce qu'on dit, mieux vaux deux hommes avertis qu'aucun. Je te foutrai la paix moi, pour les autres, je peux rien te garantir.. Et, tu sais, le petit gros qui fait la distribution de la bouffe, je crois bien qu'il a le beguin pour toi. S'esclaffe le géant. Au fait, si tu entends parler de Hulk.. c'est moi. Laisse trainer tes oreilles partout où tu pourras aller. Fais ce que je te dis et je laisserai tes couilles tranquilles.”

Lemoux déglutit difficilement, puis manque de s'étouffer, une arête plantée au fond de sa gorge.. Il tousse si violemment que son visage s'empourpre et qu'il est pris de nausées. Hulk lève sa lourde carcasse et lui assène un violent coup du plat de sa main dans le dos, manquant de l'envoyer valdinguer contre le mur opposé de la cellule.

“ Ca va mieux? L'interroge-t-il avec cette eternelle ironie dans le son de sa voix. Ou tu veux que j'en rajoute une couche?
C'est.. c'est bon, je crois que je l'ai recrachée.. répond Lemoux qui se remet difficilement de la bourrade dans le dos.
Ok, J'ai eu peur pour toi mec. Ca aurait été dommage que la poule aux oeufs d'or clampse pour une connerie.
Ce serait peut-être une solution après tout.”

Lemoux va se rassoir sur son lit, passant ses mains dans ses cheveux poivre et sel. Ses gestes de moins en moins assurés et ses tics sont l'occasion à Hulk, de remettre une conversation qui lui est chère sur le tapis. Le sourire aux lèvres, le géant se lève et fouille au fond de sa poche. Sa carrure impressionnante provoque soudain une ombre gigantesque à l'endroit de Lemoux qui se sent de plus en plus impuissant. Il suit dans son mouvement le géant et le fixe d'un regard mêlé d'admiration devant cette force de la nature, mais aussi de crainte si jamais il la contrariait.

“ Tiens, cadeau.” Hulk jette sur la couche de Jeff, un petit sachet en plastique que l'avocat regarde de loin mais avec une fixation démesurée..
“ Bein prend! C'est cadeau je te dis.
Tu crois que je vais tomber dans le panneau?
Oh, fais pas ta forte tête. Rien qu'à voir ta tronche, tu vendrais père et mère pour une dose.
Tu te trompes.. J'ai pas besoin de cette merde.” répond Lemoux, d'une voix peu convainquante et convaincue.
Pas de ça avec moi mec. J'en ai vu des dizaines, voire des centaines passer et ils avaient tous la même bobine que toi. T'es en manque grave mec. Allez, fais toi plaisir. Tu te sentiras beaucoup mieux après et tu feras pas chier ton monde. J'ai envie de dormir moi cette nuit. Et crois moi, si je dors pas, je te fracasse le crâne contre le mur. Prends je te dis, ou je te la fais sniffer de force..!”

Lemoux n'est plus que l'ombre de lui-même et la brute épaisse n'en est que trop conscient. Affaibli, et tenaillé par les symptômes de manque qui s'aggravent d'heure en heure, l'avocat pourri finit par capituler et s'empare du minuscule sachet de dope qu'il n'a cessé de fixer la conversation durant.

“ C'est bien mec. Tu vas aller vite mieux. C'est de la bonne.”


Louise, Virginie, Nathan et Noémie arrivent laborieusement à l'hôpital sous une neige battante faisant penser aux blizzards de Sibérie. Conduisant avec précaution, Louise se faufile parmi les voitures de l'immense parking de l'hôpital, guettant une place au plus près de l'entrée. Misant sur les mauvaises conditions météorologiques, elle attend patiemment qu'un des visiteurs décide de fuir le mauvais temps.
Il ne faut que quelques minutes pour que le voeu de la conductrice soit exaucé, au plus grand bonheur de tout ce petit monde, ravi de n'avoir à affronter qu'au minimum les aussauts de cet hiver exceptionnel. Peu de temps après, la petite 308 aussi grise que le ciel, se gare tranquillement avant que l'équipage n'en descende et se dirige vers l'entrée principale de l'établissement hospitalier.
Evoluant péniblement sur le bitume qui blanchit à vue d'oeil, le petit groupe avance péniblement, tête bessée.
“ Mais c'est pas possible, on se croirait chez les inuites!
A ce rythme là, on va se transformer en glaçon!
Ou en bonhomme de neige crie Nathan qui ne résiste pas à quitter les filles et de s'armer de boules de neige avant de les bombarder copieusement..
Nathan!! Mais!!! ….....
Désolé, mais la tentation était trop grande..
Tu as mal calculé ton coup p'tit gars, rétorque Virginie qui est la première à riposter. On est trois et tu es tout seul. Tu vas morfler!! Sus à l'ennemi les filles!”

Une majestueuse bataille de boules de neige se déclenche sur le parking de l'hôpital, au grand dam des visiteurs qui se précipitent dans la chaleur bienvenue de leur véhicule. Tels des enfants, Louise, Virginie, Noémie et Nathan s'en donnent à coeur joie, trouvant dans cette distraction un bon remède pour évacuer le stress accumulé des derniers temps.

Mais la tempête de neige redouble de violence et le petit groupe se voit contraint de gagner l'intérieur surchauffé de l'hôpital. Ils pénètrent dans le hall, tout souriants, les cheveux hisurtes, trempés de la tête aux pieds. Sans se préoccuper des regards curieux, ils se dirigent vers la rangée d' ascenseurs au fond de l'immense salle.

Quelques secondes plus tard, l'ascenseur s'arrête au quatrième étage et, à peine les portes automatiques ouvertes, ils se dirigent en direction de la chambre de Xavier. Le service est particulièrement calme en cette journée et le personnel hospitalier s'est réfugié dans la salle de garde où Louise et Virginie, percoivent, comme la veille au soir, un joyeux, mais discret vacarme. Ils dépassent discrètement le local et longent le grand couloir avant d'arriver à destination. Soudain, le vide, l'incomprehension se lisent sur leurs visages. Les rires ont fait place à la stupéfaction et à l'inquiétude : Le lit de Xavier est vide.

“Oh mon Dieu.. Qu'est-ce-qui se passe, pourquoi il est plus là ? S'écrie Noémie
Il doit y avoir une raison, ne t'inquiète pas ma puce. Je vais me renseigner, la rassure sa mère, qui éprouve du mal à dissimuler son inquiétude.” Mais avant qu'elle fasse le moindre pas, une voix douce se fait entendre dans son dos.
Ho, bonjour Madame Berthomieux, bonjour Melle Cantier, bonjour les enfants..
Xa..Xavier, il est où?
Je vous ai vus passer au dernier moment et je me suis précipité avant que vous vous inquietez. N'ayez crainte, votre majordome va de mieux en mieux. Il arrive déjà à respirer tout seul et son état étant jugé très satisfaisant, nous l'avons transféré dans une chambre normale.. à l'étage juste en dessous..
Ho mon Dieu, j'ai eu si peur Docteur.. Mais, vous n'étiez pas sensé être en congé aujourd'hui?
Oui, mais vu le spectaculaire rétablissement de votre ami dont les infirmières se sont chargées de m'informer, je n'ai pu résister de venir.
Votre amour du métier docteur. Vous êtes un ange. Xavier est dans d'excellentes mains avec vous. Si tous les médecins pouvaient être comme vous, on craindrait moins les hôpitaux..
Merci Madame Berthomieux. Ce que vous me dites me touche. Il est à la chambre 311. Vous pouvez le voir si vous le désirez, mais pas plus de deux à la fois et pas trop longtemps s'il vous plait.
Entendu docteur.. et merci, merci beaucoup.. Puis après avoir réfléchi quelques secondes... Vous avez prévu quelque chose ce midi docteur?
Heu, non, pourquoi?
Est-ce-que vous aimeriez vous joindre à nous pour déjeuner?
Heu.. heu.. je ne voudrais pas jouer les intrus..
Mais, qu'est-ce-que vous dites là? Puisque c'est moi qui vous invite.. et je suis sûre que Virginie, Nathan et Noémie sont d'accord.. hein que vous êtes d'accord?!
Absolument répondent-ils en coeur.
Ca nous ferait très plaisir de vous avoir avec nous.
Bon, puisque vous insistez, je suis votre homme.
On se donne rendez-vous où?
Venez me chercher à la salle de garde. Je vous attends. A tout à l'heure. ”


La petite troupe courageuse, se dirige à pieds au restaurant jouxtant à l'hôpital. N'ayant osé se risquer à affronter la couche neigeuse sur les routes, Nathan, Noémie, Virginie, Louise et le Docteur Kramer se sont rabattus sur le petit établissement dont la réputation n'est plus à faire. On y sert une cuisine simple, mais délicieuse.
Par pur bonheur, ils découvrent que l'établissement est presque désert. C'est tout naturellement qu'ils s'installent à la meilleure table, de forme ronde, juste en face de l'âtre dans lequel crépite un feu généreux. Ils se sentent immédiatement à leur aise dans ce déco campagnard où les tables sont ornées de surnappes à petits carreaux rouges et blancs, les murs en pierres apparentes d'où sortent de solides poutres en bois travaillées par le temps. Ca et là, sont disposés des bouquets de fleurs séchées savamment composés. Aux murs, sont accrochés des jougs d'où jaillit un éclairage tamisé. En guise de décoration, contre la paroi du fond, a été installé un vaisselier qui semble d'époque vu l'imposante collection d'assiettes aux motifs anciens. Juste à côté de l'imposant meuble, on aperçoit l'office qui mène directement dans les cuisines d'où s'échappe une agréable odeur que personne ne manque de remarquer.
“ Vous avez fait un bon choix en venant ici ! Lance le docteur Kramer à la petite assemblée. J'y viens assez souvent et je ne suis jamais déçu. Ils font un risotto, une pure merveille!
heu, j'ai bien peur que ça soit un peu lourd à digerer pour moi, intervient Louise.
Vous vous méprenez très chère, je n'en connais pas de meilleur à la ronde. Colombo a son chili, moi, j'ai mon risotto.
Pas pour moi ! Dit Nathan..
Moi non plus renchérit Noémie.
Ne me dites pas que vous allez encore vous taper un poulet frites! Vous pouvez pas changer pour une fois? Sourit Louise.
Non, pas questions répondent les enfants en coeur.
Vous êtes pas possibles!
On sait. Mais tu sais qu'on ne changera pas et que le poulet pour nous, c'est sacré!
C'est bon, c'est bon, je capitule! Puis, s'adressant au Docteur.. Je vais suivre vos conseils docteur.. et toi ma chérie?
Je suis aussi.
Bien, voilà une bonne chose de faite.. heu, ça vous dit un petit apéro?
Volontiers ! Répond Virginie. Un peu d'antigel ne fera pas de mal avec ce froid!
J'ignorais que tu avais un penchant pour l'alcool ma chérie ! Plaisante Louise, un large sourire aux lèvres.
J'avoue. Tu viens de découvrir un de mes secrets..
Que me caches-tu encore mon coeur?
Ah, parce-que tu crois que je vais te le dire bébé?
En tout cas, j'en connais déjà deux..
Ah oui? Et lesquels?
Bein, celui là et un que la décence m'interdit de livrer en public.”

La remarque de Louise et le visage empourpré de Virginie, qui était loin de s'attendre à ce type de réponse, entraîne le fou rire général du petit groupe.


La tempête de neige faiblit quelque peu et ils finissent par quitter l'établissement, replets, entièrement satisfaits des prestations fournies. Mais le froid vif et piquant les pousse à accélerer le pas pour retrouver la chaleur de l'hôpital, de l'autre côté de la rocade, bâtiment imposant pour ne pas dire immense dont les murs gris livrent concurrence avec les lourds nuages qui menancent de déverser d'ici peu leurs millions de cristaux blancs.

“ Quand est-ce que cela va enfin s'arrêter? Gémit Virginie.
Ils avaient dit cet après-midi, mais je crois qu'ils se sont plantés en beauté ! Râle Noémie.
Je croyais que vous aimiez la neige ! Intervient Louise!
Oui, mais là, ca commence à faire un peu beaucoup tu vois. Et on peut pas faire grand chose en fait
Promis, je vous fais installer une mini station de ski dans le parc du manoir.
Pffff, ça bouchonne aux ascenseurs.
Hors de question que je me tape 3 étages avec ce que je viens de me mettre entre le nez et le menton. Je tiendrais pas la secousse.
Ah làlà, ces jeunes! Je te jure , taquine Louise. Puis, s'adressant à Kramer. Vous rentrez ou vous restez?
Ah non, je reste. J'ai passé un excellent moment en votre compagnie à tous et j'ai pas envie que ça s'arrête en si bon chemin. De plus, je dois aller me rendre compte de l'état de santé de mon patient préféré et il serait mal poli que je vous quitte ainsi... ah, voilà un ascenseur..”

A cet instant, le téléphone du médecin se met à vibrer, un message arrive à l'instant, qu'il lit le temps de laisser descendre les occupants.

“ Ho ho... le service..
Que se passe-t-il questionne Louise sans lui laisser le temps d'achever sa phrase.
Voilà un message que j'aime à lire. Votre majordome vient de se réveiller. Décidemment, cet homme me surprend d'heure en heure.
Mon dieu ! Il est réveillé ! Quelle merveilleuse nouvelle ! Puis, s'en prenant à l'ascenseur.. Allez, grouille toi, toi ! On doit dire bonjour à un vieil ami ! »

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MessageSujet: Re: LOUISE OU LA VRAIE VIE   Ven 7 Fév - 21:06

Le temps du transfert jusqu'au troisième étage semble être une éternité pour les cinq passagers qui se ruent dans le couloir aussitôt parvenus à destination.

«  Ah, docteur, vous êtes déjà là ?
J'étais en bas quand vous m'avez envoyé votre message. Alors ?
Il s'est réveillé il y a quelques minutes, frais comme un gardon.
On peut le voir ? Questionne Virginie ?
Oui, mais pas plus de deux personnes à la fois, du moins pour commencer. Il va être ravi de vous voir !
Pas autant que nous. Bon, qui veut commencer ? Les enfants ?
Non maman, c'est à toi que revient cet honneur. Noémie et moi, on attendra notre tour. Vas-y toi avec Virginie.
Ok mes chéris, à tout de suite !
Oui M'man. Allez, filez, qu'est-ce-que vous attendez ? »

L'enthousiasme de cette superbe nouvelle passé, Virginie et Louise, le cœur battant, ouvrent la porte et entrent à pas feutrés. Elles distinguent, dans la pénombre de la pièce, le majordome inerte, mais conscient. Il ne faut que quelques fractions de seconde à Xavier pour tourner la tête vers ses visiteuses et leur décocher un sourire faible, certes, mais franc et empreint d'une joie indescriptible.

«  Ma... Madame !
Xavier, mon bon Xavier. Qu'il est bon de vous retrouver ! Comment vous sentez-vous ?
Je suis en pleine forme ! Plaisante Xavier. Prêt à courir le marathon ! Puis, voyant des larmes rouler sur les joues d'une Louise profondément émue, il rajoute. Hey, Madame, j'espère que ce sont des larmes de joie que je vois là.
Les deux mon bon Xavier, les deux.
Je ne prends que la joie en compte. Vous savez, murmure-t-il, je vous ai vues, vous et Virginie, si tristes pour moi que j'en ai été profondément attristé.
Comment ça ? »


“Je ne sais comment l'expliquer.. Mais ce que je peux dire, c'est que je vous ai vus pleurer, Mademoiselle, les enfants et vous.. et je n'ai pas aimé car vous souffriez à cause de moi..
La seule fautive ici, c'est moi!
Je ne suis pas d'accord Madame.
C'est moi qui étais visée..
Je sais, mais .. je .. suis toujours là.
Grâce à Dieu, merci..
Et aussi à cet excellent médecin..
Mais, vous ne l'avez jamais vu.
Comme je vous vois vous. J'ai tout vu, tout entendu.
Vous voulez dire que..
Oui, répond Xavier sourire aux lèvres et au regard infiniment serein.
C'est une expérience infiniment merveilleuse, j'ai vécu la même chose, intervient Virginie, sous le regard médusé de Louise.
Oh, alors, nous allons avoir largement de quoi papoter sur nos expériences de EMP.
Quand vous serez remis Xavier. Mais pour le moment, vous devez vous reposer.
Je n'ai.. Je n'ai jamais été en si grande forme. Plaisante Xavier.
Votre esprit bouillonne, mais votre corps lui, bat pavillon blanc. Vous devez dormir.
Je le ferai, lorsque j'aurai dit bonjour aux petits. Laissez moi leur faire un petit coucou et après, j'executerai cet ordre avec grand plaisir.
Entendu Xavier. Que je suis heureuse de vous savoir parmie nous!
Ce plaisir est partagé.”

Louise se penche sur son majordome et l'embrasse tendrement sur la joue, imitée par Virginie. Les deux femmes quittent la chambre et font signe aux enfants que Xavier les attend. Nathan et Noémie ne se le font pas dire une seconde fois et entendent très brièvement les recommandations que leur donne leur mère, tant leur impatience de retrouver Xavier est grande.

“ EMP ? C'est quoi une EMP? Et .. et.. et tu m'avais caché ça!
Ho ho, chaque chose en son temps ma chérie! Sourit Virginie.
Tu en as dit trop, ou pas assez! Je veux savoir lui dit Louise avec de grands yeux d'enfant.
EMP. C'est une abréviation pour désigner le terme d'expérience de mort provisoire. Depuis peu, ce terme est utilisé pour décrire ce qu'on nommait avant, EMR : expérience de mort rapprochée.
Quelle est la différence?
Tu comprendras mieux quand Xavier t'expliquera. Ce que je peux te dire, en gros, c'est que des personnes ont vu tout ce qui se passait autour d'eux alors que leur encéphalogramme était complètement plat, en état de mort cérébrale quoi. Auquel cas, le cerveau n'est pas sensé fonctionner, ils étaient morts. Et pourtant, ces gens ont été capables de décrire tout ce qui se passait dans la pièce où ils se trouvaient, les gestes du personnel soignant, le jargon médical auquel ils étaient totalement étrangers. Grâce aux techniques de réanimation pointues que l'on connaît, on arrache à la mort des personnes qui auraient du mourir il y a de cela quelques années à peine.
C'est pour cela que le terme de mort provisoire a remplacé celui de mort rapprochée. Rajoute, cordialement le docteur Kramer qui a entendu et se mêle volontiers la conversation.
Vous y croyez vous docteur? Vous êtes un scientifique, vous êtes sensé avoir un esprit cartésien.
Détrompez-vous, Louise. De nombreux médecins comme moi, assistent à ces phénomènes plus courants qu'on ne le croit. Il n'y pas pire aveugle que celui qui ne veut pas voir.
Je ne comprends pas.. Si le cerveau est mort, comment le défunt.. enfin, le patient peut-il être conscient de ce qu'il vit ?
Parce-que la conscience siège ailleurs que dans le cerveau.
Mais où alors? Et si, au moment du passage, notre cerveau produisait des substances qui nous font voir des choses, ces espèces d'êtres de lumière, ces anges, enfin, des personnes disparues..
Ce que vous dites est contradictoire Louise. D'une part, nous serions tous victimes d'une hallucination collective mais ça n'est pas logique car il existe aussi de mauvaises expériences. D'autre part, le voyage hors du corps ne se produit pas uniquement en état de mort clinique. On peut provoquer le phénomène. Je vous passerai quelques documents et videos. Vous verrez, dans une, il y a deux témoignages frappants : le premier, notre bonhomme est “mort” sur la table d'opération, mais il a pu voir la marque de ladite table sur une étiquette verte collée en dessous. Le second “mort” a eu la riche idée d'aller se promener sur le toit de l'hôpital où il a trouvé une basket rouge.. On l'a pris pour un fou, mais un des médecins est allé y faire un tour, manière de.. et a trouvé la basket..
….
J'ai vu ces documentaires chérie.. Tu devrais en faire autant. Crois-moi.
Et toi, tu as vécu ça aussi tu m'as dit?
Tout à fait.
Mais tu m'en as jamais parlé.
Je connais tes réticences face à ces trucs. J'ai vu comment tu réagissais quand on en parlait avec Jeanne et Françoise.. Tu nous prenais pour des barges En fait, moi, ça c'est produit quand j'avais 8 ans. Péritonite..septicémie..mais je n'ai pas été plus loin que la salle d'op. Mais j'ai vu mes arrières-grands parents par contre..
Oh, vous me foutez la trouille tous les deux!
C'est le genre de réaction que l'on a, en effet, face à l'inconnu. Répond le docteur Kramer. Ecoutez donc ce qu'aura à vous raconter Xavier quand il ira mieux. Vous verrez, en plus, quelque chose aura changé en lui..”

A cet instant, Nathan et Noémie quittent la chambre, tout sourire et de belles larmes de liesses roulant sur leurs joues empourprées d'émotion. Comme de jeunes enfants, ils viennent partager cet instant en s'approchant de leur mère avant de la serrer très fort contre leur coeur.

De l'autre côté du mur de verre, un homme a les yeux rivés sur le petit groupe et dans son regard se lit un bonheur insondable.


“ Alors Lemoux, tu te sens mieux? Ho oui, tu vas beaucoup mieux mon grand. Héhé, je reconnaitrais ce regard entre mille. Plane mon grand, oh oui, tu planes un max. Je t'avais dit que c'était de la bonne.. J'vends pas de la merde mec.”
Hulk, observe son compagnon de cellule, déjà loin dans le paradis artificiel où il vient de l'expédier, sachant que ce ne sera certainement pas le dernier. Sourire aux lèvres, il savoure avec un sadisme avéré, ce nouvel instant de victoire sur l'autre. Et non pas des moindres. Lemoux est une figure, un visage qu'il tient à présent à sa botte et qu'il n'est pas prêt de lâcher car il représente la clé de très grands bénéfices.

L'avocat pourri gît sur son lit, affalé, immobile, les bras ballants, cuisses écartées, la tête contre la paroi froide de la cellule. Le regard vague mais fixe, sourire aux lèvres lui aussi, il s'envole vers ce monde qu'il prise tant. Dans son cerveau en délire, Lemoux songe à ces garces qu'il aime bafouer, humilier et traîter comme de vulgaires jouets. Il les sent à ses côtés, sent leur chaleur et leur odeur...
“ Oh mec, tu bandes! Tu bandes sec mon salaud!
Une chatte putain, je veux une chatte..
T'es raide comme un passe lacet..
Elles sont.. si belles ces salopes..j'veux toutes les baiser..
Mec, calme toi..
J'veux baiser merde.. Besoin d'une chatte bien mouillée et de la défoncer jusqu'à ce que j'ai les couilles qui explosent.
T'es complètement défoncé mec.. rit Hulk.
Ah, mais c'est si bon !”

A ses mots, sa main descend lentement le long de son ventre légèrement bedonnant et vient se positionner sur l'objet du délit. Impudiquement, et dans le cirage le plus complet, il défait la braguette de son pantalon et se met à se caresser sans retenue sous le regard goguenard du géant qui part dans un bel état de rire.
“ hey mec, tu sais que t'es bien monté.. Tu ferais le plus grand bonheur de quelques uns ici!
Ta gueule connard, n'y pense même pas!
Que j'aimerais voir leur tête s'ils voyaient ta bite mec.. C'est dommage, tu sais pas à côté de quoi tu passes. Ah, pour sûr, ils s'en occuperaient comme il faut!
Fous moi la paix trou duc.
T'es sûr? Tu veux pas essayer?
Va te faire foutre j't'ai dit
ah ah.. j'ai déjà donné. Ton beau petit cul tout neuf ne tiendra pas longtemps avec ces morfales.
Je croyais que t'y avais pas goûté.
J'ai été un nouveau prisonnier comme toi, tu sais. Et j'ai pas gardé ma virginité bien longtemps. A la première douche, j'y ai eu droit.
Et alors?
Un peu douloureux, mais le plaisir est arrivé très vite.
Tu dois chier à l'aise maintenant.
Et je peux te dire que c'est bon mec. Ta femme, elle s'est pas amusée avec ton petit trou de balle?
Ni cette salope, ni même toutes les greluches que je me suis farcies. Mon trou de balle est intact et je tiens à le conserver tel quel.
Alors, va falloir que tu protèges tes arrières gardes mec.
Tain, tu fais chier Hulk.. tu viens de me couper dans mes envies .. rétorque mollement Jeff dont la main se lance dans une ultime tentative de réanimation.
Oh, tu chanteras bien vite et tu en redemanderas.”


“ Je suis venu aussi vite que j'ai pu Walter.
C'est pas assez rapide. J'ai cru que j'allais devoir me galfer cette grosse conne d'avocate impossible à soudoyer.
Bon, ok, maintenant, je suis là, tout va bien aller. De quoi as-tu besoin?
Je veux savoir pourquoi mon plan a foiré et pourquoi je me suis fait avoir comme un bleu.
Ca, c'est pas difficile à deviner. Ton pote s'est fait resquiller. Trop confiance en lui, il a rien vu venir. Tu as ta propre idée je parie.
Justement non. Ce connard a trop de relations et j'ai pu me faire avoir par n'importe qui. On oublie Thierry puisqu'il bouffe les pissenlits par les racines. Putain, Max, j'avais tout prévu de A à Z. Qui pouvait bien être assez proche pour avoir accés à toutes les informations?
Les putes?
J'y ai pensé, et je n'en écarte pas la possibilité
Ses potes, aussi pourris que lui..
C'est pas ce qui manque, effectivement. Jeff est devenu influent dans le milieu et ses clients plus nombreux. Il peut s'être laissé aller dans ses délires et avoir vendu la mèche.
Ca colle pas Walter. Ce con a reçu des informations via le net et sur son portable.. Ca ne peut pas être n'importe qui. Toutes les informations étaient non seulement cryptées, mais encore expédiées au compte goutte. Il faut qu'il ait été suivi à la trace et de très très près.
Tu penses à Berthomieux? Après tout, ils arrêtent pas de se tirer dans les pattes. Elle peut très bien avoir eu accès aux infos et foutre la merde.
C'est plausible, mais je n'y crois pas trop. Elle en a assez pour le faire plonger dans les dossiers et de la tentative de meurtre dont elle a fait l'objet.
Ce con n'a même pas été fichu de choisir correctement son homme de main pour la descendre. C'est vraiment une larve, un bon à rien. Je lui faisais une confiance aveugle, on a été sur de bons coups, il promettait bordel. Trouve moi ce qui a cloché.
C'est lui la source de tes soucis Walter, personne d'autre. Ce con a pété plus haut que son cul. Grisé par le fric et le pouvoir, il n'a pas vu qu'il nourrissait une vipère dans son nid..
Oh putain, Max, t'es un génie.
Quoi, qu'est-ce-que j'ai dit?
La voilà la solution.. C'est elle! C'est Corinne! Ca ne peut-être qu'elle..
Quoi, cette idiote?
Une idiote bien insoupçonnable. J'aurais du y penser avant. Ou plutôt non, j'y avais pensé mais j'ai pas creusé plus loin. Cette pute a bien caché son jeu. Et Jeff y a vu que du feu. Elle seule pouvait avoir accès aux infos. Je ne vois que ça. Elle était là quand on est allés à Venise. Y'a qu'elle qui a pu nous suivre jusqu'au boulevard des allongés. Notre rencontre a été décidée au dernier moment. Si les flics nous voulaient ensemble, ils pouvaient nous pincer là-bas. J'en déduis qu'il était trop tard pour eux de mettre sur pied une opération de grande envergure...
Et l'occasion tant attendue s'est présentée à Paris. Voilà pourquoi ton rideau de fumée n'a pas fonctionné Walter. C'est pas plus compliqué que ça.
Je veux que cette pute crève Max. Trouve la et bute la.
Walter, cette nana a opéré sous un faux nom, a témoigné sous X chez les flics. A l'heure qu'il est, elle s'est déjà envolée pour une autre mission ou s'est camouflée dans les rangs. Ce que tu me demandes est impossible.
T'as pourtant des taupes chez les flics non?
Oui ! Mais putain Walter, tu ramollis du cerveau! La soif de vengeance t'aveugle! Tu sais aussi bien que moi qu'il sera impossible de la retrouver. Un agent infiltré a toujours une couverture, un faux nom, change d'apparence physique, et même de vie.
J'aime pas ça Max, j'aime pas ça du tout.
Par contre, on sait toi et moi où est cette loque de Lemoux. Et après tout, c'est lui le responsable de tout ça...
Ouais, ouais, je sais, je sais ! Tu es mon ami et tu ne m'as jamais déçu Max. Trouve moi cette pute et bute la.C'est pas une femme qui aura ma peau. Je veux pouvoir aller cracher sur sa tombe quand je sortirai d'ici..et sur celle de Lemoux aussi.
Reçu cinq sur cinq Walter.
Je savais que je pouvais compter sur toi mon ami.
Y'a pas de raison pour que ça change.
Si tu y parviens, j'ai des projets pour toi mon gars. 
Ah, et tu es attendu chez le juge sous quinzaine. Il y a de nouveaux faits qui sont tombés dans le dossier.
Ok»

Le sourire aux lèvre, Max salut son ami de toujours et se dirige vers la sortie. Au passage, il donne discrètement au gardien une épaisse enveloppe que l'homme a vite fait de cacher au regard de tous.





Le retour au manoir se fait sans encombre malgré une nouvelle récidive de la neige. Virginie, Louise et les enfants, le cœur léger et heureux pénètrent dans la vaste demeure dont ils apprécient la chaleur accueillante.

« Ah que ça fait du bien de se mettre au chaud ! Ras le bol de cette neige à la fin !
Vous disiez pourtant pas ça il y a quelques jours où vous vous êtes amusés comme des petits fous dans le parc !
Oui, mais la donne a changé Maman. Rien n'était encore arrivé jusqu'alors. Et là.. bein y'en a marre quoi.
Je te comprends chéri. Ne t'en fais pas. » Puis s'adressant à Virginie.
Quelle heure est-il mon cœur ?
18h30 mon ange.
Ca vous dit une soirée pizza ? Si tant est que le livreur puisse encore livrer !
Le meilleur moyen de le savoir est de les appeler M'man intervient malicieusement et logiquement Noémie.
Ok, tu te charges de ça ma puce. Charité bien ordonnée commence par soi-même, ça sera une 6 fromages.
Ok, M'man et vous autres ?
La même pour moi répond Virginie.
Je vais tenter celle au magret.. Depuis le temps que j'en parle !
Une margarita pour moi et une grande ! J'ai une faim de loup.
Allez, c'est parti, j'appelle , dit Noémie 
En attendant, je crois qu'une bonne douche s'impose, vous ne croyez pas ?
J'ai l'impression de sentir le renard dit Virginie.
Ah, c'est donc ça l'odeur que j'ai remarqué ? Je me demandais d'où ça venait.. bah, alors, file vite à la douche ma puce..
Tes désirs sont des ordres ! Répond Virginie dans un clignement d'oeil bien discret, et sous le regard indiscret des enfants. Mais avant que Nathan ait formulé sa petite réflexion assassine, Louise le coupe net dans son élan.
Et toi, mon chéri, je te dirai qu'on va mettre un certain moment Virginie et moi. »

Nathan reste sur sa faim, la bouche ouverte, l'index suspendu dans les airs. Son visage empourpré dans la seconde qui suit offre un spectacle qui fait rire la petite assemblée.

« Bonsoir Xavier !
Bonsoir docteur.
Comment vous sentez-vous ce soir ?
J'ai juste l'impression d'être passé sous un rouleau compresseur, mais je me sens de mieux en mieux.
Vous m'en voyez ravi. Vous nous avez peur le savez-vous ?
Oui, comment l'oublier d'ailleurs ? Plaisante le majordome dont les yeux croisent pour la première fois ceux du charmant docteur Kramer. On me l'a assez répété et je l'ai aussi vu.
C'est ce que j'ai cru comprendre. Alors, sur ce point de vue là, quelle est votre impression ?
Je ne sais si je dois vous en parler docteur, vous allez me prendre pour un fou.
Détrompez-vous très cher ! Enfin, vous savez que vous pouvez me parler si vous en avez envie. Mais pour le moment, vous devez surtout songer à vous reposer.
Oh, mais ça va docteur, je me sens de mieux en mieux chaque seconde.
Certes, certes, mais vous ne courrez pas encore le marathon. Plaisante le docteur Kramer en décochant son sourire ultra bright.
Mais je vous assure, je me sens en pleine forme. Entièrement ressourcé de l'intérieur. Je Je.. je.. bagaye Xavier.. je ..je vous assure.
Mais je vous crois cher Xavier. Allez, je vous laisse vous reposer. Vous aurez besoin de forces demain pour affronter les questionnements de votre patronne.
J'ai tant à dire, à raconter.. je pense qu'on ne sera pas trop de deux pour l'affronter.
Je me prêterai volontiers à ce jeu. J'y mettrai même mon grain de sel. Vous verrez, on va y arriver.
Merci Docteur.
Reposez-vous bien, passez une bonne soirée, et une bonne nuit »


« Tain, sont vachement bonnes ces pizzas !
J'avoue, elles sont délicieuses.
Tu sais maman, on a beau dire, les choses les plus simples sont souvent les meilleures ! On est habitués à une nourriture raffinée avec Xavier, et là, tu vois, on se régale tout autant. Tu me fais marrer, on dirait que tu viens de faire une sacrée découverte. Tiens, essuie toi la bouche, tu t'es mis plein de sauce tomate.
Hum, oui ! Faudra se faire une soirée comme ça plus souvent !
Surtout que Xavier ne va pas reprendre le travail de si tôt. Le livreur de pizza va vite nous connaître.
Laissons lui tout le temps de se remettre. Je vais lui accorder une longue, très longue convalescence.
Je doute qu'il soit d'accord M'man. Tu le connais, il peut pas tenir plus de cinq minutes sans rien faire.
Je sais. Et il risque de se fâcher tout rouge si je lui interdis de faire quoique ce soit. En fait, je ne sais pas si je dois le dire, mais par chance ou par malheur, ce qui vient de lui arriver tombe quelque part à point nommé. Xavier vient de fêter ses 65 ans et il ne pourra plus bientôt être en mesure d'accomplir la totalité des tâches qui lui incombaient jusqu'à aujourd'hui. Et encore moins depuis qu'on lui a tiré dessus.
C'est on ne peut plus clair ! Intervient Virginie. Xavier doit penser à lui à présent. Tu proposes quoi chérie ?
Pour l'instant, Xavier doit récupérer et on va se le bichonner. Je vais éplucher les petites annonces dès demain et trouver quelqu'un pour le remplacer.
M'man, tu peux pas te débarrasser de Xavier comme ça !
Je sais bien. Mais je reste néanmoins sa patronne et il n'aura pas le choix que de faire ce que je lui impose. A savoir, se faire bichonner et finir ses vieux jours avec nous, enfin, s'il le désire.
N'empêche qu'il faudra lui trouver une occupation.
T'inquiète pas pour ça mon chéri. Il ne se sentira jamais inutile, si c'est de ça que tu veux parler.
C'est ça. En fait, c'est tout trouvé M'man. Il a une culture phénoménale, a touché à tout ! Vois, toi même tu lui as demandé tout plein de fois son avis sur des cas épineux et il a toujours eu un regard éclairé sur tout.
J'en conviens. Il aurait fait un très bon précepteur. Il est calé en tout en fait. Il aurait fait un excellent avocat, un excellent flic, enfin tout quoi. Vous suivre dans vos études, quatre bricoles par ci par là, lui laisser surtout l'entretien du parc et des plantes de la serre. Y'a tout le matériel qu'il faut ! Ca ne le fatiguera pas et ça l'occupera pas mal. Et on continuera de le solliciter comme nous l'avons toujours fait.
Il viendra s'installer au manoir ?
Le temps de sa convalescence, s'il le désire, sinon, il pourra rester dans son bungalow. Xavier n'est pas qu'un simple majordome. Il fait partie de la famille.
Je suis de votre avis sur toute la ligne, sauf qu'il n'acceptera jamais de se sentir diminué. Je veux dire, qu'il voudra continuer de faire ce qu'il faisait avant.. Intervient Noémie après coup
Mouais.. Bon... et bien, on coupe la poire en deux alors. Il continuera ce qu'il faisait, mais il sera secondé, et puis c'est tout.
Reste plus qu'à le lui dire. Qui va s'en charger ? Questionne Nathan.
Le moment venu mon chéri.
Si tu me permets mon cœur, intervient Virginie. Xavier est sage et plein de bon sens. Je pense que ça devrait le faire. T'a-t-il une seule fois contredite ou contrecarrée dans tes plans ?
Plus souvent que tu ne le crois mon ange. Mais il l'a toujours fait à bon escient.
Il le fera encore. Après tout, tu ne lui enlèves rien, il sera juste secondé, c'est tout. »...Puis, avec un petit clin d'oeil qui en dit long «  Et si tu embauchais un homme ? »
Oh, mais je vois où tu veux en venir toi... Petite maligne.
Bein quoi ? Qu'est-ce-que que j'ai dit de mal ? Pourquoi pas après tout ?
Non, je pense que je vais laisser à Xavier cette responsabilité. Il a son mot à dire je pense. Et il décidera lui-même des qualités à attendre de son ou sa future partenaire. Tu en penses quoi bébé ?
Tu n'as pas tort. Et vous, les enfants, vous en dites quoi ?
Ca paraît logique et ça confortera Xavier sur son importance au manoir.
Tout à fait.. Mon dieu, j'ai l'impression de manipuler à fond là.
C'est exactement ce que tu fais chérie. Mais ne te sens pas coupable, ça n'est que pour son bien. Dit Virginie.
Je sais, je sais chérie. Mais j'ai vraiment l'impression de comploter !
Moi j'ai plutôt l'impression que nous sommes en train de faire notre premier conseil de famille, et je trouve ça génial ! Coupe Nathan. »

La remarque du jeune homme semble mettre tout le monde d'accord et met fin à la discussion. Louise se dirige vers le frigo et s'adresse à tout le monde, sur un ton impérial.

« Alors, ces messieurs dames prendront bien un dessert ? Alors, je vous propose, au choix : yaourt, yaourt, ou.... yaourt. Putain, on a même pas rempli le frigo..
ho, quel choix royal ! Plaisante Virginie. Je prendrais volontiers un yaourt, mais je laisse à nos jeunes convives le droit de choisir en premier !
Ho, merci Virginie ! Yaourt ! Et toi Nathan ?
Oh, j'hésitais, mais tu m'as décidé soeurette. Ce sera un yaourt pour moi aussi ! »

Nathan, Noémie, Virginie et Louise partent dans un bel éclat de rire. Chacun, en son for intérieur, savoure cet instant singulier qui vient panser la plaie d'un bonheur profondément meurtri.


« Ha, qu'il fait bon enfin s'allonger ! J'ai eu un mal fou à traîner mes fesses dans ces escaliers. J'ai mangé trop de pizza !
C'était un plaisir de te voir manger ainsi mon ange. Et question propreté, tu as fait concurrence aux gamins de 4 ans..
A ce point ?
Oui.
Tu crois que pour Xavier, on a pris la bonne décision chérie ?
Je le pense, en effet. Et puis faut qu'il pense à lui. Il a consacré sa vie à ce manoir, à votre famille. A nous à présent de nous occuper de lui.
Les enfants le considèrent quelque part comme le père qu'ils n'ont jamais eu. C'est homme est un amour.
Et, il n'a jamais rencontré quelqu'un d'autre depuis Bertrand ?
Des aventures sans lendemain.. et encore.
Et, tu trouves pas que le Docteur Kramer est aux petits soins pour lui ?
Il est charmant cet homme mais je n'ai pas remarqué un comportement particulier vis à vis de Xavier. Il aime son métier, tout simplement. Il ne traite pas ses patients comme des numéros, mais comme des êtres humains. Et ça, ça devient rare.
C'est vrai.. N'empêche que....
Roooo, toi et tes sous entendus !
Je suis persuadée que Xavier a un ticket avec lui. Combien tu paris chérie ?
Tout ce que tu voudras mon cœur, répond Louise, le regard malicieux.
Et puis, tu sais, tu ferais mieux de t'occuper de toi, avant de t'occuper des autres. 
Hein ? Demande Louise, le regard interdit, la bouche en cœur devant cette réflexion qui tombe de façon plutôt incongrue. Pourquoi me dis-tu ça ?
Je disais, chère Madame, que vous la foutez mal pour quelqu'un de votre enseigne, toujours tirée à quatre épingles mais pas fichue de manger correctement.
Quoi, qu'est-ce-qu'il y a ?
Il y a tout simplement que tu as encore de la sauce tomate, juste là au coin.. »

Joignant le geste à la parole, Virginie, du bout du pouce, entreprend de retirer la minuscule tâche rouge un peu séchée à la commissure des lèvres de sa compagne. Feignant de n'y parvenir avec son appendice, elle approche tendrement son visage près de celui de Louise, sur lequel elle dépose un baiser délicat du bout des lèvres avant de redescendre sur le coin de sa bouche et de l'embrasser à nouveau. Du bout de sa langue, elle vient savourer le goût sucré salé de l'ourlet de sa bouche avant de goûter pleinement au fruit qui s'offre à elle.
Le regard de Louise se baisse sur le décolleté du déshabillé de Virginie qu'elle regarde dans une infinie tendresse avant de lui sourire et répondre à son baiser et de le rendre plus profond et passionné, signifiant à sa blonde maîtresse une envie grandissante.

Assises au bord de la couche, leurs bouches toujours scellées, les mains des deux femmes caressent leurs épaules respectives avant de faire glisser lentement les bretelles de leur déshabillé, arrachant à l'une comme à l'autre des frissons annonciateurs du plaisir qu'elles vont s'offrir.

Sans attendre, Louise invite Virginie à s'allonger sur le lit avant de venir la couvrir de son corps en ébullition. Répondant à l'invite de sa maîtresse, elle s'abandonne dans un tourbillon d'amour et de tendresse, offrant sans retenue sa bouche pulpeuse aux lèvres gourmandes de Louise, ainsi qu'à ses mains expertes qui commencent une lente et minutieuse exploration de son corps. Virginie, pliant sous les assauts langoureux de Louise, décide de lui rendre toute sa tendresse en lui prodiguant les mêmes caresses mais se trouve soudain interrompue dans son élan par une main qui vient emprisonner ses poignets au dessus de sa tête.

Se détachant légèrement de sa blonde femme, Louise pose ensuite l'autre main sur son doux visage, l'empêchant ainsi d'émettre le moindre son, l'invitant ainsi, à se rendre complice des desseins qu'elle vient d'imaginer pour elle. Louise se lève alors doucement, laissant allongée sur le lit sa compagne déjà en transe. Elle décroche doucement du lit à baldaquin pans d'étoffe légère avant de les rouler sur eux mêmes et de feindre de les nouer autour des poignets de Virginie, agréablement surprise de cette petite mise en scène.
Louise entreprend ensuite de les nouer symboliquement aux montants en tek de la couche avant de revenir à pas feutrés auprès de sa maîtresse et de s'agenouiller à ses côtés. Une fois passée sa lourde et ondoyante chevelure brune derrière son cou gracile, Louise se penche sur Virginie et, avec une infinie patience et tendresse, sème des baisers de feu sur tout son corps avant de se concentrer sur des zones plus sensibles.
Elle remonte jusque dans son cou sur lequel sa langue trace des sillons humides avant de remonter le long de la carotide où elle sent le pouls de Virginie s'accélérer sensiblement et d'investir le lobe de son oreille alors que sa main vient se placer sur son ventre et l'honore.
«  Je t'aime mon amour, susurre Louise dans l'oreille de la blonde. Laisse moi moi t'aimer, laisse moi rattraper le temps perdu. Abandonne toi à moi mon ange. Ton plaisir est le mien et j'en ai tant à t'offrir.
Je suis à toi chérie... J'aime sentir tes mains sur moi. Tes caresses sont de douces tortures.
Je suis ton bourreau, tu es ma suppliciée..
J'aime mon bourreau
J'aime ma victime..
Bourreau, fais ton devoir..
A vos ordres Madame.. Une dernière volonté ?
Fais moi l'amour bourreau. »


Louise rapproche son visage de celui de Virginie et, du bout des lèvres, souffle un air chaud sur sa bouche avant de lui délivrer un baiser magistral. Elle continue son souffle léger dans le cou de sa maîtresse, descendant lentement au niveau des clavicules, puis dans la vallée de ses seins, arrachant déjà à Virginie les prémices de l'impatience. Elle continue quelques instants cette délicieuse torture, naviguant de la naissance de son cou à celle de ses magnifiques globes de chair déjà dressés par le plaisir et l'envie.
La main de Louise se rapproche peu à peu et entame un ballet délicat sur le ventre de Virginie avant de s'immiscer sous le fin tissu de satin et de savourer le grain de sa peau chaude et laiteuse. Ce simple contact met en émoi tout le corps de la jeune blonde qui frissonne de rechef, encourageant Louise à pousser plus loin ses investigations. Cette dernière remonte lentement sur le ventre de Virginie. De ses mains ardentes, elle caresse les flancs, redescend sur le ventre parfaitement plat de Virginie, puis encore un peu plus bas, frôlant son mont de Vénus. Elle parcours ensuite le chemin en sens inverse, plaçant sa main droite sous son sein, qu'elle caresse doucement avant de prendre à pleine paume et de l'investir avec un peu plus d'ardeur. Virginie frémit et Louise vient cueillir sur ses lèvres le fruit de ses émotions avant de redescendre rejoindre sa main et d'embrasser son sein dont la pointe darde fièrement sous la légère étole. Après avoir embrassé à maintes reprises le petit bout de chair durci, elle entreprend de le pincer du bout de ses lèvres et de le titiller de sa langue, humidifiant le tissu et faisant apparaître une aréole brune fort qu'elle délivre de sa prison avant de la savourer à pleine bouche.

Elle passe d'un globe à l'autre avec de plus en plus de frénésie alors que sa main devient de plus en plus ardente et précise dans son entreprise, vagabondant sur sa cuisse fine, descendant par l'extérieur, et remontant à l'intérieur, se rapprochant à chaque passage de l'objet de ses désirs.
L'impatience de Virginie grandit, au grand plaisir de Louise qui se complaît à prolonger ses douces tortures, aussi savantes que lancinantes, augmentant de façon empirique un plaisir que Louise aime à cultiver.
L'avocate stoppe quelques instants ses investigations, le temps de chevaucher sa compagne et de la débarrasser entièrement des derniers bastions de tissu, derniers remparts à ses desseins, après avoir pris soin de la libérer de ses liens symboliques. Virginie en profite pour enlacer sa compagne et la plaquer contre elle, mais Louise réagit et l'invite dans un sourire coquin à repositionner ses bras dans leur position originelle. La blonde se plie malicieusement aux ordres de sa belle mais se contorsionne, l'emprisonnant ainsi de ses jambes.
D'un coup de rein calculé, Virginie oblige sa compagne à se caler au plus près de son corps, contre son intimité avide de sensations et de caresses plus précises. Louise feint de perdre l'équilibre et vient couvrir le corps de son amante qui se met à onduler, lui signifiant d'aller plus loin dans ses investigations, ce que Louise ne tarde pas à faire en insérant une de ses mains entre leurs bas ventre, à la recherche de l'antre humide et chaud qui s'offre à elle.
Sa main, puis ses doigts, peu à peu, entrent en contact avec les chairs molles et détrempées avant de fouiller un peu plus loin et de découvrir un bourgeon dur et fier qu'elle se met à caresser doucement. Appuyant de son bassin, elle fait entrer dans la danse un mouvement de hanches calculé dont le rythme les entraîne toutes deux dans un tourbillon de volupté. Les doigts de Louise s'immiscent dans la fente offerte de Virginie, glissant sans problème et roulant sur son clitoris affamé de caresses. Virginie gémit, Virginie ondule, Louise n'en a pas fini. Elle glisse peu à peu le long du corps de sa belle, parsemant sa peau de centaines de baisers brûlants sans cesser l'exploration de ses mains gourmandes. Elle arrive à hauteur du bas ventre de Virginie, le caresse de son nez, de ses joues, de sa bouche, prolonge un instant encore et glisse sa tête entre ses cuisses généreusement ouvertes.
Louise embrasse l'intérieur des jambes musclées et fermes de sa compagne, là où la peau se fait fine et sensible, là où naissent les premiers frissons, là où l'envie devient intenable. Pendant quelques instants, Louise se délecte des effets que produisent ses lèvres sur sa compagne, jouissant de ses pleins pouvoirs sur elle. Virginie ondule, tangue, cherche la bouche de sa partenaire qui la fuit, se jouant encore de son impatience grandissante.
Puis, Virginie, n'y tenant plus, enserre sa compagne entre ses cuisses et d'un coup de rein savant, l'invite à investir au plus vite son intimité. Louise, dans une lenteur calculée cède alors aux désirs de Virginie dont le râle rauque et profond traduit la satisfaction alors que sa bouche vient goûter à son fruit défendu.
La langue de Louise sort de sa cachette et se met à laper, lentement d'abord, puis sans vergogne, le petit coquin sorti de sa cachette. Virginie ferme les yeux, Virginie se tord de plaisir, Louise lèche et titille sans retenue le clitoris de sa belle, retient sur sa langue, chaque goutte du précieux et généreux nectar de sa jeune maîtresse. Le bassin de la blonde secrétaire se marie au rythme de plus en plus cadencé de la tête de l'avocate qui s'affaire sans relâche entre ses cuisses jusqu'à ce qu'une puissante vague de fond s'empare de tout son corps qui finit par se tendre et se cambrer dans une jouissance extrême.


« Alors, Max, quoi de neuf ?
J'ai mis tous mes contacts sur le coup Walter. Mais comme je t'ai dit, trouver cette garce est mission impossible.
Rien à foutre, tu te démerdes, je veux sa tête tu m'entends ?
Je sais bien. Comme tu sais tout aussi bien que moi que les chances de réussite sont vraiment faibles, pour pas dire inexistantes. Cette nana est une anguille. Combien de fois va-t-il falloir que je te le répète ? A quoi ça sert de s'acharner sur elle alors que tout est de la faute de ce gros con de Jeff ?
Tu me gonfles Max. Tu connais ma devise. Rien ne doit m'empêcher de faire mon business et si cette pute n'avait pas été là, je serais tranquille au soleil de Californie à l'heure qu'il est et pas en train de croupir dans ce trou à rats au milieu de ces minables.
Tu vas vite sortir d'ici. A toi de jouer maintenant. Es-tu sûr de ton coup ?
Je tiens plus ici. Faut que je sorte, tu m'entends ? Je dois reprendre le business et redorer mon blason avec les Colombiens avant de me faire descendre à mon tour, tu comprends ?
Je veux juste que tu sois sûr de ton coup.
Je te paie pour faire ce que je dis. Le reste ça me regarde, ok ? Alors, me fais pas chier Max, s'il te plait.
Ok, ok, je m'inquiète pour toi, c'est tout.
Tu t'inquiètes plutôt pour ton compte en banque Max, me raconte pas de salade.
Putain, Walter, tu me connais, on bosse depuis combien de temps ensemble ?
Assez pour savoir que si je te payais pas ce que je te paye, tu m'aurais déjà planté un poignard dans le dos. Sous tes airs de ne pas y toucher, tu es le pire des salauds, mais c'est pour ça que je t'ai choisi.
Je suis touché du compliment mais pour autant que je sache, t'as jamais été déçu de mes services.
Si c'était pas le cas, tu boufferais déjà les pissenlits par les racines. Et j'espère que t'as pas une idée derrière la tête pour te débarrasser de moi.
Arrête ta parano Walter. Tout est prêt comme tu me l'as dit. Le reste ne tient qu'à toi. Et j'espère que tu es sûr de ton coup. C'est très risqué ce que tu t'apprêtes à faire et c'est même pas sûr que ça réussisse.
Plutôt crever que de rester ici, tu m'entends ?
C'est toi qui vois. Mais si tu y restes, oui, je m'inquiète, je deviens quoi dans l'histoire ?
Je me fais pas de souci pour toi Max. Une ordure de ton espèce va vite se recaser. Le seul souci est, est-ce-que tu seras aussi bien payé que ce que je te paye moi.. Hein Max, c'est ça, le vrai problème car tu sais que tu trouveras du taff sans problème.
Je persiste en disant que ce que tu projettes de faire est pure folie.
Je rêve, Max, toi, tu as du cœur ? Tu éprouves de la compassion pour moi ?
Tu ne dois pas prendre ton cas pour une généralité Walter. Et ne pense pas que ce qui fait défaut chez toi, fait systématiquement défaut chez les autres. Alors oui, tu me payes bien, oui, je suis le pire des salauds, mais tu es devenu un ami et je ne veux pas qu'il t'arrive quoi que ce soit. Mais ça, c'est quelque chose que tu ne comprends pas, visiblement.
J'ai bien envie de te croire Max.
Va te faire foutre Walter. Tu penses ce que tu veux, j'en ai rien à foutre. Tu m'emmerdes. Sache que tout est prêt comme tu l'as exigé. La bagnole, l'avion, les semeurs et les nettoyeurs. Pour le reste, ça ne dépend que de toi. »

Le docteur Kramer pénètre dans la chambre de son patient favori et le salut de son sourire imparable. Xavier, du fond de son lit, encore affaibli, lui rend son sourire.
«  Bonjour Docteur, ça va ?
C'est à moi de vous poser cette question Xavier, et non l'inverse ! Répond Kramer un ton enjoué.
Ca fait cinq fois depuis ce matin que vous venez. Je ne compte pas la nuit, ni même les jours où vous êtes supposé être en congé.
Vous connaissez ma devise cher Xavier. Le travail et les patients, c'est ma vie.
Vous ne vous reposez donc jamais ?
Si si, je vous rassure.
Vous n'avez personne, enfin, je veux dire, vous n'avez pas de famille en Allemagne ?
Si, mes parents.
Vous ne les voyez jamais ?
Je les ai vus la dernière fois il y a plus de trente ans.
Pourquoi, comment ça ? Pourquoi depuis si longtemps ?
Mes parents m'ont renié quand ils ont eu vent de mon orientation sexuelle. Un pédé dans la famille, ça le fait pas.
Je comprends ce que vous voulez dire. J'ai eu le même souci, on ne m'a jamais accepté. Il n'y a que les parents de Louise qui ont su me comprendre et qui ne m'ont pas jugé.
Ca fait longtemps que vous travaillez pour eux ?
Quarante ans. J'ai vu Louise grandir, je l'ai vue se marier, vu ses enfants naître et je l'ai vue aussi souffrir à cause de ce.....
L'avocat pourri. Je me demande comment elle a fait pour aimer un tel salaud.
C'est la question que je me pose aussi. Mais elle est heureuse à présent avec Virginie.
Vous n'avez jamais eu quelqu'un qui a partagé votre vie ?
Si, mais il est décédé depuis longtemps. Louise m'a soutenu, elle m'a été d'un grand secours quand Serge est tombé malade. Nous l'avons accompagné jusqu'au bout de la maladie.
Oh, je suis désolé. Et vous n'avez jamais songé à refaire votre vie depuis ?
Non. En fait, je n'ai pas trouvé..Je n'ai pas trop cherché non plus. Et puis, il y avait le travail au manoir, et Nathan et Noémie.
Ces enfants ont l'air de vous aimer .. comme si vous étiez leur propre père.
C'est vrai et j'en suis fier. Leur père n'a jamais été aimant avec eux, préférant s'occuper de ses sales affaires. Même Louise, elle en a souffert. Alors, j'ai essayé de combler le vide comme j'ai pu.
Vous semblez y avoir parfaitement réussi. Il est clair que ces gosses vous adorent.
Oui.. et je les aime comme mes propres enfants. Si Louise veut encore de moi après ce qui vient de se passer, je veux finir ma vie au manoir. Je ne suis plus bon à rien à présent.
Comment vous parlez de vous cher Xavier !? Vous avez failli mourir, mais vous vous êtes battu comme un chef, vous êtes costaud et voyez, vous êtes en pleine forme. Certes, il vous faudra vous modérer. Oh, pas seulement à cause de ce qu'il vous est arrivé, mais aussi parce-qu'il est temps de penser un peu à vous, vous ne croyez pas ?
Je ne sais rien faire d'autre que m'occuper du manoir et de Louise, et des enfants !
Loin de moi l'idée de vous couper de tout ça Xavier ! Ce que je veux vous dire, c'est que vous devez sortir, voir du monde, voyager..
Je suis seul. Je ne vois pas l'intérêt.
Vous êtes costaud, mais vous êtes aussi une tête de mule ! Ce que je vous dis de faire, ce que je vais vous marquer sur une ordonnance spéciale, c'est de vivre, tout simplement.
Avec ce que j'ai vu de l'autre côté, je pense que j'ai fait le voyage le plus extraordinaire qu'il soit possible de faire dans une vie.
Je vous l'accorde. Mais j'aimerais en savoir plus sur ce voyage de l'autre côté du voile Xavier. Mais je ne veux pas vous importuner ici même alors que vous récupérez. J'ai envie de recueillir votre témoignage.
Ce qui veut dire ?
Que l'on pourrait se voir en dehors de ces murs. Parler de tout ça devant une bonne bière ou un bon repas. Vous en pensez quoi ? Et puis, ça vous changerait un peu les idées, plutôt que de rester toujours enfermé au manoir.
Mais j'aime mon manoir !
Je n'en doute pas une seconde Xavier. Vous êtes un indécrottable. Si vous ne voulez pas quitter le manoir, alors, accordez moi au moins l'autorisation de venir vous y rendre visite !
Je n'y vois aucun inconvénient, mais il faudra que j'an parle à Louise.
Ah, mais c'est déjà fait mon cher. Je me suis permis de le lui demander et elle a gentiment accepté. J'ai appris que vous aviez votre maison individuelle ?
Oui, un petit pavillon bien à moi.
Vous êtes comme un pacha dites-moi ! Plaisante Kramer.
Je n'ai pas à me plaindre.. Mais comment se fait-il que j'ai l'impression que l'on complote dans mon dos docteur ?
Hans, appelez moi Hans. Et pour répondre à votre question, c'est peut etre parce que vous me plaisez, dans tous les sens du terme ou, que vous êtes un cas intéressant, scientifiquement parlant.. Mais peut-être refusez-vous tout simplement ma compagnie ou de partager votre expérience, ce que je peux fort bien comprendre et je ne m'en offenserai pas. Même si j'éprouverai un regret certain.
Non, non, je n'ai pas dit cela doc.. Hans. Je veux bien répondre à toutes les questions que vous me poserez. Mais en revanche, vous serez aussi ma bête curieuse. Votre compagnie est très agréable et j'ai envie d'en apprendre plus sur vous.
Je n'en attendais pas moins Xavier. Et je me réjouis déjà de nos futures rencontres. Ca égaiera nos vies, à tous les deux. Sur ce, je cesse de vous importuner. Je continue ma ronde. Je repasse vous voir un peu plus tard, enfin, si vous le permettez.
En tant que médecin, ou en tant qu'ami ? Questionne Xavier dont un large sourire éclaire le visage.
Je crois que vous connaissez déjà la réponse Xavier. Mais je vais vous le dire quand même. C'est en ami, dorénavant que je viendrai vous visiter. »


Les douches sont étrangement désertes et cela n'est pas pour déplaire à Lemoux qui déteste se montrer aux autres codétenus. Il glisse le long des murs pavés de carrelage blanc, aussi blafard que les luminaires qui l'éclairent. Le silence de l'endroit, pesant est déchiré par les sarcasmes et les boutades bien grasses des autres prisonniers restés dans leurs cellules.
Lemoux arrive sous la première douche qui se présente à lui et prend soin de se dévêtir, tranquillement. Il range soigneusement sa tenue sur un des bancs placés à cet effet. Lentement, il se retourne et se positionne sous le pommeau de douche d'où sort un jet d'eau chaude apaisant et bienfaiteur. Sa nuit, plutôt agitée et plongée dans des rêves de luxure et de richesses qu'il ne connaîtra probablement plus jamais, lui ont laissé un goût amer au réveil, au retour brutal à la réalité des choses.
Le liquide brûlant se répand en milliers de cristaux que viennent titiller les rais de lumière de la pièce, donnant à son corps légèrement bedonnant, les éclats d'une armure scintillante.
Son réveil se fait tout en douceur, il savoure chaque seconde de ce moment unique, isolé de ce monde carcéral qu'il exècre, un monde qu'il a évité de nombreuses années durant à bon nombre de ses clients et dont il n'est pas sûr de pouvoir se sortir lui-même un jour. Ses rêves de toute puissance se sont effondrés le jour où le commissaire Gavoilhe et ses hommes lui ont passé les menottes aux poignets, pris en flagrant délit comme un jeune débutant, et, enfin, Corinne, la superbe fausse sotte qui l'a doublé en beauté qu'il rêve d'étrangler de ses propres mains. Le coup de pied envoyé à son animal de compagnie lui arrache un léger sourire mais apporte une légère consolation à son désir de vengeance. Il se tient la promesse de la retrouver coûte que coûte, peu importe le temps que cela prendra et ce que cela lui coûtera. Avec un peu de chance, il aura la possibilité de contacter son ami de toujours, Walter. Et à tout prendre, peut-être que son avocat, Max, pourrait l'aider à se sortir de ce mauvais pas. Il n'y en a pas deux comme lui dans le milieu pour sauver les cas désespérés comme le sien.
Le bruit assourdissant de l'eau qui tombe abondamment sur lui, il n'entend pas les petits bruits et les pas qui se rapprochent de lui. Soudain, il sent une main puissante s'agripper à son bras et qui le tire brutalement hors du rideau d'eau.
«  Que....
Alors joli petit avocat, t'as pas peur de prendre une douche tout seul ?
Quoi, qu'est-ce-que vous me voulez ?
Tout seul, et tout nu, personne aux alentours, tu aimes vraiment le risque mon mignon.
Fous moi la paix avorton.
Hoho, maman, j'ai peur..
Tu peux, crois moi, tu sais pas à qui tu as en face de toi !
Ho mais si mais si ! L'avocat pourri qui se fait pincer les poches pleines de dope et dont la femme se paye une bonne tranche en se faisant brouter le minou.
Espèce de salaud.. je..
Quoi, quoi, tu crois faire quoi ici, espèce de minable ? Tu ne fais plus la loi ici mon grand. T'es rien, tu m'entends, t'es plus rien ici !
Quand je vais sortir d'ici, tu verras de quel bois je me chauffe connard !
Oh le bouffon, il croit qu'il va sortir.. Mais tu rêves ma poule ! T'es fini, grillé, calciné. T'es mort ! Hey, les gars, vous avez vu ça ? Le petit, il sort les crocs !
Yep, on a entendu man, répondent à l'unisson, deux autres codétenus surgis des vapeurs de la douche.
Alors, ça te fait quoi d'être cocu par une gouine mec ?
Rien à foutre, c'est plus ma femme..
Oh, le macho fait queue basse ! Ne me dis pas que ça te fout pas les boules, je te crois pas. Ta réputation t'a précédé. Mais je vais te faire changer d'avis sur les hommes mec. Ton petit cul va en prendre pour son grade. Tu m'en redemanderas même, tu pourras plus te passer de ma bite.
Dégage espèce de pédé, ou je te tue..
Je crois que t'es pas en position de lutter mon gars ! Répond le grand black en défaisant sa braguette sous laquelle apparaît une bosse significative.. Puis, s'adressant à ses acolytes. Hey les mecs, tenez le bien, je vais lui défoncer le cul jusqu'aux amygdales.
Défoule toi Doctoré, on te le tient ton petit poulet. Il pourra pas s'échapper.
Putain, lâchez moi enfoirés, lâchez moi ou je vous bute l'un après l'autre.
Allez, sois gentil, prête moi ton cul.. répond celui qu'on a surnommé Doctoré à cause de sa ressemblance avec l'acteur Peter Marsha dans Spartacus. Tu le regretteras pas.. dit-il dans un sourire sarcastique.
Me touchez pas ! Lance dans un cri de désespoir l'avocat, dont les efforts pour se défaire des griffes de ses agresseurs est à présent réduit à néant.
Laisse toi faire mon mignon. Ca sert à rien de te débattre, tu vas passer à la casserole de toute façon.
Noooooooon »

Dans un dernier effort dérisoire, Lemoux tente de se libérer de l'emprise des deux hommes de main de Doctoré et ne réussit qu'à grimacer de douleur tant il est fortement maintenu.

« Collez le contre le mur les gars et maintenez le fermement.. »
Dégageant entièrement son impressionnant pieu noir de son pantalon, Doctoré se rapproche de sa victime, un sourire aux lèvres, écumant de plaisir et de sadisme.
Un cri de douleur et d'effroi s'élève alors dans la salle des douches alors que Doctoré savoure son plaisir sans vergogne dans des va et vient de plus en plus rapides et brutaux.
Quelques brefs instants plus tard, qui paraissent une éternité à Jeff, le grand Noir se sépare de sa victime dans un mouvement de satisfaction extrême avant de remballer l'objet du délit et de prendre le chemin de la sortie. Il s'adresse à Lemoux dans un souffle à peine audible, mais avec un regard aussi noir que sa peau.

«  Tu vas vite t'en remettre l'avocat. Je suis sûr que tu as aimé. A bientôt et merci. T'es un super coup, je reviendrai »

A ces mots, un puissant sourire sort de sa gorge, un sourire qui fait frissonner Lemoux qui s'est laissé glisser le long de la paroi et gît à même le sol, blessé dans le corps et dans l'âme. Ses bourreaux disparaissent aussi soudainement qu'ils sont apparus, totalement indifférents au sort de leur victime.
Lemoux reprend ses esprits quelques instants plus tard. Rassemblant ces forces, il parvient à se redresser et à se mettre sur ses jambes encore tremblantes de stupeur et de rancoeur. Il se promet de faire payer à ces trois là, le calvaire qu'ils viennent de lui faire subir, et de le leur faire payer très cher.


« Ton mari fait encore parler de lui !
Ah, ils disent quoi cette fois-ci ?
Rien de plus qu'on ne sait déjà mon cœur, mais ce qui m'amuse, c'est le petit encart qu'ils ont mis juste en dessous de l'article.
Ah bon ? Et c'est quoi ?
Je me marre toute seule. Il a fait passer par son avocat un article concernant les conditions de détention..
Bah, le sujet habituel quoi !
Non, mais lui, c'est pas la bouffe ou la surpopulation dont il souffre, mais la fréquentation qu'on peut faire en prison.. Attends... Ah oui, Monsieur se plaint que sa cellule est trop petite pour quelqu'un comme lui, qu'il n'y a aucune intimité etc etc..
J'hallucine.. Il pensait qu'il allait se retrouver au Ritz ou quoi ? Répond Louise dans un bel éclat de rire. Il a eu le palace qu'il méritait et je déplore une chose : Que cela ne se soit pas produit bien avant. J'aurais jamais du aider ce fumier. Ce que j'ai pu être naïve.
Non ma chérie, tu étais juste amoureuse..
Peut-être, mais en tout cas, pas de la même personne. Ce que je peux regretter..
Tu n'as rien à regretter ma puce, tu as agi suivant ton cœur.. et puis, tu as eu deux enfants adorables.
C'est la seule chose de bien qu'il aura faite. Et encore, c'est moi qui ai pris la décision pour nous deux car il n'était pas chaud. Je comprends maintenant pourquoi. Ces gosses n'ont jamais eu de père, il ne s'est jamais préoccupé d'eux ! La seule chose dont il a été capable, c'est de signer les chèques.. Tu parles d'un exploit.
Arrête de te morfondre chérie. Nathan et Noémie sont des enfants adorables. Ils ont vite pigé le truc et se sont rabattus sur la personne la plus importante à leurs yeux, celle qui a su les écouter, les chérir, répondre présente quand ça n'allait pas, qui a su prendre soin d'eux, les épauler, les aider... toi mon ange..
Et Xavier, tu oublies Xavier..
Oh non, je ne l'ai pas oublié ce cher homme. Ce type est une vraie perle, c'est lui que tu aurais du épouser !
A un détail près.. Intervient Louise
Oui, je sais bien et pas des moindres. Je pense que c'est le seul mec que j'apprécie dans ce bas monde en fait.
Comme moi. Quand je pense qu'on a failli le perdre..
Mais ça n'est pas le cas mon amour. Il est costaud et se remet doucement, mais sûrement.
Grâce aux bons soins du docteur Kramer. Lui aussi c'est un mec bien. D'ailleurs, comme j'ai vu que Xavier lui plaisait, je lui ai dit qu'il pouvait passer à l'occasion pour le visiter..
Petite maligne.. tu joues les marieuses en plus !
Bah, il est clair que ces deux là se plaisent ! J'ai juste voulu donner un petit coup de pouce au destin.
Et je vais t'aider.
Encore une fois, j'ai pas un peu l'impression qu'on manipule tu vois.. sourit Louise.
Ah tu trouves ? Moi je trouve pas ! S'esclaffe Virginie qui se prête volontiers au jeu.
Ohhhhh, si, un petit peu quand même..
Alors juste un peu..
Donc, ca revient à dire absolument rien..
Exactement ! Continue Virginie qui a du mal à se retenir un fou rire grandissant.
Bon, tu es prête mon cœur ?
Je te signale que ça fait un moment que je le suis ! Je n'attendais plus que toi chérie.
Ah non, je l'étais avant toi !
Tu en es sûre !
Sûre de chez sûre !
Et dis moi chérie, tu as l'intention de partir comme ça au bureau ?
Bein quoi, qu'est-ce-qu'il y a ?
Je doute que tes mules rose pétard soient très assorties à ton tailleur mon ange ! A moins que tu aies envie de lancer une nouvelle mode !
Oh mon dieu !
Remarque, je te trouve très sexy comme ça ! Dit Virginie qui s'approche d'elle avant de lui donner un baiser.
Mmm, ma foi, je pourrais essayer, mais ça ne sera pas pour aujourd'hui chérie. Il fait toujours aussi froid et ya toujours autant de neige dehors. Et j'ai pas envie d'abîmer ces petits bijoux. Ah, où j'ai laissé mon manteau ? Ca se voit que Xavier n'est pas là, ce manoir va finir par ressembler à un vrai foutoir.
Tu exagères chérie. Je trouve qu'on s'en sort super bien, au contraire. Et puis ton manteau, il est juste là où tu l'as mis il y a deux secondes pour passer tes escarpins.
J'aurais du embaucher quelqu'un..
Mais qu'est-ce-que tu racontes, tu as déjà passé une annonce !
Je veux dire, que j'aurais du le faire plus tôt. On en serait pas là.
Et Xavier, je sais pas s'il l'aurait bien pris.
Et bien si justement et le pauvre n'aurait pas eu le choix. Il est sur un lit d'hôpital et nous n'avons guère le choix que de mettre la main à la pâte.
Ca ne dure que depuis quelques jours chérie et Nathan et Noémie assurent un max sur ce coup là.
Certes, mais ils ont leurs devoirs à finir.
Bon, j'espère juste que quelqu'un se présentera très vite.
Je l'espère aussi.. Bon ça y est, on est parées, on y go ? J'ai hâte de retrouver Jeanne et Françoise !
Je pense que l'inverse est valable aussi.
Les pauvres doivent être submergées de travail.
Sans aucun doute mon ange... Allez, en route !
Oui chef ! Bien chef ! A vos ordres chef ! »

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MessageSujet: Re: LOUISE OU LA VRAIE VIE   Ven 7 Fév - 21:08

Au même instant, dans une autre ville non loin de la capitale, deux hommes discutent tranquillement dans un restaurant huppé devant un repas frugal. L'ambiance est tamisée , des tables rondes placées en quinconce donne à chacune l'impression d'être isolée des autres, préservant ainsi une intimité certaine. Le maître d'hôtel supervise sa brigade du coin de l'oeil et, bon professionnel, ne manque pas de répondre à chaque désir des convives avant même qu'ils en aient formulé le souhait. Dans la salle, les serveurs, nombreux évoluent dans un ballet réglé à la perfection, mêlant discrétion et professionnalisme.
«  Bon, tu es sûr de toi ?
On a tout fait Max. J'ai alerté tous mes contacts. Sans exception. Indics, flics, agents, même les juges.. Les fureteurs n'ont absolument pas trouvé la moindre trace de ta Corinne.
Ils ont bien préparé leur coup mais je me doutais du résultat. Je n'ai de cesse de dire à Walter que retrouver cette gonzesse est peine perdue, mais il ne veut rien entendre et veut qu'on lui apporte sa tête.
De là où il est, ton Walter, il peut pas tout gérer.
Détrompe toi, il est absolument au courant de tout. Je ne suis pas le seul contact qu'il a à l'extérieur. Il a des antennes partout, il sait absolument tout. Je suis mort si on fait pas ce qu'il a demandé. On est tous morts.
On peut sauver notre tête Max.
J'ai bien peur que non. On a plus le temps d'agir, il est trop tard pour la retrouver avant qu'il soit dehors Fred.
J'en conviens. Mais puisqu'il est au courant de tout, on peut faire courir le bruit qu'on l'a eue, c'est pas plus compliqué que ça !
Et si Walter veut voir le cadavre ?
Les hôpitaux sont remplis de gens qui ont donné leur corps à la science et je connais plein de monde dans les hôpitaux. Voler une tête n'est pas bien difficile. Ton Walter, il sait à quoi elle ressemble ?
Non, il ne l'a jamais vu.
Alors, ça roule ma poule. Annonce lui que tu as buté ta pute, je m'occupe du reste.
Et combien ça va me coûter ?
On est dans le même bateau Max. Alors, je te fais un prix d'amis. Tu me files 50 000 pour moi et 5 000 pour mon pote de l'hôpital qui sera heureux d'arrondir ses fins de mois.
Il est sûr ton mec ?
Absolument. Il m'a déjà arrangé des petits boulots du genre et j'ai toujours été content de ses services. Il se contente d'obéir aux ordres et ne pose aucune question.
Ok, de toute façon, je n'ai pas d'autre choix que de te faire confiance. Mais comment ce mec va-t-il s'y prendre pour sortir un macchabée ? Ils vont s'en rendre compte, forcément !
Il n'est pas un simple sous fifre.
Ok...ok, ok. Max avale d'un trait son Pétrus, sans en savourer le bouquet. Et pour mardi alors ?
No souci, je t'ai déjà dit que tout était en place. Reste qu'à ton bonhomme d'être sûr de son coup.
Tes gars ont touché l'avance ?
Oui, t'inquiète, sinon, je t'en aurais déjà parlé.
La voiture, les hommes ?
Mais oui je te dis ! Détends toi bon sang ?
Je voulais juste que tu me confirmes.
Alors, je confirme Max. Allez, un autre petit verre !  Merde, on a déjà sifflé la bouteille ! Sommelier, s'il vous plaît ! Allez, putain, ce que tu peux être tendu du string.. relax Max, tout va bien se passer !
J'espère bien. C'est la première fois que je lui mens !
Hé bein, faut un début à tout mon pote !»


Max, rassuré mais mal à l'aise de devoir monter un tel bobard à son boss, retourne dans son appartement du XVI arrondissement qu'il a acheté à prix d'or et qu'il n'occupe que quelques jours dans l'année, préférant la douceur des côtes espagnoles. Walter, il le connaît depuis douze longues années. Très apprécié dans le milieu, les malfrats se sont disputés ses services jusqu'à ce qu'il rentre dans les rangs du clan du Belge, empochant des honoraires exorbitants contre ses talents exceptionnels.
Douze longues années à couvrir les activités crapuleuses de son patron, à réparer ses erreurs par des manipulations dignes d'un magicien, surnom, d'ailleurs dont on l'a affublé dans le milieu. Il est, pour Walter, un élément irremplaçable, le pilier de la réussite de ses sombres agissements, en allant du simple délit jusqu'au meurtre.
Il est pourtant rompu à tout genre de manœuvre douteuse mais le vol d'un macchabée, il le sait, n'est pas chose aisée car la France est un des pays, si ce n'est le pays le plus contrôlé en matière de manipulation de cadavres et l'entreprise que lui a proposée son collègue Fred est loin d'être sans risque. Se faire pincer pour vol de macchabée ou se faire tuer par Walter ? Il n'a pas le choix, il le sait et n'a aucune autre alternative que de s'en remettre à Fred.
Fred ne l'a jamais déçu, mais il ne peut s'empêcher d'être inquiet. Alors, il se saisit de la bouteille de sa boisson favorite, la vodka et s'en sert une triple dose, qu'il avale cul sec avant de se resservir. Dans peu de temps, son sort sera joué. De grosses gouttes de sueur perlent sur son front dégarni, ses joues s'empourprent, la vodka agit déjà sur son système nerveux qui garde néanmoins toute sa lucidité. Il desserre sa cravate de cachemire que l'ouvrier qui l'a fabriquée mettrait des mois à s'offrir, dégrafe le bouton du col de sa chemise en soie pure et se laisse tomber sur l'imposant fauteuil de cuir de son immense salon. De sa place, son regard se pose sur la fenêtre et, observe les lueurs des quelques véhicules qui roulent dans les rues vides de la capitale à cette de la nuit déjà bien avancée.
A l'heure qu'il est, les hommes de Fred sont déjà à pied d'oeuvre afin de mettre leur plan glauque à exécution. Dans les prochaines trente six heures, Walter sera conduit devant le juge, ses hommes prêts à suivre les consignes du Belge à la lettre malgré le mystère qui plane sur ses chances de réussite. Mais chacun se garde d'émettre la moindre réflexion car, finalement, le Belge ne connaît pas la signification du mot « échec » et sait donc ce qu'il fait. Et Max espère sincèrement que Fred sait aussi ce qu'il fait.


« Qu'y a-t-il mon ange ? Questionne Virginie.
Oh, pardon bébé, je t'ai réveillée..
En fait, je ne me suis jamais endormie. Je te sens nerveuse. T'arrêtes pas de remuer depuis tout à l'heure. Je te sens inquiète chérie. Tu veux en parler ? Qu'est-ce-qui te tiraille ?
Xavier.
Xavier ? Quoi Xavier ?
Son truc. Je regrette de ne pas avoir été là quand vous en avez parlé tous les deux.
C'est ça qui te travaille ?
La mort, tout ça quoi.
Je croyais que tu ne voulais pas en entendre parler. Une cartésienne comme toi.
Je ne le suis pas tant que ça, tu sais.
Et bien alors.
En fait.. voilà.. en fait, je crois que j'ai peur de l'inconnu. Je n'aime pas m'aventurer sur quelque chose que je connais pas.
Pourtant, ce type d'expérience est bien plus courant qu'il n'y paraît chérie. Kramer te l'a lui même confirmé.
Alors, pourquoi n'en parle-t-on pas ?
On ne parle que de ça mon ange ! Partout ! La télé, les livres, les témoignages. D'ailleurs, à ce sujet, j'en ai pas mal, je pourrai les visionner avec toi si tu veux.
En fait, ce qui m'intrigue, c'est de savoir si le phénomène décrit reste le même pour les personnes qui décèdent pour de bon.. La décorporation et tout ça quoi.. Est-ce-qu'une personne peut se manifester à ceux qui lui survivent ?
Tu parles de revenants là chérie.
Oui.
Et c'est ça qui te fait peur ?
Peur oui, car je n'ai pas de réponse à la question que je me pose depuis des années.
Et cette question, tu ne l'as jamais posée de peur qu'on te prenne pour une illuminée, je présume.
C'est exactement ça. Et puis, je sais que tu en connais un rayon, alors, je me suis dit que.. ça me travaille depuis des années en fait. Je dois en avoir le cœur net.
Dis moi mon ange, parle. Peut-être que je pourrai t'éclairer.
Ne te moque pas de moi hein.
Promis chérie. Et y'a pas de raison que je me moque de toi. Qui est ton fantôme bébé ?
Papa.
Oui, et... questionne doucement Virginie qui accueille la tête de sa douce au creux de son épaule.
As-tu déjà remarqué un truc de spécial dans le manoir ?
Tu veux parler de la décoration, la différence entre partout et le bureau de ton père, je présume.
Exactement.
Tu n'as jamais voulu qu'il change..
Oui, c'est vrai. Mais j'ai voulu procéder à la restauration de certaines vieilles toiles sans valeur auxquelles il tenait énormément. Tu as vu dans quel état de décrépitudes elles sont...
C'est vrai qu'elles ne respirent pas particulièrement la pleine forme.
Eh bien, aucune tentative de restauration, même la plus petit, je te dis bien aucune n'a pris.
C'est à dire ?
Que le lendemain de chaque restauration, les retouches avaient disparu..
Tu veux dire que...
Que je retrouvai les toiles dans leur état originel.. A croire que quelqu'un passait la nuit et défaisait le travail accompli.
Et je parie que tu penses que c'est ton père le responsable.
Oui, c'est dingue hein.. Je n'ai jamais voulu en parler pour pas passer pour une folle.
Tu n'es pas folle ma chérie.. Il y a eu d'autres manifestations ?
Oui..
Comme quoi par exemple ?
Je... heu.. et bien, quand je suis dans le bureau.. parfois, je sens l'odeur du tabac de sa pipe.. Au début, je flippais, mais je m'y suis faite. J'ai l'impression qu'il est là..
Il l'est. Je parie que tu aimais cette odeur, je me trompe ?
C'est exact. Depuis gamine j'adorais cette odeur et restais dans le bureau avec papa, rien que pour en profiter. Ca veut dire quoi tout ça ?
Qu'il est toujours là chérie et qu'il continue, par delà la mort de te chérir..Mais par contre, il n'a pas l'air de céder, quant à la restauration des tableaux... »


« C'est le message qu'il veut me transmettre, c'est ça ?
Oui, pour les tableaux, mais pour l'odeur de la pipe, je crois tout simplement qu'il veut te faire comprendre qu'il est toujours là, mais dans un autre niveau de vie, une autre dimension. Même de l'autre côté du voile, il continue et continuera de veiller sur toi.
Mais pourquoi ?
Et bien, je pense que ton cher Papa restera là tant que tu auras des soucis. Je parle de Jeff, de ton divorce.. et jusqu'à ce que tu sois heureuse. Enfin, c'est mon ressenti..
Mais je suis heureuse ma chérie..et grâce à toi ! Dit Louise, un son suave sur les lèvres avant de déposer un délicat baiser dans le cou de Virginie. Puis elle reprend :
Je suis une grande fille, je gagne bien ma vie, j'ai deux enfants formidables et une femme merveilleuse. Que demander de plus ?
A mon avis, il a peur pour toi. Je ne te parle pas de ce qui s'est passé, mais de ce qui pourrait arriver.
Qu'est-ce-que tu sous entends par là amour ?
Tu as échappé de peu à une tentative d'assassinat ma chérie. Jeff est en prison, certes. Son comparse aussi et c'est pas un petit poisson. Tu as pensé aux représailles ?
Tu penses que mon mari veut encore ma mort ?
Chérie, tu es aveugle ou quoi ? Tu sais aussi bien que moi que les prisons sont de vrais gruyères, que tout circule en toute liberté.. les vigiles pourris.. les téléphones, la dope... tout quoi.
Donc, tu penses que Jeff veut encore ma peau.
Oui.
Il a tout perdu mais me voir morte serait l'ultime satisfaction. Ca ne me surprend pas de lui, il a toujours voulu avoir le dernier mot. Et pour répondre à ta question plus haut.. Oui, je suis aveuglée.. totalement.. mais par toi ma chérie. Avec mes enfants, tu es la plus belle chose qui me soit arrivée. Je ne demande plus rien à la vie si ce n'est de vous rendre heureux, Nathan, Noémie et toi.
Il en est de même pour moi mon ange... » Puis, fronçant les yeux..  « Hoho.. c'est quoi cette main ?
Quelle main ? Questionne malicieusement Louise.
Celle qui vient de se poser sur mon sein et qui fait mumuse avec le téton...
Ah, celle-là ? Désolée ma chérie. C'est une main incorrigible. Toujours à se balader sans que je lui en ai donné la permission. J'ai beau la sermonner mais rien n'y fait, elle est toujours aussi baladeuse.
Ca ira pour cette fois, sourit Virginie. Je la laisse pacager en paix. Et puis, je la trouve mimi moi cette main.. câline, douce et surtout très adroite.. A vrai dire, je l'adore moi cette mimine.. Sa sœur est aussi dans les parages ?
Vi, elle attend son feu vert pour la rejoindre..
Bein alors, qu'est-ce-qu'elle attend pour le lui donner ?
C'est un appel ça, ou je m'y connais pas ?
Je dirais.. un appel par procuration.. Ou.. un appel subliminal lancé par ta main baladeuse.. qui m'a terriblement donné envie de ma femme. C'est pas une main baladeuse, c'est une main magique..et j'adore la magie.
Abracadabra.. soeurette amène toi... Abracadabra, sur ce corps balade toi.. abracadabra.... »

Louise ne termine pas sa phrase, sa bouche de braise venant à l'encontre de celle de Virginie. Leurs lèvres s'unissent immédiatement en un baiser profond et langoureux, leurs langues se livrant bataille sans aucune retenue. Des bruits humides et sucrés s'échappent dans la sombre et profonde.
Louise, dans une douce violence, vient couvrir de son corps celui de sa jeune compagne, qui savoure quelques instants cette domination jouissive avant de déséquilibrer l'avocate et de se positionner à califourchon sur ses hanches. D'un geste lent et avec une force feinte, elle se saisit des poignets de Louise et les positionne de chaque côté de sa tête avant de faire danser son bassin sur le sien dans un mouvement calculé. Louise feint de se débattre quelques secondes, Virginie feint de résister et toutes deux se laissent entraîner dans le ballet langoureux de leurs corps en ébullition.
Peu à peu, alors, Virginie descend son visage vers celui de Louise avant de venir jouer avec ses lèvres, la dardant de micro baisers, frôlant à peine sa bouche gourmande de la sienne, ou la titillant du bout de sa langue avec laquelle elle en dessine le contour, rendant Louise folle d'impatience.
Enfin, leurs lèvres se soudent, Virginie libère les poignets de sa douce, laissant ses mains s'unir à celles de Louise. Leurs doigts se marient, leurs lèvres se séparent et se retrouvent toujours plus ardemment. Les hanches de Virginie ont interrompu leur danse et ses mains quittent lentement celles de Louise avant que la blonde secrétaire ne se redresse et que ses doigts n'investissent le buste de Louise dans une danse torride et enfiévrée.
Les yeux fermés, Louise s'abandonne sans peine aux caresses expertes de sa femme. Se mordillant la lèvre inférieure sous un plaisir grandissant, elle rend à Virginie toute sa douceur et toute sa tendresse.
Toujours à califourchon sur l'avocate, les mains de Virginie abandonnent un court instant Louise et agrippent fébrilement le léger tissu qui couvre son corps de nimbe, avant de l'envoyer valdinguer sur le sol de la chambre. Elle invite ensuite sa brune maîtresse à s'asseoir et l'aide à en faire de même avant de l'aider à se rallonger et de recouvrir sa peau satinée de baisers sulfureux.
Elle quitte sa position cavalière pour couvrir de son corps celui de Louise dont les frémissements s'accentuent de façon empirique au fur et à mesure de ses caresses.
Quelques secondes plus tard, les deux femmes roulent sur le lit immense, bras et jambes mêlés, cheveux mélangés, bouches soudées, jusqu'à ce que Virginie les arrêtent dans leur course et s'immobilise au dessus de Louise à qui elle offre un regard de braise, un regard profond où se lit un amour sans borne.
« Je t'aime mon amour... Je t'aime tellement !
Je t'aime tout autant ma chérie. Merci d'être là. Merci d'être ma femme »

A ces mots, Louise tire la tête vers celle de Virginie et vient cueillir ses lèvres avant de l'enserrer dans ses bras et la plaquer tout contre elle. Les bras de la jeune femme en font tout autant et les deux femmes partent dans une étreinte et un baisers sans fin. Quand leurs lèvres décident de se séparer enfin, Louise et Virginie se fixent du regard alors que leurs mains se mettent à explorer frénétiquement leurs corps respectifs. Gourmandes et impatientes, elles prennent le chemin du plaisir le plus court.
Allongées ensuite l'une à côté de l'autre, ou plutôt enlacées l'une à côté de l'autre, chacune part à la découverte de l'autre, immisce sa main dans l'entrejambe de l'autre, trouvant un endroit humide, chaud et accueillant.
Leurs mains s'affairent, leurs doigts caressent, titillent, énervent, glissent et disparaissent entre les chairs molles, avant de reparaître et disparaître à nouveau, dans un ballet magique dont le rythme s'accentue au fur et à mesure que le plaisir des deux femmes augmente.
Les gémissements se transforment en râles, les râles se transforment en cris. Les corps se tendent et se cabrent, avant de retomber l'un à côté de l'autre. Des baisers s'échangent pour continuer de savourer les derniers frissons de plaisir avant de savourer un moment de plénitude.


« Alors Lemoux, t'as pas trop mal au cul ?
Bande d'enfoirés ! Allez vous faire foutre ! Salauds ! Pourritures ! Sales tarlouzes !
Ho ho ho, que de gros mots l'avocat ! Tu plaidais de la même façon pour tes clients ?
Allez vous faire foutre ordures ! J'aurais votre peau, vous m'entendez !?
Pour le moment, c'est toi qui t'es fait foutre mon grand, et bien profond. Doctoré est très content. Je t'avais dit que ton petit cul plaisait !
Tu vas le payer Hulk..
Ah, mais j'y peux rien moi ! Je fais que rendre service à mes potes dès que j'en ai l'occasion !
Et combien mon cul t'a rapporté salopard ?
Secret d'état Lemoux.. Tu crois pas que je vais te donner mes petits secrets..
Toi et Doctoré, vous allez le payer.. très cher !
Tu me fais peur. Je dois te rappeler ici, que tu fais pas la loi, que la loi c'est moi et que je fais ce que je veux avec qui je veux et quand je veux. Si on me paye bien, je sais aussi être agréable et prévenant.
Combien tu veux pour ma tranquillité salopard ?
Je sais pas trop encore. Je dois y réfléchir. Donc, en attendant que je me décide, je vais laisser Doctoré jouer avec ton petit cul. Car vois-tu, lui aussi, il m'a payé.. et cher. Toi, tu devras payer encore plus cher.. quand je l'aurai décidé.
Enflure.. t'en as pas assez avec la dope ? Il t'en faut toujours plus hein.
Je crois que dans ce domaine, tu me surpasses. Combien de pauvres types dans mon genre tu as grugés ? Combien pourrissent ici à cause de ton incompétence ? Combien de richards tu as déplumés ?
C'est pas pareil connard !
Oh mais si ! Tu as fait ton business, je fais le mien mec et tout comme toi, y'a que le résultat qui compte. Tu t'en es mis plein les fouilles, je fais de même..y'a juste la méthode qui change. Tu piges ?
J'vais aller chercher ma dope ailleurs, t'es qu'un sale enculé ! T'es aussi pédé que les autres ici. Va te faire sucer, tu dois aimer ça hein..
Ferme la ou je te pète ta sale tronche d'enfoiré d'avocat de mes deux..
Haha, j'ai vu juste, t'es qu'une tarlouze sale con !
Toi, t'as pas l'air d'avoir pigé.. C'est parti pour la leçon numéro deux ! »

A ces mots, Hulk lève sa gigantesque carcasse et fond tel un aigle sur sa proie. D'un geste rapide, il se saisit du col de chemise de l'avocat pourri et le tire violemment hors du lit où il aspirait à un peu de repos avant que le molosse qui partage sa cellule vienne troubler sa tranquillité.
Le mouvement est si brutal que la tête de l'avocat heurte violemment le montant du lit de Hulk. Il n'a pas le temps de porter sa main sur sa blessure qu'une main énorme, telle un battoir s'abat de tout son plat sur sa joue. Une demie seconde plus tard, une douleur atroce se manifeste au niveau de son plexus et une autre encore dans le bas de ses reins. Hulk lâche sa proie qui s'écroule au sol, le souffle coupé, un éclat de stupeur dans le regard.

« Alors mon gars, t'as pigé la leçon numéro deux ? Tu l'as bien dans le crâne ?
Va te faire foutre connard. Même pas mal !
Très bien mec ! Je vais répéter une dernière fois et si tu captes pas, t'es un homme mort ! »

Joignant le geste à la parole, alors que Lemoux est plié de douleur à terre, Hulk prend un pas d'élan avant d'envoyer un coup de pied magistral dans le ventre de sa victime. De la bouche de Lemoux, dont le souffle est coupé net, aucun son ne sort. Seul un trou béant et une grimace atroce se dessinent sur son faciès. Mais Lemoux n'en a pas terminé avec son lot de souffrance et dans la seconde qui suit, le pied qui l'a frappé à l'abdomen, vient s'abattre lourdement sur son visage.
Sa sale besogne terminée, Hulk retourne paisiblement sur sa couche, un sourire sadique aux lèvres, laissant son compagnon de cellule presque sans connaissance à même le sol, le nez et la bouche pissant le sang.

«  Et là, t'as pigé ?
-....
Je prends ça pour un oui. T'as pas le choix mec. C'est ça ou tu crèves.
Je.. ça.. ai.. pigé, murmure Lemoux ; ses lèvres ont déjà pris des proportions démesurées et bleuissent à vue d'oeil.
Vaut mieux pour toi. » Le géant daigne quitter sa carcasse et s'approche de l'avocat avant de l'attraper par le poignet et le soulever sans précaution aucune et de le jeter violemment sur son lit.
Et n'oublie pas, tu as glissé sur le sol mouillé et a percuté le montant de ton lit.. Regarde, y'a des traces là. Si tu t'amuses à raconter ce qui s'est passé, tu risques d'avoir de plus grands ennuis encore. Ici, les gardiens, je les ai dans ma poche. Tu as une chance sur trois de tomber sur un qui se fera un plaisir de tout me raconter en détails.
T'es qu'un enculé, je te pisse à la raie.
Tout ce que tu veux mon gars, tant que tu craches rose. Si tu es sage, je te dirai vite combien te coûtera ta tranquillité.
Ce qui veut dire que je vais encore me faire enfiler par ce sale nègre.
Que veux-tu, il a payé pour ton cul. Et il doit en avoir pour son argent lui aussi. Ceci dit, c'est à moi de décider quand le manège s'arrêtera. C'est toi qui vois !
Il te faut quoi de plus enfin merde !
Rien.. En fait, je crois que ça me plaît de te voir souffrir.
T'es qu'un malade, ta place est en HP connard !
Oui, c'est ce qu'a tenté de faire mon avocat mais ce merdeux a foiré son coup et je suis ici pour perpete.
En gros, je paie pour lui quoi..
Moui, c'est un peu ça.. mais tu vois, je suis pas trop rancunier. Tiens, attrape. Tu vas en avoir bientôt besoin. Cadeau de la maison. »

Le grand balaise fouille ses poches et en sort un petit sachet rempli de poudre blanche et le jette au visage à présent difforme de Jean-François Lemoux. Puis il regagne son lit dans un éclat de rire à glacer le sang.

Lundi .


A l'hôpital, un homme grand, élancé et plutôt bel homme, ne cesse de regarder sa montre bon marché. Une balafre barre sa joue, mettant en valeur ses yeux acier et sa peau cuivrée qu'auréolent des cheveux blonds taillés en brosse. Son visage dur mais superbe aurait volé la première pour un rôle d'officier du troisième Reich.
A tout prendre, il aurait pu également décrocher le rôle d'un médecin contribuant à faire progresser la science en faisant défiler sous ses mains maléfiques les pauvres cobayes Juifs. Pire encore, le rôle du Docteur Frankenstein dont le destin fut de recoller et rapiécer les cadavres et de leur redonner vie. Mais ce que cet homme s'apprête à faire n'est pas de ranimer un mort, mais d'en subtiliser un .
Le service de la morgue dans lequel il s'est introduit va bientôt fermer ses portes. Se laisser enfermer et dérober un cadavre sera un jeu d'enfants. Brouiller les pistes et échapper à l'enquête qui s'en suivra ne le sera pas autant.
Les derniers personnels affectés au service quittent les lieux, laissant place au service technique chargé de l'entretien des locaux.
Dehors, deux complices l'attendent, deux autres s'introduisent par l'escalier de service qu'il vient de déverrouiller afin de leur en donner l'accès. Furtivement, les trois hommes se faufilent le long des murs gris et froids qui mènent dans la pièce principale.

« Allez les mecs, on trouve une femme et on sort fissa lui faire faire un petit tour...
Brrrr, cet endroit me file la chair de poules..
Bah, c'est rien d'autre que de la viande froide.. C'est pas pire qu'une cuisse de bœuf..
Je déteste ton humour.. N'empêche que je la sens pas cette histoire Jo.
Ferme là Chris.. encore cinq minutes et on sera dehors. »

Le troisième larron se manifeste à ses compagnons en leur signifiant qu'il a trouvé ce qu'ils cherchent. Sans mot dire, ses deux comparses le rejoignent et l'aide à sortir du tiroir le cadavre d'une femme d'une trentaine d'années. Le crâne ouvert, le visage et le corps atrocement mutilés, elle est la « Corinne » par excellence.

« Dis, elle est salement amochée la nana.. qu'est-ce-qu'elle a eu d'après vous les gars ?
Tu crois que c'est le moment de poser ce type de question ?
N'empêche qu'elle a du être jolie !
C' est exactement ce qu'il faut pour le boss.. et pour nous aussi par la même occase. S'il tombe, on tombe. Alors, boucle là ok ? Allez, on se magne les gars. On a pas que ça, la nuit va être longue ! »

Les trois hommes déposent le corps de la jeune morte dans une housse mortuaire qu'ils prennent soin de fermer doucement, le bruit du zip étant démultiplié dans le silence froid et glauque de la nuit. Chacun s'affaire aussi vite qu'il le peut, préférant quitter l'endroit au plus vite et évitant à tout prix de se faire surprendre.
« Tain, qu'est-ce-que tu fous ?
Attends, le zip est coincé.
On a plus le temps, allez, on prend le sac et on se barre !
On voit que c'est pas toi qui est à la tête ! T'as vu sa tronche ? Ca me fiche des frissons !
C'est rien comparé à ce qui l'attend..
N'empêche que si on se fait prendre, on est mûrs pour le cabanon ! C'est même pas dit que le Belge marche dans la combine ! Je me demande si ça vaut vraiment la peine !
On a pas le choix. On sort ce macchab' d'ici ou c'est nous qu'on se fait buter par le patron, ok ? Alors, maintenant tu fermes ta gueule et on débarrasse le plancher. Tu fais chier merde ! »

La lourde porte coupe-feu de la morgue s'ouvre lentement, laissant apparaître une tête discrète. S'assurant que la voie est libre, l'un des trois hommes fait ensuite signe à ses comparses que les couloirs sont déserts et qu'ils peuvent enfin quitter l'endroit.

Il ne faut que quelques mètres pour parvenir à l'escalier de service, qui paraissent une éternité. Le cadavre leur semble soudainement plus lourd, leurs pas lents et mal assurés, les secondes s'égrènent telles des heures. Alors qu'ils arrivent à destination, une autre porte, celle du service celle-là, s'ouvrent dans un fracas épouvantable. Les trois hommes accélèrent le pas tout en s'assurant de n'émettre aucun son. A peine la porte de l'escalier de secours fermée sur eux, un homme et une femme d'une quarantaine d'années passent juste devant, ne remarquant pas dans leur élan que la porte finit de se refermer. Trop occupés à s'embrasser et à se donner des caresses éhontées en plein couloir, ils n'entendent pas le bruit sourd qui monte de l'escalier emprunté par les trois intrus. L'un des trois hommes a perdu l'équilibre sur les marches en métal et a tapé dans la housse mortuaire alors qu'il chutait, entraînant avec lui le cadavre. Ses deux comparses, surpris, n'ont pu éviter l'incident de se produire et n'ont pu qu'aider à modérer le bruit de la chute.
S'arrêtant à tout mouvement quelques secondes durant, ils réalisent que les deux membres du personnel n'ont rien remarqué de suspect. Soulagés, ils reprennent leur évasion folle, leur cadavre à bout de bras, direction la sortie où un quatrième comparse les attend dans l'ombre de la nuit.

Les portes sont ouvertes, le cadavre est balancé rapidement à l'arrière de la fourgonnette qui s'éloigne, tout feu éteint, de l'établissement hospitalier.

«  Je suis pas mécontent de partir d'ici !
Putain, tu peux pas faire attention ? On aurait pu se faire prendre !
Ho, connard, j'aurais voulu t'y voir à ma place ! J'avais tout le poids du corps ! Vous vous l'êtes fait facile tous les deux, aux pieds ! Un seul y aurait suffit et l'autre aurait pu me soulager à la tête, en se mettant devant avec moi. Tout seul, c'était presque mission impossible ! T'aurais fait mieux peut-être ?
Bah, t'es costaud mec.. Et pis, râle pas hein, on s'en est bien sortis.
Alors, ferme ta gueule tu veux ? Et toi, dépêche toi de rouler, hâte qu'on en finisse !
C'est ça, tu veux que je me fasse remarquer par la famille poulaga aussi ?
Non, mais rouler à 30 km/h à 3h du mat, ça aussi, ils peuvent le remarquer..
Putain, mais quelle mouche t'a piqué toi ?
Y'en a que j'en ai ras le cul de ces missions improvisées !
Hoho, et le jackpot improvisé aussi, t'en as ras le cul ? Putain mec, maman a pas voulu se faire sauter ou quoi ?
Va te faire foutre. C'est que je la sens pas cette histoire, c'est tout.
Tu t'en tapes le coquillard. On finit ce qu'on a à faire et ciao ciao.. Le reste nous regarde plus.
T'es bien naïf tout d'un coup.. L'enquête finira par remonter jusqu'à nous..
Peut-être bien, mais nous, on sera loin et ce qui arrive au boss, c'est son problème. On exécute les ordres après, chacun sa route. Ils pourront pas remonter jusqu'à nous, quoiqu'il arrive.
Sauf si on se fait pincer avant ! Regarde devant !
Tain, c'est quoi ce bordel !
Putain, les flics !
Merde, merde, merde... Non, c'est pas pour nous les mecs, on se calme. On vient de sortir de l'hôpital.. Non, y'a autre chose..
Un accident ! C'est un putain d'accident !
Fais demi-tour !
Certainement pas. A 3 heures du mat, le seul véhicule que les flics vont voir faire demi tour, tu crois toi que ça va pas leur paraître louche ? On a pas le choix, on avance.
On a des chances de se faire pincer !
Moins que si on fait demi tour sous leur nez, tu piges ? »

N'écoutant pas la réponse de son acolyte, le conducteur continue sa route, à vitesse raisonnable, se rapprochant inéluctablement des gyrophares bleus qui trouent la nuit glaciale.
Au fur et à mesure qu'ils approchent, les trois hommes apprécient l'ampleur du site d'un rapide coup d'oeil. A une cinquantaine de mètres avant l'accident, un gendarme, armé d'un témoin lumineux, se met à remuer son bras à l'approche de la fourgonnette, dans le but d'attirer l'attention du conducteur, l'invitant à la prudence et ainsi éviter le sur accident.

Dans l'habitacle, le silence est palpable et les cœurs des trois hommes ratent un battement alors que le véhicule arrive à hauteur de l'agent qui leur fait signe de stopper leur lente progression avant de s'adresser au conducteur qui baisse sa vitre à sa demande.

«  Bonsoir Messieurs..
Bonsoir Monsieur l'agent ! Répond le blond balafré. Qu'est-ce-qui se passe ?
Un accident.. mortel, malheureusement.. mais il y a aussi des blessés. Avancez au pas, le chantier est important. Les pompiers et leurs véhicules occupent beaucoup d'espace... »
Puis le policier recule et leur fait signe de passer. Le blond balafré lui adresse un sourire affable et confiant. Les deux autres, vissés sur leur siège, visage pincé et petits yeux, fixent le noir qui les attend devant, cette obscurité synonyme de délivrance.La nuit masque les grosses perles de sueur qui se mettent à rouler sur leurs visages que l'agent de police ne remarque pas, l'esprit occupé par le spectacle désolant de l'accident.

Lentement, la fourgonnette démarre puis arrive au niveau du chantier où les soldats du feu oeuvrent au milieu des tôles froissées. Dans un des véhicules qui semble avoir été une puissante berline de marque allemande, ils aperçoivent un sauveteur et un médecin du SMUR penchés sur une victime alors que ses camarades préparent les cisailles et les écarteurs hydroliques avant de découper le toit de l'amas de la voiture et de retirer de l'horrible amas de ferraille, la victime à l'aide d'un plan dur posé à proximité et près duquel quatre secouristes attendent les ordres du médecin urgentiste.

«  Mais grouille bordel, tu veux qu'on se fasse choper ?
Eh, connard, c'est nous qui risquons de nous faire choper si on passe trop vite. Tu le fais exprès ou quoi ?
Ce flic nous a maté d'un œil mauvais. Il a du sentir un sale coup.
C'est toi le sale coup andouille ! Tu crois qu'il a pas autre chose à faire que de nous fouiller ? Et pourquoi d'ailleurs ? Y'a un blessé, un macchabée et les pompiers.. Réfléchis un peu bordel ! Non mais qu'est-ce-qui m'a fichu un abruti pareil ?
N'empêche que je suis pas tranquille. Moi, la poulaille, ils me rendent nerveux.
Bon, t'arrête ton caca nerveux ou c'est deux macchabées qu'il y aura sur le macadam ok ? 
On continue notre plan malgré tout ce bordel ? Demande le troisième malfrat.
Et pourquoi on arrêterait ? On a encore une bonne heure de route avant d'arriver à notre point de chute et terminer notre boulot.
N'empêche que c'est chaud. J'avoue que tu m'aurais foutu une olive dans le cul, j'en faisais de l'huile !
Et tu auras encore plus chaud tout à l'heure, crois-moi !
Pourquoi on nous fait toujours faire le sale boulot à nous hein ?
Et pourquoi on te paye aussi bien abruti ? Répond, agacé l'homme à la cicatrice. Vous avez encore des questions stupides en stock ? Non, là, franchement, parce que vous commencez à me les briser menu menu. On dirait deux bleus, non, mais je rêve !
Je le sens pas cette fois ci mec. Bosser si vite, sans préparation, j'le sens pas je te dis.
Ah bon ? On a eu des soucis là ? Sans déconner ! Les deux chauds du cul à la morgue qui s'envoient en l'air au milieu des frigos, l'accident... non, tout va comme sur des roulettes ! Je dirais qu'on a même eu un petit coup de pouce  du petit cornu !
He bein qu'il continue ! 
Bon, now, arrêtez vos conneries, et on y go »

Le temps passe comme au ralenti, l'espace est devenu immensément grand alors qu'ils continuent de traverser le chantier macabre. Au sol, sous une couverture, gît un corps, à une dizaine de mètres d'un second véhicule dont le pare-brise a volé en éclats. Sous les projecteurs, les trois hommes aperçoivent un pied dénudé, fin et de petite taille, celui d'une femme. Une chaînette brille à sa cheville.

«  Tain, on en avait un là de macchab', on s'est fait chier pour rien !
Ta gueule abruti, tu te crois drôle ?
Oh, ça va, c'était pour mettre de l'ambiance
Ouais, c'est raté. Fous toi ton humour où je pense et ferme la surtout, je veux plus t'entendre, ok ?
Oh, ça va, ça va, putain, si on peut plus plaisanter
Ton humour est à chier. Concentre toi plutôt à ce qui nous attend quand on sera arrivés »

La fourgonnette quitte enfin la place avant de disparaître dans la nuit froide et glaciale sous un ciel vierge de nimbes, constellée de milliards d'étoiles où irradie, plus majestueuse que jamais, la voie lactée. Dans la nuit, se découpent les silhouettes des vieux arbres dénudés dont les ombres se perdent dans les ténèbres.

La route est verglacée, la température largement négative. Le balafré en fait les frais alors qu'il aborde une courbe perdue au milieu des bois une heure plus tard, au milieu de nulle part. Le Mercedes s'arrête enfin, à un croisement que domine une immense croix. Soudain, deux lumières blanches trouent la nuit avant de disparaître et apparaître à plusieurs reprises.


« Hein, quoi ? Qu'est-ce-que... C'est quoi ce raffût ? Mais qu'est-ce-que tu fiches ? Questionne Louise qui sort brutalement de son sommeil alors qu'un bruit sourd se fait entendre dans la chambre.
Ho désolée mon ange, je ne voulais pas te réveiller » Louise actionne l'interrupteur.
Mais qu'est-ce-que tu fiches par terre ? Tu t'es fait mal mon cœur ? Qu'est-ce-qui s'est passé ?
Une question à la fois Amour, laisse moi le temps de réaliser ce qui m'arrive veux-tu ? Répond Virginie, les yeux mi-clos, gênés par la clarté soudaine de la pièce.
Mais pourquoi tu as pas allumé ?
J'ai pas voulu te réveiller.
Ah bein, j'ai une nouvelle, c'est raté, s'esclaffe Louise.
J'en suis désolée ma chérie.
Ah non, surtout pas, ne le sois pas. Il aurait été dommage de rater un tableau pareil!
C'est ça, marre toi ! Proteste Virginie, un pied empêtré dans le tapis, les bretelles de son déshabillé tombées et les cheveux hirsutes.
Désolée, mais c'est trop rigolo ! Et surtout, tu es divinement belle mon ange.
Aide moi à me relever au moins au lieu de me faire du charme pour te faire pardonner ! », gronde faussement Virginie aussi hilare que sa compagne. Joignant le geste à la parole, elle tend mollement son bras à Louise qui répond à son geste et se glisse hors du lit, tout en gardant délicatement la main de sa compagne dans la sienne. « T'as pas fini de me faire du gringue ? » rajoute-t-elle avant de la faire chuter doucement à ses côtés.
Traîtresse ! S'insurge Louise. C'est comme ça que tu traite ta sauveuse ?
Je traite ainsi tous ceux qui faillissent au respect de ma personne !
Qu'est-ce-qu'il faut pas entendre ! Tu as pris un coup sur la tête toi, c'est pas possible !
Et un énorme même ! Celui que tu m'as donné quand je t'ai rencontrée ma chérie. Sonnée, groggy, k.o.
Oh, ça c'est gentil murmure Louise, dans un sourire qui en dit long avant de déposer un baiser tout aussi expressif, sur les lèvres de Virginie.
Oh, mais je croyais que tu étais fatiguée, lui dit la belle blonde en reprenant son souffle.
Je l'étais, mais tu es la meilleure des motivations chérie.
Ce qui veut dire ? Questionne Virginie, les mains sur les hanches, jouant les charmantes idiotes.
Ho ho … Je vois, je vois ! Il va falloir que je fasse une démonstration pour que tu comprennes mieux où je veux en venir alors... »

A peine ces mots dits, la brune avocate se rapproche de Virginie et ceint délicatement sa taille de son bras avant de se coller à elle et de lui offrir un second baiser du bout des lèvres et de descendre le long de la jugulaire où elle sent les battements de cœur s'accélérer au fur et à mesure de sa lente progression. Le souffle chaud et humide de Louise continue sa course jusqu'à l'épaule de Virginie avant de reprendre le chemin inverse alors, que déjà, de ses mains elle en explore le corps qui frissonne à leur contact.
Encouragée, Louise enchaîne avec des caresses un peu plus poussées et des baisers de plus en plus profonds auxquels Virginie répond volontiers, se laissant entraîner dans un tourbillon de volupté.

D'un geste rapide et habile, Louise débarrasse sa jeune compagne de son déshabillé avant d'investir son corps à pleines mains et à grands renforts de baisers aussi brûlants les uns que les autres, la noyant dans un ballet de plus en plus torride. Elle s'allonge ensuite sur elle, la couvrant de son corps en ébullition remuant légèrement son bassin entre ses cuisses, prise d'une frénésie incontrôlable de lui offrir un plaisir indicible, comme pour rattraper le temps perdu. Virginie, clouée, ne peut que subir les assauts de sa maîtresse avec ravissement, s'abandonnant totalement à elle. La jeune blonde s'ouvre d'avantage au corps de Louise dont elle sent les délicats mais non moins significatifs mouvement de hanches sur son pubis, l'invitant même à un contact encore plus intime et plus soutenu.
Louise perd sa charmante tête brune dans les cheveux blonds soyeux de Virginie, couvrant son cou et son visage de milliers de baisers fougueux, de longues minutes durant, évitant sciemment sa bouche affamée.
Alors que d'une main, l'avocate investit la poitrine offerte de sa compagne, elle explore sa cuisse de l'autre, la remontant sur ses propres hanches, désirant ne former qu'un seul corps avec elle et la transporter jusqu'à la limite du supportable. Virginie accompagne des ses propres mains les caresses de Louise qui, au bout d'une éternité vient couvrir sa bouche de la sienne et lui délivre un baiser magistral. A ce moment, les caresses et les ardeurs redoublent d'intensité et l'impatience arrive à son paroxysme.
Louise, satisfaite de cette mise en bouche, se décide à répondre aux attentes de sa jeune maîtresse. Elle se dégage légèrement afin de permettre à sa main de passer entre leurs deux corps et de parvenir entre les jambes de Virginie et de ses doigts découvre avec délice, le résultat de ses investigations. Elle se met à jouer avec les chairs molles de son antre détrempé avant d'agacer savamment son bouton gonflé de désir.
Puis, abandonnant sa tâche, elle descend lentement entre les cuisses largement ouvertes de Virginie et sa bouche prend le relais de ses doigts. Elle embrasse le fruit mur qui s'offre à elle et dont le nectar est si savoureux qu'il ne lui faut pas longtemps à en savourer le goût de sa langue. Elle se met à titiller, énerver et lécher avec passion le petit bout de chair fier et orgueilleux.
Virginie, qui refuse de laisser Louise maîtresse du navire, l'invite à se positionner au dessus de sa tête afin de lui rendre le plaisir qu'elle lui procure. Louise ne se fait pas prier et s'offre à la bouche de la jeune blonde qui se met à la goûter copieusement, sans retenue. Sa langue manœuvre avec maestria, alternant pression, caresses et petits cercles avant de pénétrer l'intimité de Louise pendant que son pouce continue de jouer avec son clitoris. Louise de son côté, explore les parois intimes de sa jeune maîtresse tout en la léchant sans relâche, imprimant de ses doigts, un va et vient régulier, toujours plus profond et plus dense.
Quelques instants plus tard, et en même temps, leurs corps se tendent comme des arcs, et crient leur jouissance.


Nathan ouvre un œil, puis un second, réveillé par un son qu'il ne peut définir, plongé encore dans les brumes d'un sommeil lourd et sans songes. Paresseusement, il attrape le téléphone portable posé sur la table de chevet et actionne la touche latérale. La lumière qui surgit soudain l'éblouit quelque peu. Le temps d'habituer ses yeux et il finit par lire l'heure qui s'affiche sur l'écran digital. Quatre heure du matin. Il repose l'appareil et laisse retomber son bras sur le lit, tout en soufflant et questionnant le vide, à voix haute.
« C'est quoi ce bordel ? » Il s'accorde quelques secondes, le temps que le brouillard de la nuit quitte définitivement son esprit avant de comprendre l'origine de ce son si mystérieux jusque là. Le sourire malicieux, il imagine alors les débats se déroulant dans l'autre aile du manoir.
« Elles font fort ce coup ci. Elles vont finir par ameuter tout le quartier ! » Sourit intérieurement le jeune homme tout en étant ravi de savoir sa mère enfin heureuse.
Il se retourne dans son lit, replace son bras bien au chaud sous la couette et referme les yeux. Viennent alors à son esprit des pensées inattendues. L'image de celui qui n'est son père que de nom apparaissent dans sa tête. Le visage d'un homme grand et corpulent qui passait le plus clair de son temps à le réprimander, lui, sa sœur et sa mère, un homme qui aimait les humilier devant sa propre famille et chaque visiteur, les écraser comme de vulgaires insectes afin d'affirmer son statut d'homme puissant et celui d'un père et mari autoritaire. Des larmes de douleur commencent à noyer ses yeux, mais, songeant au sort actuel de cet homme qu'il a toujours haï, il se ressaisit et pense au bonheur tout neuf d'une mère qu'il vénère.
En entendant du bruit de l'autre côté du mur de sa chambre, il devine que Noémie est elle aussi, réveillée. Alors, il attrape à nouveau son téléphone portable et ouvre l'option messagerie avant de saisir sur le clavier tactile un court message destiné à son attention. Mais à sa grande surprise, un texto s'affiche sur l'écran alors qu'il n'a pas terminé le sien et réalise qu'il s'agit de sa sœur.

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MessageSujet: Re: LOUISE OU LA VRAIE VIE   Ven 7 Fév - 21:09

Noémie : « «  T'as entendu ? » »
Nathan : « «  Oui, toi aussi on dirait » »
Noémie : « «  Tu crois ce que je crois ? » »
Nathan : « «  Affirmatif » »
Noémie : « «  Elles ont jamais fait autant de bruit ! » »
Nathan :« «  Certes, mais y'en a au moins deux qui s'envoient en l'air dans cette maison ! » »
Noémie :« «  Roooo, t'es pas possible frangin » »
Nathan : « «  Bein quoi !! » »
Noémie : « « T'as wistiti qui te démange ou quoi ? » »
Nathan : « «  J'ai 19 ans, je crois que c'est normal et ne me dis pas que toi non plus, ça te donne pas envie » »
Noémie : « «  Je vois Kevin demain, je survivrai jusque là ! Tu vois pas Marion toi ? » »
Nathan : « «  Bien sûr que si ! » »
Noémie : « « Vous allez certainement pas parler du théorème de Pythagore ou de la loi de Newton ! A d'autres les exos de maths ! » »
Nathan : « «  Et toi, tu vas encore faire de la batterie avec Kevin peut-être ! » »
Noémie : « « Bein si, justement !! » »
Nathan : « «  C'est ça, et la clarinette, il te fait pas monter dans les aigus ? » »
Noémie : « « Mdr, bonjour l'image !  Oui, il joue très bien de la clarinette si tu veux savoir ! » »
Nathan : « « Ca je l'aurais deviné. Vous prenez vos précautions au moins ? » »
Noémie : « «  Oui, t'inquiète frangin » »
Nathan : « «  Ok, alors ça va. Maman est au courant ? » »
Noémie : « «  Rien dit mais je crois qu'elle le sait quand même » »
Nathan : « «  Ce mec est un mec bien, je l'adore » »
Noémie : « « C'est pour ça que je l'aime. Allez, on fait dodo ? » »
Nathan : « « Bonne idée soeurette. Bon dodo. Bisous je t'adore. A taleur » »
Noémie : « « Bonne nuit Nathan, je t'aime aussi » »


Sept heures du matin, des pompiers finissent d'éteindre un feu de véhicule. De la voiture entièrement carbonisée, une seconde équipe des soldats du feu retire un corps ratatiné, noir et difforme, pratiquement réduit à l'état de squelette, mêlé à ce qui reste de chair. La brigade d'intervention estime à plus de 1500 degrés la chaleur dégagée pendant l'incendie et soupçonnent fortement l'emploi d'un produit accélérateur.
Le chef de la brigade d'intervention se dirige d'un pas décidé vers le responsable des forces de gendarmerie et s'empresse de lui transmettre cette information .
Le brigadier chef réagit immédiatement, faisant établir un périmètre de sécurité afin de préserver le site de pollution supplémentaire, risquant de détruire d'éventuels indices.
La voiture encastrée dans la gigantesque croix de béton, ainsi que le cadavre vont devenir le centre d'intérêt pour l'équipe scientifique appelée immédiatement.
Ce qui devient, au prime abord, le résultat d'un banal accident, devient une enquête criminelle.
Un des pompiers présents sur les lieux, retire son Appareil Respiratoire isolant et son casque avant de s'adresser à un de ses compagnons de feu.
« Pfiou, la vache, c'est bien la première fois que je vois ça !
Bein ça ressemble ni plus ni moins à un pneu cramé..
Pas dans cet état, c'est même plus un pneu.. c'est.. c'est.. ça n'a même pas de nom..
C'est une horreur. Je sais pas qui se trouvait à bord de la bagnole, mais j'espère qu'il ou elle s'est pas vu partir.
C'est du chaud bouillant. Vu le périmètre qu'ils sont en train d'installer, ça ressemble plus à un meurtre qu'à un banal accident.
Un assassinat tu veux dire.
Meurtre, assassinat, c'est du pareil au même !
Erreur ! Un meurtre n'est pas prémédité alors qu'un assassinat, oui.
Ok, alors, c'est un assassinat. En tout cas, c'est clair, c'est voulu puisque cet accident n'est qu'une mise en scène.
Tu crois que c'était quoi, un mec, une femme ?
J'en ai pas la moindre idée mais on finira par savoir. Ah, passe moi ta tricoise, j'ai laissé la mienne aux vestiaires.
Tain, t'es con, c'est pas la première fois que tu fais le coup ! Si le chef s'en aperçoit, tu vas encore te faire allumer.
Ecoute, ça fait plus de deux semaines que ma tricoise est niquée et que je lui en ai demandé une nouvelle. J'attends encore. Cet enfoiré de Jacques en a dans son stock et il me l'a toujours pas refilé alors, j'ai direct demandé au big boss.
Mouais, en attendant, on est tenus d'avoir une tenue complète.
Bon, tu me la files que je défasse ce fichu raccordement ?
Attend, je vais le faire.
Pas question, tu arrives à peine à te tenir droit. Tu aurais mieux fait de rester tranquillou chez toi bien au chaud au lieu de venir de cailler les miches ici. En plus, t'étais même pas de garde !
Ho, tu me connais.. et puis, c'était un appel général.
Tu vas finir par y laisser la coenne à force de jouer au con.
J'y peux rien, je suis comme ça. Et tu peux me serrer la main, on est pareils toi et moi.
A propos de rester au chaud, à mon avis, on est pas prêt d'y aller au chaud.
Tu crois qu'on va nous interroger ?
Bein y'a de fortes chances. On est arrivés les premiers sur les lieux de l'incendie. Je dirais même qu'on va nous poser des tas de questions.
Bein on a pas le cul sorti des ronces. Et ça caille grave !
On aurait du laisser cramer la voiture, au moins, on aurait pu continuer à se chauffer !
Ohhhh, toi et ton humour, s'esclaffe l'autre collègue.
C'est quand même bien triste de voir ça... finir comme ça, en barbecue..
Et pourquoi dans ce coin perdu ?
Oh, pas difficile à deviner : la tranquillité d'action et le feu pour annihiler toute chance d'indentification, le coup classique.
Sauf qu'à la scientifique, ils sont rudement forts ! Ils arrivent à remonter à un assassin avec le moindre petit détail.
Toi, tu regardes trop les experts !
Non non.. On devine même pas ce qu'ils sont capables de faire ! C'est dingue !
Au lieu d'en parler à la téloche, ils feraient mieux de la fermer parce que les criminels, ils savent après ce qu'ils doivent faire ou ne pas faire pour pas se faire pincer.
Mouais, c'est pas faux. En tout cas, on a pas fini d'en entendre parler de ce soir.
Les gens auront au moins de quoi bavasser.... Vingt deux, v'là le chef... »

Les deux hommes cessent leur discussion à l'arrivée du gradé, un se chargeant de vider le restant d'eau dans le tuyau, le second, de ramener la division dans le puissant fourgon pompe tonne.
Quelques minutes plus tard, en rang d'oignon, les soldats du feu se mettent à la disposition de la gendarmerie pour les premiers interrogatoires alors, qu'au loin, l'on aperçoit les reflets d'un girophare bleu, annonçant l'arrivée de l'équipe scientifique.


« C'est fait ?
Yes boss.
Vous avez suivi mes consignes à la lettre ?
Oui patron. Il va leur en falloir du temps pour chercher à l'identifier.. s'ils y arrivent. Il ne reste du cadavre qu'un amas de chair et d'os.
Et les boucles d'oreilles, vous y avez pensé ?
Oui chef, on a fait exactement comme tu as dit. On les a accrochées au cadavre avant d'y mettre le feu pour que ça brûle avec.
Bien. Et à la morgue, tout s'est bien passé ?
Comme sur des roulettes chef. On est sortis comme on est rentrés, ni vu ni connu j't'embrouille. J'ai une question chef.
Je t'écoute.
Pour les boucles d'oreilles, comment tu sais que c'est celles là qu'il fallait ? T'as jamais vu cette nana !
Et les photos Ducon, ça existe ! Le Belge m'a toujours demandé d'avoir des clichés de partout où il allait, n'importe quand, n'importe où, donc, de toutes ses connaissances et de leurs amis. Tu piges ?
Ok mais pourquoi toutes ces photos ?
Bein pour une raison au moins. J'ai identifié Corinne et Lemoux sur l'une d'elles où elle porte les mêmes boucles que vous avez mis sur le macchabée.
Tu crois que le Belge va y croire ?
Il le faut de toute façon sinon, je suis un homme mort. Mais je pense que oui. Il va pas chercher à comprendre dans l'immédiat. Quand il aura découvert le pot aux roses, je serai bien loin et je vous conseille d'en faire autant car ne pensez pas qu'il se contentera de ça, des photos et de toute notre petite mise en scène. Eekhoud va toujours jusqu'au bout des choses. Il n'est pas né de la dernière pluie.
Il sort demain, c'est ça ? Et comment compte-t-il se barrer ? Il n'a aucune chance !
C'est bien mal le connaître. Il a connu des situations bien pires que celle là et rien n'arrête un rouleau compresseur comme lui.
T'en as la trouille chef?
Je bosse pour lui depuis des années, et je sais ce dont il est capable. Vous n'en avez même pas idée. On est des enfants de cœurs à côté de ce mec. Je vous conseille un truc, prenez votre fric et barrez vous loin d'ici ! »

A ces mots, Max plonge sa main boudinée et velue dans le tiroir qui se trouve à sa droite et en ressort trois enveloppes en craft avant des les tendre, l'une après l'autre aux trois protagonistes.
Mardi :

« « hého, debout ! C'est l'heure de se réveiller ! .. Allez, debout ! Allez, du nerf.. hop hop hop.. Bon ça suffit maintenant hein.. il faut se lever » »

« Hmfffff, tain, faut que je change cette fichue sonnerie de reveil... » dit Nathan en grommelant. « Je vais finir par faire une attaque ! » Le jeune garçon attrape mollement son téléphone portable et presse sur une touche, au hasard, afin de mettre fin à la torture matinale. Quelques longues secondes plus tard, c'est chose faite. Un silence pesant mais fort agréable règne à nouveau dans la pièce et Nathan laisse son corps s'enfouir dans le chaud douillet de sa couette avant de fermer les yeux et se laisser envahir par le sommeil. Ce sommeil qui a été plutôt dérangé durant le cours de la nuit par des cris étranges. Et soudain, cette image, ou plutôt ces sons lui reviennent en mémoire. Il voit alors sa mère et Virginie se donnant l'une à l'autre sans retenue aucune, s'abandonnant totalement au plaisir. Un sourire malicieux se dessine alors sur ses lèvres et des pensées se mettent à fuser dans son cerveau jusque là plutôt ramolli. « Non, ce coup ci, faut pas passer à côté de ça » se dit-il. Au même instant, il perçoit une mélodie, de l'autre côté de la cloison, celle là même qui le sépare de la chambre de sa jeune sœur.
D'un bond, il se lève hors du lit malgré le froid de la pièce, enfile un pull au hasard et se dirige vers la porte de la chambre voisine avant de toquer.
« Noémie, t'es réveillée ?
Oui
Je peux entrer ?
Bien sûr »

Le jeune homme pénètre dans la chambre dont les murs sont tapissés de vieilles affiches de cinéma. Noémie est une férue de vieux films noir et blanc. Jean Gabin, Greta Garbo et autre Marlène Dietrich veillent sur son sommeil depuis toujours.
« Coucou soeurette, bien dormi ?
Aussi bien que toi je suppose Nathan. Qu'est-ce-que tu veux ? Questionne la jeune fille. Puis, voyant les yeux pétillants de son grand frère, elle s'écrie. « Oh, toi, tu penses à ce que je pense..
Plutôt oui..
La nuit agitée dans l'autre aile de la maison ? Dit-elle par bribes, large sourire aux lèvres.
Exactement.
Oui, et ... ?
En fait, je voulais juste te parler de maman.
Où tu veux en venir Nathan ?
Elle était déjà géniale, mais là, depuis Virginie, elle est totalement épanouie. Répond le jeune homme
Tu crois que maman a toujours été lesbienne ?
Peut-être, peut-être pas. Là n'est pas le problème. Je crois surtout qu'elle est amoureuse d'une personne qui la comprend, qui l'aime, et la respecte. Maman reçoit au centuple l'amour qu'elle porte à Virginie et elle aime Virginie plus que tout. De l'autre con, elle n'a jamais rien eu si ce n'est humiliation et reproches.
Oui et qui plus est, elle a tout fait pour lui et ce connard a failli ruiner, et le cabinet, et sa réputation. Ajoute Noémie.
En attendant, la sienne est descendue en flammes. J'espère qu'il va pourrir derrière les barreaux ce salopard.
Qu'il ne s'approche jamais plus de maman et de Virginie, c'est tout ce que je souhaite. Elles méritent d'être heureuses..
Elles sont faites l'une pour l'autre, ça ne fait aucun doute.
Dommage que maman ait mis tant de temps...
Tu sais, je crois que les cris de cette nuit, c'est qu'elles rattrapent le temps perdu. S'esclaffe Nathan
Idiot ! S'esclaffe à son tour la jeune fille.. Et si on allait petit déjeuner ? Avec un peu de chance, on sera les premiers debout.
Et si on leur apportait leur p'tit dej au lit ? Interroge Nathan.
Bonne idée, mais t'as pas l'impression qu'on va taper l'incruste là ?
Bah non.. Après tout, Xavier lui prépare bien le p'tit déj tous les matins..
Sauf que maman n'a jamais voulu se le faire servir en chambre. Répond du tac au tac Noémie.
Bah, justement, les choses ont changé. Xavier est pas là, donc, c'est les enfants chéris de leur maman qui vont lui porter son petit déjeuner !
Elles doivent être sûrement fatiguées après le marathon de cette nuit... ça roule, elles apprécieront sûrement.. Et tu sais quoi ?
Quoi ?
Tu m'enlèveras pas de l'esprit que tu as une idée derrière la tête..
Qui sait..... »

Tranquillement, et à pas feutrés, dans l'espoir de ne pas réveiller les deux amoureuses, les deux jeunes descendent les escaliers avant de se diriger vers la cuisine où ils vont préparer un copieux petit déjeuner à l'attention des deux femmes, semeuses de troubles nocturnes.
Alors qu'ils arrivent devant la porte et que Nathan se saisit de la poignée, les deux jeunes gens aperçoivent un rai de lumière filtrer sous la porte..

« Zut, elles sont déjà debout ! Chuchote Noémie
C'est raté pour l'effet surprise ! Rétorque Nathan, un air désolé sur le visage.
Finalement, c'est nous qui allons créer la surprise de nous être levés aussi tôt.
Bon, on fait quoi... on retourne au dodo ou on va les rejoindre ? Questionne le jeune homme.
On a cours dans trois heures et le réveil aurait du sonner que dans une heure.. je me demande si ça vaut le coup de se remettre au pieu..
Et j'y pense.. finalement, on a programmé tous les deux nos réveils une heure plus tôt.. Pourquoi on a fait ça ?
Heu, moi, c'était pour revoir mes maths.. Mais finalement j'ai laissé tomber, notre projet était bien plus intéressant.. et toi ?
Heu, bein justement, je les ai entendues et j'ai décidé de leur porter le petit déj au lit..
Ouais, c'est ça.. allez, rentrons et allons déjeuner, j'ai la dalle.. »

Obeissant à sa jeune sœur, Nathan tourne la poignée et ouvre la porte sur deux femmes amoureuses, collées l'une à l'autre, en train de se dévorer le visage sans retenue. Nathan et Noémie restent plantés devant ce spectacle auquel ils ne s'attendaient aucunement, se questionnant du regard, doivent-ils rester ou ressortir et laisser tranquilles les deux femmes ?
Soudain, Virginie et Louise, sentant une présence dans la pièces, cessent leur étreinte avant de diriger leur regard sur les deux enfants penauds.

«  On vous a pas appris à frapper avant d'entrer  ?
heu ... désolés, on pouvait pas savoir.. répond Nathan dont les joues s'empourprent à vue d'oeil.
Est-ce-que je ferme la porte de la cuisine habituellement ? Questionne Louise, le regard malicieux et moqueur devant la gêne de ses enfants.
Non, c'est vrai.. En fait, on voulait vous faire une surprise Noémie et moi.
Quel genre de surprise ?
Heu, vous porter le petit déjeuner au lit.
Et en quel honneur ? Interroge Louise.
C'était juste une idée .. Heu, Noémie et moi, on a pensé que ça vous ferait plaisir..
Ho, comme c'est chou ! Intervient Virginie. Quelle délicate attention..
Du coup, on se retrouve tout cons là..On est arrivés comme un chien dans un jeu de quilles. On va vous laisser finir de petit déjeuner tranquilles.. On reviendra plus tard.
Mais il n'en est pas question s'insurge faussement Virginie. Café, chocolat ? Leur demande-t-elle joyeusement en se levant d'un bond.
Eh bien, tu es en forme Virginie après une nuit pareille ! Intervient Noémie restée silencieuse jusque là.
Comment ça, « après une nuit pareille » demande Louise, fronçant du sourcil ?
Que s'est-il passé cette nuit ? reprend Virginie. Y'a eu du raffut ? Du bruit ? J'ai rien entendu moi..
Heu, pas vraiment répond Nathan.. En fait, oui et non.. Du raffut il y a eu, oui, et non, vous ne pouviez pas l'entendre.
Je comprends rien ! Rétorque Louise. Explique toi Noémie.. La jeune fille reste silencieuse, le feu aux joues, ses lèvres tremblantes ayant du mal à réprimer à la fois la honte, et un fou rire grandissant. Voyant que sa fille se refuse à toute réponse, Louise interroge son garçon du regard.
Non, mais c'est quoi ce complot ? Questionne Louise.. Qu'est-ce-qui vous prend ? On dirait deux gamins pris en flagrant délit de je ne sais quoi...
A tout dire maman, reprend Nathan prenant une puissante goulée d'air pour se donner du courage, on vous a entendues cette nuit, Noémie et moi. »

A cet instant, les visages de Louise et Virginie jouent les caméléons et prennent la même teinte que ceux des deux jeunes gens. Le regard des deux femmes devient fuyant, cherche soudainement une nouvelle direction. On se demande à ce moment qui, des quatre protagonistes, se sent le plus gêné . Un silence de plomb règne alors dans la pièce, soudainement interrompu par le gargouillis de la cafetière où s'écoulent les dernières gouttes d'un arabica à l'arôme subtil. Il n'en faut pas plus pour que tout ce petit monde parte dans un éclat de rire incontrôlé.


Walter Eekhoud s'est endormi, l'esprit serein et sûr de lui. Il ne lui a pas fallu longtemps pour se retrouver au royaume de Morphée, où, même les voyous et salopards de son envergure, ont leur place. Le doux rêve d'une liberté très prochaine a rendu son sommeil paisible et profond.
Mais deux heures plus tard, ses yeux s'ouvrent sur les ténèbres de la nuit, prélude à une activité cérébrale intense sur sa liberté dans les prochaines heures et à sa vie paisible au soleil dans un pays d'Amérique du Sud, là où ses complices l'attendent et où il pourra continuer son ignoble trafic en toute impunité.
Pour l'heure, sa première satisfaction, et non des moindres, est celle de voir le cadavre de celle par qui tout est arrivé, Corinne. Il fixe la nuit noire et savoure le silence et se concentre à nouveau sur les événements à venir. Dans quelques heures, il sera transféré au bureau du juge...


« Alors Xavier, comment te sens-tu ce matin ?
C'est la pleine forme ! Je n'ai plus mal et je respire tout seul comme un grand.. C'est simple, j'ai l'impression d'avoir retrouvé un second souffle !
Tu ne pouvais pas choisir meilleure comparaison mon cher.. je suis ravi de te voir en si belle forme.
Quand c'est que je vais sortir ?
Ho ho, ne mets pas la charrue avant les bœufs veux-tu ? Tu reviens à peine de chez les morts que tu veux déjà aller danser la carmaniole !
C'est que j'ai un boulot qui m'attend.. Dieu seul sait dans quel état je vais retrouver le manoir. Il va me falloir mettre les bouchées doubles !
Du lit au fauteuil et du fauteuil au lit.. Tu as une belle convalescence qui t'attend. Tu crois pas que tu vas te mettre au boulot dès que tu rentreras, c'est hors de question !
Mais...
Xavier, c'est non seulement ton toubib qui te parle, mais aussi ton ami. Tu as failli passer de l'autre côté, ne l'oublie pas. Tu te sens en pleine forme mais tu n'es pas encore opérationnel. Il te faut te reposer. Je m'occuperai de te bichonner. Avec Louise, Virginie et les enfants, tu vas être comme un pacha.
C'est cela que je redoute Hans. J'ai horreur de l'oisiveté.
Mais tu n'as pas le choix !
J'aime être utile.
Mais quin cap de bourre ! Tu seras utile quand tu seras ok. Le manoir a besoin d'un homme en pleine santé. Donc, pour le moment pense à toi, un peu. » Puis voyant Xavier grimacer de rire :
Ah, tu vois que tu as mal ! Et puis, pourquoi tu ris d'ailleurs ?
Un Allemand qui cause le Patois, j'aurais tout vu ! Et je te signale que je ne suis pas plus tête de mule que toi.
Tu le comprends toi aussi ?
Bien sûr, je suis originaire des Pyrénées. Je suis arrivé à Paris j'avais même pas dix ans.
J'adore le sud-ouest. J'y vais dès que je le peux.
Même si elles sont dans mon cœur, mes montagnes me manquent. Cela fait une éternité que je n'ai pas vu le Vignemale ou le Pic du Midi, ou encore la brèche de Roland.
Et si tu venais avec moi quand tu seras sorti ? Tu pourrais te reposer et revoir tes montagnes si le cœur t'en dit !
Rien ne me ferait plus plaisir Hans, mais je ne sais pas si Louise serait d'accord et qui plus est, je n'ai pas les moyens de m'offrir l'hôtel...
Tu le fais exprès ou quoi ? Je vais t'aider à le lâcher ce manoir moi tu vas voir ! Et d'un, je ne pense pas que Louise s'opposera à un convalescence dans les Pyrénées et de deux, tu n'as pas d'hôtel à payer pour la bonne raison que j'ai une maison là-bas.. et toc ! T'es coincé mon gars ! » Au visage de Xavier qui traduit une moue significative, le Docteur Kramer ne peut s'empêcher de s'esclaffer.
Et t'es content hein, lui répond Xavier. D'ailleurs, je suis certain que tout ça est déjà planifié avec Louise.
Pour les Pyrénées non, mais pour ta convalescence forcée, oui.
Je sais pas pourquoi, mais j'ai comme l'impression de m'être fait piéger là.
En effet. Tu es fait comme un rat et tu n'as pas d'autre choix que d'accepter.
Ok, je m'incline. Mais je te préviens, je suis un malade insupportable.
N'oublie pas que tu as devant toi un médecin. J'en ai maté de bien plus coriaces que toi.
Alors, je sors quand ? Que je les revoie enfin mes montagnes ! 
Vu le rythme auquel tu récupères, très vite !»


Le lourd fourgon pénètre lentement dans la cour avant de stopper net devant la porte d'entrée. Cinq hommes encagoulés en descendent, armés jusqu'aux dents. Dans un silence pesant, et entourant un homme menotté, ils scrutent la zone d'un œil averti avant de pénétrer dans le bâtiment. Les hommes du GIPN sont positionnés de façon stratégique afin de prévenir un éventuel assaut visant à libérer, ou, au contraire, assassiner le prévenu. Un homme de chaque côté, un devant lui,ouvrant le chemin et deux dans son dos afin de surveiller ses arrières, Eekhoud avance lentement, tête baissée. Dans quelques instants, il va se trouver devant le juge pour répondre de ses actes.
De nombreux éléments à charge pesant contre lui, il ne connaît que trop bien la nature de cette confrontation avec le magistrat et les conséquences qui vont en découler. C'est ce à quoi il n'a eu de cesse de réfléchir de longues nuits durant avec une conclusion unique : Il n'est pas homme à passer le restant de sa vie derrière les barreaux, refusant l'échec et l'humiliation vis à vis de ces « associés ».

Le petit groupe, toujours en formation, traverse les longs couloirs sombres et ternes qui vont le conduire jusqu'au juge. Les murs de l'ancienne bâtisse sont chargés des souvenirs des histoires criminelles ayant défrayé la chronique durant le demi siècle passé. Juste au dessous du haut plafond, de vieilles fenêtres alignées, aux peintures défraîchies, laissent filtrer la faible lueur du soleil de l'hiver. A tout prendre, cet endroit triste et froid fait penser à la prison de laquelle il vient de sortir. Les sculptures boisées qui courent le long du couloir font penser à celles d'une église poussiéreuse à l'odeur d'encens et de renfermé. Ce mélange donne à Eekhoud une nausée telle, qu'elle le conforte dans sa décision de fuir cet endroit au plus vite.
Au bout de quelques minutes qui paraissent interminables, le petit groupe s'arrête enfin devant une porte, celle du juge.
Deux hommes en uniforme font le guet, d'autres sont en poste dans le couloir. Eekhoud fait vite le compte, ils sont une quinzaine à peu près.

« Entrez Monsier Eekhoud, annonce une voix sombre et ténébreuse. »


« Non, pas toi, fous moi la paix ! Dit une voix pâteuse.
Ah non mon mignon, ton cul, c'est une bombe ! Tenez le bien les gars ! »
A ces mots, Lemoux est assailli et solidement maintenu par les sbires de « Doctoré ». Planant dans les sphères artificielles dans lesquelles il a pénétré quelques minutes plus tôt, l'avocat pourri ne réagit pas de façon aussi virulente qu'il aurait pu le faire dans un état sobre, même si des mains s'agrippent un peu partout sur lui afin de l'immobiliser, mais il aurait au moins gardé sa dignité d'homme.
A plat ventre sur sa couchette, un genou plaqué entre ses omoplates, il voit dans le flou que la porte de sa cellule est grande ouverte. Il est peut-être trois heures du matin mais son cerveau embrumé fonctionne assez bien pour lui faire comprendre que seule, la complicité d'un des gardiens a pu permettre une telle intrusion dans sa cellule. Hulk lui-même est de mèche. D'ailleurs, alors qu'on lui retire violemment son pantalon, il l'aperçoit dans le coin de la pièce, appréciant le spectacle qui s'offre à lui, tout en comptant les billets que l'on vient fraîchement de lui remettre. Doctoré, lui, calmement, se défait de son pantalon sous lequel Lemoux, devine, horrifié, le degré d'excitation de son bourreau.
« Ho, mon petit lapin est tout calme. Tu vas voir mon grand, je vais t'envoyer au septième ciel. Ton trip et ma bite dans ton beau petit cul, ça va être l'extase  mec ! »
Les fesses à l'air, les complices de Doctoré le positionnent afin de faciliter au grand noir ses agissements. Lemoux, tel un pantin désarticulé, impuissant n'a autre choix que de se résigner et d'accepter. Il sent s'immiscer lentement en lui le pieu gigantesque du black.
Saisi par la nausée, il ferme les yeux, pince ses lèvres et laisse son bourreau accomplir son acte odieux. Il le sent aller et venir en lui avec une douceur qu'il n'a pas connue la fois dernière. Il se dit alors que le narcotique qu'il vient d'assimiler dans son organisme altère la perception des choses. Le Noir qui évolue sur lui se met à gémir, Lemoux ouvre les yeux. Le rythme de Doctoré s'accélère, Lemoux referme les yeux. De plaisir. Ses principes et ses convictions s'estompent dans les vapeurs artificielles de la drogue et finissent par disparaître dans la vague de volupté qui envahit son corps tout entier.
Quand Doctoré quitte la pièce, Lemoux se recroqueville sur lui-même, partagé entre le plaisir et la honte. Hulk, qui n'a pas perdu une seule seconde du spectacle qui s'est déroulé devant lui, remonte sa braguette, les yeux en proie à une extase indicible.
« Alors, tu vois que ça t'a plu ! Je savais bien que ça finirait par te plaire. Personne ne résiste à la bite de Doctoré et lui, il est ravi. Tout le monde est toujours ravi de mes services.
Et toi, tu te remplis les poches fumier.. Ah, tu as bien calculé ton coup. Tu es une ordure de la pire espèce. Attendre que je sois shooté pour faire venir ce nègre.
T'es blanc comme neige toi peut-être ! Ca fait quel effet de se retrouver à la place de celui qui se fait baiser ?
Je n'ai jamais violé quelqu'un pour autant que je sache, enflure !
Mais les manigances, les coups tordus et j'en passe, ça oui. Tu connais que trop bien. Chacun son tour Ducon. La roue a tourné. A toi de te faire avoir.
T'es un homme mort..
Hoho.. des menaces.. s'esclaffe Hulk. Maman, j'ai peur.
Quand je serai dehors, je m'occuperai de ton cas..
Le Belge, c'est ça ? Tu vas demander à ton pote le Belge de me dessouder ? Mais il en a rien à foutre de toi ton pote mon grand ! Tu me déçois beaucoup l'avocat. Ce que tu peux être naïf ! Ton gars, il en a pour des années et s'il se barre, et je pense que c'est ce qu'il va tenter de faire, il va te laisser sur le carreau. Non, mais tu crois toi quoi ? Il s'est bien servi de toi mais puisque t'as pas été capable de chier droit, il va te laisser moisir ici, crois moi. T'es fini mec.. fini.
J'ai une réputation à entretenir connard..
Ha... c'est donc ça ! Tu veux que personne ne sache que tu t'es fait embrocher.. hahahaha, je rêve. Tu descends de plus en plus dans mon estime l'avocat. Comme si tu savais pas ce qui se passait dans les prisons ! Tu sais, des pédés, y'en a partout et tout le monde s'en fout que tu es bouffé de la queue.
Ta gueule sale con !
Héhé.. Tu aimes ça, avoue
Je t'ai dit de la fermer connard !
Sinon quoi ?
Mon poing dans la gueule pour commencer..
Bein vas-y, défoule toi ! Allez, viens, viens, je t'attends ! » La montagne de graisse se met soudain à se lever et à se mettre sur la défensive avec une rapidité et une agilité auxquelles Lemoux ne s'attendait pas. Avant qu'il n'ait pu esquisser le moindre geste, Hulk assène sur son estomac un coup de poing énorme qui lui coupe le souffle.
T'en veux encore ou t'en as pas assez ? T'es vraiment qu'un sale con l'Avocat. Tu n'es pas en force pour jouer les durs ici, je croyais que tu l'avais compris.
Peut-être ici, mais dehors, tu ne pourras rien contre moi Hulk. Et je te jure, ça va être ta fête.
C'est pas demain la veille... »

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MessageSujet: Re: LOUISE OU LA VRAIE VIE   Ven 7 Fév - 21:12

Eekhoud, encadré par les hommes encagoulés du GIPN entre, penaud, à l'invite du magistrat. Malgré qu'il soit assis, on devine chez l'homme d'une cinquantaine d'années, une stature imposante et atlétique. Visage sévère auréolé d'une coupe en brosse grisonnante, et percé de deux yeux gris très clair qui clouent sur place ses vis à vis et forcent le respect. Le magistrat lance son regard d'acier au dessus des petites lunettes à fine monture qu'il a chaussées alors qu'il se saisissait de l'épais dossier Eekhoud.
Le regard gris croise le regard ténébreux du Belge. Les deux hommes se fixent sans que chacun ne baisse sa garde l'espace de quelques longues secondes. Me Lethellier n'est pas homme à se laisser impressionner. Habitué aux affaires de grand banditisme, il a vu défiler devant lui les plus grands criminels et les plus grands truands.
Eekhoud ne pipe pas mot à l'énoncé du juge penché à présent sur son dossier. Derrière le juge et son lourd bureau, une porte fenêtre encadrée de lourdes tentures aussi vieilles que la pièce dans laquelle il se trouve. Un balcon et en bas, la rue dont il entend le vacarme. Ce vacarme qui lui fait tant défaut derrière les barreaux, ce vacarme au doux parfum de liberté et d'aventure. Par la porte fenêtre légèrement entrouverte, il sent par moment la bise de l'hiver mordre son visage. Comment peut-on ouvrir une fenêtre à une température négative au lieu de savourer la chaleur comme tout un chacun ?
L'énoncé du juge est interminable et Eekhoud, à chaque fait exposé, se remémore parfaitement le contexte de chacun ainsi que le moindre détail dont lui seul à connaissance. Il sourit intérieurement, se laissant caresser par ces moments de gloire, son succès dans les affaires et auprès des femmes, ses virées avec ses amis et la luxure dans laquelle il aime à se vautrer. Il songe également à ce que la justice ignore, notamment au cadavre de Corinne et à Jean-François.
Il sursaute légèrement lorsque Lethellier referme, un peu brutalement, le lourd dossier. Les douces rêveries laissent place au présent. Ce présent si réel et si noir à l'issue encore plus obscure, qui, tel un boa s'est subitement enroulé sur lui et est en train de l'étouffer. Il n'est pas homme à se laisser enfermer tel un chien galeux, lui, cet homme de prestige aux affaires florissantes ne finira pas comme un rat, il s'en est donné la promesse.
La mission accomplie par son avocat dans la nuit, photos à l'appui, remise par un complice de la prison et détaillant chaque seconde de la mise en scène de l'accident, le sort réservé à Lemoux, sont sa grande satisfaction du moment. Sa dernière.
Visage baissé, menton dans les épaules, il observe de son regard le plus noir la configuration de la pièce ainsi que l'emplacement de chaque membre qui s'y trouve. Les gars du GIPN semblent occuper tout l'espace. Après tout, ce dit-il, ils ne sont que cinq et il s'est trouvé dans des positions on ne peut plus épineuses. Restant dans une immobilité parfaite, ses yeux et son cerveau travaillent à une vitesse vertigineuse. Personne ne remarque le petit rictus qui se dessine à la commissure de ses lèvres. Dans sa tête vient de surgir la solution qui va lui permettre de se soustraire enfin à l'emprise de ses bourreaux.
Il a remarqué que l'homme encagoulé qui se tient à sa droite est gaucher. Grand amateur d'armes, il a aussitôt reconnu dans son étui, un pistolet SIG P228. Rompu à tous les combats et ayant été entraîné à tuer, il ne craint pas les hommes du GIGN, gigantesques ombres noires l'entourant et dont la réputation de super flics n'est plus à faire.
Sortant soudainement de son mutisme, Eekhoud envoie un circulaire gauche dans le flanc de l'homme à sa gauche tout en se saisissant de l'arme de celui à sa droite. Menotté, son geste surprend un instant les hommes encagoulés. A la vitesse de l'éclair, il saute sur le juge qu'il menace de son arme. Il n'a pas le temps d 'esquisser un geste supplémentaire qu'une balle vient se loger entre ses deux yeux.
Eekhoud tombe, tué net.
« Merci messieurs. Réagit le juge après quelques secondes. »
L'homme qui vient de lui sauver la vie le salue, puis s'adresse à ses comparses.
« Quel con ! Il savait qu'il avait aucune chance de s'en sortir !
Soit il est cinglé, soit il ne supportait plus la prison.
Un suicide par procuration coupe le plus gradé. Je préviens les supérieurs. Faites ce que vous avez à faire »

« Police !
Bonjour Messieurs, qu'est-ce-qui me vaut l'hon....
On vient t'arrêter minable..
Oh là, oh là, on se calme Messieurs.
Tu crois que c'est le moment de nous faire des ronds de jambes ?
Mais quoi, qu'est-ce-qu'il y a à la fin ?
T'es cuit Max, tu t'es grillé tout seul.
Ha ouais ? Vous avez jamais réussi à prouver quoi que ce soit contre moi ! Vous commencer à m'emmerder commissaire. Tant que vous avez rien, je vous demanderais de me foutre la paix.
Tu te fourres le doigt dans l'oeil Max. T'es cuit je te dis.. Tu vas aller rejoindre tes potes derrière les barreaux.
Et vous avez quoi après moi cette fois ci ?
Ton pote vient de se faire griller la cervelle chez le juge. Jolies les photos que tu as prises pour lui.. »

Le visage de l'avocat pourri blêmit, le commissaire a fait mouche. Le flic pose sa main sur l'épaule de l'homme de loi et pénètre sans son appartement, suivi de ses hommes avant de reprendre, sourire aux lèvres.
«  Tu vois Max, je t'avais bien dit qu'on t'aurait un jour ou l'autre.. Et ce jour est arrivé. Tu veux que je t'explique ou tu avoues ?
Avouer quoi ?
Tes copains se sont un peu trop vantés d'avoir dérobé un macchabée à l'hôpital. Je sais pas où tu les as choisis, mais très mauvais choix. Il nous reste le balafré à attraper cependant. Il est plus malin que les autres , mais on l'aura. Ca n'est qu'une question de temps... Tu sais, le Belge se serait rendu compte tôt ou tard ce que tu as magouillé. Peu importe où tu serais allé, il aurait fini par te retrouver et là.. j'aurais pas donné cher de ta peau. Ils ont piqué le seul et unique macchabée qui portait des plaques en titane. Il nous a été facile de l'identifier.. Nom de Dieu, tu devais sacrément avoir la trouille de ce type pour en arriver là. Se moque le flic qui ordonne alors de passer les menottes à l'avocat.
Vous les avez eus où ?
Chez eux. Leurs valises étaient prêtes.. les lascars n'ont pas eu le temps de s'envoler. Ils iront s'allonger derrière les barreaux au lieu du sable blanc.
Vous dites que Eekhoud est mort ?
Plus mort que lui, c'est pas possible. Et tu vois, je pense que ta ruse pour le pigeonner n'était pas nécessaire. Ton patron a préféré se faire buter plutôt que de moisir au cabanon.
…. 
Allez, embarquez moi ce fumier.. Vol de cadavre, tu vas en prendre pour dix ans. »



Mercredi


« Ma chérie, dépêche toi, on va être en retard. Nathan et Noémie sont déjà prêts !
Mon ange, j'en ai pour deux minutes !
Virginie, tu es à la traîne ! S'esclaffe Nathan. Je constate que tu mets bien plus de temps à t'habiller que l'inverse !
Et ça veut dire quoi, ça ? Interroge Virginie qui surgit soudain en haut de l'immense escalier.
Oh rien rien ! Je dis ça, je dis rien...
Tu en as trop dit ou pas assez jeune homme ! Explique toi !
Je ne parlerai qu'en présence de mon avocat !
Bien ! Intervient Louise ! Ca tombe impec, je suis avocat. Alors jeune homme, qu'avez-vous à dire pour votre défense ?
Que j'étais pas là la nuit du crime, je vous le jure !
Pourtant, vos paroles semblent prouver le contraire ! Vous ne pouvez émettre de tels propos sans que ceux-ci ne soient fondés. Allons, expliquez vous.
Je.. j'ai.. heu... comment dire ?
Allons donc jeune homme, vous avez perdu de votre superbe ! Intervient la blonde Virginie, sourire lumineux et moqueur aux lèvres..
Bon, cessez votre torture votre honneur.. Je suis coupable. J'avoue avoir été sur les lieux du crime cette nuit et d'avoir entendu, bien malgré moi, les échos du bonheur de ma mère.
Dans ce cas … le tribunal se montrera clément. Faute avouée est à moitié pardonnée..
Comment ça, seulement, à moitié ? intervient Nathan.
Tu auras une peine à purger répond Louise.
Attend mais heu.. c'est quoi cette histoire ? Pourquoi j'ai l'impression de me faire avoir là ?
Je suis ton avocat, mais je suis aussi la compagne de la victime ici présente.. il me paraît donc légitime que chacun de vous deux soit satisfait des résultats du jugement.
Olàlà... dans quel guêpier je me suis fourré moi.. rougit faussement Nathan.
Tu l'as dit Bouffy, t'es mal barré... Tu proposes quoi ma chérie ?
Une sentence impitoyable.. voyons, que je réfléchisse un peu.
Ho, et le jury, il en pense quoi lui ? C'est lui qui doit décider après tout ! T'en penses quoi Noémie ? »

La jeune fille fixe alors son frère et le transperce de ses yeux malicieux. Puis son pouce et son index se positionnent autour de son menton, traduisant une profonde réflexion. Elle fait la moue quelques secondes, faisant danser son regard clair de droite à gauche et de gauche à droite avant de rendre son verdict.
«  Gaffe à ce que tu vas dire soeurette ! Intervient Nathan ! Je te signale que tu es complice ! Oui, Madame le juge, ma sœur Noémie ici présente s'est rendue coupable autant que moi des faits que vous êtes en train de juger à l'encontre de ma personne. Ca n'est pas à elle de rendre un jugement, mais à vous et pour nous deux !
Est-ce la vérité ? rétorque Louise sous un air faussement sévère. Vous alliez jurer devant le tribunal avec un faux témoignage et donc, sous le mensonge. Pour cela, vous serez condamnés tous les deux à... à... Louise dévisage les deux coupables et se tourne vers sa jeune femme avant de lui faire un clin d'oeil... à … à porter le petit déjeuner au lit de vos victimes pendant les deux semaines à venir et ce, à l'heure qu'il vous sera demandée, et surtout, sans ronchonner.
Votre honneur, intervient Nathan, nous ne pourrons accomplir ces travaux d'intérêt public.
Et pourquoi donc je vous prie ?
Parce que nous ne serons pas dans la possibilité matérielle d'accomplir notre peine, pour la bonne raison que nous sommes tenus par nos obligations scolaires tôt le matin.
Je n'ai pas encore précisé l'heure jeune homme !
…. Aie, je crois que tu aurais mieux fait de la fermer susurre Noémie. On va se faire avoir.
A quelle heure vos obligations vous font-elles lever chaque matin ? Interroge Louise
A 7h votre honneur.
Bien, je ne vois alors aucun problème à ce que vous vous leviez une petite heure plus tôt et que vous vous rendiez dans la chambre de vos victimes avec un plateau chargé de viennoiseries, de café tout frais, du beurre, de la confiture et du jus de fruits. Ah, et n'oubliez pas le plus important : une rose rouge au milieu du plateau que j'aurai plaisir à offrir à ma compagne. Avez-vous quelque chose à rajouter ?
Heu... si.. répond timidement Nathan.
Je vous écoute !
Peut-on apporter une touche personnelle à la présentation du plateau à petit déjeuner ?
Précisez votre pensée Monsieur..
Est-il possible de mettre deux roses au lieu d'une seule afin de rendre hommage au bonheur radieux de nos deux mamans ? »

A ces mots, les yeux de l'avocate et de la jeune secrétaire s'embuent d'émotion et les joues s'empourprent. Mais Louise se ressaisit, jouant le jeu jusqu'au bout.

« Voilà une attention délicate qui touche profondément la cour, mais ne vous attendez pas à avoir un allègement de peine par ce beau discours. Néanmoins, le tribunal accède volontiers à votre requête. Il y aura donc deux roses rouges au lieu d'une seule et le petit déjeuner sera servi pendant deux semaines à 7h du matin précises. Affaire suivante »

« Ho dit, Maman, t'es un peu vache là !
Ah bon tu trouves ?
Tu nous fais nous lever une heure plus tôt !
Et alors, où est le problème, vous êtes toujours debout avant que le reveil ne sonne, je ne vois pas d'inconvénient à solliciter cette heure de farniente et à la consacrer au travail de Xavier. Autant l'employer à bon escient ! Et puis Virginie et moi, on aime bien se faire servir.. Que veux-tu, on a pris de mauvaises habitudes.. Et puis estimez vous heureux qu'on vous demande pas en plus de faire le ménage !  Bon, on y va ? »

Le soleil à l'extérieur reflète ses pâles rayons sur le manteau neigeux encore bien épais, éblouissant quelques instants la petite famille qui ne met que quelques secondes à descendre l'escalier extérieur, jusqu'à la voiture de Virginie. Le court trajet jusqu'au véhicule et leurs effets ne les empêche pas de se faire mordre par le froid de l'hiver. Ils s'engouffrent rapidement dans la mégane de la jeune secrétaire. A l'intérieur, le froid est saisissant et il ne faut que quelques secondes pour que les vitres de la Renault se couvrent de buée.
«  Dépêche toi Virginie, met vite le chauffage ou on va se transformer en glaçon !
Voilà, voilà, laisse moi au moins le temps de mettre le moteur en route !
Vite, on congèle !
Ho ! Mais ça va ! Tiens, ça y est voilà et avant que tu ne dises quoi que ce soit, j'ai mis le chauffage à fond. Dans quelques minutes, il fera bon.
Merci, j'espère que ça chauffe vite parce que là, tu me mets un bâton dans les fesses et je ressemble à un esquimau.
Tu avais pas dit hier au soir qu'ils avaient annoncé une nouvelle vague neigeuse ?
Oui, j'ai encore regardé ce matin et c'est toujours le cas ! Répond Noémie
Pour une fois, la météo s'est plantée. Et c'est tant mieux parce qu'il y en a ras le bol de cette neige ! Intervient Louise en claquant des dents.
Si j'étais vous, je jubilerais pas autant. Regardez au fond, ce qui nous arrive droit dessus.
Han, c'est pas vrai ! Si ça continue, il va falloir prendre des skis pour aller en ville ! J'ai jamais vu autant de neige depuis.. bein non, j'en ai jamais vu autant en fait.
Et l'hiver est loin d'être terminé ! A ce rythme là, il va falloir creuser des galeries souterraines pour se déplacer..
Oui, bon, en attendant, les routes sont dégagées. Ce ne sont pas quelques malheureux flocons de neige qui vont nous empêcher d'aller rendre visite à Xavier. Il doit commencer à s'ennuyer là-bas à l'hôpital ! Intervient Louise.
Oh, non, je pense pas ! Répond Virginie du tac au tac. Hans passe sa vie auprès de lui !
Oui. Et je m'en réjouis. Ces deux là sont faits pour s'entendre et en plus, ils vont très bien ensemble. J'espère que Hans a réussi à convaincre Xavier pour leur virée en Bigorre.
Tel que je connais Xavier, il a du sortir toutes les excuses du monde pour ne pas partir et retourner au plus vite au manoir.
En effet, il a été jusqu'à lui dire qu'il n'avait pas un rond et pas les moyens de se payer l'hôtel. Manque de bol pour lui, Hans a un pied à terre pas très loin de Saint-Lary. Il n'est jamais retourné dans ses Pyrénées depuis qu'il travaille ici. Franchement, quand on est d'une région aussi belle, on fait tout pour y retourner un jour au lieu de vivre au milieu du béton et de la pollution..
Peut-être parce que nous sommes sa famille Maman. Intervient Noémie. Il n'y a plus rien qui le rattache là-bas.
Je crois qu'il y a encore quelques cousins éloignés et puis il y a ses montagnes. Qu'est-ce-que je donnerais pas pour quitter cette ville et aller m'installer au grand air !
Mais ça peut se faire ! Dit Virginie. Ton cabinet a les reins solides et rien ne t'empêche d'en ouvrir un autre là-bas. En plus, tu aurais une vie moins trépidante et tu pourrais penser un peu plus à toi ! Jeanne et Françoise sont des chefs, elles sont fort capables de faire tourner la boîte en ton absence. Et ce ne sont pas les établissements scolaires qui manquent là-bas, ni les universités, ni les I U T !
Ho ho, on se calme hein.. chaque chose en son temps ma chérie.
Ca te ferait le plus grand bien tu sais.. Si je me souviens bien, tu parlais de lâcher un peu de mou. Et bien, je crois que ce moment est venu mon amour.
Virginie a raison maman. Tu dois penser à toi. Nous, on se fera vite à notre nouveau cadre de vie et tu sais combien on aime la montagne. Les événements de ces derniers temps, j'ai envie de les oublier, et loin d'ici. Enfin, c'est mon point de vue et je pense que Noémie partage mon avis.
Oui.
D'accord, d'accord, on en reparlera plus sérieusement dans quelques temps..
Si tu veux maman. Les vacances de février approchent. Pourquoi t'en profiterait pas pour tâter un peu le terrain ?
On verra mon cœur. On ne peut pas faire ça à la légère.. quitter le manoir, ouvrir un nouveau cabinet, ça, ça s'improvise pas.
Les maisons ne manquent pas. Et Noémie et moi, on peut déjà se pencher sur cet outil merveilleux qu'est internet.
Vous trouvez pas que vous allez un peu trop vite là ? Ca fait à peine quelques minutes qu'on en parle et vous voulez déjà déménager !
On remet juste un projet au goût du jour et je pense que c'est le moment où jamais. Y'en a marre de cette ville de fous, de ces gens qui ne sourient jamais et sont continuellement stressés. Et tu sais très bien que pour nos études, on avait programmé Toulouse. Donc, on serait beaucoup plus près et on pourrait se voir tout le temps !
Déjà, il faut que tu aies ton doctorat de physique Nathan.
Je peux tout préparer là-bas et tu le sais, et pour Noémie aussi, y'a les maths.
Et le manoir ? Il est hors de question que je vende le manoir !
Qui te parles de le vendre maman ? Je ne te demande pas de bannir Paris de nos vies, mais de la mettre en parenthèses. Au lieu de prendre des vacances à la montagne, on prendra nos vacances à Paris et on aura le manoir. J'ai pas envie de perdre mes potes de vue moi non plus.
Oui, mais il faut l'entretenir et tout ça a un coût !
Tu as oublié ce qu'on a dit maman ? J'étais tout petit moi, et je me souviens encore de ce que tu avais dit avec … notre géniteur. Et là, j'avoue qu'il avait eu une brillante idée. Le manoir est immense, tu payes une fortune pour le cabinet.. Si tu transférais le cabinet dans une aile du manoir ?
Mais je veux pas que la maison se transforme en usine !
Ce serait bien plus pratique pour les clients qui tournent pendant des heures pour se garer. Le cadre est bien plus sain que les murs de l'hôtel d'en face et le magasin de pompes funèbres ! De plus, ça rapproche Françoise et Jeanne qui se tapent deux heures par jour de transport pour aller au cabinet.
Petit malin, tu as pensé à l'entretien ?
Bein tu fais un avenant au contrat de Carmen et d'agent de surface du cabinet, elle devient agent de surface du manoir !
Elle ne pourra jamais s'occuper de tout le manoir.
Et bien, tu engages quelqu'un, celui là même que tu devais embaucher pour aider Xavier ! Ajoute Noémie.
Oh, vous avez bien préparé votre coup les enfants !
Oui, surtout quand il s'agit de toi maman. On veut que tu lâches prise. Tu t'investis trop dans ce cabinet.
Mais c'est ma vie ce cabinet !
Au rythme où vont les choses, tu vas l'y laisser ta vie dans ce cabinet tout crasseux maman. S'il te plaît, penses-y.
Là, ils marquent un point ma chérie.. sourit Virginie. »


La petite berline rejoint le périphérique qui les mène vers l'hôpital où se trouve le majordome. Le silence dans la voiture est total. Louise se perd dans les pensées, se remémorant la conversation qu'elle vient d'avoir avec sa compagne et les enfants. Elle doit bien s'avouer que Nathan, Noémie et Virginie ont des arguments de poids. Loin de la capitale, loin des turpitudes de la vie, un fossé entre les événements passés et quelques peu douloureux, sa petite famille vivrait en toute sérénité dans ces montagnes qu'elle connaît par cœur et qu'elle vénère. Elle monterait un petit cabinet avec Virginie, laisserait à Françoise et Jeanne le soin de diriger pour elle les affaires de la capitale tout en gardant un droit de regard. Et, après tout, Paris n'est qu'à une heure de vol des Pyrénées.
La route grise qui défile sous ses yeux l'enfonce d'avantage dans sa réflexion. Tellement absorbée par ses pensées, Louise ne remarque pas les premiers flocons qui dansent devant ses yeux avant de venir s'écraser mollement sur le pare-brise de sa voiture. Virginie, à ses côtés, la tête tournée vers elle, l'observe tendrement. Sa main gracile s'approche de sa joue qu'elle se met à caresser de son index. Louise, alors penche sa tête sur cette main, répondant à sa caresse, avant de se tourner vers elle et lui sourire tendrement.
Les enfants, assis à l'arrière, se gorgent de se spectacle attendrissant et plein de complicité, synonyme de bonheur et de félicité, leur bonheur, mais avant tout, celui, tant attendu, de leur mère.
«  Oh, il neige ! Interrompt Noémie
Finalement, ils se sont pas plantés hein ! T'as vu ? Qu'est-ce que j'ai dit quand on est partis ? Tout ce paquet noir au fond, bein, il nous fond dessus !
On en finira donc pas avec cette neige ?
Bah, en février, on a qu'à partir en vacances sous les cocotiers !
Mouais, avec la chance qu'on a, les pistes seront impraticables et l'avion pourra pas décoller !
Roooo, mais tu vois toujours tout en noir Maman ! T'es pas possible !
Je croyais que tu avais d'autres projets pour février ! Reprend Louise
Quoi, quel projet ?
Et après, on dit que c'est moi qui radote ! »
Après quelques secondes de réflexion, Nathan s'esclame !

« Hein, c'est vrai, tu es d'accord ?
Vous avez fini de me convaincre, oui. J'adhère à fond à ce projet. On a besoin de changer d'air.. changer de vie.. recommencer ailleurs. Le seul souci les enfants, c'est que vous savez que là-bas, ça n'est pas Paris. Il n'y aura pas autant de distractions..
Maman, là-bas, ils ont aussi la télé, ils connaissent les ordinateurs et internet. J'ai mes mères avec moi, Noémie et Xavier. Que demander de plus ?
Des amis, et tes amis restés à Paris ?
Ils le resteront Maman, et t'oublie que je m'en suis fait tout un tas là-bas..
Et toi.. Noémie... Tu as pensé à tout ? Te es sûre de vouloir aller vivre là-bas ?
Bien sûr ! Quelle question !
Heu.. et Kevin, tu as pensé à Kevin ? Et votre groupe ?
Le groupe c'est pas grave Maman. Je ne suis que bassiste. Y'en a à la pelle, ils trouveront bien quelqu'un pour me remplacer..
Je ne suis pas certaine que Kevin soit d'accord sur ce point. Si j'ai bien compris, c'est sérieux vous deux.
Oui, ça l'est.
Et... ça te dérange pas de partir comme ça, loin de lui ?
Franchement ? Non, si c'est le prix à payer pour que tu sois heureuse, alors, ça me va..
Noémie, je ne veux pas être l'origine d'une éventuelle séparation qui pourrait vous faire mal à tous les deux.
J'y ai pensé Maman, et j'ai si souvent parlé de ce rêve de vivre dans le sud qu'il s'y est fait et s'attend à ce que ça arrive. Et puis tu sais, la distance sera une épreuve, certes, mais aussi un test sur la solidité de notre relation. S'il on est fait l'un pour l'autre, alors, on saura attendre. Sinon, bein je me marierai avec le berger du coin..
Tu en es sûre ?
On ne peut plus sûre maman. Mais je connais Kevin, il ne me décevra pas, enfin, je l'espère sincèrement.
C'est une bonne épreuve, en effet. J'ose encore espérer qu'il existe encore des hommes honnêtes et sincères.
Ils existent ! S'exclame Nathan. La preuve, vous en avez un devant vous ! A conserver précieusement et sous verre avec système antivol hein.. On sait jamais !
Nathan ! Un peu de sérieux, voyons ! Pouffe Louise. Tu peux pas te retenir une fois de faire le pitre ?
Non maman. Et la raison est que, justement, Kevin est un mec bien et que je l'adore. Et puis, il pourra venir dans le sud autant de fois qu'il le voudra !
Ou moi monter à Paris pour le voir !
Ok ok ok ok. C'est bon, je dis plus rien. Heu, enfin, presque plus rien. Encore une chose . Noémie, je veux juste que vous preniez vos précautions...  Je me sens pas encore l'âme d'être grand-mère.
T'inquiète maman, on fait gaffe, promis. Et moi, j'ai pas envie de changer les couches d'un marmot entre deux cours.
On est bien d'accord.
Je suis trop jeune pour être mère. J'ai encore des tas de projets à accomplir et j'ai l'intention de les mener à bien avant de pouponner. Et si Kevin doit être le père de mes futurs enfants, je le saurai très vite.
Oh, alors, c'est vraiment très, très sérieux. Ca, ça me plait !
Mon dieu, ça tombe tant que ça peut ! On va même pas arriver à l'hopital si ça continue comme ça ! On devrait faire demi tour !
T'es fou ? Ca fait une heure qu'on roule ! L'hopital est à quelques minutes. Si on retourne au manoir maintenant, alors là oui, on va avoir des soucis.
Cool, très bonne déduction maman, mais tu penses au retour ?
Ca, c'est le cadet de mes soucis. Xavier est prioritaire sur dame nature. On y est, on y reste !
C'est ce qui va nous arriver ma chérie, intervient Virginie. On va se retrouver bloqués tous les quatre à l'hopital..
Chouette, on va squatter la chambre de Xavier ! Crie Noémie ! On va pouvoir parler de son expérience !
Ca, c'est bas dit Louise. Vous me mettez au pied du mur !
Bah, quand Hans en a parlé, y'a pas si longtemps, ça a eu l'air de te plaire !
Oui, mais ça m'a terrorisée en même temps. Imagine, là, pareil, on a des centaines d'âmes qui nous écoutent ou nous espionnent !
Oui, ils entendent tout ! Même quand on pète en cachette !
Nathan !! Non mais je rêve !
Bah quoi, c'est vrai non ? Et dans les chambres ! Combien y'en a qui doivent se rincer l'oeil ?
Nathan !!! Ca suffit ! Bon, ok, t'as gagné. Xavier nous parlera s'il a envie de parler, mais toi, je double ta peine de portage de petit déjeuner au lit ! Deux semaines avec Noémie, mais les deux semaines suivantes, tu le portera tout seul !
Oh noooooooon !
Ah, tu l'as cherché hein !
Sinon, demande à tes potes fantômes de te donner un coup de main ou de t'apprendre à pratiquer la télékinésie ! Le plateau sera moins lourd à porter comme ça !
Ho, tain, t'aurais mieux fait de la fermer frérot !
Ho, ça va hein soeurette, feint-il de râler avant de l'attaquer à grand renfort de chatouilles.
Bon, ça y est, je vois la sortie. Dans deux minutes, on est arrivés ; j'espère qu'on trouvera vite une place.
A cette heure ci, c'est plutôt mission impossible, dit Virginie.
Et la faute à qui ? Intervient malicieusement Nathan ?
Fais gaffe à ce que tu vas dire ! Interrompt sa sœur. Tu risques de prendre la peine maximale !
Ok, ok, ok, j'ai rien dit. Allez m'man, accélère, j'ai envie de me mettre au chaud..
Oh, tu veux que je plante un nouveau décor mon grand ?
Non, je veux juste boire un café ! »

Les quatre passagers continuent d'échanger non stop jusqu'à leur arrivée à l'établissement hospitalier. La neige tombe en tout petits flocons bien ronds et drus, la pire de toutes. La tempête n'est pas prête de cesser. Mais elle force certains à quitter l'hôpital au plus vite, craignant sans doute de rester bloqués sur place.
Ce qui arrange bien Louise qui se met à sourire de bonheur lorsqu'elle aperçoit à travers du rideau neigeux, deux feux de recul s'actionner.
« Ah bein voilà ! Que demande le peuple ? Crie-t-elle ?
Du café, répond Nathan.
Une semaine de plus répond Virginie.
Ah non ! Non, non, non, j'ai rien dit là, ho ! Non, c'est pas juste !
Exact, mais j'adore voir la tête que tu fais !
Han, mais c'est un vrai complot !
Non, c'est juste une demande de reconnaissance au fait que tu sois gracié ce coup ci. Mais là, il faut te montrer très reconnaissant, tu frises la correctionnelle !
Mais ça veut dire quoi ça ?
…..
Ho, ça va, j'ai compris ! Vous voulez que je vous paye le café ! Heu, vous auriez pu le dire plus simplement, non ?
On aime bien te faire râler.
Ca merci, j'avais remarqué ! »

Louise coupe le moteur, tout le monde s'emmitoufle avant d'affronter la nouvelle morsure de l'hiver. Lorsque les portières s'ouvrent, un froid glacial envahit l'habitacle, arrachant à chacun un cri de stupeur.
« La vache ! Je plaisantais pas tout à l'heure quand j'ai dit qu'on allait se transformer en esquimau !
Bah, tu fais comme nous, tu te tais, et tu fonces si tu veux pas geler ! 
Ok, on fait la course ! A vos marques.. prêts.. partez ! »

Avant que les trois femmes aient le temps de réagir, le jeune homme a déjà cinq mètres d'avance. Elles décident de le suivre en courant, prises par le jeu, par une envie de respirer à plein poumons, d'en chasser l'air vicié accumulé les jours précédents. Il n'y a qu'une petite centaine de mètres à franchir et le vent fouette leur visage et.. fausse le champ de vision de tout le monde. La nature et les bâtiments s'arment déjà d'un centimètre de poudreuse. Nathan, dans sa fierté d'homme d'avoir pris le devant, ne remarque pas, au moment où il franchit les derniers metres qui le séparent de l'entrée, une plaque de verglas que cache la fine pellicule neigeuse. Au moment où sa tête ordonne de s'arrêter, ses pieds continuent leur course sur le sol gelé. S'en suit alors une scène digne d'un dessin animé, au moment précis où l'on voit le personnage se démener sur place, jambes imprimant un rythme d'enfer digne d'un nouveau record du monde avant, de guerre lasse, lâcher prise et chuter. Sauf que Nathan, lui a innové. Par un tour de passe passe, dans sa tentative d'équilibre, il a réussi à se retourner vers les trois femmes, avant de disparaître totalement dans un amas de neige.
« Mon dieu ! S'esclaffe Louise ! Il nous aura tout fait ce matin !
Attend, mais c'est pas normal, on le voit plus du tout !
Il a complètement disparu !
Nathan ! … Nathan ! »

Mais Nathan ne répond pas. Malgré les cris des trois femmes hélant son prénom, le jeune homme ne se manifeste pas. L'inquiétude commence à s'installer et les rires sur les visages peu à peu, s'estompent.

« Nathan, c'est pas drôle, répond s'il te plaît !
Nathan, Nathan, répond, tu t'es fait mal ? Ah non, c'est pas possible ! Nathan !! »

Alors que Louise, Virginie et Noémie se baissent à l'unisson pour lui venir en aide, du tas de neige surgit, tel un croquemitaine, un Nathan plein de vie, hurlant à plein poumon, son cri perçant l'air du matin. Les trois femmes se mettent à hurler de terreur, Virginie tombant à la renverse, entraînant dans sa chute, Noémie dont le réflexe a été de s'agripper à son bras lors de l'apparition soudaine de Nathan.
«  Toi, t'es mort ! Hurle sa mère »
Joignant le geste à la parole, Louise se jette sur son fils avant de le clouer au sol. Plaquage parfait, digne d'un grand joueur de rugby qui laisse le jeune homme bouche bée. Mais la surprise est de courte durée. Virginie et Noémie se sont relevées et viennent épauler Louise qui éprouve de plus en plus de mal à garder sa stabilité face aux tentatives soudaine de libération de son fils. Une l'attrape par le cou et le scotche sur le sol, la seconde maintient un bras sous son genou avant de remplir ses mains de neige et de la glisser sous son manteau. La main valide de Nathan n'a plus qu'un réflexe, celui de le débarrasser de cet intrus.
Les trois femmes le libèrent alors de leur emprise et se décident, dans un éclat de rire général, à l'aider à se remettre debout.
« Ah c'est malin, je ressemble à quoi maintenant ?
Je te signale que tu t'y es mis tout seul ! Répond sa mère. Mais tu voulais nous faire avoir un infarctus ou quoi ? T'es malade ma parole !
A vrai dire, je me demande qui est le plus cinglé de nous quatre !
Toi, sans aucun doute... Les filles.. vous en pensez quoi ? On alourdit encore la peine. Là, Nathan, tu peux pas dire le contraire ! Je te laisse décider Noémie chérie !
On en est où exactement ? Deux semaines où Nathan et moi on devra vous porter le ptit'dej, puis deux semaines où Nathan vous le portera, mais tout seul.. c'est bien ça ?
Oui ! Répondent en cœur Virginie et Louise.
Ok ! J'ai trouvé ! Bein il viendra me porter le ptit déj à moi aussi pendant ces deux semaines !
Han, je....
La cour a décidé et vous somme de ne pas faire obstacle à sa décision sous peine de nouvelles sanctions !
C'est bon, je me tais !
Sage décision ! Allez, on rentre se mettre au chaud 
Et sécher surtout !!! »

Quelques secondes plus tard, la porte automatique s'ouvre sur le hall immense de l'accueil où se trouvent des dizaines de personnes. Mais quelques unes remarquent l'arrivée incongrue d'un petit groupe quelque peu.. démis. Nathan, qui continue de se débattre pour se débarrasser de la neige sous son manteau, ressemble à la fois à un bonhomme de neige et à un épouvantail à moineaux. Le cheveu rebelle et la tête basse, il s'avance, tentant de ne pas se faire remarquer. Et les trois femmes n'ont de cesse de rire en le regardant lui, et en s'amusant de la réaction des gens à leur passage. Quelques mètres encore, et les voilà devant le coin « presse/fleurs/café » de l'hôpital. Nathan se débarrasse enfin de son manteau, les femmes s'assoient avant de s'adresser à lui :
« Homme, on a froid ! Va nous chercher de quoi nous réchauffer !
vos désirs sont des ordres Mesdames !
Mais ce sont nos ordres mon gars ! Allez, grouille ! Steuplééééé
Ok, j'y vais mes belles. J'en profite pour prendre le journal à Xavier !
Tu peux, mais je doute qu'il ait le temps de le lire.... »


La petite troupe s'installe autour d'une table venant de se libérer alors que Nathan s'empresse de commander quatre expresso bien serrés et de se procurer le journal du matin, qu'il compte offrir à Xavier un peu plus tard. Il rejoint ses femmes et s'installe entre Noémie et Virginie. Il parcourt d'un œil distrait la première page du quotidien et ses mains se crispent sur le papier alors qu'il émet un ho de stupéfaction qui n'échappe pas aux trois femmes.
« Qu'y a-t-il ? Interroge sa mère
Regarde, le pote de notre cher père vient de se faire refroidir. Apparemment, il a tenté de s'évader mais le journaliste pense qu'il s'agit d'un suicide étant donné que le Belge savait pertinemment qu'il n'avait aucune chance de s'enfuir.
Hé bien, ça fait un truand de moins sur terre. Ils disent quoi d'autre ?
En gros, ils parlent de toutes les affaires où il a trempées mais pour lesquelles on a jamais pu le boucler faute de preuves..
Doit y en avoir un sacré paquet. Ils parlent de ton père dans leur article ?
Oui, pour quand ils se sont faits prendre tous les deux à Montparnasse, ils détaillent les faits.
Ils parlent encore de moi ?
Non, juste qu'il est le mari de.. que vous allez divorcer.
Il n'a eu que le sort qu'il méritait. Parfois, j'ai honte de ma profession ...devoir défendre des salopards pareils.
Oui, mais toi tu choisis le côté des bons, jamais de défendre le méchant.
Certes, mais quand bien même. Tu crois franchement qu'il y a des ordures qui méritent leur chance ? Tu crois qu'ils en ont laissé à leurs victimes ? ….Ah, les cafés !! 
Super, ça va faire du bien, je suis frigorifié !
A qui la faute mon chéri ?
Oh, ça va hein? »


Des éclats de rire étouffés se font entendre alors que la petite troupe se rapproche de la chambre occupée par Xavier. Louise lance envers sa compagne un regard amusé. Pourquoi n'est-elle pas surprise de reconnaître les rires de son majordome et de son médecin préféré ? Elle hésite quelques secondes, ne voulant briser l'intimité des deux hommes, mais, la curiosité finit par l'emporter sur la discrétion, alors, elle toque à la porte, les trois autres derrière elle, en file indienne.
« Bonjour Messieurs hurle presque Louise dans un sourire éclatant. On vous dérange pas j'espère ?
Pas du tout ! Répond Hans qui lui rend volontiers son sourire.
Comment va notre cher Xavier aujourd'hui ?
Il pète le feu ! Je n'ai jamais vu quelqu'un récupérer aussi vite!
Ca m'arrange, je vais pouvoir bientôt quitter cet endroit. J'ai une sainte horreur des hôpitaux.
Et où croyez-vous aller comme ça ? Questionne Louise
J'ai hâte de rentrer au manoir et de retrouver mes fonctions.
Décidément, plus têtu que vous, on meurt ! S'exclame Louise. Il est hors de question que vous repreniez du service tant que vous ne serez pas totalement remis. C'est un ordre !
Et je vais faire quoi, moi, en attendant ? Me rouler les pouces ?
Roulez ce que vous voulez, mais les pouces, non. Du moins, pas au manoir. Je vous envoie en vacances forcées ! » A ces mots, Xavier lève l'index comme un écolier, la bouche en cœur. Il n'a pas le temps d'émettre le moindre mot que Louise continue.
Et on ne discute pas, vu ?
Louise, vous me connaissez, vous savez que je ne peux pas rester sans rien faire !
Exact ! C'est pour cela que je vous investis d'une mission de la plus haute importance.
… Comme Madame voudra..
Et y'a plutôt interêt ! Voyons, Xavier, ne faites pas cette tête ! Vous retournez dans vos montagnes et vous me tirez une terrine comme c'est pas possible !?
C'est que...
Et puis c'est quoi cette histoire que vous pouvez pas vous offrir des vacances ? Tous les moyens sont bons pour ne pas quitter le manoir. Et bien, vous n'aurez pas le choix, c'est moi qui vous offre votre séjour !
… ?
Les vacances approchent et vous serez remis sur pied, donc, je vous envoie là-bas, avec les enfants dans le but de nous trouver une superbe petite maison..
Mais, pourquoi louer une maison alors que vous louez un chalet tous les ans ?
Je ne vous parle pas de location, mais d'achat mon ami.
Vous.. vous êtes sérieuse ?
Absolument ! Les enfants et Virginie ont fini de me convaincre d'aller nous installer là-bas !
Mais Madame, le cabinet, le manoir ?
Je vous expliquerai tout cela très bientôt. Le sujet du jour est : Comment allez-vous ?
Je vous remercie... heu.. je vais de mieux en mieux !
A ce rythme là, intervient Hans, il sera dehors dans quelques jours.
Tant mieux, c'est super ! Nous aurons plus de temps pour mettre sur pied notre projet. Les vacances sont dans deux semaines..
J'ai mes congés la semaine prochaine, intervient Hans.
Et Xavier sera sorti ?
A ce rythme là, oui.
On fait toujours comme prévu ? Vous embarquez Xavier avec vous ?
J'ai comme l'impression d'être la victime d'une manipulation énorme.. coupe le majordome.
Si vous vous bougiez un peu plus, dit Louise, faussement en colère, on en serait pas là ! Donc, fissa, vous vous dépêchez de guérir, vous préparez vos bagages.. que dis-je, on vous les préparera, et vous filez dans vos montagnes en compagnie de Hans !
Vous me chargez d'une mission délicate Louise. Quel type de maison ou chalet cherchez-vous ? Vous ne me donnez aucune indication !
Je vous en donnerai, mais croyez moi, vous me connaissez suffisamment pour savoir quoi chercher. Arrêtez de vous mettre en boîte tout seul Xavier.
Je chercherai avec lui, dit Hans, de son sourire charmeur.
Ca n'est pas pour me déplaire. Mais ce qui me déplait, c'est de venir vous importuner chez vous pendant ces deux semaines.
A mais pas du tout. Vous ne me dérangez pas le moins du monde. Bien au contraire ! Votre présence à tous va donner de l'animation à cette grande baraque vide. »

Lemoux gît sur son matelas. Sur son front roulent quelques gouttes de sueur. Son cœur cogne sa poitrine à tout rompre, la respiration est courte et saccadée , ses yeux fixent un point imaginaire, le regard est sans expression. Une bataille en lui fait rage. Le jour vient à peine de se lever et il n'a pas fermé l'oeil. Il a l'impression de ne pas avoir dormi depuis des siècles. Mais il sait très bien que ce n'est pas le sommeil à cet instant précis qui le taraude, mais un malaise qui le triture au plus profond de lui et qui s'est immiscé jusque dans la parcelle la plus infime de son corps. La mâchoire crispée, le souffle court, la même question lui revient à l'esprit chaque seconde. Où est passé Hulk ? Cette montagne de graisse, cet être vil et repoussant dont il est devenu le pantin, le compagnon de jeu pervers ainsi que de son meilleur ami, cet abominable nègre ?
Il n'a plus à se poser la question une nouvelle fois lorsque apparaît, à l'encoignure de la porte, l'immense silhouette qu'il reconnaîtrait entre milles.
Hulk, tranquillement pose son épaule gauche sur le montant de la porte et contemple le triste spectacle de l'avocat déchu. Sa main droite, aux doigts énormes et boudinés, caresse une barbe vieille de trois jours. Dans ses yeux, un éclat étrange, empli d'une excitation indescriptible. Ce qui n'échappe pas à Lemoux malgré l'état second dans lequel il se trouve.
« T'as ma dose gros tas ? Interroge Lemoux ?
L'as tu au moins méritée ?
T'en as pas assez de me voir me faire démonter le trou de balle ? File moi ma dope ! »

Du plus profond des entrailles du géant surgit un rire guttural et incontrôlable, un rire qui prend une ampleur telle, que tous les détenus de l'aile de haute sécurité finissent par l'entendre. Hulk se rapproche de son compagnon de cellule à une lenteur calculée, Lemoux l'observe d'un œil où se lit l'impatience et l'agacement, mais aussi la pitié. Hulk, savoure l'état d'affaiblissement de Lemoux, celui dans lequel il a réussi à l'amener, peu à peu, avant d'en faire l'objet sexuel de son meilleur ami, Doctoré dont l'appétit sexuel hors norme a fait de lui un homme au portefeuille bien garni, si l'on ne tient pas compte de son trafic de stupéfiants et magouilles en tout genre.
Hulk s'assoit sur le rebord du lit et prend la main de l'avocat ripou qu'il se met à caresser comme le fait un père envers son enfant.
« Alors mon grand.. tu es aux abois hein..
Hulk, tu fais chier, file moi ma dose.. Tu vois bien dans quel état je suis.. Tu aimes me voir à ta botte hein..fumier..
J'avoue. J'adore ce sentiment de toute puissance que j'exerce sur tout le monde ici.. en particulier sur toi. J'aime voir la limace que tu es.. En fait, tu n'as jamais été rien d'autre qu'une merde.. Et tiens, en parlant de merde, la voilà, la tienne. »

A cet instant, le bras de Lemoux retrouve une énergie soudaine et s'abat sur la main de son bourreau qui le renvoie à la case départ d'un simple mouvement de poignet.
«  Allez, merde, fais passer ! Tu vois pas que je suis en train de crever, espèce de fumier ?
Cette merde aura ta peau Lemoux. Tu vas finir par en crever !
On dirait que tu as pitié de moi tout d'un coup.
Peut-être bien. Tu sais, je suis un homme d'affaire. Et quand j'ai de bons clients, je déteste qu'il arrive une bricole, c'est très mauvais pour mon business...très, très mauvais. Et tu es un de mes meilleurs clients, si ce n'est le meilleur.. Donc, oui, j'aimerais pas qu'il t'arrive un truc.
Arrête, tu vas me faire chialer.. Allez, aboule, ou je me sers ailleurs.
Oh, oh, non, tu sais que j'ai la meilleure..
Peut-être, mais pour te faire chier, je suis capable de le faire. Alors, pour la dernière fois, file moi ma dose ou va au diable ! »

A ces mots, Hulk desserre son immense main de laquelle celle de l'avocat fébrile vient retirer un petit sachet plastifié. Puis, il se livre à son rituel, garrot, seringue, injection sous l'oeil impassible de Hulk qui finit par lâcher quelques mots.

« Dommage, je t'aimais bien l'avocat..
- ….
Ah, c'est vrai, je t'ai pas dit, mais je pouvais pas te le dire avant que tu fasses ta piquouze.
Quoi ?
Je t'ai menti... Je t'aime bien, mais tu n'es pas mon meilleur client finalement.
Qu'est-ce-que tu veux dire ? Tu veux plus, c'est ça?
J'ai déjà plus, beaucoup plus..
Je comprends pas.
Comment tu te sens l'avocat ?
Bien, je vais bien..
Tu vas aller beaucoup mieux dans pas longtemps mon gars.
C'est pour ça que je te paie, pour me donner la meilleure non ?
Oui, mais pas là où tu vas. Quelqu'un m'a payé un max pour que tu ailles très très loin, aussi loin que lui...
Qui bon sang ? Tu m'énerves avec tes énigmes à la con..
Ton pote, Eekhoud.
Eekhoud ? Mais il est mort Eekhoud, finito, au boulevard des allongés.
Justement mon pote. C'est lui que tu vas rejoindre et très très vite. Ca me fait de la peine de te voir partir tu sais..
Co..comment..
Tiens, il a laissé un petit mot pour toi. Un testament d'outre tombe en quelque sorte.. »

« « Salut JP. Tu croyais t'en sortir comme ça ? Je ne supporte pas l'échec, encore moins quand il vient d'un minable comme toi. Tu m'as trahi, tu vas payer. C'est la meilleure et la plus forte. Tu vas crever au fond de ton trou. J'y suis déjà, je t'attends. Bienvenue en enfer.. »

Hulk observe le visage de Lemoux alors qu'il le lit puis, le laisse à son triste sort. L'avocat suffoque, se met à baver, fait un point de compression dérisoire au niveau de l'artère humérale, se débat, gesticule dans tous les sens avant de retomber sur sa couche.
Peu à peu, ses gestes se font plus lents, la fatigue le gagne, la drogue commence à faire son travail de mort. Il ne bouge plus, fixe le plafond de la pièce puis ferme les yeux et ouvre la porte à un profond coma qui voit s'arrêter une à une ses fonctions vitales.



« «  Allo.. » »
« «  Oui, c'est moi... Commissaire, non, je suis à l'hôpital, pourquoi.... quoi ? Comment ça.. Quoi ? » articule Louise dans le combiné. Xavier, Hans, Virginie et les enfants se tournent vers l'avocate avec un visage empreint d'interrogation. Louise ne reste pas bien longtemps au téléphone. A peine l'appareil rangé dans sa poche, elle se tourne vers la petite assemblée et annonce d'une voix monocorde.

« Je suis veuve..
Comment ça ? Qu'est-ce qui s'est passé ? Questionne Virginie
C'est Gavoilhe qui vient de m'appeler les enfants. Votre père a été retrouvé mort il y a deux heures dans sa cellule.
Overdose je présume ?
C'est ça..
Pas dur de deviner ce qui a pu se passer, intervient Nathan,Sinon, c'est pas lui qui t'aurait contactée.
Oui, c'est la drogue qui l'a tué, donc, il y a enquête.
En tout cas, ça veut dire une chose dit Noémie, grand sourire aux lèvres. Il ne peut plus rien nous arriver ! Et en plus, maman, tu vas faire des économies pour le divorce..
Noémie !
Bein quoi maman ! Tu n'as plus à penser à ton divorce ,tes papiers, sans compter les emmerdes qu'il t'a apportées et les embrouilles qu'il t'aurait créées. Donc oui, tant mieux qu'il soit mort. Il n'a eu que le sort qu'il méritait.
Tu parles de ton père !
Maman, ne culpabilise pas ! Cet homme n'a jamais été ni un père ni un mari. Il a fonctionné à l'envers et ne s'est jamais occupé de nous. A part t' humilier, profiter de toi, de ton argent et faire ses sales coups dans ton dos qu'a-t-il fait de positif ? Il s'est incrusté, a profité de ta notoriété pour s'en forger une et pour mieux t'enfoncer ensuite.. Tu appelles ça « mon père » ? Je n'ai jamais eu de père en ce qui me concerne.
C'est pas moi qui vais le pleurer maman, et tu le sais très bien. Et tu sais quoi d'ailleurs ? Les obsèques, ça va être vite réglé : fosse commune et basta. Et c'est encore trop d'égard pour une telle ordure.
Ca sera peut-être pas pour demain, il va y avoir autopsie
Très bien, qu'ils le coupent en morceaux et qu'ils les donnent à manger aux vautours.. Ca va pas nous empêcher de faire notre petite escapade dans les Pyrénées, bien au contraire ! Je pense que je vais trouver l'air encore bien meilleur ! 
Heu, si on arrive à partir.. Tu as vu la neige dehors ?
Mon dieu, !
Je t'avais prévenue maman !
Rien ne m'aurait empêchée de venir rendre visite à Xavier, tu sais ça...
Oui, mais la question était : comment allons-nous retourner à la maison ?
Bein, enTaxi...
Tu crois qu'ils ont troqué les roues contre des skis ? Non, plus sérieusement, déjà qu'il faut attendre des plombes pour avoir un taxi en temps normal, tu crois que là, ça ira plus vite ? A ce rythme, c'est des scooters des neiges qu'il va leur falloir !
Ok petit malin, et tu proposes quoi en attendant?
On squatte la chambre de Xavier..
On va pas rester ici toute la sainte journée. Xavier a besoin de se reposer et aussi.. de son.. intimité. Et moi de la mienne avec Virginie..
Wow, wow wow.. temps mort. J'ai raté un épisode là ? Je dois te faire un replay de cette nuit ? S'esclaffe Nathan.
Non mais dis donc toi ! T'en as pas eu assez tout à l'heure ?
Avoue que je vous ai bien fait peur. M'man, tu aurais du voir ta tête quand je suis sorti de dessous le tas de neige. Et toi, Virginie, tu as fait un de ces bonds !
Ca, je suis pas prête de l'oublier mon bonhomme! J'ai failli faire une attaque ! Crois moi, on va pas en rester là mon grand !
Et tu comptes me faire quoi ?
Je n'ai encore rien décidé pour le moment, mais tu ne perds rien pour attendre, crois moi !
Justement, à propos d'attendre, on fait quoi ?
Heu, t'as le feu quelque part ? On vient juste d'arriver. Alors, tu tombes ton manteau, et zen. La journée est plutôt mal engagée, j'en conçois..
Tu plaisantes ? C'est une très belle journée au contraire ! Le ciel de nos vies s'est éclairci d'un seul coup ! Un salaud en moins sur terre et pas n'importe lequel ! Que demander de plus !?
Que tu te calmes ! Intervient un peu sèchement Louise. Je te trouve bien excité. Je suis pas sûre que la neige se calme finalement.. Tu as donné son journal à Xavier ?
Non, il est encore dans la poche du manteau, par contre, j'ai oublié la tablette dans la voiture...
C'est malin ! Grogne Louise.
Je vais la chercher ! Dit Virginie. Je vais en profiter pour m'en griller une petite.
Je viens avec toi mon ange. On la fumera ensemble.
Et ne traînez pas ! Vous pourriez vous perdre dans la tempête ! Plaisante Nathan. »


Les deux femmes quittent la chambre et se faufilent rapidement vers les ascenseurs, zigzagant adroitement entre les visiteurs et les patients qui se dégourdissent les jambes. Elles parviennent enfin à destination et s'engouffrent d'un seul élan, dans la première cabine disponible.
L'ascenseur est bondé et elles se retrouvent collées l'une à l'autre, face à face, yeux dans les yeux, ce qui n'est pas pour leur déplaire.
Elles se regardent le temps des quelques secondes que dure la descente jusque dans le hall. Les regards sont profonds et chacune peut lire chez l'autre l'amour qu'elle éprouve pour l'autre. Les yeux ne cillent pas, ils se parlent, ils se répondent. Les personnes qui les entourent, le décor, tout a disparu, elles sont seules dans leur bulle de bonheur et rien ne peut plus les perturber.
Louise, soudainement, se rend compte de la situation quand elle se surprend à détailler le généreux colleté qui s'offre à ses yeux et un léger sourire se dessine sur ses lèvres pulpeuses. Virginie, qui comprend la situation, détourne la tête alors que sa main vient sur sa bouche, couvrant une petite toux factice. Les occupants de la cabine aux alentours, gênés, détournent leur regard. Les dernières secondes sont interminables pour eux, la gêne pesante, mais ces quelques instants de volupté sont un don précieux pour les deux femmes, telle l'ambroisie donnée par les Dieux.
La porte de l'ascenseur s'ouvre et les deux femmes se dirigent à petits pas précipités vers la sortie, main dans la main, large sourire aux lèvres.
« Ho mon Dieu, la honte !!
Oui, bien, ils avaient qu'à pas être là hein !
Non, mais tu te rends compte amour ? J'ai maté tes seins comme une malade ?! Quelle idée de les avoir mis ainsi, là, sous mes yeux ? Tu sais que mon petit cœur n'y résiste pas !
En fait, je pense qu'il y a pas que ton cœur qui a failli ne pas tenir. T'as pas remarqué le papy juste à côté de toi ? Il a ouvert la bouche si grand que j'ai vu le moment où il perdait son dentier.
Hein ? Qui c'est le petit vicieux qui a maté ma femme ? S'insurge faussement Louise avant de partir dans un bel éclat de rire.
Une cigarette chérie ?
Bien sûr, je suis descendue pour ça.
Ha, je croyais que c'était pour être avec moi, feint de bouder Virginie... Allez, viens vite, on dirait qu'il neige un peu moins, allons la chercher cette fichue tablette.. »
Les portes automatiques à peine fermées, Louise et Virginie subissent à nouveau la morsure de l'hiver. Remontant le cols de leurs manteaux, elles bravent le vent, le froid et la neige.

« Bon sang, ça n'en finira donc jamais ce froid ?
J'ai jamais rien vu de pareil.
Il va pourtant falloir nous y habituer. Ca va être pire dans les Pyrénées.
C'est clair, sans compter tout ce qui va avec.. les orages de dingue, les inondations..
La garbure et le gâteau à la broche ..
Non mais j'hallucine, quel estomac sur pattes tu fais !
Tu t'en aperçois juste maintenant ? Tu n'es pas au bout de tes surprises chérie !
Où est la voiture ?
Louise, tu ne te souviens pas, elle est juste un peu plus loin, là, à quelques mètres, au niveau des arbres là-bas..
Là-bas, mais c'est à des années-lumière ! On se sera transformées en glaçons avant d'y arriver.
Raison de plus pour presser le pas ma chérie, dit Virginie en tirant sur le bras de l'avocate. Allez hop, courage !
Han mais pas si vite !
Ho toi, va falloir te remettre un peu au sport !
Tu insinues quoi lui réprimande Louise ? J'ai un gros cul ? C'est ça ?
Meuuuh non, il est ravissant ton petit cul chérie. Qu'est-ce-que tu vas imaginer..
Bon alors, pourquoi tu me parles de sport ?
Pas n'importe lequel chérie. Ah, voilà la voiture, allez, ouvre dépêche toi amour. »
Les voyants lumineux clignotent et les portières s'ouvrent. Les deux femmes s'engouffrent à l'intérieur de la citadine et se saisissent du paquet de cigarettes resté en évidence sur le tableau de bord. Louise s'en saisit et allume une première cigarette avant de la tendre lentement à sa compagne.
« Merci chérie. J'ai mis la tablette dans mon sac. On a plus qu'à repartir.
Non bébé, on va griller notre cigarette tranquillement, et une autre s'il le faut. J'ai envie de rester seule avec toi un petit moment. Répond gravement la blonde Virginie.
On va congeler dans cette voiture !
C'est pour ça qu'on a inventé un système appelé chauffage ma chérie. Allez hop, installe toi, il va faire vite chaud.
Tu plaisantes ? Je suis morte de froid.. Comment veux tu qu'un morceau de viande froide se réchauffe en quelques minutes..
Ho, mais je connais un excellent moyen moi !
Je te vois venir.. C'est le sport auquel tu viens de faire allusion..
Exactement sourit Virginie en approchant son visage de celui de Louise.
Non.. pas ici, voyons..
C'est vrai qu'il y a foule dehors.. et en plus, on est sous les arbres et isolées en plus.
Vir....
Zen mon amour.. susurre la jolie blonde dont la main remonte le long de la cuisse de Louise avant de finir sa course sur ses hanches. Tu es la femme la plus sexy que je connaisse et j'ai envie de toi. Je t'aime mon amour.
N'empêche que.. je suis pas très rassurée.. ici..
Chtttttt »

Les lèvres de Virginie ne tardent pas à trouver celles de Louise qu'elles supplantent en lui délivrant un baiser magistral. La main de la jeune secrétaire continue sa course langoureuse sur le corps de l'avocate, ses lèvres ne laissant aucun répit à celles de Louise qui ne tarde pas à fondre sous les caresses de sa maîtresse, à laquelle elle finit par s'abandonner totalement.
La température grimpe très vite dans l'habitacle de la voiture et bientôt, une épaisse buée se dessine sur les vitres, les isolant ainsi totalement de l' extérieur.


Quelques instants plus tard, les deux jeunes femmes quittent la petite citadine, bras dessus, bras dessous, sous une averse neigeuse sévère dont elles ne s'inquiètent nullement. Dans la chambre, les attendent patiemment Xavier, Nathan et Noémie qui les voient arriver sereinement par la fenêtre donnant sur le parking, sourire aux lèvres.


« Je suis ravi de voir maman aussi heureuse, rien ne pouvait me faire plus plaisir. Hâte de partir d'ici, oublier, tourner la page, balayer le passé et les erreurs et tout recommencer avec ma vraie famille. A nous la vraie vie»
















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